«Les Ennemis français de la race anglaise»

ennemis français de la race anglaiseAdam Thom est, dans les années 1830, l’un des porte-parole les plus influents de la communauté anglophone du Bas-Canada. Sous le pseudonyme de Camillus, il publie dans le Montreal Herald des lettres vitrioliques adressées au nouveau gouverneur en poste, lord Gosford, dans lesquelles il exprime les opinions d’un groupe de marchands, de banquiers, de magistrats et de miliciens ultraconservateurs. Il s’oppose aux meneurs du Parti patriote et à leurs partisans, des «habitants illettrés» qui ignorent leurs véritables intérêts, tout en dénonçant la collaboration des autorités impériales conciliantes de Westminster. De manière prophétique, Adam Thom envisage une intervention armée pour assimiler ou annihiler les «ennemis français de la race anglaise».

«Les Ennemis français de la race anglaise». Un titre qui a vivement attiré mon attention et mon intérêt tant il est puissant et dérangeant. Je n’avais jamais entendu parler d’Adam Thom avant de lire ce livre. Sans doute que son nom vous est aussi inconnu. Il a été occulté de l’histoire et en lisant ses lettres, on comprend pourquoi. Adam Thom nourrissait une haine contre les français. C’était pour lui un petit peuple qui ne méritait pas qu’on lui accorde quoique ce soit. S’il est très mielleux et enjôleur dans ses lettres au gouverneur, son ton change peu à peu. Il devient cassant, voire parfois insultant. Il déteste autant les français que quiconque leur offre quoique ce soit. La gestion du Haut-Canada et du Bas-Canada de l’époque l’exaspère. Il passe même par les États-Unis pour contourner les français afin de ne pas être en contact avec eux.

« La méthode visant à répartir les recettes douanières en fonction de la population est presque trop absurde pour faire l’objet d’une discussion. Si une seule et unique race habitait les deux provinces, la méthode en question serait logique, bien qu’imparfaite; toutefois, prétendre qu’un Canadien français contribue autant qu’un Anglais à l’alimentation du trésor public, c’est confondre l’indolence et l’énergie, la barbarie et la civilisation, l’ignorance satisfaite et l’intelligence ambitieuse. »

Dès la lecture de ce recueil de lettres, on déteste rapidement le personnage d’Adam Thom. Il crachait et calomniait la nation francophone qu’il qualifiait régulièrement de démagogues illettrés, de traîtres, de petit peuple et d’opportunistes rampants… L’histoire n’a donc pas réellement perpétué son nom dans les livres même si son passage chez nous aura duré vingt ans.

Même si l’on déteste le personnage qu’était Adam Thom, que ses idées sont grotesques et que la lecture de ce livre peut être choquante par moments, ces lettres sont très intéressantes à lire. Elles nous font comprendre un point de vue différent. Elles jettent également un éclairage nouveau sur la politique et la situation particulière du Québec.

L’ouvrage débute par un avant propos riche en informations qui nous apprennent qui était ce cher Adam Thom. D’où il venait, ce qu’il faisait, avant qu’on puisse entamer la lecture de ses lettres adressées à Lord Gosford. Adam Thom, cet immigrant écossais qui au moment de l’envoi de ses lettres, agissait à titre de rédacteur en chef du Montréal Herald. Il s’opposait ouvertement à la politique du gouverneur Gosford. Il écrira entre 1835 et 1836 des lettres à saveur « anti-gauloises » (où il se plaît à faire une comparaison primitive avec la Rome et la Gaule) adressées au gouverneur. Il écrivait sous le pseudonyme de Camillus, accusant alors Gosford de manquer de fermeté avec la faction française et de lui donner beaucoup trop de pouvoirs.

