Des bestioles et des plantes

Les insectes représentent le moyen écologique par excellence pour favoriser la biodiversité dans nos jardins et potagers. Si certaines espèces peuvent causer des ravages dans les plates-bandes, d’autres sont nécessaires à leur bonne santé. Comment faire la différence?

Cet ouvrage a été un très beau coup de cœur pour moi. Il s’agit d’un des livres les plus utiles que j’ai pu lire pour mieux comprendre la dynamique entre les insectes et les plantes de mon jardin. C’est un livre qui, à la base, avait tout pour me plaire. Je suis passionné par les plantes, les fleurs, les jardins, les insectes. La couverture est lumineuse, très attrayante et a contribué à me donner envie de lire le livre. J’ai eu un plaisir fou à tourner chaque page et à découvrir le texte.

On apprend énormément sur les pollinisateurs: comment les reconnaître et quel est le rôle de chacun; qui sont les insectes ravageurs et quels dommages ils font au jardin. On apprend aussi comment faire pour les éloigner sans pour autant utiliser des insecticides. Il existe de nombreux moyens biologiques pour la gestion des bestioles au jardin et c’est ce que les auteurs mettent en lumière. Ce qui est très intéressant aussi, c’est d’apprendre à connaître chaque chenille et le genre d’insectes qu’elles deviendront plus tard. Le livre regorge d’informations et nous apprend aussi que beaucoup d’insectes qui semblent nuisibles ne le sont pas du tout. 

« Les araignées sont également des animaux très utiles qui se nourrissent d’une foule d’insectes nuisibles tels que les moustiques et certaines mouches. Une araignée peut manger jusqu’à 2 kg d’insectes en une seule année. »

Le livre débute en abordant le rôle de l’abeille, l’insecte pollinisateur par excellence. J’ai trouvé très intéressant cette portion qui nous apprend énormément sur le fonctionnement des ruches, sur la vie des abeilles, sur leur rôle dans la nature. Il y est aussi beaucoup question des papillons et des fameux hôtels à insectes que l’on voit de plus en plus. L’ouvrage offre aussi plusieurs modèles de plates-bandes fleuries, potagères ou fruitières, afin d’attirer les pollinisateurs. On en retrouve à plusieurs endroits dans le livre, au fil des thèmes qui sont abordés, afin de donner de bonnes idées pour mieux attirer au jardin ceux qui nous sont bénéfiques. Même chose pour les fleurs qu’on peut préférer au jardin pour attirer les insectes qui sont bénéfiques.

Vers la fin du livre, les auteurs abordent aussi l’élevage d’insectes, qui est une industrie encore jeune, mais dont il est intéressant de découvrir les enjeux, que ce soit pour la création de farines, la consommation autant animale que humaine. L’ouvrage aborde la biologie des insectes en général et donne beaucoup d’idées pour nous aider à mieux comprendre le rôle des insectes et à mieux les intégrer à nos jardins.  

« Certaines plantes dont la pollinisation dépend des insectes ont su par ailleurs développer des dispositifs ingénieux pour assurer le transport de leur pollen. Celui des sauges est spectaculaire: les fleurs de certaines espèces de sauge possèdent des étamines mobiles grâce à un système de bascule. Lorsqu’un insecte butine ces fleurs, sa tête percute le système, et les étamines se déplacent et déposent leur pollen sur le dos du visiteur. L’insecte déposera ensuite, à son insu, ce pollen sur l’organe femelle de la prochaine fleur de sauge qu’il visitera. »

L’ouvrage est aussi très bien illustré. Des bestioles et des plantes est un guide vraiment complet, très illustré et détaillé. Les auteurs nous expliquent comment attirer les insectes bénéfiques, donnent des idées d’aménagements, de plantes à utiliser et de trucs pour mieux s’occuper du jardin et connaître les bestioles qui y vivent.  Si vous aimez jardiner et que vous voulez en apprendre plus sur ceux qui peuplent nos jardins, c’est un très bel ouvrage à découvrir. On y apprend comment repousser les ravageurs tout en respectant la nature.

Un livre qui deviendra vite un incontournable chez nous et qui a désormais une belle place dans ma bibliothèque! Un coup de cœur!

