Deep sea aquarium MagMell t.5

Au sein du Deep Sea Aquarium Magmell, de nombreuses personnes travaillent pour protéger la mer et faire partager au public le riche univers de la faune abyssale. Kôtarô Tenjô y est assistant-soigneur depuis un an. À mesure que l’on lui confie de plus en plus de missions variées, le jeune amoureux des créatures marines se pose des questions… De son côté, son collègue Asahi Yui, bourru et toujours inflexible, se révèle. En proie autrefois à des angoisses, lui aussi pour des raisons familiales, il songe à la démission. Sa grande soeur médecin lui sauvera-t-elle la mise… ?

J’étais bien contente de me plonger dans le tome 5 de la série Deep sea aquarium Magmell. J’aime énormément cette série puisqu’elle nous amène sur les traces d’un jeune apprenti soigneur qui travaille dans un aquarium plongé au cœur des abysses. Dans chaque tome nous découvrons de nouvelles facettes des personnages et un guide des abysses qui nous permet de faire la rencontre des habitants des abysses: poissons, méduses et autres. Chaque fois c’est un plaisir. J’aime vraiment l’aspect documentaire dans les mangas. Je trouve que ça apporte quelque chose de plus en parallèle à la fiction.

Dans ce tome nous suivons Kôtarô Tenjô alors qu’il complète sa première année comme assistant-soigneur. On apprend à connaître un peu mieux certains de ses collègues et il y est beaucoup question de passion et de différence, surtout dans la dernière histoire alors que le jeune homme rencontre par hasard une ancienne camarade de classe, ce qui lui fait revivre bien des souvenirs.

« Il existe des créatures qui arrivent à vivre dans les endroits les plus obscurs de ce monde. Cela me donnait du courage. »

D’un point de vue plus scientifique, ce cinquième tome nous permet de découvrir plusieurs espèces: l’escolier, la méduse à crinière de lion, le blacktip snailfish et la calyptogena soyoae. C’est toujours hyper intéressant de suivre les petites histoires entourant ces créatures souvent étonnantes! Les personnages ont cette volonté de faire connaître leur travail au plus grand nombre et transmettent bien leur passion pour le monde des abysses.

Cette série est très égale d’un tome à l’autre je trouve, l’intérêt est toujours là, les découvertes qu’on y fait sont passionnantes et les histoires intéressantes. Un tome que j’ai beaucoup aimé!

Deep sea aquarium MagMell t.5, Kiyomi Sugishita, éditions Vega Dupuis, 192 pages, 2021

Deep sea aquarium Magmell t.4

Au Deep Sea Aquarium Magmell, de nombreux amateurs de créatures abyssales s’affairent. L’assistant soigneur Kôtarô Tenjô trouve un soutien fraternel auprès de sa collègue aînée Shizuka Nagaizumi, soigneuse passionnée et prévenante. Depuis le collège, elle s’intéresse aux abysses. Son rêve le plus intime : devenir soigneuse de la faune abyssale. Pour la première fois, elle fait part de son ambition à son camarade de classe, un aspirant pilote spatial… Par ailleurs, un beau jour, Kôtarô rencontre un jeune garçon ayant découvert un « envoyé du temple du roi-dragon », un regalec, échoué sur une plage…

Deep sea aquarium Magmell fait partie de ces mangas que j’apprécie particulièrement. Il s’agit d’ailleurs de l’un de mes préférés avec le manga Ma vie dans les bois. Plus je découvre le manga « documentaire », plus j’apprécie beaucoup ce genre, surtout lorsqu’il y est question de nature, comme ici. Ce quatrième tome m’a vraiment beaucoup plu.

Cette histoire, comme tous les tomes de la série, se déroule dans un immense aquarium au fond des abysses. On y suit Kôtarô, un jeune assistant soigneur, et ses collègues, dans leur travail avec les habitants des profondeurs marines. Ce qui fait la force de cette série est vraiment son aspect documentaire.

« Les créatures abyssales présentent toujours des cas singuliers. Pour pouvoir les élever, il faut se débarrasser des idées reçues. »

C’est intéressant car on apprend beaucoup de choses, tout en suivant des personnages récurrents qu’on apprend à connaître au fil des tomes. J’adore découvrir des informations sur les abysses et sur les fonds marins. Ça m’a toujours beaucoup intéressée, surtout que c’était ce que je désirais faire étant petite: découvrir les fonds marins. J’ai bifurqué vers les livres plutôt, mais cet intérêt pour les profondeurs de la mer a toujours été présent.

