Middlewest t.3: Résilience

Kidnappés et exploités par Nicolas Raider dans ses champs d’ethol, Abel, Bobby et les dizaines d’autres enfants retenus avec eux tentent de survivre dans cet environnement toxique où le moindre geste malheureux peut leur être fatal. Abel aimerait tellement pouvoir revenir en arrière et retrouver le doux foyer du clan Hurst. Si seulement il n’avait pas tout gâché en laissant sa colère prendre le dessus… Mais l’heure n’est plus aux regrets. Il lui faut désormais aller de l’avant. Et s’il veut enfin faire la paix avec lui-même et envisager son avenir sous un jour plus serein, il va lui falloir affronter une fois pour toute les démons de son passé.

Ce troisième tome de Middlewest complète la trilogie créée par Skottie Young et Jorge Corona. J’ai beaucoup aimé cette histoire, tant le scénario et les personnages, que le dessin. Middlewest est l’histoire touchante d’un père et de son fils, brisés par un pouvoir appelé « cœur d’orage ».

Dans ce dernier tome, Abel, Bobby et d’autres enfants ont été enlevés et sont forcés de travailler dans une ferme où ils s’occupent de l’éthol, des plants hautement inflammables et dangereux. Ils sont traités à la dure, comme une main d’œuvre facile et bon marché. Jusqu’à ce qu’Abel tombe dans les bonnes Grâces du propriétaire qui lui offre alors une « promotion »…

« Le labeur, c’est la clé du bonheur. »

De leur côté, les forains rencontrés dans les autres tomes sont à la recherche d’Abel et de Bobby. Ils devront faire face à de nombreux obstacles, mais ils ont la population de leur côté. Beaucoup de gens ont perdu un fils ou une fille aux mains du fermier aux pratiques douteuses. Quant au père d’Abel, il se déplace à grande vitesse, semant tempête et orage sur son passage. Il est toujours en quête de son fils. Dans ce troisième tome, la menace provient de toutes parts et les enfants sont en grave danger.

« Je pense seulement que deux vieux croûtons, un renard, un corbeau et un robot construit par une enfant ont peu de chances de prendre d’assaut la forteresse de Raider. »

Ce livre termine bien la trilogie. Je crois cependant que le deuxième tome était mon préféré. Cette trilogie est pleine de belles qualités et exploitent des trouvailles intéressantes, autant au niveau des personnages que du monde particulier où ils évoluent. J’ai bien aimé ce tome aussi, qui est en quelque sorte un combat entre le bien et le mal, entre père et fils. La scène finale est bien touchante!

Une trilogie qui a été une très bonne lecture. Je suis toujours sous le charme des dessins et de l’imaginaire entourant le monde de Middlewest. Visuellement, c’est magnifique et l’histoire est bien prenante. Young et Corona sont des auteurs que je relirai assurément si j’en ai l’occasion. J’ai beaucoup aimé leur collaboration sur cette histoire originale. 

Mon avis sur les autres tomes de Middlewest:

Middlewest t.3: Résilience, Skottie Young, Jorge Corona, éditions Urban Link, 176 pages, 2021

Middlewest t.2: Fear

Pour sauver sa peau, Abel n’avait qu’une seule solution : fuir la toxicité de Dale, son père. Mais tourner le dos à son passé n’était que la première épreuve d’un long et périlleux voyage. Le mal qui ronge le garçon semble si intense que même l’aide apportée au détour du chemin ne semble pas suffire à apaiser ses démons. Seule la stabilité offerte par les forains de la Hurst Family lui laisse entrevoir le bonheur car, pour la première fois de sa vie, Abel se sent aimé par cette famille d’adoption. Un sentiment inédit, puissant, à l’image de la colère qui anime toujours son père, furieux d’avoir vu son autorité remise en question. La traque a commencé, et le spectre de Dale se rapproche dangereusement.

Le premier tome de Middlewest avait été une belle surprise. Ce second tome est exactement dans la même lignée et j’ai passé un excellent moment. Comme les personnages sont déjà connus et qu’on suit l’intrigue qui se poursuit, j’ai pris encore plus de plaisir à lire celui-là. 

Ce tome fait suite à l’histoire d’Abel, dans le tome 1, qui a fui son père en colère en compagnie de son renard. Il a trouvé refuge chez les forains, mais sa tranquillité ne sera pas de longue durée. Son père veut le retrouver et le traque sans relâche. Abel, qui a hérité de quelque chose qu’il ne comprend pas bien, se fait montrer la porte par ceux qu’il considère comme sa nouvelle famille. Il est à nouveau en fuite et il devra affronter seul les « bois hivernaux ».

