Irineï et le Grand Esprit du mammouth t.1

irinei et le grand esprit du mammouth 1Au cours d’une expédition scientifique en Sibérie, des paléontologues américains extraient du sol gelé une femelle mammouth parfaitement conservée. A leur retour à Los Angeles, ils se trouvent rapidement face à une incroyable énigme : la femelle mammouth porte un petit, les cœurs de la mère et du bébé battent encore…
Seul Irineï, un jeune chaman de 12 ans qui vit dans une tribu de nomades éleveurs de rennes, connaît la clé du miracle: lors d’un voyage dans le monde des Esprits, il a redonné vie au Grand Esprit du Mammouth qui veut reprendre sa place sur Terre… Mais, bien loin des steppes glacées de Sibérie, le mammouth et son petit ne peuvent pas survivre sans Irineï. Pour les sauver, le jeune garçon va vivre loin de chez lui une formidable aventure humaine et spirituelle. Il va se battre pour le respect de la vie des animaux, et l’avenir de la planète.

J’ai été très attiré dès le départ par la superbe couverture du roman qui reflète en fin de compte très bien l’esprit du livre. Irineï et le Grand Esprit du mammouth nous amène sur les traces de chercheurs et de scientifiques qui nous offrent une histoire pleine d’aventure, avec une découverte totalement surprenante.

L’histoire débute avec celle d’Irineï, issu de la tribu des Dolgans, un peuple de Sibérie qui élève des rennes. On apprend beaucoup sur leur mode de vie, leurs coutumes, leurs croyances, leur quotidien, leurs résidences qu’on appelle baloks et qui sont montées sur des skis, facilement déplaçables. Cet aspect descriptif est très intéressant.

Le jeune Irineï suit les traces de sa grand-mère et de son père. Il est un grand chamane en devenir. Les Dolgans sont en harmonie avec nature et la respectent. Quand ils voient les gens de la ville arriver dans leur coin de pays, c’est souvent pour installer un puits de pétrole ou défaire ce que la nature a de beau.

« Quand les puits sont abandonnés, continua Sergueï, les ouvriers partent en laissant derrière eux tout un tas de détritus qui polluent le sol. Les rennes ne peuvent plus pâturer dans ces zones et leurs territoires se resserrent de plus en plus rapidement. »

On voit dans ce livre les deux modes de vie bien différents, ceux qui aiment et respectent la nature et ceux de la ville qui ont l’abondance et qui sont quand même malheureux. Lorsqu’Irineï est amené en ville, c’est à un choc culturel que nous assistons. Il ne comprend pas le but de mettre des animaux en cage, ni les itinérants qui manquent de nourriture, juste à côté d’une épicerie bien garnie. Dans son peuple à lui, ce genre de contradiction n’existe pas.

Le roman, même s’il nous présente une histoire passionnante sur une découverte fascinante, est aussi un livre sur l’environnement et qui aborde le thème des changements climatiques et ses conséquences sur la nature. Il parle de ce que l’homme fait à la planète et à sa façon de tout détruire. L’aspect scientifique est abordé quant à lui à travers la découverte du mammouth et tout ce qui suivra. Cet animal est très important dans l’histoire.

Le roman amène également un côté spirituel, avec Irineï et ces premiers pas dans son rôle de chamane qui communique avec les esprits. Il peut donc entrer en contact avec l’esprit du mammouth et comprendre les motivations de l’animal. Toute cette notion de communication aborde les croyances du peuple d’Irineï.

« Le mammouth que tu emportes est très particulier car il contient le Grand Esprit du Mammouth. Alors il se passera peut-être des choses qui te sembleront bizarres. Mais quoi qu’il arrive, tu dois prendre soin de ce mammouth. »

Irineï et le Grand Esprit du mammouth est un roman jeunesse bien écrit, qui peut intéresser aussi les adultes. J’ai eu beaucoup de plaisir à cette lecture, l’univers du roman m’a particulièrement intéressé. La fin de l’histoire par contre est abrupte et nous laisse totalement en plan. On reste sur notre faim concernant plusieurs réponses à nos questions et au dénouement de l’intrigue. Les réponses arriveront dans le tome 2 qui vient de paraître en France et heureusement paraîtra sous peu chez nous. J’ai bien hâte de connaître la suite!

Pour écrire l’histoire d’Irineï, l’auteure s’est inspirée de l’expédition du paléontologue français Bernard Buigues. L’activiste Isabelle Goetz lui a, quant à elle, inspiré le personnage de Marion. Irineï et le Grand Esprit du mammouth est un roman d’aventure et une histoire passionnante, mais également un roman éducatif sur la nature. Le roman se veut une belle sensibilisation à l’écologie et à l’importance de chaque animal. Un très beau roman, intelligent, sur le respect des êtres vivants.