Des bestioles et des plantes. Comment attirer les insectes bénéfiques et éloigner les ravageurs, Albert Mondor, Daniel Gingras, éditions du Journal, 240 pages, 2021

Mortina t.2: L’odieux cousin

Ululululu ! C’est la sonnette qui retentit à la Villa Décadente. Mortina n’attendait que ça : il pleut des cordes et sa tante a le nez plongé dans ses livres de botanique. Mais qui est ce cousin Gilbert, à vous faire mourir d’ennui, qui se présente avec une invitation ? Tous les amis de Mortina débarquent les uns après les autres ; tous, semble-t-il, invités par la tante Trépassée… qui est d’ailleurs introuvable ! Mortina organise alors une battue dans les recoins du manoir. Et si l’ancêtre s’était fait capturer par son nouveau lierre carnivore, conservé dans la serre ? Pour qu’il accepte de la restituer, il va falloir trouver les mots…

J’ai lu récemment le premier tome de la série Mortina, Une histoire qui te fera mourir de rire. Je l’ai beaucoup aimé. Le personnage de Mortina est original et sympathique, une petite zombie qui recherche l’amitié des humains.

Dans cette seconde histoire, le lecteur fait la découverte de l’odieux cousin de Mortina, Dilbert. Il arrive par un beau jour de pluie où Mortina s’ennuie, sous l’invitation de tante Trépassée. Cette dernière, passionnée de botanique et étant passablement bien occupée, semble soudain s’être volatilisée, laissant Mortina accueillir seule son cousin. Le jeune garçon n’est pas de tout repos: il critique tout, se plaint de tout et pose un regard hautain sur tout ce qui l’entoure.

Alors que Mortina regrette la compagnie de ce cousin, ses amis commencent à arriver avec de mystérieuses invitations. Est-ce une fête improvisée par Tante Trépassée? Mortina n’a rien préparé car elle n’est au courant de rien. Tante Trépassée est introuvable puis, Dilbert disparaît à son tour. Les enfants décident alors d’enquêter pour comprendre ce qui se passe.

J’adore cette petite série d’albums, qui contient deux niveaux de lecture. Pour les plus jeunes, naturellement, mais aussi des clins d’œil pour les plus grands. Le thème est amusant, original et les dessins sont expressifs et colorés. Chaque page contient une foule de détails, dont des indications sur ce que l’on voit ou encore, des portraits sur les murs de personnalités décédées de la « famille ». On y croise Alfred Hitchcock, une allusion à Georges Méliès, le portrait du « cousin Edgar » (Poe), ainsi que d’autres détails bien réjouissants!

Une petite série bien construite dont la lecture est chaque fois un réel plaisir!

Mortina t.2: L’odieux cousin, Barbara Cantini, éditions Albin Michel, 48 pages, 2019

Plantes médicinales indigènes

Ginseng, sureau, pruche, gaulthérie, ail des bois, monarde, peuplier, asclépiade, vinaigrier… Dans les peuplements forestiers et les marais intacts de la province foisonne une panacée thérapeutique méconnue: le monde végétal sauvage indigène. Célébrant leur beauté et leur originalité, mais soulignant aussi leur précarité, l’auteure décrit dans cet ouvrage plus de 72 espèces choisies pour l’importance de leur apport à la pharma­copée locale ou de leur distribution sur le territoire. Vous y trouverez tous les détails sur l’identification, la récolte, la transformation, l’utilisation et les vertus majeures des plantes qui ont soigné les hommes et les femmes d’ici depuis des millénaires, bien avant l’arrivée des premiers colons. Macérations-décoctions, teintures-mères, tisanes, onguents ou cataplasmes, apprivoisez toutes les façons de les inclure dans votre bourse à médecine tout en favorisant la survie de ce patrimoine naturel unique et précieux.

Ça faisait longtemps que je voulais lire un livre de ce genre, entre histoire et traité d’herboristerie. Il y a quelque chose de fascinant dans le pouvoir des plantes, qui étaient jadis un savoir utilisé couramment et que, dans notre monde d’aujourd’hui, on perd de plus en plus. Naturellement, avec la destruction des aires naturelles et l’empreinte écologique de l’homme, on ne peut se servir de la nature comme d’un entrepôt libre-service. L’auteure d’ailleurs, en profite pour le rappeler à quelques reprises, en abordant la précarité des plantes et de leur écosystème, et en sensibilisant le cueilleur aux espèces rares et menacées. La préface de Sonia Robertson est aussi très belle.

