Cœur de loup

coeur de loupFéodora a grandi parmi les loups. Ils sont tout pour elle et, bientôt, elle deviendra maître-loup, comme sa mère. Mais ce destin extraordinaire est anéanti quand surgit l’armée du tsar, dévastant tout sur son passage. Alors que sa mère est faite prisonnière, l’intrépide Féo part avec sa meute à travers les forêts enneigées de Sibérie. Bravant l’ennemi, le froid, les tempêtes, elle est prête à tout pour la sauver…

Féodora aspire à devenir maître-loup, comme sa mère. La mère et la fille vivent dans une cabane, dans les bois, à l’écart de tout. Le métier de maître-loup n’est pas de tout repos. Les loups sont utilisés comme animaux de distraction dans les salons de la haute bourgeoisie russe. Il est de bon ton d’avoir son loup de compagnie lors des soirées et de lui faire exécuter certains tours ridicules. Lorsqu’on se lasse de lui parce qu’il devient plus sauvage qu’on ne le voudrait, le loup est amené au maître-loup qui doit l’ensauvager avant de le relâcher dans la nature sauvage. Seulement, cette façon de fonctionner ne convient plus et l’armée du tsar dévaste tout sur son passage. Chacun est coupable de tout et de rien. La mère de Féo est emprisonnée. Cette dernière voudra la retrouver.

« Je ne sais pas d’où vient le courage. Mais je sais que si on en rassemble un tout petit peu, il en vient encore plus sans qu’on fasse d’effort. »

Féodora a toujours vécu avec sa mère et elle ne s’en laisse pas imposer. C’est un personnage qui fonce et qui est bien courageuse. Même quand elle fait des erreurs, elle réussit à les surpasser ou à tenter de s’améliorer. Elle n’est pas parfaite, pas toujours de compagnie agréable, plutôt sauvage, mais elle a bon cœur. Elle est intelligente, réfléchie et pleine de ressources. Le genre de personnage féminin que l’on souhaiterait retrouver plus souvent dans la littérature jeunesse (et dans celle pour adulte, aussi, ça nous changerait bien!).

« La façon dont pointait son menton vers le haut laissait penser qu’elle avait tué un dragon avant le petit déjeuner. Quant à son regard, il suggérait qu’elle l’avait dévoré. »

Cœur de loup se déroule en pleine révolution russe où l’armée du tsar a tous les droits et tous les pouvoirs. L’armée est guidée par un homme cruel et tyrannique qui prend plaisir à détruire tout ce qui se trouve sur son passage. Le monde de Féodora est injuste et c’est en étant séparée de sa mère, puis en rencontrant Ilya et Alexeï qu’elle en prendra pleinement conscience. Ilya a été enrôlé de force, alors qu’Alexeï est le parfait exemplaire du révolutionnaire sympathique qui a grandit beaucoup trop vite. Le trio réussira beaucoup de choses ensemble.

« Personne n’y vit, le château a été incendié il y a plusieurs années. Le tsar pense que ça porte malheur de vivre dans une maison qui a brûlé, alors les gens du monde doivent être du même avis. C’est ironique quand on voit à quel point son armée aime mettre le feu. »

Ce roman est une véritable ode à l’amitié et au courage. C’est une belle histoire qui montre que la volonté et l’implication n’ont pas d’âge. Ce n’est pas que l’apanage des adultes. Tout le monde peut changer quelque chose à l’histoire, à la société ou au quotidien s’il s’implique. Le roman est construit comme un récit d’aventure passionnant et captivant. La présence des loups dans cet univers enneigé apporte beaucoup à l’histoire et devrait plaire à tous ceux qui aiment les animaux. Les bêtes ne sont pas apprivoisées, même si elles suivent Féodora et l’écoutent bien souvent. Elle fait en quelque sorte partie de leur meute.

Mêlant habilement nature, politique et guerre, présence animale et aventure, Katherine Rundell livre un excellent roman jeunesse avec l’histoire de Féodora, d’Ilya et d’Alexeï. Elle nous plonge dans une révolution qui changera le cours du destin de ses personnages et nous permet de mieux comprendre la dynamique entre une jeune fille et « ses » loups. La nature, omniprésente, est au cœur du roman.