Irineï et le Grand Esprit du mammouth 1, Val Reiyel, éditions Slalom, 304 pages, 2018

 

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Milarepa

milarepaSimon fait chaque nuit le même rêve dont une femme énigmatique lui livre la clef : il est la réincarnation de l’oncle de Milarepa, le célèbre ermite tibétain du XIe siècle qui vouait à son neveu une haine inexpiable. Pour sortir du cycle des renaissances, Simon doit raconter l’histoire des deux hommes, s’identifiant à eux au point de confondre leur identité à la sienne. Mais où commence le rêve, où finit le réel ? Eric-Emmanuel Schmitt, dans ce monologue qui est aussi un conte dans l’esprit du bouddhisme tibétain, poursuit son questionnement philosophique : la réalité existe-t-elle en dehors de la perception que l’on en a ?

Ce tout petit livre est conçu en deux parties. La première est une fiction philosophique, alors que la deuxième est un entretien de Bruno Metzger avec Eric-Emmanuel Schmitt intitulée Ce que le bouddhisme nous apporte.

Attardons-nous sur la première partie, qui raconte l’histoire de Simon. Il a trente-huit ans. Chaque soir, il refait les mêmes rêves. Il fait toujours un rêve très noir. Il se demande d’où viennent les rêves et pourquoi il fait toujours ce rêve de vengeance.
D’ordinaire les songes apparaissent et s’évaporent, mais ce rêve-là ne le quitte jamais. Il oscille entre deux mondes: Paris et le monde des hautes montagnes de pierres où il souhaite tuer un homme. Il a l’impression que son sommeil lui a ouvert une autre porte.

« L’Oncle Svastika meurt. Il erre de corps en corps depuis des siècles et a fini par s’installer en moi, Simon, frappant une nuit à la porte de mes rêves. »

Il doit alors raconter l’histoire de Milarepa, ce grand bouddhiste qui l’amènera à se repentir et à se libérer. Il est alors question de l’idée de réincarnation. L’histoire parle de ses premiers pas dans cette voie et de la façon dont son apprentissage s’est fait. L’histoire est racontée sous forme de conte.

« Mes songes me l’ont dit: j’ai été chien, fourmi, rongeur, chenille, caméléon et mouche à merde. Jusque-là, j’ai eu peu de vies humaines pour me libérer en racontant. »

La seconde partie est un beau complément à l’histoire et nous permet de comprendre un peu mieux les principes du bouddhisme. À la base, c’est un mode de vie et une forme de spiritualité qui attire un certain intérêt. En lisant cette histoire on se retrouve à mieux en saisir l’essence. Il nous permet de connaître les bases du bouddhisme. C’est donc une approche intéressante, à travers les rêves de Simon et la réincarnation, l’auteur nous offre une base des principes de cette religion de l’abandon de soi et des biens matériels, pour une vie plus simple. Le bouddhisme c’est la simplicité et le renoncement.

Dans l’entretien qu’a fait Bruno Metzger avec Eric-Emmanuel Schmitt, l’auteur nous parle de sa rencontre avec le bouddhisme.

« Soyons clairs: je ne suis pas bouddhiste. Néanmoins, en tant qu’humaniste chrétien, j’ai été profondément enrichi par le bouddhisme. » 

Le bouddhisme se vit beaucoup par la solitude et la méditation. Comme le dit Schmitt, on a la chance de vivre à une époque où l’on peut aller vers les religions qui nous parlent et prendre ce qui nous aide à vivre, selon nos affinités et nos croyances. Le bouddhisme lui a apporté des choses qui lui permettent aussi de se mettre dans la peau d’un personnage et donc, de faciliter son travail d’écriture.

J’ai aimé cette lecture particulière en deux temps, c’est un ouvrage court mais qui apporte une forme de méditation sur la spiritualité. C’est aussi une réflexion sur l’écriture., sur la connaissance de l’imagination, le travail d’imagination versus d’auto-fiction selon les écrivains.

J’aime beaucoup le travail d’Eric-Emmanuel Schmitt. Milarepa est un livre différent de ses romans habituels, une histoire qui se lit rapidement, mais qui peut porter à une longue réflexion sur la spiritualité et l’écriture.