« Dans ma nation, les humains ne dominent pas les autres règnes, ils sont leurs égaux. La relation au vivant est inviolable, et de connaître les plantes c’est apprendre avant tout à les respecter, à reconnaître leur aspect sacré autant que leurs dons innombrables. »

Plantes médicinales indigènes est un ouvrage abondamment illustré de belle photos, prises la plupart par l’ami de l’auteure Denis Gref. J’ai particulièrement apprécié le ton du livre, en toute simplicité, et la construction de l’ouvrage. Je voulais un livre qui m’apprendrait certaines choses sur les plantes sauvages qui poussent près de chez moi. J’ai d’ailleurs appris des informations particulièrement intéressantes sur des plants que je vois tous les jours. C’est vraiment réjouissant de faire de telles découvertes!

Dans le livre, j’ai particulièrement aimé toutes ces anecdotes et petites capsules historiques autour des peuples autochtones et de l’usage qu’ils faisaient des plantes. On apprend plusieurs choses d’un point de vue historique et comme l’histoire me passionne, je trouve que ça apporte beaucoup plus qu’un simple guide sur la flore.

L’auteure aborde de nombreux points autour des plantes médicinales. Elle parle de l’origine et de l’évolution de l’herboristerie au Québec. On apprend donc la façon dont les premiers peuples d’Amérique utilisaient la flore et ce que les plantes représentaient pour eux. On y parles des plantes nourricières, des semences et de l’évolution des plants. On comprend pourquoi il y a une abondance de plantes européenne chez nous et de quelle façon plusieurs de nos plantes indigènes ont été éradiquées. Outre le passé, l’auteure s’intéresse aussi au présent et brosse un portrait de l’herboristerie chez nous, aujourd’hui. Elle fait également le constat de l’état de nos forêts et des milieux humides, aborde le travail de Marie-Victorin et des travaux de plusieurs botanistes et parle de la protection de notre si précieuse nature. 

Avant de nous présenter une monographie des plantes médicinales, on nous explique les règles de base de l’utilisation des plantes et les différentes méthodes. Les informations sont là, mais sans être énormément détaillées. L’auteure nous réfère donc à ses précédents ouvrages pour plus de détails sur la façon de préparer poudre, crème, onguents, teintures, ce que je trouve un peu moins pratique. Malgré cela, les informations offertes dans ce livre sont quand même assez complètes, même si la transformation des plantes m’a laissé parfois quelques questions, puisque je suis loin d’être une experte. 

La monographie quant à elle, se concentre sur les plantes indigènes, ce qui est fantastique. Je trouve important de redécouvrir ce qui pousse chez nous et de savoir comment l’utiliser. J’ai vraiment appris beaucoup de choses. La monographie présente une foule de plantes à utiliser, quelques informations historiques ou anecdotes ainsi que des recettes d’utilisation. Un descriptif de la plante, des informations sur la culture et la récolte, sa composition et ses effets, complètement la fiche de la plante. 

Saviez-vous par exemple que la verge d’or, si dorée à la fin de l’été, est l’une des rares plantes à avoir envahi l’Europe et non l’inverse? Que l’expression « se faire passer un sapin » (qui veut dire « se faire rouler ») vient du fait que l’on pouvait vous fourguer du bois de sapin pour la construction au lieu d’espèces dites « plus nobles »? Que le pin vit en symbiose avec un champignon qui lui fournit une bonne part de ses besoins en azote? Que le Québec produit 70% du sirop d’érable mondial? Que le cambium des branches basses et des racines de l’épinette noire était utilisé pour combattre la famine? Que la ville de Saskatoon doit son nom à l’amélanchier? 

Plantes médicinales indigènes est un très beau livre, intéressant et très utile si l’on souhaite redécouvrir les ressources que la nature nous offrent. Toujours avec parcimonie, naturellement, si l’on veut que ces trésors soient encore disponibles pour les générations à venir. Le livre est aussi un bel hommage à la nature d’ici. Je le conserve précieusement dans ma bibliothèque et je m’y réfèrerai régulièrement. Un très bel ouvrage, complété par un glossaire, une bibliographie, des références et différentes ressources.

Plantes médicinales indigènes du Québec et du sud-est du Canada, Anny Schneider, éditions de L’homme, 272 pages, 2020