« Les abysses sont appelées le « dernier territoire inexploré de la Terre. Dans cette mer, il y a encore des choses que tout le monde ignore. »

Comme dans les autres tomes, on découvre de nouvelles espèces marines dans le « guide des abysses » entre chaque chapitre. Ce guide s’insère à travers le reste de l’histoire et nous permet d’apprendre toutes sortes d’informations sur les créatures marines. Cette fois on découvre le vampire des abysses, la chimère argentée, l’euryalina, le régalec et le Dragon noir du Pacifique. 

Le manga aborde aussi les petites histoires personnelles de plusieurs personnages, qu’ils soient récurrents (comme les collègues de Kôtarô) ou des gens rencontrés grâce à la passion qu’ils portent aux créatures marines ou à l’aquarium. Ici, on découvre la petite histoire de la fille du directeur du Deep Sea Aquarium, qui a du mal à se faire accepter des autres enfants. 

C’est d’ailleurs un thème que l’on retrouve beaucoup dans ce quatrième tome: la passion qui nous anime pour un sujet en particulier et qui fait de nous quelqu’un de différent. Kôtarô le voit également avec un garçon qu’il rencontre alors qu’il travaille et qui se passionne pour le monde marin. Une passion bien incomprise par son entourage. 

J’ai beaucoup aimé ce tome à cause des sujets qu’il aborde. J’ai donc bien hâte de lire le tome 5!

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Deep sea aquarium Magmell t.4, Kiyomi Sugishita, éditions Vega Dupuis, 192 pages, 2021

Les Rois du Yukon

Long de plus de trois mille kilomètres, le Yukon traverse le Canada et l’Alaska avant de se jeter dans la mer de Béring. Chaque été, depuis la nuit des temps, les saumons royaux (ou chinooks) remontent ses eaux pour retourner pondre et mourir sur leur lieu de naissance. C’est l’un des derniers endroits sauvages de la planète. En entreprenant ce long et difficile voyage en canoë afin d’accompagner les saumons dans leur migration, Adam Weymouth souhaitait constater les effets du réchauffement climatique sur une nature presque vierge et coupée de tout. A terme, c’est l’existence même du saumon royal qui est menacée, mais aussi celle des communautés autochtones qui dépendent de lui, et dont l’auteur dresse un portrait inoubliable. S’interrogeant sur notre relation de plus en plus complexe avec le monde vivant, il nous offre le récit captivant d’une aventure extraordinaire, et nous invite à une immersion élégiaque au cœur des mystères de la vie.

Coup de cœur pour ce livre vraiment passionnant qui est bien plus qu’un récit de voyage. L’auteur entreprend la traversée du Yukon en canoë, avec comme projet de suivre le saumon royal et d’aller à la rencontre des gens qui vivent le long du fleuve. Dans un décor encore sauvage et parfois impitoyable, Adam Weymouth entreprend de raconter les changements climatiques et la façon dont les communautés et le saumon en sont affectés. Il nous raconte également son voyage, d’un bout à l’autre du Yukon, jusqu’à son retour en Angleterre. La navigation en canoë, les rencontres au fil de l’eau, le camping, les orages, les ours, les soirées improvisées avec des gens du coin. 

« Si tu veux vraiment essayer de mieux comprendre le Grand Nord, me suis-je dit, alors peut-être devrais-tu partir à la recherche de l’une de ses espèces les plus caractéristiques avant qu’elle ne disparaisse à jamais. »

Un périple sur un si long cours d’eau, rythmé par les températures, le temps et les intempéries, demande une grande préparation. Cette partie du voyage nous est aussi racontée. Adam partira d’abord avec un ami, avant de pagayer seul un moment puis de retrouver sa compagne pour la fin du voyage. Le Yukon est un lieu magnifique, qui impressionne et qui donne un sentiment plus grand que nature. C’est aussi ce que nous raconte ce livre. La solitude face à un aussi grand territoire. Le voyage exaltant. L’aventure. 

Le Yukon c’est également son aspect touristique. Les vestiges de la ruée vers l’or. Dawson City. La moitié de la cabane de Jack London. Le fameux Sourtoe Cocktail, sorte de rite de passage qui consiste à boire un shooter contenant un orteil humain momifié. C’est aussi tout son aspect mythologique et ceux qui lui ont donné son image qui fait rêver. Les grands espaces. Les auteurs qui y sont passés. Ceux que l’on voit dans les émissions de télévision et qui nous montrent un Yukon grandiose et parfois effrayant. 

Comme le but premier de son voyage est de suivre aussi la progression du saumon, principalement le Royal (ou Chinook), plusieurs réflexions écologiques sont en lien avec ce poisson tant apprécié à travers le monde. Avec un recul qui m’a plu et sans jugement, Adam Weymouth raconte l’histoire du saumon, d’un point de vue biologique, mais aussi historique et folklorique. Aliment essentiel et mode de subsistance pour bien des habitants des berges du Yukon, le saumon est victime des changements climatiques, de la surpêche et de l’industrie. Weymouth tente de comprendre l’impact des modifications sur le territoire et le climat, ainsi que sur le poisson.