« Le bouddhisme vise à éradiquer le désir, ainsi que tout attachement excessif. Milarepa, par exemple, se reproche d’éprouver trop de chagrin en découvrant la mort de sa mère. Conclusion? Il travaille mentalement sur l’attachement qu’il a pour elle en tentant d’accéder à plus de détachement. »

Un conte philosophique suivi d’un entretien qui permettent tous deux d’aborder le bouddhisme. Une bonne lecture!

Milarepa, Éric-Emmanuel Schmitt, éditions Le livre de poche, 85 pages, 2013

La vie en pleine conscience

vie pleine conscienceInterruptions, sollicitations, questionnements incessants… Le monde contemporain nous stresse et nous agresse en permanence. Nous sommes souvent anxieux et irritables. Comment faire face à notre quotidien trop souvent marqué par les difficultés et les débordements? Issue de traditions millénaires, la méditation de pleine conscience permet de déployer nos richesses intérieures. De nombreuses études scientifiques montrent qu’elle réduit l’anxiété, améliore la résilience du corps et de l’esprit, ainsi que notre relation aux autres. Ceux et celles qui font de la pleine conscience un compagnon de vie se sentent tout simplement plus heureux. Voilà une excellente raison d’essayer!

J’ai acheté ce livre sur un coup de tête, quelque part à l’hiver, alors que je vivais des moments plus difficiles et que j’avais beaucoup de mal à contrôler mon stress. J’avais besoin d’une lecture qui m’aiderait et me réconforterait. J’avais à peine entendu parler de la « pleine conscience » mais j’ai acheté le bouquin quand même, en me disant que ça ne pourrait pas me nuire. Et effectivement, c’est une lecture qui m’a fait beaucoup de bien.

L’ouvrage comporte 43 chapitres et j’ai choisi d’en aborder environ un par semaine, au début, puis deux ou trois lorsque les chapitres s’y prêtaient, en prenant le temps de pratiquer les exercices proposés et de revoir un peu ma vision des choses. C’est une approche du livre qui m’a semblé bénéfique, puisqu’elle permet de s’y plonger peu à peu sans être trop contraignante. Un court chapitre chaque semaine et une semaine axée sur différents aspects de la pleine conscience.

Le monde dans lequel nous vivons va vite. On a beau vouloir refréner tout ça, vivre dans la nature, faire des choix pour être mieux, pour vivre dans la tranquillité, dès qu’on ouvre la porte de chez soi, on est confronté à la vitesse, la rapidité, la performance et les attentes d’une société qui ne nous correspond pas toujours. Un monde où personne ne prend le temps et où tout presse, tout le temps. On est un numéro pour les services publics. On n’a jamais le droit de prendre le temps de perdre son temps, de flâner. C’est toujours bien mal vu et les gens s’impatientent.

« La patience est cette voix calme en nous qui nous murmure « Ralentis » et donne de l’espace à ce qui est ici et maintenant. »

Ce livre a été ma première rencontre avec l’idée de « pleine conscience » et ce ne sera pas la dernière. C’est un concept qui me plaît beaucoup, qui apporte énormément et qui permet d’être pleinement présent dans sa vie, avec les autres, avec les événements qui surviennent qu’ils soient perçus comme positifs ou négatifs. À l’époque un peu trop folle dans laquelle nous vivons, je trouve que ça fait un bien énorme de miser sur la vraie présence des gens, nous, les autres, et de vivre pleinement notre vie, tout en ayant conscience de le faire. Ça change les choses au quotidien et dans notre façon d’aborder les petites épreuves, les joies, les bonheurs et simplement la vie.

Le livre parle beaucoup de bienveillance. Envers les autres, mais principalement envers soi. Nous sommes souvent notre plus grand critique et c’est souvent envers nous-même que nous sommes le plus sévère des juges. Poser un regard bienveillant sur soi aide énormément à prendre sa place dans le monde et à voir les autres différemment.

« À quoi ressembleraient les jours, les semaines et les mois à venir si vous aviez le sentiment profond d’être quelqu’un d’important? »

La pleine conscience, c’est de percevoir le monde autour de nous, le quotidien, avec tous nos sens. D’être pleinement conscient de ce qui se passe au moment présent. D’être véritablement là, avec les autres, d’être moins distraient et de prendre conscience du rôle que nous jouons et de la différence que l’on peut faire dans la journée des autres – et de la nôtre – en changeant notre perception et notre façon d’accueillir la journée. C’est aussi de réapprendre à jouer, faire la paix avec son esprit, découvrir la gratitude, être généreux (et ici on ne parle pas d’argent…), aborder la douleur. Sont aussi abordés la pleine conscience en mouvement, les sons, le souffle et le fait de confondre pleine conscience et concentration.

