Christmas Pudding

christmas puddingUn Noël à la campagne dans le Gloucestershire. La perspective est séduisante pour un groupe de jeunes mondains, un peu las de la routine londonienne, qui décident de séjourner à proximité du domaine de Lady Bobbin et de ses enfants. 
Multipliant péripéties invraisemblables et dialogues mordants, Nancy Mitford dresse un portrait décalé de la société anglaise dans les années 1930.

Dès que Noël approche, je vois ce livre un peu partout sur les réseaux sociaux et les blogues. Il me tente depuis sa sortie et j’avais très envie de le lire. Juste avant Noël, je le sors de ma pile avec fébrilité. Enfin, il est entre mes mains et je vais pouvoir découvrir la plume de Nancy Mitford. Je m’installe, je commence à le lire et… non. Je regarde à nouveau la couverture invitante et enneigée, je continue à lire et je me questionne sur ce que je lis, versus l’idée que je m’en faisais.

Voilà un livre que j’étais impatiente de lire et avec lequel la rencontre n’a pas fonctionné.

Ma grande déception vient, en premier lieu, du fait que je m’attendais à lire un livre de Noël. Oui, théoriquement ça se passe à Noël. Sauf que ça pourrait presque se passer à Pâques ou en plein été. Il n’y a aucune ambiance de Noël. On commence à parler de Noël à la page 143, soit dépassé la moitié du livre. Et c’est très léger. Pour l’ambiance des Fêtes, ce n’est pas tout à fait cela…

« Compton Bobbin est une de ces maisons qui abondent dans toute l’Angleterre rurale et dont la caractéristique principale est de procurer, dès le premier regard, une impression déprimante chez tout observateur sensible. »

Ma seconde déception vient de la façon dont l’auteur aborde son histoire. En fait, il ne se passe rien. On suit plusieurs personnes de la bonne société anglaise, leurs petits soucis, leurs plans d’avenir, leurs possibles mariages (ou non), la façon dont ils occupent leurs journées. Cependant, j’ai trouvé ça creux. La partie la plus intéressante pour moi, ce sont les petites magouilles de Paul avec une de ses amies afin d’obtenir l’accès au journal personnel d’une tante et de s’en inspirer pour écrire sa biographie. C’est là-dessus qu’aurait dû se pencher Nancy Mitford à mon avis. Sauf que cette anecdote se noie dans tout le reste. Les personnages restent en surface. Le livre me donne une impression de superficialité qui m’a plutôt ennuyée pendant ma lecture. J’ai aussi souvent eu l’impression qu’à vouloir décrire trop de personnages, l’auteur restait en surface. Le Christmas Pudding du titre est plutôt le brouhaha crée par tous ces gens qui s’allient les uns aux autres pour obtenir certaines choses.

« Si j’avais une fille, je lui dirais: « Marie-toi par amour si tu peux, cela ne durera pas, mais c’est une expérience intéressante et c’est un bon début dans la vie. Après, lorsque tu te marieras pour l’argent, pour l’amour du ciel, que ce soit pour beaucoup d’argent. Il n’existe aucune autre raison valable de se marier. » « 

J’attendais également le côté caustique du texte dont j’avais entendu parler. Oui, certaines répliques sont mordantes et pleines d’humour, mais ça retombe assez vite. La petite étincelle que l’auteure semblait allumer lors de ces passages s’éteignait pour moi assez rapidement. J’essaie de remettre le livre dans son contexte et dans son époque, mais je n’ai pas réussis à mieux l’apprécier. Pourtant, certains dialogues avaient tout pour me plaire:

« À propos, le major Stanworth vient dîner ce soir.
-Qui est-ce?
-Un homme charmant, un de mes voisins. Je l’ai rencontré hier dans un champ en train d’ouvrir en deux une brebis morte pour chercher la cause de sa mort. C’était très intéressant, nous sommes aussitôt devenus de grands amis. »

Mais ce genre de réflexion mordante n’est pas si fréquente dans le livre, alors que ça m’aurait beaucoup plu si ça avait été le cas.

J’ai donc mis de côté le roman le temps de Noël, pour lire quelque chose d’un peu plus festif et je l’ai repris après le Nouvel An. Rien à faire, le texte m’ennuyait tout autant. J’ai commencé à sauter quelques pages ici et là et je l’ai finalement terminé en passant par-dessus de longs passages.

Je ne comprend pas l’engouement pour ce roman. Je suis totalement passée à côté. L’écriture est froide, il y a peu d’émotions. Le texte m’a profondément ennuyée. Je l’ai trouvé incroyablement long pour le peu de plaisir que j’en ai retiré. Cependant, j’aimerais comprendre. Beaucoup de lecteurs m’ont parlé avec passion des sœurs Mitford. Est-ce que tous leurs livres ressemblent à Christmas Pudding? Si oui, je crois simplement que leurs écrits ne sont pas pour moi…

Christmas Pudding, Nancy Mitford, éditions 10-18, 261 pages, 2017

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