« C’est donc ainsi qu’est fait le caviar rouge: par des adolescents yupiks le soir après l’école, dans un Algeco barbouillé de sang au milieu d’un marécage boueux, avec les haut-parleurs qui crachent du Puff Daddy. »

Dans ce livre, la nature époustouflante côtoie les préoccupations écologiques. L’histoire évolue en parallèle aux récit des locaux, qu’ils soient autochtones ou qu’ils se soient installés dans la région pour fuir une vie qui ne leur convenait pas. La petite histoire des gens est souvent aussi intéressante que la grande. L’auteur prend le temps de les rencontrer, de les laisser raconter leur mode de vie, leurs expériences et la façon dont ils évoluent au bord du Yukon. Ces rencontres sont riches en anecdotes et en réflexions. Ce sont les gens qui font l’histoire en fin de compte.

Adam Weymouth réussit à combiner tout cela en nous offrant un texte qui se lit comme un roman d’aventure. C’est un constat de la façon dont fonctionne le Yukon et surtout, les saumons qui y vivent. Des œufs de saumons jusqu’au morceau de poisson acheté en Angleterre des mois plus tard, Weymouth nous raconte la vie sauvage et les contraintes du monde moderne, qui a un impact toujours grandissant sur les communautés autochtones qui vivent en bordure du Yukon et survivent grâce au saumon. Le poisson est désormais plus petit, plus rare, parfois la pêche est interdite, on constate un décalage des événements saisonniers et certaines communautés doivent être relocalisées à cause du niveau de l’eau qui ne cesse de monter. 

« Il n’y a plus guère de grandes migrations. Les colons européens ont décimé soixante millions de bisons au fil de leur progression à travers les Grandes Plains; il n’en reste plus que cinq mille aujourd’hui. Des nuées de tourtes voyageuses obscurcissaient autrefois le ciel des jours durant; la dernière est morte en 1900, l’espèce ayant été chassée jusqu’à son extinction. Du milliard de papillons monarques qui, chaque printemps, effectuaient le voyage du Mexique au Canada, seule une fraction a survécu à la perte de l’habitat, à l’usage des pesticides, aux parasites et au changement climatique. Qu’un animal puisse avoir besoin non seulement d’un biotope intact, mais également que nous lui accordions les vastes étendues de territoire nécessaires à sa migration semble être une exigence presque anachronique sur une planète aussi anthropocentrique que la nôtre, où l’homme se sent à l’étroit. »

L’ouvrage débute par un croquis expliquant le cycle des saumons ainsi qu’une carte du trajet parcouru par l’auteur. Pendant la lecture, je me suis amusée à suivre son périple pour mieux comprendre l’évolution de ce qu’il percevait au fil de son voyage: les changements dans la nature, les animaux, les gens et leur mode de vie, le changement vécu par les saumons. Son récit est l’histoire de la complexité d’un fleuve, de la vie qui l’agite et des gens qui y vivent.

Ce texte passionnant est une lecture vraiment intéressante à tous points de vue. J’ai adoré! Je ne peux que vous suggérer ce livre si les récits d’aventure, l’écologie et la nature vous intéresse.

Les Rois du Yukon: trois mille kilomètres en canoë à travers l’Alaska, Adam Weymouth, éditions Albin Michel, 336 pages, 2021

La Montaison

Avez-vous déjà vu les saumons remonter une rivière? C’est quelque chose d’impressionnant! Autrefois, les saumons vivaient dans l’océan. Un printemps, il se passa quelque chose d’étrange qui allait changer le cours de l’histoire.

Une petite lecture qui se veut un clin d’œil à Michel Noël qui nous a quitté le 12 avril, un auteur que j’apprécie beaucoup. J’ai choisi ce livre parce qu’il était dans notre bibliothèque depuis un bon moment. J’avais très envie de le lire et avec le départ tout récent de Michel Noel, j’ai eu envie de lire un de ses textes pour lui rendre hommage. Ce court livre est classé pour la jeunesse, mais permet à tous de se plonger dans une légende innue.

Le livre raconte donc la vieille légende amérindienne de la montaison, soit la raison pour laquelle les saumons remontent la rivière. Une petite fille, Matak, impressionnée par les sauts des saumons dans la rivière, va chercher son grand-père pour lui montrer ce qui l’impressionne grandement. Les plus âgés se font un devoir de transmettre leurs légendes et leurs histoires, afin d’accompagner les enfants dans leur découverte de leur environnement. Le grand-père Nemesh va donc en profiter pour raconter aux enfants ce qui pousse les saumons à remonter la rivière.

