Docteurs, guérisseurs et fossoyeurs

Le temps d’une promenade, plongez dans l’univers des guérisseurs d’autrefois, des Hospitalières aux médecins, en passant par les sages-femmes et les chirurgiens. Revivez les grands maux qui ont affligé Québec à une époque où la profanation des sépultures servait l’avancement de la médecine! Découvrez les remèdes concoctés par les apothicaires et repérez les cabinets des hommes de science, les hôpitaux et les hospices. Mais méfiez-vous des charlatans qui se disputent le privilège de guérir votre corps et votre âme…

Docteurs, guérisseurs et fossoyeurs est le quatrième titre de cette série de circuits historiques que je lis, après ceux consacrés à la justice, à la vie nocturne et aux célébrations de Noël. Ce titre, conçu par Les Services historiques Six-Associés et publié chez Septentrion, aborde la petite histoire de la médecine à Québec du XVIIe au XIXe siècle. 

Construit comme un circuit que l’on peut faire « en vrai » dans la ville de Québec, le livre se lit aussi aisément en restant chez soi. Il nous amène à travers la ville afin de découvrir des lieux importants des sujets abordés. Ici, on apprend plein de choses fascinantes sur la petite histoire de la médecine, des maladies, de la mort, de la naissance, en passant par les fossoyeurs et les résurrectionnistes! On y rencontre entre autres Michel Sarrazin, premier médecin du roi en Nouvelle-France et sœur Marie Angélique Viger de Saint-Martin, née en 1770, chirurgienne, apothicaire, douée en plus d’un grand talent artistique. C’est elle qui fera les plans de l’église de l’Hôtel Dieu et qui sculptera toutes les boiseries et les autels! Une femme pleine de talents!

L’ouvrage est conçu autour de dix stations à découvrir, débutant au Musée du Monastère des Augustines et se terminant sur le site de l’ancien cimetière des Picotés. Nous sommes à Québec, en 1860, alors que la ville connaît une grande effervescence et doit faire face à l’augmentation de sa population, à l’insalubrité d’une ville où les infrastructures ne suffisent pas et à la médecine encore rudimentaire. L’ouvrage nous offre un aperçu intéressant de ce que pouvait être la vie à cette époque, alors que l’on soignait avec des méthodes qui nous apparaissent aujourd’hui plutôt surprenantes, que les autopsies n’étaient pas monnaie courante à cause de la forte présence de la religion et que les barbiers étaient aussi… chirurgiens!

Le livre regorge d’anecdotes fascinantes sur l’évolution de la médecine à cette époque à Québec. Saviez-vous que la première opération d’un cancer dans la colonie était une mastectomie réalisée par Michel Sarrazin en 1700? Ce qui permit à la patiente de vivre encore presque 40 ans! Que le lavage des mains et la désinfection que l’on pratique abondamment ces derniers temps ont longtemps été perçus comme une perte de temps par les médecins, ce qui n’aidait en rien à accélérer la guérison ou à limiter les infections. Que la première sage-femme officielle rémunérée par le roi, Madeleine Bouchette, l’a été en 1722.

Les informations que l’on découvre au fil des pages abordent des sujets aussi variés que la théorie des humeurs, les épidémies, les maladies mentales et l’évolution de l’approche médicale pour les soigner, la phrénologie, les filles-mères, les maladies vénériennes, les charlatans et leurs potions miracles, la découverte de l’anesthésie, l’apparition du stéthoscope et l’encadrement de la profession médicale. Le livre contient aussi une carte pour accompagner la visite.

Je vous conseille vraiment cette belle petite collection qui nous apprend une foule de choses et qui est écrite de façon à être abordable pour tous. Les pages sont remplies de reproductions de journaux d’époque, d’affiches, de textes et de photos pour accompagner le voyage. Les anecdotes sont fascinantes. Je me promets d’ailleurs qu’un jour, j’amènerai mes livres à Québec pour faire aussi les circuits en vrai, même s’il est fort plaisant et enrichissant de les découvrir sur le papier. 