« Féo adorait cet endroit. Tout autour de chez elle, la terre frémissait et scintillait de vie. Elle avait entendu des promeneurs qui passaient par là déplorer la monotonie du paysage blanc, mais ces gens-là étaient des illettrés, ils n’avaient pas appris à lire le monde correctement. »

Cœur de loup est un roman jeunesse comme je les aime. Une véritable aventure dans les bois glacés de l’hiver russe, des loups et une héroïne fougueuse qui ne s’en laisse pas imposer. L’histoire est géniale et remplie de péripéties avec des personnages auxquels on s’attache. De plus, le roman est richement illustré par le travail de Gelrev Ongbico, tantôt avec des illustrations sur la moitié d’une page, tantôt par de petits croquis (empreintes de pattes, sapinage, flocons de neige) dans le coin des pages. Un roman aussi beau visuellement (la couverture est magnifique!) que captivant.

Une bien jolie découverte!

Cœur de loup, Katherine Rundell, éditions Gallimard Jeunesse, 336 pages, 2016

 

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Christmas Pudding

christmas puddingUn Noël à la campagne dans le Gloucestershire. La perspective est séduisante pour un groupe de jeunes mondains, un peu las de la routine londonienne, qui décident de séjourner à proximité du domaine de Lady Bobbin et de ses enfants. 
Multipliant péripéties invraisemblables et dialogues mordants, Nancy Mitford dresse un portrait décalé de la société anglaise dans les années 1930.

Dès que Noël approche, je vois ce livre un peu partout sur les réseaux sociaux et les blogues. Il me tente depuis sa sortie et j’avais très envie de le lire. Juste avant Noël, je le sors de ma pile avec fébrilité. Enfin, il est entre mes mains et je vais pouvoir découvrir la plume de Nancy Mitford. Je m’installe, je commence à le lire et… non. Je regarde à nouveau la couverture invitante et enneigée, je continue à lire et je me questionne sur ce que je lis, versus l’idée que je m’en faisais.

Voilà un livre que j’étais impatiente de lire et avec lequel la rencontre n’a pas fonctionné.

Ma grande déception vient, en premier lieu, du fait que je m’attendais à lire un livre de Noël. Oui, théoriquement ça se passe à Noël. Sauf que ça pourrait presque se passer à Pâques ou en plein été. Il n’y a aucune ambiance de Noël. On commence à parler de Noël à la page 143, soit dépassé la moitié du livre. Et c’est très léger. Pour l’ambiance des Fêtes, ce n’est pas tout à fait cela…

« Compton Bobbin est une de ces maisons qui abondent dans toute l’Angleterre rurale et dont la caractéristique principale est de procurer, dès le premier regard, une impression déprimante chez tout observateur sensible. »

Ma seconde déception vient de la façon dont l’auteur aborde son histoire. En fait, il ne se passe rien. On suit plusieurs personnes de la bonne société anglaise, leurs petits soucis, leurs plans d’avenir, leurs possibles mariages (ou non), la façon dont ils occupent leurs journées. Cependant, j’ai trouvé ça creux. La partie la plus intéressante pour moi, ce sont les petites magouilles de Paul avec une de ses amies afin d’obtenir l’accès au journal personnel d’une tante et de s’en inspirer pour écrire sa biographie. C’est là-dessus qu’aurait dû se pencher Nancy Mitford à mon avis. Sauf que cette anecdote se noie dans tout le reste. Les personnages restent en surface. Le livre me donne une impression de superficialité qui m’a plutôt ennuyée pendant ma lecture. J’ai aussi souvent eu l’impression qu’à vouloir décrire trop de personnages, l’auteur restait en surface. Le Christmas Pudding du titre est plutôt le brouhaha crée par tous ces gens qui s’allient les uns aux autres pour obtenir certaines choses.

« Si j’avais une fille, je lui dirais: « Marie-toi par amour si tu peux, cela ne durera pas, mais c’est une expérience intéressante et c’est un bon début dans la vie. Après, lorsque tu te marieras pour l’argent, pour l’amour du ciel, que ce soit pour beaucoup d’argent. Il n’existe aucune autre raison valable de se marier. » « 

J’attendais également le côté caustique du texte dont j’avais entendu parler. Oui, certaines répliques sont mordantes et pleines d’humour, mais ça retombe assez vite. La petite étincelle que l’auteure semblait allumer lors de ces passages s’éteignait pour moi assez rapidement. J’essaie de remettre le livre dans son contexte et dans son époque, mais je n’ai pas réussis à mieux l’apprécier. Pourtant, certains dialogues avaient tout pour me plaire:

« À propos, le major Stanworth vient dîner ce soir.
-Qui est-ce?
-Un homme charmant, un de mes voisins. Je l’ai rencontré hier dans un champ en train d’ouvrir en deux une brebis morte pour chercher la cause de sa mort. C’était très intéressant, nous sommes aussitôt devenus de grands amis. »

Mais ce genre de réflexion mordante n’est pas si fréquente dans le livre, alors que ça m’aurait beaucoup plu si ça avait été le cas.

