Léonard de Vinci, l’ombre de la conjuration

Un crime mystérieux et un détective exceptionnel…

Dans les villes de Florence et de Milan, Léonard de Vinci enquête sur la mort d’un de ses amis. Derrière la main du criminel se dresse l’ombre d’un puissant et impitoyable seigneur : Laurent le Magnifique !

Léonard de Vinci est un personnage historique pour qui j’ai toujours eu un grand intérêt. Quand j’ai vu cette bande dessinée, elle m’intéressait naturellement beaucoup et j’ai tout de suite eu envie de la lire. Le dessin m’attirait aussi, avec son trait de crayon très artistique et très beau.

Même si Léonard de Vinci, l’ombre de la conjuration est une fiction, le fait que De Vinci en soit le personnage principal m’a beaucoup plu. Ça permet aussi de revisiter un peu tout ce que cet homme a accompli au cours de sa vie, tant au niveau artistique, qu’au niveau scientifique. On sent que les auteurs ont bien documenté leur sujet, même si, le temps de cette histoire, Léonard de Vinci se place dans la peau d’un détective. De Vinci enquêtera sur la mort d’un de ses amis à qui il tentera de rendre justice en cherchant le coupable. 

L’histoire est intéressante et très agréable à lire. On se retrouve à la fin des années 1400 -1500. C’est une époque divisée où certains citoyens sont derrière le roi et d’autres, contre. C’est une ère perturbée et conflictuelle, où parfois sa propre sécurité n’est pas assurée. Le monde décrit par De Nardo et Lucchi est un univers de complots, de magouilles et de secrets. Cette ambiance particulière et fascinante est présente tout au long de la bande dessinée. Certains passages sont sanglants, l’époque n’étant pas de tout repos.

On voit aussi le côté scientifique, l’étude de l’anatomie avec des cadavres, les dissections. Mais aussi tout le côté artistique. Il y a énormément de suspense et de rebondissements. Les auteurs mêlent personnages historiques, enquête, art et crimes. Le dessin est très beau et colle parfaitement à l’époque de l’histoire. Je crois que le coup de crayon du dessinateur se marie a merveille avec ce type de bande dessinée et se rapproche de la peinture d’époque. C’est très agréable pour l’œil.

« Notre corps est une machine merveilleuse dont le fonctionnement est obscur… Pourquoi respirons-nous? … Qui génère les sons produits par notre bouche? Qu’est-ce qui transforme les aliments que nous ingérons? … Qu’est-ce qui commande le cœur qui pompe notre sang? … Dans quelle partie de notre corps réside notre âme? Finalement, qu’est-ce qui nous fait vivre et pourquoi mourons-nous?

-Et tu crois trouver la réponse en disséquant des cadavres?

-Je ne le sais pas. Sans doute ne le trouverons-nous jamais. Au pire, j’aurais rassemblé du matériel pour un traité d’anatomie jamais réalisé jusqu’à présent…

On peut aussi percevoir cette bande dessinée comme une forme d’hommage à Léonard de Vinci. Elle montre et met en évidence l’art que de Vinci produisait, les intentions derrière son art, avec le souci de rendre vivant ce qu’il peignait. C’est aussi un portrait de tout ce qu’il pouvait incarner, dans tous les domaines. De Vinci, un homme qui n’arrêtait jamais de réfléchir, de travailler, d’apprendre, de chercher afin de mieux comprendre l’incompréhensible. 

Une bande dessinée intéressante, un scénario captivant, des dessins magnifique et une enquête bien ficelée. Une excellente bd!

