L’œil soldat

oeil soldatRécit poétique bouleversant, L’œil soldat présente l’univers d’un jeune homme halluciné et du pacte qu’il passe avec le Diable. Ce pacte lui permet, par un simple jeu de paupières, de changer de sexe, de couleur et d’époque. Devenu ainsi soldat en un clignement d’œil, il ne peut soudain plus taire l’horreur de la guerre. Pendant qu’il pleut des morts, une pensée adolescente à fleur de peau fait rage. Qu’y a-t-il derrière ce qui est? Combien de fois encore faut-il trancher les gorges? Que faut-il cesser d’être pour apaiser le rouge?

L’œil soldat est un récit poétique qui se lit aisément. L’écriture, les jeux de mots, le texte, tout dans ce récit est conçu pour nous happer et la lecture s’enchaîne rapidement. Les mots défilent, nous emportent et nous laissent des images très fortes.

Le livre est séparé en deux parties, L’œil gauche et L’œil droit.

L’œil gauche relate en quelque sorte les hallucinations d’un jeune homme, ce qui se passe dans sa tête et ses pensées. C’est dans cette première partie qu’il fera un pacte avec le diable. Le pacte lui permet de voyager dans le temps, dans l’espace, de devenir ce qu’il veut, de changer de sexe ou d’apparence. Peu importe les époques, il réalise que le sang coule, que la guerre est omniprésente et que l’humain va à sa perte.

À vingt ans
il est temps
de faire un pacte
avec lui
le Diable
la chose qui dépasse
de toute chose

L’œil droit débute par une série de mots. L’homme entretient la violence et n’a aucun scrupule à la perpétrer devant des enfants. L’homme est aveuglé par la haine. Mais quelque chose l’amène à se voir comme il est vraiment et il choisit le renoncement à la violence. Il est en quête d’apaisement.

pourquoi n’essuyons-nous pas
de nos bottes le sang
quand nous entrons
dans l’âme des enfants?

Les mots et la poésie de Larry Tremblay, malgré la dureté du texte, sont magnifiques. C’est une poésie pleine d’images. Une lecture fluide, mais tellement visuelle. Le texte nous porte, les mots coulent et nous transportent.

Je trouve cependant difficile de parler de ce texte. Il joue beaucoup sur ce que nous ressentons à la lecture, sur les images que le lecteur se fait en lisant. Les mots de Larry Tremblay se suffisent à eux-mêmes. C’est un livre dont il me semble difficile de décortiquer l’histoire et le contenu puisque tout se joue sur les émotions reliées à la lecture. Sur les images qui se créent dans notre imaginaire en lisant.

Je perçois L’œil soldat comme une forme de vision de l’humanité, de l’homme, de sa propension à perpétrer l’horreur et finalement, à y mettre un frein. Malgré une vision pessimiste et dure, ce récit poétique nous est livré avec une plume exceptionnelle qui en fait une très belle lecture.

L’œil soldat, Larry Tremblay, éditions La Peuplade, 96 pages, 2019

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Désert solitaire

désert solitairePeu de livres ont autant déchaîné les passions que celui que vous tenez entre les mains. Publié pour la première fois en 1968, Désert solitaire est en effet de ces rares livres dont on peut affirmer sans exagérer qu’il “changeait les vies” comme l’écrit Doug Peacock. À la fin des années 1950, Edward Abbey travaille deux saisons comme ranger dans le parc national des Arches, en plein cœur du désert de l’Utah. Lorsqu’il y retourne, une dizaine d’années plus tard, il constate avec effroi que le progrès est aussi passé par là.

Il y a des livres dont on a envie de noter chaque passage tant le propos nous parle. Désert solitaire fait partie de ces livres-là. De ceux qui sont autant plaisants à lire qu’intelligents. Edward Abbey signe ici une sorte de plaidoyer en faveur de la nature, de l’écologie, d’une conservation des espaces naturels plus respectueuse de l’environnement et de ce qu’ils représentent.

Cet ouvrage est le récit des mois vécus par Abbey comme ranger dans un parc national. Le livre a été écrit en 1968 et c’est sans doute ce qui est le plus frappant. L’auteur est étonnamment lucide et clairvoyant sur la façon dont les gouvernements utilisent les espaces « préservés » pour en faire de vrais parcs  à touristes. Déjà à l’époque, il est conscient que son récit est sans doute une histoire de lieux qui n’existeront plus quand on lira ce livre. De lieux dénaturés par l’homme, qui envahit les parcs à bord de caravanes puant l’essence, campe n’importe où et goudronne tout ce qu’il peut pour éviter de marcher. L’essence même d’aller se perdre plusieurs jours en pleine nature, de randonner pour rejoindre un campement et devoir planifier son séjour pour ne manquer de rien est révolue. La nature sauvage, réelle, vraie n’est (presque) plus. Abbey prend conscience que les choses sont en route vers le changement. Que les ressources essentielles à l’âme de tout homme, la nature, ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir.