J’ai donc mis de côté le roman le temps de Noël, pour lire quelque chose d’un peu plus festif et je l’ai repris après le Nouvel An. Rien à faire, le texte m’ennuyait tout autant. J’ai commencé à sauter quelques pages ici et là et je l’ai finalement terminé en passant par-dessus de longs passages.

Je ne comprend pas l’engouement pour ce roman. Je suis totalement passée à côté. L’écriture est froide, il y a peu d’émotions. Le texte m’a profondément ennuyée. Je l’ai trouvé incroyablement long pour le peu de plaisir que j’en ai retiré. Cependant, j’aimerais comprendre. Beaucoup de lecteurs m’ont parlé avec passion des sœurs Mitford. Est-ce que tous leurs livres ressemblent à Christmas Pudding? Si oui, je crois simplement que leurs écrits ne sont pas pour moi…

Christmas Pudding, Nancy Mitford, éditions 10-18, 261 pages, 2017

Sur ma liste

sur ma listeDepuis qu’elle a quitté son Danemark natal, Clara voyage là où l’envie la pousse. C’est ainsi qu’elle fait étape à Yulethorpe. Le petit village anglais est en plein émoi : on est à l’approche de Noël, et la boutique de jouets menace de fermer. Une catastrophe pour les habitants et les enfants… Touchée par le désarroi ambiant, Clara décide de redonner vie au magasin. Petit à petit, par la grâce de son art du bonheur à la danoise, elle transforme le quotidien des uns et des autres. C’en est trop pour Joe, le fils de la propriétaire de la boutique, financier londonien, radicalement différent de Clara, qui débarque à Yulethorpe avec l’idée de démasquer cette « aventurière » et de « remettre de l’ordre »…

J’ai acheté ce livre pour sa couverture. Je la trouvais vraiment jolie et le résumé me plaisait bien. Mais c’est la découverte du titre en anglais, The Hygge Holiday, qui m’a convaincue. Le hygge, c’est un concept qui me parle! Bougies, lainages, ambiance chaleureuse, éclairage, thé, vin, lecture, se blottir au coin du feu, se prélasser dans un bain chaud, être pleinement conscient du moment présent, toutes sortes de choses qui rendent la vie plus douce… et que l’on retrouve naturellement dans ce roman, qui me fait penser aux films de Noël que l’on regarde à la télé en cette période de l’année.

L’histoire est celle de Clara, qui n’a pour tout bagage qu’un sac à dos. Elle fait halte à Yulethorpe, dans un pub, où elle rencontre d’une étrange façon la propriétaire d’un magasin de jouets qui s’apprête à fermer ses portes. Clara se retrouve aux commandes d’un lieu poussiéreux, dans un village charmant mais complètement déserté. Le commerce en ligne a fait des ravages, les petites boutiques ont toutes fermées leurs portes. Ne reste que le pub où aller noyer sa peine.

Mais Clara fait des merveilles avec le magasin de jouets. Elle fait des merveilles avec l’ancien appartement de la propriétaire. Elle fait des merveilles dans un village où elle suscite à la fois l’amitié et l’envie, la méfiance et la crainte. C’est une étrangère et on se demande bien pourquoi elle est si gentille. Clara est danoise et elle applique le principe du hygge partout où elle passe. À son contact, les gens sourient un peu plus, l’atmosphère devient plus légère.

J’ai adoré retrouver du hygge plein les pages dans ce roman douillet. Les personnages sont sympathiques et ceux qui ne le sont pas, changent peu à peu leur vision des choses. Le principe de vie de Clara me rejoint beaucoup: travailler moins pour avoir une vie plus calme, profiter de tous les petits plaisirs, cultiver la bienveillance et la gentillesse, sourire, s’offrir des petits moments de détente. Je me suis retrouvée dans son personnage, qui a connu une vie bien différente avant… et dans le fait qu’elle n’a pas de téléphone cellulaire.