Chaque court chapitre nous offre une portion nommée En pratique qui donne des pistes pour pratiquer ce qu’on vient de voir. Ce peut être un suivi pour une méditation ou simplement une nouvelle façon d’approcher les événements de la vie. Ce format court et pratique est ce que j’ai le plus aimé de ce livre. C’est la simplicité même!

L’ouvrage offre, en plus, un code pour accéder à trois heures de méditations téléchargeables sur le site de l’éditeur. J’aime bien l’idée, même si je suis moins réceptive à tout ce qui est audio (méditations accompagnées, livres audio, etc.) en dehors de la musique, mais cet aspect peut plaire à d’autres.

Un livre que je ne peux que conseiller, puisqu’il permet d’aborder le quotidien avec un point de vue plus positif et donne des outils pour mieux gérer le stress, les pensées négatives et l’anxiété. Plusieurs mois après avoir débuté le livre, je suis beaucoup plus réceptive à ce qui m’entoure et je prend le temps de vivre le plus possible chaque instant. Je m’arrête souvent pour savourer et vivre pleinement ce qui se passe maintenant, tout en en ayant conscience. C’est un beau cadeau à se faire. On ne réalise pas à quel point le stress et la vitesse au quotidien prennent vraiment beaucoup de place… jusqu’à ce qu’on commence à s’arrêter vraiment.

Un livre à laisser sur sa table de chevet.

La vie en pleine conscience, Bob Stahl et Elisha Goldstein, Guy Saint-Jean éditeur, 224 pages, 2017

Manger en pleine conscience

manger en pleine conscience« Quand nous mangeons, nous pouvons essayer de porter notre attention uniquement sur deux choses : la nourriture que nous mangeons, et les amis qui nous entourent et mangent avec nous. C’est ce qu’on appelle la pleine conscience de la nourriture. Quand nous mangeons en pleine conscience, nous sommes attentifs à tout le travail et à toute l’énergie à l’origine de la nourriture qui est devant nous. » Et si vous aussi vous appreniez à manger en pleine conscience ?

Dès le début de ce recueil, notre lecture nous amène à prendre conscience, en sagesse, de la place que prennent les aliments dans notre vie, les fruits par exemple et tout ce que peut nous offrir la terre. L’auteur nous présente les clés du pouvoir pour ainsi vivre en pleine conscience dans la joie, la paix, l’amour et la satisfaction. Il aborde de nombreux thèmes entourant l’heure du repas: la préparation, le repas en lui-même, le compostage, la vaisselle.

Lorsque vient le temps du repas, l’importance de focusser notre esprit sur le moment présent, apprécier chaque bouchée, prendre le temps de manger, prendre le temps de profiter des gens qui nous entourent dans le moment présent. Il met l’emphase sur l’importance de manger tranquilement pour notre bien-être, celui de la terre et des gens qui y vivent.

« Il suffit d’un instant pour prendre une inspiration et une expiration en pleine conscience avant de manger. Ramenez votre esprit à votre corps. Votre corps est toujours disponible pour vous. Vous pouvez cesser de porter votre attention sur votre tête et la diriger vers votre corps. « 

Manger en pleine conscience c’est être ancré dans le moment présent. C’est d’apprendre à apprécier la préparation du repas, avoir une pensée pour les gens qui ont préparé ce repas, ceux qui ont cultivé les produits que l’on mange. Quand on prend conscience de tout cela, on aborde le moment de manger avec conscience et sérénité, on est plus attentif aux choix que nous faisons, à ce que nous mangeons et aux moments passés à table. L’importance d’être pleinement présent lorsqu’on mange est primordial, pour une meilleure santé et pour des moments de qualité passés avec nos proches.

C’est un livre très intéressant et très pertinent, surtout dans le monde dans lequel nous vivons. Les gens mangent rapidement et ne prennent plus le temps de s’arrêter. Le repas est souvent le seul temps de la journée où les gens cessent un peu de courir. Ce devrait être un moment pour en profiter pleinement. Le livre de Thich Nhat Hnat a vraiment sa place dans le monde stressant dans lequel nous vivons. Il nous apprend à revoir notre façon de manger et à méditer positivement sur les bonnes choses qui nous entourent.

Ce livre est une très belle découverte, un coup de coeur pour moi. La lecture est aisée, sage et porte énormément à la réflexion. L’écriture est simple et s’adresse à tout le monde. L’accessibilité du texte est un gros point fort du livre. Je vous le suggère assurément!

Manger en pleine conscience, Thich Nhat Hanh, Éditions Pocket, 128 pages, 2018