Les excursions de l’écureuil

les excursions de l'écureuilSigmar est un petit garçon à part qui, par le pouvoir de l’imagination, change les mondes, voit partout autour de lui les objets comme des animaux – l’aspirateur est un poisson de pierre dans une grotte marine, les biches ornant une nappe sont perdues dans un labyrinthe. Au lit un livre à la main, dehors au jardin, sur le chemin des courses avec Björg, sur son chantier naval ou plongé dans le corps de l’écureuil de son dessin, les excursions de l’enfant aménagent sa solitude et capturent nos conceptions du monde réel. Devenu écureuil, il marche jusqu’à la ville. Suit-il les traces du garçon mystérieusement disparu ? Ne souhaite-t-il seulement qu’un camarade de jeu ?

Il y a quelques mois, je suis tombée sous le charme de la plume de Gyrðir Elíasson avec son roman Au bord de la Sandá, une histoire contemplative où la nature prenait une très grande place. J’étais donc impatiente de découvrir Les excursions de l’écureuil.

Ce roman est très particulier, surtout dans sa seconde partie. C’est un texte court sur l’enfance, entre le rêve et la réalité. C’est une histoire qui place au premier plan le pouvoir extraordinaire de l’imagination et du jeu qui donne aux enfants une véritable consistance à ce qu’ils imaginent être réel. De ce point de vue, l’auteur réussit à entrer dans la peau du jeune Sigmar et à nous faire vivre son quotidien. Il est intéressant de prendre le temps de décortiquer ce texte pour mieux en saisir toute la profondeur.

« On peut toujours changer les mondes. »

D’ailleurs, cette façon particulière de raconter l’enfance et le pouvoir de l’imagination m’a grandement rappelé un très beau texte de Dylan Thomas que j’adore: Un Noël d’enfant au pays de Galles. Je vous le conseille au passage, surtout si vous avez lu et aimé Les excursions de l’écureuil. Pas que les deux textes soient vraiment semblables, mais on y retrouve le même talent de capturer ce moment magique du quotidien et cette imagination fertile de l’enfant qui joue. Dans les deux cas, l’extérieur, le dehors, est omniprésent. C’est, je crois, à notre époque du numérique, quelque chose qui vient toujours beaucoup me chercher.

Chez Gyrðir Elíasson, chaque chapitre est écrit comme on peint un tableau : par petites touches. C’est le portrait du temps qui passe, des événements journaliers et de l’imagination débordante du garçon. C’était un peu la même chose avec Au bord de la Sandá et c’est, je crois, la raison pour laquelle cet auteur m’interpelle particulièrement. J’aime son écriture et sa façon d’amener son univers, à la fois si simple, mais si complexe.

« Des soleils de rêve me réveillent et l’espace d’un instant, je ne suis pas sûr d’être dans ce monde ou dans l’autre. »

Même si ma préférence va a son autre livre, Au bord de la Sandá, j’ai beaucoup aimé l’histoire de Sigmar. Il aime explorer, inspecter les choses, utiliser le télescope pour mieux voir, se balader. C’est l’époque du travail sur la ferme, des dentistes qui arrachent les dents et des lignes téléphoniques partagées par plusieurs ménages. La première moitié du roman se concentre essentiellement sur le quotidien du garçon, qui voit toutes sortes de choses prendre forme dans les objets autour de lui: les sacs de toile deviennent des chauves-souris roulées dans la farine, la lampe de poche est une faux qui taille les ténèbres.

« Une fois au lit, je cherche à tâtons sous l’oreiller de duvet et ramène des exemplaires fatigués de livres danois sur les animaux. J’arrange la lampe au long cou de dinosaure muni d’une ampoule minuscule tout au bout. La chambre s’emplit tout à coup de créatures fantasmagoriques. Un crocodile nain rampe le long de la housse d’édredon, un serpent siffle dans un coin, un lynx se frotte paisiblement au radiateur. Je saute la page de la panthère noire avant qu’elle ne bondisse sur moi de son arbre feuillu… »

Dans la seconde partie du roman, Sigmar dessine un écureuil qui observe sa cabane avant de prendre vie. Il est lui-même devenu cet écureuil et partira pour la ville à la découverte du monde. Son imagination est peuplée d’animaux et de rencontres: le renard à la station-service, le Saint-Bernard qui le fait monter en voiture, l’ours qui s’occupe de la brocante. Son imagination n’a pas de limites.

