Nous sommes ce continent

« [20 h 20] Je dis peut-être « mon amour » pour la dernière fois en parlant de toi. Je le dis et j’ai toutes ces images en tête. Notre bonheur à deux. Les moments beaux. Ceux que personne ne peut renier. Il n’y a pas que nos yeux qui en furent témoins. Il serait facile de penser que le vent tout autour est venu à bout de notre amour, mais c’est nous deux qui en sommes venus à bout cette fois. Ce que tu es. Ce que je suis. Nous deux séparément. Nous avons mis un terme à l’artifice parce qu’en dernier ce n’était presque seulement que ça, un combat maquillé en beauté. »

Nous sommes ce continent raconte l’histoire d’un adolescent qui, dans ses derniers jours avec son amoureuse, alors qu’elle lui suggère d’apprendre à mieux se connaître et d’arrêter d’éparpiller ses idées partout, entreprend l’écriture d’un journal qu’il tiendra pour tout le mois de septembre. Il poursuivra cet exercice d’écriture même après sa rupture avec sa copine. Son journal est adressé à son amoureuse – puis ancienne amoureuse – même après qu’ils aient rompu.

À travers ses écrits entremêlés de poésie, l’adolescent vit le grand amour puis voit sa vie amoureuse s’enliser dans un brouillard. Il parle de sa vie quotidienne, de ses émotions, des pensées qui lui passent par la tête. Lorsqu’il a de l’inspiration, il crée des poèmes entre les pages de son journal.

Au jour 3 de son journal, l’adolescent a une discussion au souper avec son père sur ce qu’est la romance. Son père va le surprendre en lui offrant un recueil de Paul Éluard et en lui disant de le lire.

« Tu sais, le romantique est plutôt une personne en marge du monde qui l’entoure, parce qu’il observe, et passe souvent pour un rebelle… T’es un beau rebelle, mon fils… »

Au tout début du recueil, on sent que l’adolescent est très amoureux. Au fil des jours, sa relation avec sa copine s’étiole vers une fin de non retour. Ils s’aiment, mais il n’y a plus d’artifices. Dans son journal il va illustrer par la poésie ce qu’il ressent et ce qu’il vit. C’est souvent beau et touchant.

Le livre parle d’amour, mais aussi d’intimidation, de suicide, de la relation d’un adolescent avec sa famille. Les réflexions qui sont apportées dans le recueil sont intéressantes. L’auteur a une très belle plume et ce recueil est tout simplement magnifique. Il nous fait vivre de grandes émotions.

Je connaissais déjà un peu Pierre Labrie puisque j’ai lu il y a un moment Le vent tout autour. J’avais bien aimé, mais Nous sommes ce continent est vraiment une très belle lecture. Un auteur que je compte bien continuer à découvrir.

Nous sommes ce continent, Pierre Labrie, Soulières éditeur, 65 pages, 2012

Publicités