Middlewest est une très belle découverte. Plus j’avance dans cette trilogie, plus je la trouve intéressante. C’est une histoire de drames, d’aventures, de famille, mais avec des personnages extravagants et parfois, inquiétants. Le monde de Middlewest est teinté de fantastique et amène plusieurs idées intéressantes. Le meilleur ami d’Abel est un renard au sale caractère, mais sans doute le plus précieux allié qu’il peut avoir. On en apprend un peu plus sur ce qui affecte Abel, tout ce qui tourne autour du « cœur d’orage ». On fait la connaissance des Nowaks, un peuple des légendes. Et on découvre dans ce tome les bois hivernaux où Abel doit aller seul et qui cache quelques réponses à certaines de ses questions. J’ai tellement aimé le visuel de ces pages enneigées! Le dessin de cette série est magnifique. 

L’univers de Middlewest est assez unique et fascinant. Visuellement, c’est vraiment une réussite. J’adore les couleurs et les illustrations. Ce livre est complété par des crayonnés et dessins de recherche pour la création des personnages ainsi que des couvertures alternatives.

Le tome trois m’attend et j’ai bien hâte de m’y plonger!

Middlewest t.2: Fear, Skottie Young, Jorge Corona, éditions Urban Link, 160 pages, 2021

Middlewest t.1: Anger

Depuis le départ de sa mère, Abel est élevé d’une main de fer par un père rongé par le chagrin. Un mot, un geste, un affrontement de trop, qui laissera dans le coeur d’Abel des séquelles profondes et, sur son torse, une marque indélébile. Accompagné de son ami le plus fidèle, un « Jiminy Cricket » aux allures de renard, le jeune garçon choisira de fuir pour mieux se reconstruire loin de la violence paternelle. Un périple à travers un pays fantastique marqué par des rencontres toujours plus extraordinaires, au cours duquel Abel devra se poser les bonnes questions s’il veut surmonter ses erreurs passées et se réconcilier avec son histoire de famille.

Middleswest: Anger est le premier volume d’une trilogie. Il s’agit d’un roman graphique vraiment magnifique dont le dessin et les couleurs sont superbes. Cette histoire raconte la quête d’un jeune garçon ayant fuit son père et sa découverte d’un monde bien différent de celui qu’il a toujours cru connaître.

Dale élève seul sont fils adolescent Abel. Depuis que sa femme est partie, il est très rude envers son garçon. Il ne lui laisse passer aucun faux pas, aucune erreur ni aucune bêtise. Abel a l’impression que son père ne voit que ce qu’il fait de mal et jamais tout ce qu’il fait de bien. Quand Abel se lève en retard pour sa ronde de journaux et qu’il décide de passer la journée avec ses amis au lieu de rentrer à la maison, son père se met dans une colère noire. Une colère incontrôlable qui secoue tout sur son passage. Les villageois croient d’ailleurs être victimes d’une tornade. Mais la colère pousse Dale à devenir un véritable monstre. Terrifié, Abel se sauve en courant, accompagné de son renard. L’animal qui suit l’adolescent partout est un compagnon plutôt particulier puisqu’il… parle. Il ne se gêne d’ailleurs pas pour dire ce qu’il pense tout haut. Malgré son caractère plutôt grognon, il semble bien apprécier Abel et prend en quelque sorte soin de lui.

Ce qu’Abel découvre au cours de son périple, c’est que son père, en se mettant en colère contre lui, lui a légué un cadeau empoisonné. Quelque chose dont le jeune garçon veut se débarrasser à tout prix. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est que sa condition est un danger pour lui-même tout autant que pour les autres. Désireux de redevenir comme avant, Abel part en quête d’une solution. Il croisera alors sur sa route des créatures dotées de pouvoirs, certaines alliées d’autres ennemies, et tentera de poursuivre sa vie et sa quête dans un monde bien différent de tout ce qu’il a connu jusqu’à maintenant…

Ce roman graphique est visuellement très beau. J’ai adoré le dessin et les couleurs. Le format est très plaisant à lire. L’histoire est pleine de rebondissements, d’aventures et de rencontres avec des personnages singuliers qu’on découvre au fil des pages. J’ai aimé cet univers sombre, étrange, dont on veut forcément connaître le dénouement. J’ai tellement apprécié cette lecture que je vais rapidement poursuivre avec la suite!