Un roman étrange et original sur l’enfance, l’imaginaire riche en rebondissements (dont les rêveries ne sont pas toujours roses non plus), le jeu et le bonheur de créer des mondes différents. Un auteur encore une fois que je vais surveiller puisqu’il me plaît de plus en plus!

Les excursions de l’écureuil, Gyrðir Elíasson, éditions La Peuplade, 108 pages, 2017

Boréal-Express

boreal-expressIl y a longtemps, une nuit, la nuit de Noël, un train s’arrête dans la rue devant la fenêtre d’un petit garçon. Invité à y monter, celui-ci y retrouve quantité d’autres enfants vêtus de pyjamas ou de chemise de nuit. Commence alors un voyage fantastique à travers bois, sur des montagnes enneigées, jusqu’au Pôle Nord, le pays du… Père Noël ! Rêve ou réalité?

Le livre de Chris Van Allsburg, paru en anglais pour la première fois en 1985 (1986 pour l’édition française) est devenu un album classique du temps des Fêtes, surtout depuis l’adaptation cinématographique sortie en 2004.

L’histoire qui se cache derrière ce livre s’adresse autant aux petits, qui y verront une très belle histoire de Noël, qu’aux adultes qui y comprendront sans doute beaucoup mieux le message que l’auteur souhaite faire passer. Derrière un album magnifique (le film l’est tout autant), l’auteur parle de la foi et du fait de conserver son cœur d’enfant. Par le fait même, d’être ouvert à ce qui va au-delà du quotidien, de notre monde, pour être réceptif à la magie qui oeuvre autour de nous. Le parallèle avec la petite clochette est tellement bien trouvé, qu’on ressort de cette lecture terriblement touché.

Boréal-Express est une des plus belles histoires de Noël à mon avis, parce qu’elle touche à ce qui est le plus important dans cette fête: l’émerveillement. C’est ainsi que tant d’adultes, qui n’ont plus cette capacité, détestent cette période de l’année et ne sont accaparés que par l’aspect commercial de Noël. Ici, Noël devient une aventure, sans couleurs clinquantes ni extravagances. C’est un moment pour croire et rêver, pour faire entrer un peu de magie dans notre vie.

Une histoire qui, étonnamment, trouvera peut-être plus d’écho chez les adultes. Pas parce que les enfants ne l’apprécieront pas, au contraire, mais parce que le second message du livre, au-delà de la belle histoire de Noël, marquera les adultes d’une toute autre façon.

présents de noelJ’ai profité de la relecture de ce merveilleux album pour relire le chapitre de Robert Hurley dans le livre Présent(s) de Noël en littérature de jeunesse contemporaine, qui aborde la spiritualité et le traitement du mystère dans Boréal-Express. Cet ouvrage est très intéressant et le chapitre sur le livre de Chris Van Allsburg plutôt éclairant. Pour les intéressés, on retrouve ce texte au chapitre 5 de cet ouvrage paru chez Novalis. Cet essaie aborde la représentation de la fête de Noël dans la littérature jeunesse.

En ce qui concerne Boréal-Express, c’est un album que je relis presque chaque année, parce que je trouve que son message est parfait. Il incite à renouer avec le magique et à garder son cœur d’enfant. Cultiver la capacité de s’émerveiller est sans doute l’un des plus beaux cadeaux que l’on peut se faire.

Un incontournable!

Boréal-Express, Chris Van Allsburg, éditions L’école des loisirs, 30 pages, 1986

Beyond the Clouds t.1

Beyond the clouds 1Dans la Ville jaune, les usines crachent leur fumée jour et nuit, cachant le ciel et ses astres. Le jeune Théo n’a jamais vu les étoiles, ni passé les portes de la ville. Enfant, il rêvait de partir à l’aventure, à la poursuite des créatures fantastiques de ses livres préférés, mais la réalité l’a rattrapé. Son travail à l’atelier de réparation Chikuwa devient son quotidien. Sa routine est chamboulée le jour où il tombe sur une fillette pas comme les autres : c’est une humaine ailée, une espèce appartenant pourtant au monde des légendes ! Inconsciente après être tombée du ciel, elle a perdu une de ses ailes, ainsi que la mémoire… Théo fera tout pour percer le mystère de cette rescapée des cieux !