Thom se montre très critique dans ses lettres au gouverneur, qu’il tente de raisonner car il le trouve trop généreux à l’encontre de la colonie Française. Il décortique les propos du Gouverneur en lui laissant entendre qu’il voulait sûrement dire autre chose que ce qu’on lit réellement. Il tente de l’inciter à penser comme lui. Ce qui ne semble pas avoir porté ses fruits car au fil des lettres, il se montrera de plus en plus critique sur le choix des commissionnaires mis en place, mettant en doute leurs qualifications. Il remet même en question le choix du gouverneur en place, suggérant qu’il n’a pas les compétences pour un tel mandat…

Adam Thom était un fin manipulateur. Il tente de faire croire au gouverneur que les français reçoivent bien plus que ce qu’ils ne devraient. De son point de vue, les anglais travaillent davantage et ce sont les français qui en profitent le plus. Il se plaint du manque de loyauté des français vis à vis la royauté britannique. Il déplore que les français se plaignent du joug anglais, qu’ils sont des traîtres et que ce petit peuple pourrait se mutiner si le gouverneur ne les assimile pas rapidement par la force et le sang. Il est, par exemple, totalement contre l’idée de faire du Bas-Canada, une province francophone, ce qui serait assurément une injure pour les anglophones. Idem pour l’idée d’intégrer un francophone dans l’administration, ce qui serait impensable pour lui.

« Ainsi parle, Monseigneur, un homme qui n’a jamais sacrifié sa cohérence politique, ni dévié dans son parcours, convaincu qu’un jour la persévérance opiniâtre de ses compatriotes loyaux fera trembler de terreur et d’effroi les factions françaises et les Cabinets francisés. »

Beaucoup d’éléments dans ces lettres font écarquiller les yeux aujourd’hui. Adam Thom manipule allègrement les faits afin d’augmenter les revenus du Haut-Canada et de diminuer les profits du Bas-Canada. Il donne facilement ses « conseils » (qui sont beaucoup plus des directives qu’il souhaite voir être appliquées) au gouverneur pour avantager le peuple anglais.

« La conclusion qui me vient à l’esprit, c’est que vous êtes, Monseigneur, ainsi hostile ou faible, aveugle et inconséquent. Je vous laisse le soin de choisir entre le crime moral ou la malchance intellectuelle. »

Très enjôleur, rusé, intelligent et manipulateur, Adam Thom n’apparaît certainement pas comme un homme droit et intègre quand on le lit aujourd’hui. Il manie la plume à la perfection pour tenter d’amener les gens à adopter son point de vue. C’était un excellent stratagème.

Les lettres d’Adam Thom nous permettent de voir les tensions qu’il pouvait y avoir à ce moment entre la nation Française et la nation Britannique, les patriotes anglais et français, en présentant le point de vue d’un extrémiste anglo-saxon. Adam Thom s’opposait constamment aux patriotes français. Un point de vue parfois choquant à lire pour nous, francophones, mais qui jette un éclairage différent sur nos racines et le fondement des idéologies qui ont agitées le Bas-Canada et le Haut-Canada.

« Les Ennemis français de la race anglaise » a été une lecture hyper intéressante et instructive, qui offre une image très claire des tensions que les deux colonies de l’époque ont dû affronter. De nombreuses notes accompagnent chaque page afin de permettre au lecteur de mieux saisir le contexte historique, les différents hommes qui ont marqué cette période et leur façon d’agir. C’est donc passionnant, puisqu’on apprend énormément de choses sur cette période de l’histoire, tant du point de vue social que politique.

Les lettres d’Adam Thom viennent nous chercher, naturellement, surtout lorsqu’on est francophone. Elles provoquent beaucoup d’émotions. Elles nous donnent à réfléchir sur ce qui a marqué les moments forts de notre histoire et des batailles livrées par les francophones. La lecture de ces lettres éveillent en nous un côté patriotique qui refuse encore aujourd’hui de se laisser assimiler et qui poursuit sa défense de notre langue, de notre identité. Un ouvrage à lire pour comprendre beaucoup de choses!