Un petit mot sur la présentation de cette histoire que l’on retrouve au début du livre. L’auteur, Skottie Young, nous raconte un peu d’où lui est venu son inspiration. C’est court, mais bien intéressant!

Middlewest nous amène dans un univers étrange, magique, aux superbes dessins. Assurément, un roman graphique qui m’a énormément plu!

Middlewest t.1: Anger, Skottie Young, Jorge Corona, éditions Urban Link, 176 pages, 2020

Pax et le petit soldat

paxLa guerre est imminente. Lorsque le père de Peter s’engage dans l’armée, il oblige son fils à abandonner Pax, le renard qu’il a élevé depuis le plus jeune âge et envoie le garçon vivre chez son grand-père à cinq cent kilomètres de là. Mais Peter s’enfuit à la recherche de son renard. Pendant ce temps, Pax affronte seul les dangers d’une nature sauvage et se trouve confronté à ceux de son espèce.

Quel beau roman! Je l’ai récupéré rapidement à la biblio avant qu’il soit en circulation et je l’ai lu pratiquement d’un coup. L’histoire est à la fois belle et touchante, humaine et remplie de beaucoup de belles réflexions.

Peter est un jeune garçon qui a élevé un renard. Quand il est forcé de l’abandonner, il ne confronte pas son père à ce sujet et il s’en veut terriblement. Il décidera d’aller retrouver son renard et il s’enfuit de chez son grand-père. Sauf que sa route, tout comme celle de Pax, est parsemée de rencontres et d’embûches.

Le roman est construit en alternance, un chapitre nous parle de l’histoire de Peter, le suivant c’est celle de Pax. L’auteure décrit le parcours du renard en mettant en évidence la façon de communiquer de cet animal et c’est très intéressant à lire. Peter de son côté est en mode fuite, mais il n’ira pas bien loin puisqu’il lui arrive un accident regrettable. Cet incident lui permettra cependant de rencontrer Vola, un personnage qui deviendra très important dans la vie de Peter. Il passera un certain temps avec elle dans sa cabane. Elle agit avec lui comme une sorte de mentor et par la suite, comme une amie. C’est un personnage en marge de la société comme je les aime, qui va apprendre beaucoup à Peter, mais à qui le jeune garçon va aussi beaucoup apporter.

Ce roman est une belle fable sur la vie, sur les choix que l’on fait (ou ceux que l’on ne fait pas), sur notre façon de choisir notre vie, notre fardeau, ceux qui nous accompagnerons ou pas. C’est aussi une histoire qui démontre également que rien ne nous oblige à suivre les traces de nos parents ou à être comme eux. Je trouve toujours que c’est très intéressant de retrouver ce genre de propos dans un roman jeunesse. Les adultes ne détiennent pas la vérité. Ils peuvent se tromper ou ne pas agir correctement.

J’ai lu beaucoup de livres qui parlent de la guerre, car c’est aussi un des sujets principaux du roman, mais c’est la première fois que je lis un roman qui aborde la guerre du point de vue animal et des conséquences d’une guerre sur la nature par exemple. Car Pax et le petit soldat est aussi et avant tout un livre sur la beauté et la cruauté de la nature, sur la vie, sur les hommes aussi et leurs agissements qui ne sont pas toujours en phase avec l’environnement, alors qu’ils le devraient.

Un coup de cœur que je conseille à tous, enfant ou adulte. Très émouvant!

La couverture de ce roman est magnifique. Nous la devons au travail de l’excellent Jon Klassen que j’aime beaucoup! Le roman comporte également quelques illustrations, du même artiste.

Je vous laisse sur un extrait qui m’a particulièrement touchée et qui sonne si juste:

« -J’ai même plus que ce dont j’ai besoin. J’ai trouvé la paix ici.
-Parce que c’est si tranquille?
-Non. Parce que je suis exactement là où je dois être, et que je fais exactement ce que je dois faire. C’est ça, la paix. »

Ce livre est lauréat du Prix des libraires du Québec 2018, en littérature jeunesse. Un prix amplement mérité! (il en a d’ailleurs remporté pleins d’autres, ici et ailleurs.)

Pax et le petit soldat, Sara Pennypacker, éditions Gallimard Jeunesse, 320 pages, 2017