 » Peuple de plus en plus païen et hédoniste (Dieu merci!), nous comprenons enfin que les forêts et les montagnes et les canyons désertiques sont plus sacrés que nos églises. Comportons-nous donc en conséquence. »

Malgré la tristesse du propos d’Edward Abbey, le livre fait beaucoup plus réfléchir qu’il n’est larmoyant. C’est essentiellement à cause de la façon dont l’auteur raconte. Pince-sans-rire, direct, Abbey amène son propos en utilisant un humour noir particulier qui m’a beaucoup parlé. C’est ce qui fait la grande force de ce livre: Abbey ne mâche pas ses mots, autant à l’égard des gouvernements que de ses semblables. Mais il ne se prend pas non plus au sérieux et parle avec une grande sincérité de tous les sujets qu’il aborde.

 » Il y aura toujours une minorité téméraire qui voudra partir à l’aventure par ses propres moyens, et aucun obstacle ne devrait lui être opposé; qu’ils prennent des risques, bon sang, qu’ils se perdent, qu’ils se brûlent sous le soleil, qu’ils s’échouent, qu’ils se noient, qu’ils se fasse dévorer par les ours, ensevelir par les avalanches – c’est le droit et le privilège le plus strict de tout Américain libre. »

Désert solitaire nous fait découvrir l’Utah et le parc national des Arches. À travers sont récit, Abbey nous amène voir une terre hostile, assoiffée, difficile, mais incroyablement belle. Il nous parle de la faune, de la flore, apporte toutes sortes d’anecdotes intéressantes, amusantes, particulières.

« La joie est-elle un atout dans la lutte pour la survie darwinienne? Quelque chose me dit que oui; quelque chose me dit que les êtres moroses et craintifs sont voués à l’extinction. Là où il n’y a pas de joie il ne peut y avoir de courage; et sans courage toutes les autres vertus sont vaines. »

Il nous guide en randonnée un peu partout, parle de son travail de ranger, des gens qu’il rencontre, de ses amis avec qui il partage une si belle nature, des drames qui se jouent parfois dans le désert, de l’eau et de la soif qui deviennent presque une fixation par moments, des animaux, de l’écologie, de la culture, de la solitude, de la civilisation, du sort des indiens Navajo, de l’industrialisation, de l’histoire, et de ces lieux qui l’ont transformé et qu’il aime tant.

 » C’est le plus bel endroit au monde. Des endroits comme ça, il en existe beaucoup. Tout homme, toute femme, a dans son cœur et dans son esprit l’image de l’endroit idéal, de l’endroit juste, de l’authentique chez-soi, connu ou inconnu, réel ou imaginé. Pour moi, ce sera Moab, Utah. »

Ce livre est un hommage au désert, mais surtout, un hommage à la nature elle-même qu’il est urgent de sauver, de protéger de l’homme et de tous ceux qui veulent faire de ces lieux encore un peu sauvages, des attractions touristiques. Ici, la nature est perçue comme arme de résistance.

Un récit essentiel, que les amoureux de la nature devraient lire. Abbey soulève des questions importantes qui sont encore d’actualité, même si le livre a été écrit il y a cinquante ans.

C’est l’auteur Doug Peacock (Mes années grizzlis, Une guerre dans la tête) qui signe la préface du livre. Il dit:

« À l’évidence, Désert solitaire se distingue de la plupart des livres « de nature ». Il prône la désobéissance civile et pousse le lecteur à agir, voire à changer radicalement de vie. »

C’est aussi pour cette raison que ce livre est un incontournable.

Désert solitaire, Edward Abbey, éditions Gallmeister, 352 pages, 2018

Là où les rivières se séparent

la ou les rivieres se separent“J’ai grandi au sein d’une entreprise familiale. J’ai grandi à Holm Lodge. C’est le plus vieux ranch-hôtel du Wyoming. Quand j’étais petit garçon, je savais que le ranch se trouvait à dix kilomètres de l’entrée est du parc de Yellowstone, mais je ne savais pas que je vivais dans le plus grand espace vierge de toute clôture aux États-Unis, Alaska excepté. Ça, c’est ce que je sais aujourd’hui. À l’époque, je savais seulement que j’étais libre sur cette terre.”

Là où les rivières se séparent est le premier livre de Mark Spragg que je découvre et je sais que ce ne sera pas le dernier. Le livre est conçu comme un recueil de récits, qui racontent essentiellement la jeunesse de Spragg au ranch de ses parents, quelque part près du parc de Yellowstone. La famille vit à la dure, dans un immense espace à perte de vue, entourée de chevaux, de la nature et d’employés. Les jeunes Spragg sont habitués de travailler dur, ils vivent dehors la moitié du temps, dans des baraquements l’été et dans une cabane l’hiver. Entre les randonnées avec des touristes, les parties de chasse organisées pour de riches hommes d’affaires venus de loin et les tâches quotidiennes, Mark nous raconte la vie sauvage de cette région, ses découvertes, son plaisir de rechercher la solitude.