« Les Ennemis français de la race anglaise », Les lettres d’Adam Thom au gouverneur en chef des Canadas, 1836, Adam Thom, présentation, notes et annexes de François Deschamps, traduction de Marie Caron, éditions du Septentrion, 318 pages, 2019

Infographies.quebec

infographies.quebecL’historien Gilles Laporte propose un ouvrage comprenant une série d’infographies sur l’histoire, la géographie, la population, l’économie, la culture, la politique, la consommation et même les sports au Québec, de ses origines à aujourd’hui. Chacune de ces infographies relève le défi de rendre attrayante et accessible une information à la fois riche et rigoureuse à propos du Québec et de son histoire. Elles sont destinées aux élèves en histoire des écoles et collèges du Québec, ainsi qu’au grand public désireux de revisiter son histoire sous l’angle graphique.

Ce bel ouvrage comprend 69 infographies sur l’histoire du Québec. En jumelant le travail d’auteur et celui d’infographiste, l’historien Gilles Laporte réussit à tirer le meilleur parti des deux mondes et à nous offrir un livre très attrayant. Le taux de pourcentage pour apprendre et retenir des informations est plus élevé lorsque le texte est accompagné d’un visuel. Ici, le format permet justement d’assimiler plus facilement les informations historiques.

Infographies.quebec est un livre riche qui touche à beaucoup de points de l’histoire du Québec. Ce livre, c’est l’histoire de la télé québécoise, du cinéma, de la politique, des syndicats, de la Nouvelle-France, des batailles (linguistiques ou guerrières) et de tout ce qui a façonné notre monde. Le livre aborde le sport (de la coupe Stanley aux Expos en passant par les jeux Olympiquess), les prix des objets d’autrefois versus ceux d’aujourd’hui, le système scolaire, l’art, la religion, la musique, le métro, l’agriculture, l’économie et les récessions, les femmes qui ont marqué le Québec, le réseau routier, la crise du verglas, les patriotes, les noms de famille, les compagnies fondées ici qui ont été vendues à l’étranger, les plus illustres franco-américains nés au Québec. On y retrouve entre autres Jack Kerouac, Georges St-Pierre, Ernest Dufault, Calixa Lavallée.

Il y a aussi de nombreuses cartes. Je pense par exemple à la carte du Québec avant la colonie qui retrace les tribus amérindiennes de l’époque et l’endroit où elles vivaient. Cette carte est fascinante et permet de se faire une idée vraiment complète de ce qu’a pu être notre Province avant nous.

Il y a tellement de contenu dans cet ouvrage! Le livre aborde de très nombreux sujets de notre histoire. Certaines infographies rappellent de beaux souvenirs, surprennent aussi parfois et sont très enrichissantes. Le visuel permet de se faire rapidement une idée de ce qu’on nous présente et de s’en souvenir. Visuellement, le livre est conçu sous forme de cartes que l’on déplie. Les inforgraphies y sont reproduites. Plusieurs d’entre elles présentent aussi des comparaisons entre la vie d’aujourd’hui et celle d’autrefois.

Infographies.quebec est un livre très coloré, très attractif. L’ouvrage est vraiment bien fait. Le dosage entre le texte et l’infographie est parfait. Conçu à la base pour des cours d’histoire, le livre est très intéressant pour le grand public, principalement pour son format. Il ne ressemble en rien aux livres scolaires conventionnels. La variété des sujets en fait un ouvrage incontournable pour apprendre beaucoup de choses sur l’histoire du Québec et se rafraîchir la mémoire sur ce que l’on connaît déjà.

J’ai aimé l’ajout à la fin du livre où l’auteur présente sa vision de l’ouvrage, les raisons des choix qu’il a fait pour Infographies.québec.

Un livre parfait pour offrir et qu’il est plaisant de relire à l’occasion. Un livre tout trouvé pour les étudiants, les passionnés d’histoire et le grand public qui souhaite en apprendre davantage sur le Québec. Infographies.quebec est passionnant, c’est un livre que je conseille fortement. J’ai passé un excellent moment de lecture, très instructif.