Léonard de Vinci, l’ombre de la conjuration, Giuseppe De Nardo, Antonio Lucchi, éditions Mosquito, 132 pages, 2020

Mortina t.2: L’odieux cousin

Ululululu ! C’est la sonnette qui retentit à la Villa Décadente. Mortina n’attendait que ça : il pleut des cordes et sa tante a le nez plongé dans ses livres de botanique. Mais qui est ce cousin Gilbert, à vous faire mourir d’ennui, qui se présente avec une invitation ? Tous les amis de Mortina débarquent les uns après les autres ; tous, semble-t-il, invités par la tante Trépassée… qui est d’ailleurs introuvable ! Mortina organise alors une battue dans les recoins du manoir. Et si l’ancêtre s’était fait capturer par son nouveau lierre carnivore, conservé dans la serre ? Pour qu’il accepte de la restituer, il va falloir trouver les mots…

J’ai lu récemment le premier tome de la série Mortina, Une histoire qui te fera mourir de rire. Je l’ai beaucoup aimé. Le personnage de Mortina est original et sympathique, une petite zombie qui recherche l’amitié des humains.

Dans cette seconde histoire, le lecteur fait la découverte de l’odieux cousin de Mortina, Dilbert. Il arrive par un beau jour de pluie où Mortina s’ennuie, sous l’invitation de tante Trépassée. Cette dernière, passionnée de botanique et étant passablement bien occupée, semble soudain s’être volatilisée, laissant Mortina accueillir seule son cousin. Le jeune garçon n’est pas de tout repos: il critique tout, se plaint de tout et pose un regard hautain sur tout ce qui l’entoure.

Alors que Mortina regrette la compagnie de ce cousin, ses amis commencent à arriver avec de mystérieuses invitations. Est-ce une fête improvisée par Tante Trépassée? Mortina n’a rien préparé car elle n’est au courant de rien. Tante Trépassée est introuvable puis, Dilbert disparaît à son tour. Les enfants décident alors d’enquêter pour comprendre ce qui se passe.

J’adore cette petite série d’albums, qui contient deux niveaux de lecture. Pour les plus jeunes, naturellement, mais aussi des clins d’œil pour les plus grands. Le thème est amusant, original et les dessins sont expressifs et colorés. Chaque page contient une foule de détails, dont des indications sur ce que l’on voit ou encore, des portraits sur les murs de personnalités décédées de la « famille ». On y croise Alfred Hitchcock, une allusion à Georges Méliès, le portrait du « cousin Edgar » (Poe), ainsi que d’autres détails bien réjouissants!

Une petite série bien construite dont la lecture est chaque fois un réel plaisir!

Mortina t.2: L’odieux cousin, Barbara Cantini, éditions Albin Michel, 48 pages, 2019

Mortina t.1: une histoire qui te fera mourir de rire

Mortina est une petite fille tout ce qu’il y a de plus convenable, mis à part le fait que c’est un zombie. Elle vit à la villa Décadente avec sa tante Trépassée et son lévrier albinos également mort-vivant, Touillette. Les amusements se font rares. Il faut dire qu’on ne peut pas tellement quitter la maison, à cause des villageois étriqués, prompts à sortir les fourches à leur approche… Jusqu’au jour d’Halloween, où profitant de la distraction de sa tante, Mortina rejoint une bande d’enfants pour faire du porte-à-porte. Chacun est déguisé et elle se fond dans le décor. Bientôt pourtant, Mortina n’aura plus qu’une solution pour garder son secret : le révéler !

Voilà un album au format original, plus petit que la plupart des albums jeunesse et ayant presque le format d’un roman. J’ai vraiment apprécié cette lecture très « halloweenesque ». 

Mortina est une fillette un peu différente des autres, qui vit avec sa tante dans une maison organisée pour donner l’impression d’être abandonnée. C’est que Mortina est une zombie et qu’on ne doit pas savoir qu’elle existe. Vaut mieux vivre à l’écart et rester discrète. 

Le rêve le plus cher de Mortina est de se faire des amis et de voir d’autres enfants. Naturellement, quand on peut détacher son bras ou sa tête de son corps comme bon nous semble, c’est beaucoup plus difficile de sociabiliser normalement avec les humains. Ça complique énormément les choses. Ses tentatives sont de véritables échecs. Mortina n’a décidément pas vraiment l’air d’une petite fille humaine. 