L’écriture est particulièrement agréable dans ce livre. L’auteur nous raconte ses pensées, ce qu’il vit quotidiennement et c’est avec beaucoup de curiosité qu’on le découvre. La vie dans cette région et sur le ranch est bien différente de la vie que mène la plupart des jeunes de cette époque. L’auteur nous attache à son histoire, que l’on suit d’un récit à l’autre avec intérêt.

Spragg a une forme de sensibilité très touchante et une sincérité dans ce qu’il décrit qui ne peut que venir nous chercher comme lecteur, surtout si la nature nous interpelle. La rudesse de la vie sur un ranch en pleine nature où les commodités ne sont pas légion, où tout est loin et où tout le monde met la main à la pâte est fascinante. Il n’y a pas de télé (et est-ce qu’on en voudrait vraiment?), tout le monde lit beaucoup. Les livres sont importants.

« Nous lisons parce que mon père a des livres, par milliers. Nous ne sommes pas une famille qui part en vacances. Nous sommes une famille qui fait cent cinquante kilomètres aller-retour pour aller chercher des provisions en ville une fois par mois. Mon frère et mois, nous avons recours aux livres quand nous voulons nous évader du Wyoming, »

Les enfants grandissent dehors, conduisent des expéditions avec des touristes dès l’adolescence, connaissent le maniement des armes à feu et savent prodiguer les premiers secours en cas de blessure. Ils savent tout réparer, cuisiner et s’occuper d’animaux. Ils peuvent monter un campement en moins de deux.

Il y a aussi de nombreux moments difficiles et l’auteur nous les raconte avec sincérité. Le moment pénible où Spragg doit achever un cheval blessé pour lequel il n’y a rien à faire. Les blessures à soigner. La disparition d’un animal. Les chagrins et la perte de l’innocence de l’enfance quand il réalise que le ranch n’est pas forcément un paradis et que par son travail, lui-même contribue à s’occuper de chasseurs qui tueront des animaux juste pour le plaisir.

« Je ne les vois pas comme des hommes. Je les vois comme de gros scouts bruyants, comme des enfants obèses et chauves. J’imagine qu’ils viennent chez nous gagner leur badge d’ours. Pas pour tuer quelque chose d’ordinaire qu’on peut manger, mais pour tuer quelque chose d’extraordinaire qui pourrait les manger. »

Spragg nous raconte le Wyoming de son enfance et de son adolescence dans ce très beau livre, avec quelques incursions plus récentes, alors qu’il termine l’université ou qu’il est maintenant adulte et marié. Cette façon d’utiliser la nature pour nous raconter sa vie sur le ranch est très intéressante. Les récits se découvrent avec plaisir, la lecture se fait avec bonheur. J’ai adoré ce livre. Spragg a une belle plume, la traduction est de qualité et l’histoire, la sienne, est captivante.

Spragg raconte toutes sortes d’anecdotes liées au travail sur un ranch, mais aussi à sa découverte de la nature. La place que prennent les chevaux dans sa vie, les chats de grange, les animaux sauvages rencontrés en chemin, sa peur des serpents. Il raconte également le temps, avec lequel il faut apprendre à vivre. La neige abondante, la chaleur accablante, le froid mordant et mortel, ainsi que le vent, qui ne cesse jamais de souffler.

J’ai aimé tous les récits de ce livre, même les plus émouvants. Mon préféré est sans doute L’hivernage qui met en lumière tout le reste. Ce récit parle du retour de Spragg après avoir terminé l’université. Quatre années passées sur le béton d’une ville l’a presque estropié. Il a mal aux jambes, a mal partout. Il n’en peut plus du bruit, des gens, et il ne rêve que de retrouver la solitude de ses montagnes. Comme j’ai aimé cette histoire!

« Je rêve du mois de janvier. Du crépuscule à 4 heures de l’après-midi. Du rythme lent et prudent de la vie par -20°c. J’imagine que je m’envelopperai d’hiver: cinq mois de lumière vaporeuse, le délicat abrutissement du froid. Je ferme les yeux et je pense aux rivières couronnées de glace. Et à la neige. Son accumulation douce, jour après jour. La neige étouffera tous les bruits, les réduira à un murmure. J’imagine qu’en marchant dans la neige, mes jambes se répareront; ce sera comme un massage pour ma psyché. »

Un beau coup de cœur pour ce livre, qui me rappelle un peu le genre de récit qu’écrit Rick Bass. J’ai beaucoup aimé et je le relirai à l’occasion. Je vous le conseille. C’est un livre vraiment très beau, par moments très touchant par la façon dont l’auteur parle de la nature, de la vie, de lui-même. Ici, la nature répare et guérit. Elle soigne le corps et l’âme.