Infographies.quebec, Gilles Laporte, éditions du Septentrion, 102 pages, 2018

Les Bleed

Les Bleed (2)À Mahbad, la famille Bleed règne depuis trois générations. Le dernier-né, Vadim Bleed, sollicite un second mandat lors d’une élection présidentielle aux allures de spectacle à grand déploiement. Ce n’est qu’une formalité, après tout : la journée est réglée au quart de tour, et si quelques bulletins de vote disparaissent, ce ne sera pas la fin du monde. Mais les événements tournent mal. Sur la Place de la Révolution et dans les rues de Qala Phratteh, de violents affrontements éclatent alors que la population réclame un nouveau gouvernement. Les résultats du scrutin se font attendre, les forces de l’ordre fourbissent leurs armes, et Vadim Bleed manque à l’appel. Son père, Mustafa Bleed, éminence grise ou pantin désarticulé, croyait pourtant avoir les choses en main.

Je trouve intéressant, parfois, de sortir de sa zone de confort en lisant autre chose que ce qu’on a l’habitude de lire. C’est pourquoi, lorsque j’ai reçu Les Bleed, j’ai décidé de le lire même si je n’avais pas choisi ce livre. Je ne connais pas du tout l’auteur, mais j’aime ce que publie La Peuplade en général. Cet éditeur est au centre de beaucoup de mes lectures « coups de cœur ».

Présenté comme un thriller politique, Les Bleed raconte la longue déchéance d’une dynastie politique, perpétuée de père en fils depuis trois générations. À la tête du pays, le clan Bleed, dont les femmes sont les grandes absentes, dirige tout (ou manipule tout). Mais le dernier né, Vadim, en quête d’un second mandat, n’est pas à la hauteur de l’héritage familial.

« C’est une chose d’être dirigé par un farouche dictateur, c’en est une autre de l’être par l’ombre absente de son héritier. »

Le roman de Dimitri Nasrallah est un récit à deux voix, en alternance: d’un côté Vadim, qui brille la plupart du temps par son absence et son je-m’en-foutisme de la machine électorale (alors qu’officiellement c’est lui qui doit être réélu) et son père Mustafa, qui tire les ficelles du jeu politique et magouille pour redonner à nouveau à la famille Bleed son prestige.  On réalise vite en lisant le roman que sous les apparences, l’empire politique n’est qu’une vaste supercherie en train de couler et ce, même si les Bleed dirigent tout, changent les livres d’histoire à leur convenance et n’hésitent pas à perdre quelques boîtes de vote ou à faire tomber des têtes qui dérangent.

Le père, Mustafa, dirige dans l’ombre avec le souvenir de son propre père comme ayant grandement accompli pour le pays alors que la population demande la fin du règne de la famille Bleed. Vadim, lui, est un adulte qui n’a pas grandi. Toujours partant pour faire la fête, il voyage en avion comme on prend le métro, baigne dans la drogue et est grisé par la vitesse. En parallèle de leurs doléances mutuelles, le roman est entrecoupé d’extraits de blogues, de journaux, d’articles d’opinion. C’est à travers le cri du peuple que se dessine la révolte qui tournera à la guerre civile. Cette construction permet d’être dans la tête des personnages principaux et de vivre avec la population, le déchirement d’une élection qui ne semble pas avoir de fin.

« Je connais ce pays depuis sa construction, j’ai traversé son histoire à travers six déclarations d’état d’urgence, une guerre civile et d’innombrables défilés de la victoire. Les jeunes d’aujourd’hui sont incapables de se souvenir de ce qui s’est passé le mois dernier. Et, si vous voulez le savoir, c’est la raison pour laquelle nous avons nos problèmes actuels, selon moi. »

Je dois l’avouer, je m’attendais à plus de thriller et un peu moins de politique avec ce roman . Je ne vais pas d’emblée vers des ouvrages de politique, même de fiction. C’est sans doute l’un de sujets qui me passionne le moins. Le roman se lit bien, c’est accessible, même pour ceux qui ne sont pas férus de politique. On assiste aux coulisses du pouvoir, à la mise en place d’une dictature, aux dessous d’une élection qui vire à la guerre civile. Ça reste tout de même intéressant, mais ça ne m’a pas passionnée plus que ça. Ce n’est pas vraiment un sujet pour moi.