Quand Mortina entend parler de la fête de l’Halloween, elle trouve que c’est l’occasion parfaite de se fondre dans la masse et d’approcher enfin d’autres enfants. Elle pourra enfin être elle-même. Naturellement, les choses ne se déroulent pas tout à fait comme elle s’y attendait!

J’ai adoré les illustrations de ce livre, à la fois vivantes, différentes, drôles et pleines de découvertes. Les pièces de la maison où évolue Mortina regorgent de toutes sortes d’objets et de l’histoire de sa famille, dont le grand-oncle Funeste et la tante Trépassée. Des flèches et des notes nous indiquent qui sont les gens sur les portraits et amènent notre attention sur des objets importants pour Mortina. 

L’histoire, même si elle est courte et peut être lue dès 6 ans, est belle et amusante. Elle met en avant, par l’entremise d’une histoire fantastique, la différence et ce que ça peut apporter à chacun. C’est aussi une belle façon d’initier les plus jeunes au monde fantastique. Mortina est un univers intéressant, qui amène le côté « créatures horrifiques » avec humour et de belle façon. 

Un album très intéressant pour l’Halloween, vraiment agréable à lire. À noter que la série Mortina compte quatre albums à ce jour.

Mortina t.1: une histoire qui te fera mourir de rire, Barbara Cantini, éditions Albin Michel, 48 pages, 2018

Montana

MontanaEn route pour rendre visite à un ami, Tex Willer découvre les lieux d’un carnage. Une tribu indienne au complet a été massacrée par le redoutable Tirrell et ses hommes de main, trafiquants de fourrure. Refusant de laisser un tel crime impuni, Tex décide de les traquer.

Le personnage de Tex Willer existe depuis 1948 et est culte en Italie, où plusieurs scénaristes et illustrateurs se sont intéressés à lui. Il existe des centaines d’histoires de ce personnage, d’abord publiées sous forme de fascicules. Je n’avais jamais lu une histoire de Tex Willer avant de repérer celle-ci, créée par Giulio de Vita et Gianfranco Manfredi. Ils font revivre le personnage dans ce western hivernal sous forme de one-shot qui a tout d’un fabuleux récit d’aventure.

« Territoire du Montana. Le climat le plus inhospitalier d’Amérique. On peut commencer la journée en chevauchant sous un ciel serein… pour ensuite se trouver enveloppé, quelques heures plus tard, par le vent glacial du nord! »

En route donc pour le Montana! Tex chevauche dans les magnifiques paysages de cet état américain, en route pour voir un ami. La découverte qu’il fait l’amènera à suivre les traces de trafiquants, à se battre contre un ours, à tenter de cerner les gens et leurs potentielles attaques, avant de reprendre la route pour retrouver Birdy, son grand ami. On a apprend d’ailleurs à travers certains souvenirs de Tex pourquoi Birdy mène maintenant la vie qu’il a en ce moment.

Pendant son voyage, la nuit a apporté avec elle beaucoup de neige. Les paysages sont à couper le souffle et l’illustrateur les rend magnifiquement bien. Visuellement, c’est une bande dessinée vraiment agréable à découvrir. Le dessin est soigné, très réaliste et vraiment très beau.

Tex retrouve son ami, qui s’occupe maintenant du poste de traite le plus éloigné de l’American Fur Company. Il est en territoire indien, mais n’avait jamais eu de problèmes avant l’arrivée de Tirrell, une brute sanguinaire aux décisions qui ont de graves conséquences. Il est dangereux et Tex devra l’affronter…

Montana est un western classique, avec juste ce qu’il faut d’histoire et d’action pour être captivante. J’ai passé un excellent moment avec Tex et Birdy. La présence amérindienne, les grandes chevauchées dans des paysages enneigés époustouflants et l’univers de la traite des fourrures avaient tout pour me plaire. Ce fut donc une excellente lecture! Si les mêmes auteurs décident de reprendre le personnage de Tex et de lui offrir d’autres aventures, je suis preneuse!

Montana, Giulio de Vita & Gianfranco Manfredi, éditions Le Lombard, 48 pages, 2018