Voici un manga tout à fait étonnant, à la fois enfantin et poétique, magique et fantastique. Les illustrations sont magnifiques et que dire de la page couverture ainsi que de l’image en couleur du début! Il y a quelque chose de l’enfance dans le travail de Nicke et toujours ce petit penchant vers la magie. D’ailleurs, l’univers se situe quelque part entre celui des rêves et celui du steampunk. Le mariage est fort réussi!

La Ville jaune rappelle assurément l’époque industrielle. C’est une ville d’artisans, dont la fumée jaune des cheminées masque le ciel. L’air est saturée et ne permet pas de voir les étoiles. Pour un rêveur comme Théo, c’est vraiment dommage.

Théo est un personnage que j’ai adoré. Il a seize ans, travaille pour monsieur Chikuwa qui l’a recueillit et il lit beaucoup. C’est un grand lecteur, qui adore les univers fantastiques et même s’il n’a pas beaucoup d’argent, il garde toujours quelques sous de côté pour s’acheter des livres. Les histoires l’ont façonné et il a toujours cru qu’il partirait à son tour à l’aventure une fois devenu grand. Sauf qu’il travaille et a certaines responsabilités. Même s’il est toujours rêveur, son rapport au monde des songes et des histoires a changé.

« En grandissant, j’ai appris que les dragons, les poissons ailés et les cavernes scintillantes, ça n’existait pas. Je sais que je ne pourrai jamais contempler de mes yeux les mondes merveilleux décrits dans mes contes. Comme les songes qui s’échappent avec la nuit… les livres sont devenus pour moi de simples objets de papier… »

Les choses vont changer quand Théo trouve une humaine ailée. Si plusieurs peuples cohabitent ensemble dans le monde de Beyond the Clouds (humanoïdes, hybrides et hommes-animaux), les humains ailés sont extrêmement rares. Théo croyait d’ailleurs qu’il ne s’agissait que d’une légende!

Cependant, la petite Mia est blessée puis malade. Théo découvre aussi que sa condition d’humaine ailée est si rare qu’elle en devient une proie recherchée. Théo se donne pour mission de l’aider et de la protéger. Il prend soin d’elle, tente de palier son aile brisée grâce à ses talents de créateur et surtout, il lui fait la lecture, lui transmettant par le fait même l’amour et le grand pouvoir imaginaire des livres. Les livres et les histoires occupent une place importante dans le monde de Beyond the Clouds. Ils servent d’exutoire à la peur, à la solitude et à la tristesse. Ils alimentent la rêverie, l’imaginaire et la petite étincelle qui anime bien souvent Théo.

La dernière partie du manga est présenté comme une nouvelle mission pour Théo, qui doit rejoindre le sage de la forêt. C’est très prometteur pour le tome deux, puisque la maladie de Mia ouvre des portes à plusieurs péripéties et personnages fantastiques ou effrayants à venir.

Le manga se termine avec un chapitre spécial, Le monde de Beyond the Clouds, qui comprend une entrevue de l’auteure, des secrets de la création du manga et des croquis préparatoires des personnages. C’est ce que j’aime des mangas, les auteurs partagent souvent les dessous de la création de leur histoire.

Le monde de Beyond the Clouds est ce qui fait la plus grande force de ce manga. Un monde étrange, réel sans l’être vraiment, où tout ce que l’on retrouve dans les livres peut possiblement arriver. Les dessins sont vraiment beaux et l’histoire nous transporte de péripéties en péripéties.

Vivement la sortie du tome 2, celui-là je l’attends avec grande impatience!

J’ai lu ce livre pour le Pumpkin Autumn Challenge.

Beyond the Clouds: la Fillette tombée du ciel t.1, Nicke, éditions Ki-oon, 224 pages, 2018

Navires de guerre

Navire de guerreRien de mieux qu’un peu de poésie pour parler d’un recueil de poèmes!
Le livre d’Élise Turcotte est une magie poétique ou s’entrelace l’amour, la frustration, le rêve.
Un rêve, une plume qui s’envole, qui trace toutes sortes d’arcs-en-ciel, de couleurs, de fraîcheur, de noirceur et de chaleur nous rappelant que la vie est une montagne russe dans un parc d’amusement, où on peut toucher le soleil, la lune, la mer, la rosée et la magie des mots qui nous ramènent au rêve.