Une excellente découverte!

Là où les rivières se séparent, Mark Spragg, éditions Gallmeister, 323 pages, 2018

Johanna, un destin ébranlé par le nazisme

Johanna un destin ébranlé par le nazisme photoDans ce récit intimiste, Francine Ouellette raconte l’enfance de sa mère, Johanna, en Allemagne. Elle décrit la montée de la popularité d’Hitler ; les affiches placardées sur les murs, avec leur croix gammée noire sur fond rouge ; les chemises brunes qui brutalisent ou arrêtent Juifs et intellectuels. À dix-neuf ans, Johanna traverse seule l’Atlantique à bord d’un navire pour échapper au spectre de la guerre et débarque à Québec, en souliers dans la neige. L’auteure relate l’intégration de sa mère en terre d’accueil à travers le prisme de ses propres souvenirs d’enfance.

Ce nouvel ouvrage de Francine Ouellette, raconté sous forme de biographie, se veut un vibrant hommage à la femme qu’a été sa mère, Johanna, ainsi que sa famille qui est très présente tout au cours de ce récit. L’auteure s’attarde à raconter les souvenirs de Johanna, une enfance douce, baignée par la joie et le bonheur d’aller au lac, de profiter de la nature. Une douceur interrompue rapidement, puisque Johanna devra vivre les deux guerres mondiales, même si elle était très jeune à la première guerre. Son père est alors déclaré disparu par l’armée. Le récit parle des difficultés familiales à devoir vivre avec cette nouvelle. La guerre a déchiré une partie de sa famille. Une guerre vécue par son père et ses oncles, en se demandant constamment: « reviendront-ils? »

Johanna est une dame très attachante. Ce livre, c’est le parcours de toute une vie et pas uniquement un récit sur la guerre. Il y a beaucoup d’anecdotes intéressantes sur le parcours d’une famille qui choisi de refaire sa vie ailleurs. On voit les difficultés encourus par les immigrants, surtout à l’époque où la guerre donnait une mauvaise image des Allemands, de la façon dont ils étaient perçus à cause du nazisme.

On retrouve des moments de l’histoire de l’Allemagne de l’époque, la façon dont les gens vivaient au quotidien, célébraient les Fêtes ainsi que la vie de famille. Celle de Johanna est d’ailleurs très unie. Les membres de sa famille sont très proches, ils s’entraident et sont présents pour tous. Le récit montre une belle famille tissée serrée, malgré les difficultés auxquelles elle doit faire face au fil des ans.

Le livre est enrichissant car on apprend beaucoup de choses sur l’immigration, sur l’intégration de nouveaux arrivants, des sujets en plus très actuels en ce moment. Il y a des passages très amusants sur la langue, des anecdotes sur la façon d’aborder un univers qui nous est totalement inconnu, dans un nouveau pays.

Il y a également des moments émouvants dans le récit, qui viennent nous chercher. Une grande tendresse et beaucoup d’émotions enrobent plusieurs passages.

« De lui, elle conservait précieusement une lettre dans un coffre de bois verni muni d’un petit cadenas doré. Telle une caresse, sa main en avait effleuré le couvercle avant de tourner la minuscule clé qui, pour moi, était la clé du mystère de son coeur. »

Johanna était native de Bexbach, il en est régulièrement question tout au long du récit. L’auteur offre beaucoup de références à ce lieu marquant pour sa mère. Le quotidien avant et pendant la guerre y est raconté, la façon d’utiliser ce qui était disponible en période de guerre. On entre au coeur d’une famille et au coeur de l’histoire.

J’étais persuadé que ce récit me plairait bien, puisque les ouvrages et documentaires qui parlent de la guerre m’intéressent. On voit beaucoup les dommages familliaux de la guerre du côté des juifs, mais on oublie souvent l’envers de la médaille, ceux qu’on a forcé à aller se battre contre leur gré, pour une guerre dont ils ne voulaient pas.

« Des patrouilles étaient affectées à la chasse aux déserteurs, fouillant hameaux et villages à la recherche de ceux qui avaient quitté les rangs. Or, l’une d’elles se pointa inopinément à Bexbach. »

Le livre est rempli d’émotion, ce qui rend le livre très agréable à lire et très captivant. C’est une lecture que j’ai beaucoup apprécié, qui se lit bien. Je m’attendais à aimer ce récit, mais peut-être pas autant. J’ai été agréablement surpris et ce fut une bien bonne lecture.

Si vous aimez les histoires de famille et les récits historiques, c’est un livre que vous devriez grandement apprécier!

Johanna un destin ébranlé par le nazisme, Francine Ouellette, éditions Libre expression, 202 pages, 2018