« -Nemesh, suis-moi, j’ai quelque chose d’extraordinaire à te montrer.
Ils marchent tous les deux vers la rivière Mishrashipu qu’il connaît comme le fond de sa poche. Nemesh est un homme de rivière, ami de l’eau, des poissons, des canards et des outardes. »

Cette histoire narre la rencontre du chef spirituel innu avec le grand esprit du saumon afin de faciliter la pêche pour son peuple. L’auteur nous plonge dans les légendes des Premières Nations et dans leurs coutumes. C’est un joli texte très intéressant, qui nous apprend des choses sur ce voyage dans les rivières effectué par les saumons.

« La mélodie magique, envoûtante, enchante les humains, les animaux, la forêt tout entière. Le maître de tambour, soutenu et porté par son peuple et la puissance de son chant, ferme les yeux. Son esprit léger comme du duvet quitte son corps, vole comme un puissant oiseau. Le vent joue dans ses cheveux et glisse sur son visage. »

Un court ouvrage jeunesse complété par des cartes, des notes, de l’information documentaire et des jeux pour accompagner la lecture et même, d’une recette! L’ouvrage peut être un beau point de départ pour ouvrir la discussion avec les enfants et travailler le texte en s’aidant du dossier complémentaire à la fin. Le livre est illustré par Daniela Zekina, une illustratrice bulgare. Le texte est entièrement illustré en noir et blanc.

À lire avec plaisir, pour les jeunes et les plus grands!

La Montaison, Michel Noël, éditions Hurtubise, 70 pages, 1999

Deep sea aquarium MagMell t. 3

Deep sea aquarium Magmell 3Aujourd’hui encore, le Deep sea aquarium Magmell est fréquenté par des visiteurs de tous genres, qui souhaitent rencontrer les créatures abyssales les plus diverses.Une maîtresse du primaire s’évanouit soudain devant l’aquarium du nautile, alors qu’elle accompagnait une classe d’élèves pour leur journée dessin…De son côté, Kôtarô Tenjô commence à trouver ses repères dans son travail de soigneur. Mais un jour, le directeur lui confie une nouvelle tâche importante : la présentation de la faune sous-marine aux visiteurs. Complètement stressé par sa première grande mission, réussira-t-il néanmoins à transmettre sa passion pour les créatures abyssales ?!

Deep sea aquarium MagMell est une série que j’adore et que je trouve à la fois instructive et passionnante. Ce troisième tome ne fait pas exception.

« La vie menée au sein de la mer profonde enveloppe doucement le cœur des hommes. »

Cette fois-ci, Kôtarô devient de plus en plus à l’aise avec son rôle de soigneur. On lui confie alors de nouvelles tâches. Il découvre par le fait même un nouvel aquarium et son enthousiasme débordant exaspère un peu son entourage. Mais Kôtarô est un passionné et ça se sent à travers les pages.

Il est beaucoup question de biologie des créatures marines, de leur évolution et de leur histoire. Toutes ces informations sont bien sûres adaptées à l’histoire, mais je trouve que c’est ce qui fait toute la beauté de ce manga. La fascination pour les fonds marins, les créatures et l’émerveillement de la découverte.

Il y a toute une partie assez amusante dans l’histoire où Kôtarô fait la découverte des films d’horreur. On découvre aussi un peu mieux le Docteur Haru et l’enfance de Shinya, pêcheur. Il est intéressant de voir se développer un peu plus les personnages secondaires au fil des tomes et d’apprendre à mieux connaître ceux qui entourent Kôtarô. La photographie a toujours une place importante, ainsi que l’histoire du père de Kôtarô dont on continue à découvrir des bribes au fil des tomes.

Comme à l’habitude, ce tome cache une petite histoire sous sa jaquette. Il suffit de l’enlever pour la lire. J’ai aussi aimé le rappel des personnages en début de livre. De plus en plus de manga le font. C’est bien, surtout quand les parutions des différents tomes s’étirent pendant des années. Le manga compte également de nouvelles pages du Guide des abysses, nous permettant de découvrir plusieurs nouvelles espèces. Une fiche détaillée nous est présentée pour chacune d’elle. Cette fois, nous partons à la découverte du tunicier prédateur (une bouche étrange qui vit au fond de l’océan), du nautilidae, du tonnelier de mer, du Sagre Lucifer (le requin « qui brille » et qui attire tant Shinya) et de la méduse casquée.

Un troisième tome que j’ai adoré et que je ne peux que vous conseiller de découvrir. On apprend plein de choses! J’ai bien hâte à la sortie du quatrième, prévu pour cet automne.

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Deep sea aquarium MagMell t. 3, Kiyomi Sugishita, éditions Vega, 190 pages, 2019