« Il essuya une saleté sur sa manche tandis que Clara s’arrêtait encore pour contempler le paysage. Que faisait-elle à la fin? Comment pouvait-on flâner de la sorte? Franchement qui, aujourd’hui, avait le temps de traîner ainsi, d’aller sentir les fleurs et de soupirer en enjambant des clôtures? »

Le roman est aussi rempli d’humour. Comme cette scène rigolote où Clara et son amie Lauren se « mettent au sport » en regardant un DVD d’aérobie, tout en mangeant du pop corn et en buvant du vin, bien assises dans un fauteuil confortable. Ou ce sacré perroquet qui regarde bien trop la télé et pousse en hurlant toutes sortes de répliques issues d’émissions, de Star Wars à South Park, bien souvent à des moments totalement incongrus ou carrément gênants!

Il y a de beaux passages aussi, sur les souvenirs, la vie folle que la société nous pousse à mener et le fait de prendre son temps. La nature, la beauté des petites choses et des moments passés avec des gens qu’on apprécie sont au centre du roman. Le bonheur de s’émerveiller aussi. Ça reste une romance et c’est plutôt léger, mais avec juste ce qu’il faut de moments « cosy » et d’humour pour en faire une lecture agréable et divertissante.

Sur ma liste cependant, porte vraiment mal son titre en français. Je me suis demandée tout le long de ma lecture de quelle liste on parlait… Je ne comprend pas ce choix pour la traduction française. J’aurais préféré quelque chose qui fasse allusion au hygge, qui est un peu le but du roman. Mis à part ce petit bémol et une traduction un peu trop « à la française » par moments (surtout au niveau des dialogues), c’est un livre que j’ai beaucoup aimé. L’ambiance très chaleureuse des lieux m’a semblé parfaite pour cette période de l’année. Le livre se déroule un peu avant Noël. Même s’il n’est pas vraiment question de l’atmosphère fébrile du temps des Fêtes mais plutôt de l’ambiance que l’on peut créer grâce au hygge, lire ce livre pendant les vacances était parfait! C’est plus un livre d’hiver qu’un livre de Noël.

Si une petite romance assez chaleureuse à l’ambiance sympathique vous intéresse, c’est un bien joli livre que nous offre Rosie Blake. Bienveillant, à l’humour très présent et aux personnages attachants. Une petite touche de hygge peut changer bien des choses! Allumez une bougie, faites-vous un thé ou un chocolat, sortez une couverture bien chaude et plongez-vous dans cette lecture qui fait du bien.

Sur ma liste, Rosie Blake, éditions J’ai lu, 317 pages, 2018

Sciences judiciaires en 30 secondes

sciences judiciairesLes films policiers et les séries télévisées d’enquêtes criminelles n’ont jamais été aussi populaires. Mais que savez-vous vraiment de la réalité propre aux experts œuvrant dans les sciences judiciaires? Quelles sont leurs méthodes pour démasquer les coupables de crimes? Comment ces scientifiques s’y prennent-ils pour identifier et rassembler les éléments de preuve?

J’aime beaucoup la collections de livres En 30 secondes, qui permet de faire le tour de l’ensemble d’un sujet, de façon globale. C’est une bonne façon d’augmenter ses connaissances générales. Libre à nous par la suite d’approfondir un sujet ou un thème qui nous interpelle un peu plus. Le concept de ces livres est donc un survol (tout de même assez détaillé) d’un sujet donné. Ici, les sciences judiciaires.

Ce livre m’a tout de suite attirée parce que je suis passionnée de sciences judiciaires depuis longtemps. J’ai lu plusieurs livres sur ce sujet, mais jamais un construit de cette façon. Ici, les auteurs nous offrent un panorama du sujet divisé en sept parties: le corps, la biométrie, les traces, les analyses physiques et chimiques, les sciences de la nature, les dossiers numériques et finalement, la loi et la science. Chacune de ces parties met en évidence des thèmes précis, utilisés lors d’enquêtes et qui servent les recherches et la présentation de preuves lors de procès.