J’ai vraiment eu un beau coup de cœur pour cette collection et j’espère qu’il y aura éventuellement d’autres titres qui s’y ajouteront. Le concept est vraiment très intéressant et accessible.

Mon avis sur les autres livres de cette belle collection:

Docteurs, guérisseurs et fossoyeurs. La médecine à Québec du XVIIe au XIXe siècle, Les Services historiques Six-Associés, éditions du Septentrion, 126 pages, 2015

Luxure et ivrognerie: La vie nocturne à Québec au XIXe siècle

Le temps d’une promenade, retournez en 1870 pour découvrir la faune agitée qui animait les nuits de Québec. Arpentez les sites oubliés des maisons closes et des tavernes et les hauts lieux des mondanités bourgeoises. Voyagez de la haute société au petit peuple des faubourgs et abreuvez-vous de détails croustillants sur les mœurs de l’époque. Une façon ludique de découvrir Québec entre adultes consentants!

Ce livre fait partie d’une belle collection de circuits historiques, où il est possible de découvrir Québec à travers son histoire. Conçu en dix stations, le circuit offre un parcours qui nous amène dans la vie nocturne de la ville au XIXe siècle. Dans cet ouvrage, nous explorons tout ce qui animait les soirées et les nuits à Québec à cette période.

Le circuit débute près de la Porte Saint-Louis, à l’intérieur des remparts. La première station prépare la ville pour la nuit. On en apprend plus sur les lois qui dictent les déplacements nocturnes, l’éclairage des rues, la gestion des voies publiques.

Viennent ensuite les « divertissements ». Le circuit commence par les maisons closes et la prostitution au XIXe siècle. Plusieurs articles font état de désordre et de tapage nocturne, si bien que des lois sont régulièrement votées pour encadrer la pratique de ces activités. Il vaut toujours mieux protéger la moralité publique.

Le vagabondage est aussi traité dans ce livre, à travers les actions entreprises pour le contrer, ce qui dénote grandement la différence de classe sociale entre les très riches et les très pauvres. Québec avait son lot de quartiers chauds, où l’alcool coulait à flots ainsi que les bagarres et les fêtes organisées jusque tard dans la nuit. Les vols, les arrestations et le travail de la police sont des aspects importants de la vie nocturne.

Les stations suivantes abordent les loisirs des classes plus aisées de la société, ceux qui peuvent se permettre de fréquenter les beaux hôtels et les restaurants, d’aller au théâtre ou à des concerts, d’assister à des bals et de remplir leur soirée de mondanités en tous genres. On aborde également les clubs privés, les jeux de société, la présence de l’église qui contrecarrait l’organisation de jeux de hasard.

L’ouvrage regorge d’anecdotes et d’articles de journaux de toutes sortes, qui font état de petites curiosités historiques. Comme par exemple, Adeline Lachance, cette tenancière de maison malfamée, souvent incarcérée pour bagarre et obstruction… qui était mineure! Ou le London Coffee House qui a été le premier restaurant à faire l’acquisition d’une glacière pour conserver les aliments. Ludiques et fascinants, les faits historiques qui sont relatés dans cet ouvrage sont particulièrement intéressants pour mieux comprendre le quotidien des gens du XIXe siècle.

Dans cette collection, j’ai lu également La Noël au temps des carrioles que j’ai adoré et qui demeure sans doute mon préféré jusqu’à maintenant. J’ai aussi lu Crimes et châtiments qui aborde le thème de la justice, de la police et des enquêtes. Une belle série, bien conçue et vraiment agréable à lire, que je ne peux que vous conseiller de découvrir!