Cependant, je crois qu’il existe assez peu de romans qui tourne autour de l’univers politique, d’une dynastie politique comme celle qui nous est racontée dans Les Bleed. C’est donc un livre que je pourrais suggérer à quelqu’un qui s’intéresse à la politique. Moi, je suis plutôt passée à côté.

Les Bleed, Dimitri Nasrallah, éditions La Peuplade, 272 pages, 2018

America n°4

America4

C’est Stephen King qui ouvre le bal de ce quatrième numéro intitulé De la violence en Amérique avec Guns, un article percutant et profondément touchant sur sa position face à la violence en tant qu’homme, père de famille et en tant qu’auteur. Il parle aussi de sa décision de retirer son livre Rage des rayonnages, suite à des tueries dans les écoles. Je trouve que son questionnement et sa position en tant qu’auteur est intéressante. Étrangement et tout à fait par hasard après avoir lu l’article, je suis tombée,  dans une vente de livres d’occasion, sur un exemplaire de ce livre pour 0.50$ et je l’ai acheté. Je suis curieuse de comprendre tout ce qui se cache derrière la démarche de King.

Toujours sous le thème de la violence, Benjamin Whitmer signe un article vraiment captivant sur l’histoire de Thanksgiving et des débuts de la violence, allant des massacres amérindiens jusqu’aux prisons de haute sécurité: L’histoire interdite. J’ai d’ailleurs noté, suite à cet article, son roman Évasion à paraître en septembre 2018, qui parle d’une de ces prisons. Quant à Ryan Gattis, il signe Le vrai visage de la violence, qui parle de gangs et de… nez! J’ai son roman Six jours dans ma PAL qu’il me tarde de découvrir.

« La violence est une chose aussi banale en Amérique que dans n’importe quelle dictature bananière, et notre histoire n’est ni héroïque, ni exceptionnelle. Nos mythes sont là pour le cacher, et ils sont aussi débilitants que frauduleux. »

Autre citation, de Ryan Gattis

« … peu de choses affectent l’âme plus puissamment que la douleur physique. Et peu de choses sont plus importantes que d’y survivre. »

Le reportage photo m’a fait découvrir le travail de Kiliii Yüyan (qu’on peut suivre sur Instagram) avec Living Wild, des images prises lors de stages dans l’état de Washington, qui permettent de redécouvrir un mode de vie ancestral. Très intéressant!

Le grand entretien du numéro est consacré à Paul Auster, un homme et un écrivain toujours brillant. J’ai eu l’impression d’assister à une rencontre entre deux amis. Ses propos sont toujours songés et réfléchis. C’est un homme que j’aime beaucoup, qui respire le calme.

La rencontre entre François Busnel, Tom Wolfe et Gay Talese, Un chapeau à Manhattan,  m’a un peu moins plu. Je crois que je ne suis pas vraiment sensible au style de ces deux hommes. Je n’ai jamais vraiment eu envie de lire Tom Wolfe. Il ne me parle pas.

La chronique voyage nous fait découvrir Chicago par les yeux de ses habitants. Véronique Ovaldé donne la parole à plusieurs personnes et le reportage est entrecoupé de ses propres réflexions. J’ai trouvé la forme de l’article plutôt intéressant. Qui de mieux placé pour parler d’un endroit que ceux qui y vivent? L’article est suivi par la chronique sur ce qu’il faut lire, voir et entendre (livres, cinéma et musique) autour de Chicago. J’adore les listes thématiques du genre.