L’ouvrage est construit par sections. Chaque thème abordé présente une image sur sa page de droite et une portion « Enquête en 30 secondes » sur sa page de gauche. Le sujet est présenté et complété par des blocs: indices en 30 secondes, analyse en 3 minutes, sujets connexes, biographie en 3 secondes et un court résumé. On comprend en une page l’essentiel de ce qui est présenté, on fait le tour de l’application de ce thème en sciences judiciaires et on en apprend plus sur un acteur important de ce domaine scientifique. Chaque partie présente aussi sur deux pages le portrait d’une personnalité du monde judiciaire qui s’est démarquée. Une chronologie et une petite biographie. Mon préféré étant sans aucun doute Alan Turing, mathématicien de génie, ayant été arrêté à cause de son homosexualité et ayant connu une fin tragique.

J’ai été naturellement plus sensible à certains thèmes abordés dans le livre. Plutôt fascinée aussi par moment, par exemple par l’imagerie médicale qui pourrait bien remplacer éventuellement, dans l’avenir, les autopsies telles que nous les connaissons. J’ai été impressionnée par la création d’une banque de données génétiques (par le gouvernement canadien), une révolution aussi importante aujourd’hui que l’était l’introduction des empreintes digitales dans les procédures judiciaires à l’époque. L’analyse de la marche m’a beaucoup intéressée, puisque c’est une science dont on n’entend pas vraiment parler, tout comme l’analyse du verre (dont on retrouve d’ailleurs des traces sur une personne sur douze au quotidien!).

Dans tous les thèmes abordés, la botanique judiciaire est sans doute ce qui m’a le plus fascinée et que je connaissais le moins. Entre aussi dans cette partie la palynologie judiciaire, soit l’étude des pollens et des spores dans un environnement criminel. Vraiment très intéressant! Voilà un sujet que j’aimerais bien approfondir un peu plus.

Le livre est cosigné par Sue Black, une anthropologue judiciaire et anatomiste, et Niamh Nic Daéid, une chimiste judiciaire. Plusieurs collaborateurs se sont joints à elles pour signer différents textes du livre, chacun ayant une spécialisation judiciaire différente. L’avant-propos de l’ouvrage est signé par l’auteure de romans policiers Val McDermid.

Sciences juridiques en 30 secondes est un livre que je vous conseille fortement si les sciences judiciaires vous intéressent et si vous avez envie d’en apprendre plus sur le sujet. Plusieurs thèmes sont passionnants et on peut par la suite, choisir de creuser un sujet en particulier s’il nous interpelle plus.

Une bonne lecture!

Sciences judiciaires en 30 secondes, Sue Black & Niamh Nic Daéid, éditions Hurtubise, 160 pages, 2018

Le club de l’ours polaire t.1: Stella et les mondes gelés

club de l'ours polaireStella Flocus Pearl a toujours voulu accompagner son père sur les terres inconnues de ses voyages. Son rêve se réalise le jour de ses douze ans : partir en exploration avec le Club de l’Ours Polaire ! Aux côtés d’un chuchoteur de loups, d’un magicien snob et arrogant, et d’un demi-elfe timide et maladroit, Stella se lance à la conquête des étendues polaires. Mais une catastrophe vient bouleverser l’expédition et d’innombrables dangers se dressent bientôt sur leur chemin.

Il y avait un moment que je souhaitais découvrir ce livre qui m’attirait beaucoup. La couverture déjà, est vraiment magnifique avec ses couleurs bleutées et son titre texturé. Le thème avait tout pour me plaire: une expédition dans le froid polaire et beaucoup d’aventures. Est-ce que j’ai aimé? J’ai adoré! J’ai dévoré ce roman hivernal en quelques heures. Ça se lit tout seul, les aventures s’enchaînent et on ne s’ennuie pas une seconde!

Le club de l’ours polaire, qu’est-ce que c’est? C’est un club d’explorateurs. Il en existe quatre dans le monde où vit Stella et chacun se spécialise dans des lieux différents. On trouve d’ailleurs en fin de volume les règlements pour chacun des clubs. Le père de Stella, Felix, fait partie de celui de l’ours polaire. Il va donc souvent dans les mondes glacés et raconte ses aventures à sa fille, qui rêve de devenir exploratrice. Sauf que cette profession n’est pas vraiment autorisée pour les filles, où l’on souhaite plutôt les voir coudre, chanter et marcher avec des livres sur la tête. Stella détonne un peu dans cet idéal auquel elle n’a que faire, tout comme son père d’ailleurs. Elle est passionnée par les cartes, mange de la glace au petit-déjeuner, s’amuse avec les dinosaures nains qui vivent dans l’orangerie et a un ours polaire comme animal de compagnie. Felix adore sa fille et il aime bien contourner les règlements, parfois. C’est un père adoptif adorable, que le lecteur aime tout de suite. C’est un très beau personnage.