Luxure et ivrognerie: La vie nocturne à Québec au XIXe siècle, Les Services historiques Six-Associés, éditions du Septentrion, 102 pages, 2013

Crimes et châtiments

Crimes et châtimentsLe temps d’une promenade, faites un saut dans le temps pour découvrir les rouages du système judiciaire et les punitions infligées aux petits et grands criminels d’autrefois. De l’arrestation jusqu’au procès, en passant par l’emprisonnement et la torture, imaginez-vous juré de la Cour du Banc de la Reine et jugez des crimes de vos ancêtres: duel, vol, émeute, désertion, pillage, meurtre. Une visite où il est préférable de marcher droit…

Il y a quelques mois, j’ai lu La Noël au temps des carrioles, un livre des Services historiques Six-Associés. Je m’étais promis d’en lire d’autres, tant j’avais adoré cette lecture. Crimes et châtiments est dans le même genre. Il s’agit d’un petit ouvrage sous forme de circuit historique, nous permettant de découvrir la ville de Québec du XVIIe au XIXe siècle. Cet ouvrage nous offre une exploration du système de justice à cette époque, à Québec. En ces temps de confinement, c’est une lecture fort agréable, qui nous permet de voyager dans cette ville et également à travers le temps, sans bouger de chez soi.

En neuf stations différentes et un préambule pour bien comprendre le contexte, le livre nous offre un tour d’horizon de ce qu’était alors la justice: les crimes, ceux qui les commettent et les sentences auxquelles ils font face. Le voyage débute en 1888, à la Maison Sewell, où l’on apprend le rôle du shérif et des jurés. Les critères pour être jurés sont plutôt sévères. À cette époque, on s’en doute, les femmes n’y sont pas admises.

La suite du voyage nous amène à aborder le duel et sa présence tout de même rare dans nos régions, ainsi qu’un portrait des crimes et des criminels. Quels étaient les crimes les plus souvent commis? Lesquels recevaient la peine la plus sévère? De quelle façon la criminalité était-elle traitée dans la société et comment les crimes étaient jugés? Cette portion du livre est intéressante puisqu’elle offre un portrait global de la justice à Québec à cette époque. C’est aussi le moment de découvrir une ancienne coutume bien particulière…

La station 4 nous amène sur les traces de criminels célèbres (un chapitre un peu trop court à mon goût cependant), alors que la station 5 aborde le rôle particulier de la police de cette époque. Outre le respect de l’ordre, la police s’occupait aussi d’hygiène et de religion. Un rôle bien différent de celui d’aujourd’hui!

Les procès et l’application de la justice ont énormément évolués également. Il est intéressant d’apprendre la façon dont étaient appliquées les lois sous le Régime français et sous le Régime anglais. Les différences quant aux sentences et à la façon de conduire un procès sont vraiment étonnantes. Sous l’un et l’autre des Régimes, les conditions de jugement pouvaient être totalement opposées. 

Le vagabondage était réprimé et il fallait se munir d’un certificat de pauvreté si on voulait mendier dans les rues. Les sentences judiciaires de l’époque nous apparaissent aussi comme particulièrement barbares. Langues coupées, carcans, tortures, supplice des brodequins, supplice de la roue… On aborde même le cas célèbre de la Corriveau, un personnage qui m’intéresse beaucoup puisque je la retrouve dans mon arbre généalogique. C’était l’époque des bourreaux et des châtiments corporels honteux. Le système de justice de l’époque était loin d’être tendre!

« Sous le Régime français, on n’hésitait pas à traduire des défunts en justice, afin que leur mémoire – à défaut de leur personne – soit punie. »

Le circuit historique se poursuit avec les prisons et la façon dont se déroulait l’emprisonnement. C’était l’époque des exécutions publiques par pendaison, devant la prison. La dernière exécution publique à Québec eut lieu en mars 1864. L’ancienne prison commune du district de Québec avait des conditions de détention assez épouvantables et fut remplacée par la prison des Plaines d’Abraham. Ce changement de lieu fut le début d’un vent de renouveau qui souffla sur le système de justice d’ici et d’ailleurs. Les mentalités commencèrent à changer. Il est très intéressant de voir et de comprendre les modifications qui ont eu lieu à cette époque, dans le système de justice. 

Crimes et châtiments est un petit ouvrage bien intéressant, illustré d’images, de cartes, de photographies d’époque et d’articles de journaux. Il offre un circuit historique qui nous permet de comprendre les particularités du système de justice québécois en vigueur du XVIIe au XIXe siècle.