Finalement, Le grand roman américain parle de Sur la route et de l’écrivain Jack Kerouac pour qui j’ai un gros gros faible! J’étais ravie de le retrouver entre les pages d’America, même si j’ai trouvé que cette lecture est allée beaucoup trop vite! Très bon article, mais beaucoup trop court à mon goût! Quand on aime… 😉

Ce quatrième numéro reprend aussi comme d’habitude, les chroniques habituelles. J’ai préféré pour ce billet me pencher principalement sur les articles que j’ai préférés.

Pour lire mes précédents billets:

Au Québec, on peut trouver la revue sur le site Leslibraires.ca ou commander chaque numéro chez son libraire indépendant. Ils sont pour le moment toujours en vente.

Le site web d’America.

America n°4, Les éditions América, 194 pages, hiver 2018

America n°3

America3Troisième numéro d’America, lu cet hiver, c’est peut-être celui qui m’a le moins touchée jusqu’à maintenant. Au moment où j’écris ces lignes, j’ai déjà terminé le numéro 4 (excellent!) et j’ai le cinquième sous la main que je commence (prometteur!).

Le grand entretien donne la parole à James Ellroy, un auteur que je n’ai encore jamais lu. Politiquement incorrecte, cette entrevue m’a plu, le personnage est intéressant. Je n’étais pas prête à acheter un de ses livres, pas certaine d’aimer, mais j’en ai trouvé un dans une vente d’occasion (American Tabloid) et je l’ai pris. Je veux bien tenter de voir si ça peut me plaire!

Le dossier est consacré à Trump et au FBI: Le FBI aura t-il la peau de Trump? J’ai trouvé cette politicaillerie moins passionnante que je ne l’aurais pensé. Je l’ai lu, mais avec plus ou moins d’intérêt. Il y a aussi un dossier sur L’histoire secrète du FBI, un autre Le FBI et ses démons, puis FBI et culture pop.

Le reportage voyage est de Philippe Besson, De Chicago à la Nouvelle-Orléans, suivit de quelques suggestions de lecture et d’une Anthologie de la route.

Le reportage photo du numéro est de Carolyn Drake et je l’ai vraiment trouvé intéressant. Invisible bus dresse le portrait des femmes afro-américaines qui voyagent en bus dans la banlieue blanche et cossue de Mountain Brook pour aller faire des ménages dans les maisons luxueuses. Touchant et indispensable de donner un visage à ces femmes invisibles.

Le numéro présente la dernière nouvelle de Jim Harrison, mais comme c’est un auteur que je n’apprécie pas particulièrement (je n’ai jamais été capable de terminer l’un de ses livres…) je ne l’ai pas terminée. Par contre, Callan Wink (Courir au clair de lune avec un chien volé) signe Je me souviens de Jim Harrison et comme ça parle de l’Homme, l’humain, j’ai apprécié ce billet.

La chronique historique Il était une fois l’Amérique est l’une de mes préférées. Ici, c’est Éric Vuillard qui la signe, en racontant la naissance du New York moderne (1807).

La section Séries est consacrée… aux Simpson! Une belle surprise puisque j’ai toujours été fan de cette série culte.

Finalement, le Grand roman américain est consacré à Huckleberry Finn de Mark Twain. Livre que je n’ai pas encore acheté, mais que je me promets de découvrir depuis des années.

J’avoue que la présence de la littérature américaine m’a un peu manquée dans ce numéro. Les grands espaces aussi. C’est le numéro que j’aime le moins et qui m’a le moins intéressée. Les lieux visités m’ont moins parlée que dans les précédents volets.

Pour lire mes précédents billets:

Au Québec, on peut trouver la revue sur le site Leslibraires.ca ou commander chaque numéro chez son libraire indépendant. Ils sont pour le moment toujours en vente.

Le site web d’America.

America n°3, Les éditions América, 194 pages, automne 2017