« Felix était capable de pédaler sur un grand bi, de faire des tours de cartes, et de fabriquer des petits oiseaux volants en papier. Si cela ne suffisait pas pour être adoré, que fallait-il d’autre? »

Felix doit partir en expédition. Avec son club, ils doivent être les premiers à atteindre les Mondes gelés. Stella fera donc partie du groupe des explorateurs junior. Elle s’embarquera avec son ami Dragigus, fera la connaissance de Shay, un chuchoteur de loups, et devra s’accommoder de la présence d’Ethan, un explorateur junior désagréable d’un autre club, venu exprès pour participer à l’exploration des Mondes gelés. Alors que toute l’expédition débarque dans le froid polaire, une catastrophe sépare les explorateurs junior du reste de l’expédition. Ils devront se débrouiller seuls…

« Il ne faut pas avoir peur de vivre et de prendre des risques. Sinon, on ne s’amuse pas beaucoup. »

Le club de l’ours polaire est un monde merveilleux qui s’inspire des contes, surtout dans sa seconde partie. L’univers créé par Alex Bell est magique, une sorte de croisement entre Les royaumes du Nord et Les animaux fantastiques. Le monde de Stella regorge de créatures magiques, certaines gentilles, d’autres menaçantes. Elles ont toutes différents pouvoirs. Entre les oies qui pondent des œufs magiques qui permettent de faire apparaître le repas de ses rêves et les Engeleurs, des créatures féroces de qui on doit se méfier, les jeunes explorateurs doivent apprendre à déceler à qui ils doivent faire confiance et quelle magie est inoffensive. Chacun des membres a aussi un pouvoir différent et en mettant leurs forces ensembles, ils réussissent à s’entraider. Il n’y a que Stella qui semble n’avoir aucun pouvoir, cependant elle découvrira certaines choses sur sa famille au fil des aventures.

Il y a de très belles trouvailles magiques dans ce roman et aussi beaucoup d’humour. Par exemple, Le club de l’ours polaire fait une vraie fixation sur les moustaches de ses membres.

« Les explorateurs de l’Ours Polaire devront garder à tout moment leur moustache taillée, cirée et généralement bien entretenue. Tout explorateur avec une moustache négligée sera prié de quitter les salles communes du club sur-le-champ. »

Le club offre aussi à ses nouveaux membres, un trousseau d’entretien pour moustache. Les choses se compliquent un peu quand Stella arrive puisque c’est une femme! La première à entrer dans le club.

« Elle se jura de prouver qu’une fille était en tout point aussi capable qu’un homme de partir en exploration. Sans doute plus, même, puisqu’elle n’avait pas besoin de se soucier de sa moustache. »

Stella est un personnage féminin fort et courageux. Fonceuse, elle affronte les événements et fait preuve de beaucoup d’ouverture. Shay est un personnage très intéressant, par son grand calme, sa maturité et ses dons avec les loups. Il est aussi le seul à avoir une créature spirituelle. Dragigus est le maladroit du groupe, qui est souvent perçu comme quelqu’un d’étrange. Ethan est détestable, mais il cache aussi certaines choses qu’il est intéressant de découvrir au fil des pages. Ce jeune équipage vit d’incroyables aventures polaires pour notre plus grand plaisir!

Le club de l’ours polaire: Stella et les mondes gelés est le premier tome de ce qui devrait être une trilogie. La fin du premier livre nous garde en haleine pour le prochain et je dois avouer que j’ai très hâte que la suite soit publiée. J’ai aimé cet univers glacé où la neige et le froid sont partout. C’est une lecture parfaite pour l’hiver.

J’ai passé un excellent moment et je vous conseille ce livre si les romans d’aventure jeunesse vous plaisent! L’histoire donne une furieuse envie de s’installer avec une couverture et un chocolat chaud pour lire. D’ailleurs le chocolat chaud est partie prenante de tout club d’explorateurs qui se respecte!

À noter que le roman contient, au fil des pages, de belles illustrations de l’illustrateur Tomislav Tomic, reconnu pour avoir donné vie à plusieurs textes de l’univers d’Harry Potter.

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Le club de l’ours polaire t.1: Stella et les mondes gelés, Alex Bell, illustrations de Tomislav Tomic, éditions Gallimard jeunesse, 368 pages, 2017