J’aime décidément beaucoup cette collection d’ouvrages aussi instructive que ludique, qui nous offre un tour d’horizon d’une ville, par l’entremise de sujets bien précis. En apprendre plus sur la justice d’antan nous offre un nouveau regard sur la justice d’aujourd’hui.

Je vous présenterai bientôt les autres titres de cette belle collection, que je vous suggère assurément.

Crimes et châtiments. La justice à Québec du XVIIe au XIXe siècle, Les Services historiques Six-Associés, éditions du Septentrion, 96 pages, 2013

La Noël au temps des carrioles

Noël au temps des carriolesLe temps d’une promenade, revivez la magie des Noëls d’antan à Québec et découvrez les traditions de nos ancêtres et les transformations de la fête à l’époque victo­rienne. Messe de minuit, réveillon, échanges de vœux et de présents, décorations, sans oublier le magasinage et l’arrivée du père Noël… Une visite qui vous plongera dans la féérie du temps des Fêtes d’autrefois! 

J’avais très hâte de découvrir ce livre et j’ai eu un vrai coup de cœur pour cet ouvrage vraiment intéressant! J’adore les livres de Noël et celui-ci me paraissait très original. La Noël au temps des carrioles nous parle du temps des Fêtes à Québec du XVIIe au XXe siècle. En plus d’être un ouvrage rempli d’anecdotes fascinantes à découvrir, c’est aussi un circuit historique. Le petit format du livre nous permet de l’amener avec nous aisément et le rabat intérieur contient une carte du circuit. Un guide en bas de page nous indique où se diriger dans la ville. En huit points d’intérêt, ce livre permet de revisiter l’histoire du temps des Fêtes à Québec de l’arrivée des premiers explorateurs à l’essor des grands magasins!

Saviez-vous que le premier Noël de la ville remonte à l’hivernage de Jacques Cartier? Que c’est à Dickens, qui a d’ailleurs séjourné à Québec, à qui l’on doit la façon moderne de fêter Noël? Que c’est la culture britannique qui a influencé grandement nos plats du temps des Fêtes? Et qu’une loi obligeait les conducteurs de carrioles à doter leurs chevaux de grelots pour éviter les accidents? Le livre regorge d’informations sur ce qui a façonné notre façon de célébrer Noël aujourd’hui.

L’ouvrage débute par un premier arrêt: Noël à l’époque pionnière. Ensuite vient Noël sous le régime britannique. On enchaîne avec les vœux des Fêtes et les promenades hivernales, les emplettes et les décorations, les chants de Noël, le Jour de l’an et Noël, la religion et le père Noël. Tous les aspects sont abordés, nous permettant de déceler une évolution de la façon de célébrer Noël du XVIIe au XXe siècle.

J’ai adoré ce petit livre qui permet de mieux comprendre l’évolution des festivités au fil des ans. Le ton est jovial et la concision du texte en fait un ouvrage très abordable pour tous. L’idée d’un circuit historique me plaît énormément. Si j’ai la chance de passer par Québec un jour à la période des Fêtes, je l’apporterai assurément avec moi!

Si vous n’êtes pas à Québec en cette période de l’année, ce n’est pas grave du tout. L’ouvrage conserve tout son intérêt quand même, en fournissant énormément de contenu, d’extraits de journaux, de catalogues et d’annonces en tout genre. Son format est pratique et le texte, très accessible. C’est un ouvrage grand public conçu aussi pour profiter de la visite « en vrai » de la Ville de Québec si vous avez la chance d’y être. Autrement, profitez d’une petite visite historique bien au chaud dans votre salon en apprenant une foule de choses sur la période des Fêtes chez nous.

Un grand plaisir de lecture qui me donne bien envie de découvrir les autres titres de la collection qui abordent différents sujets en lien avec Québec: la vie nocturne, la médecine et la justice.

La Noël au temps des carrioles. Le temps des Fêtes à Québec du XVIIe au XXe siècle, Les Services historiques Six-Associés, Marie-Eve Ouellet et Emilie Guilbeault-Cayer, éditions du Septentrion, 96 pages, 2019