Dans un imaginaire insaisissable ou l’auteure surplombe un navire de guerre immobile dans une mer morte, c’est avec une mémoire fictive remplie de silence, assaisonnée d’un désir et d’une passion inventée qu’elle nous rend ainsi possible d’accéder à son imaginaire. Le désir inventé nous permet de caresser la peau de ses mots dans la mémoire des pages blanches qui s’écrivent, meurent et recommencent. Une naissance qui s’éteint puis renaît.

L’auteur présente une plume exeptionnelle qui nous pousse à lire ce livre d’une traite, sans pause, sans répit. Elle nous hypnotise du début à la fin. On entre dans la peau d’une jeune fille qui va fantasmer, rêver et qui désire des choses qui semblent réelles mais qui ne le sont pas tout à fait. Elle fait un peu la même chose face à la mort et à ce qu’elle imagine quand elle sera plus vieille. Le recueil est fait comme si chaque fois on recommençait une nouvelle page, un nouvel imaginaire, un nouveau rêve.

Le titre provient d’un rêve d’un navire de guerre abandonné au milieu de la mer. Elle s’imagine toutes sortes de scénario en rapport avec l’amour, le regret, les grandes passions, le sexe. C’est un livre magnifiquement écrit, il y a de beaux jeux de mots et un bel entrelacement des images qu’ils provoquent.

Le contexte du livre est peu marqué au début, mais on réalise rapidement que c’est l’imaginaire qui est en fait le point d’ancrage du livre. La poésie laisse percevoir toutes sortes d’illusions, d’évasion. À travers le rêve d’un navire de guerre sorti de nulle part, une jeune fille rêve d’amour et de sensualité.

Navires de guerre nous donne l’impression que les mots virevoltent. Je ne savais pas du tout ce que j’allais entamer comme livre, étant donné qu’il m’a été offert. Comme j’aime énormément la poésie, c’était un livre bien choisi, intéressant et différent. Le titre ne relate pas ce à quoi on s’attend du livre, mais ce fut une belle surprise. L’amour, la rêvasserie, la mémoire, le silence et la passion sont au coeur du recueil.

« Y aura-t-il une image?
Ou alors comment parler d’un mouvement, celui des décors apparus, disparus, celui d’une main dans la répétition, ou alors l’histoire est un cabaret dans lequel je chantais, intensément, pour que tout revienne, pour que les traces s’écaillent miroitantes. Et maintenant, une autre ville où je n’oublie pas. »

L’écriture et le texte sont bien maitrisés. C’est une poésie très imagée, ce qui rend la lecture très intéressante. Un lecteur habitué à lire de la poésie devrait apprécier les couleurs que l’auteure apporte à son histoire. C’est peut-être une poésie moins accessible pour ceux qui n’ont pas l’habitude d’en lire. Pourtant, c’est un livre qui vaut le détour.

Navires de guerre, Élise Turcotte, Les Écrits des Forges, 61 pages, 1984

La maison des merveilles

la maison des merveillesTout commence par un voyage en mer en 1766 sur le Kraken où se joue une pièce de théâtre… Entrez dans cette histoire en images et suivez une grande famille de comédiens, les Marvels, de génération en génération, jusqu’en 1900. Puis, découvrez, un siècle plus tard, l’histoire de Joseph, échappé d’un austère pensionnat. Le garçon vient chercher refuge à Londres chez son oncle Albert Nightingale. Ce dernier vit dans une étrange maison comme sortie d’un autre monde… Qui vit entre les murs ? Qui sont ces Marvels dont les portraits fleurissent partout ? Joseph décide de percer le mystère des lieux…

J’aime passionnément le travail de Brian Selznick qui a en quelque sorte redonné ses lettres de noblesses aux romans illustrés. Dans ses livres, l’illustration n’accompagne pas l’histoire, elle EST l’histoire. Après L’invention de Hugo Cabret et Après la foudre, voilà qu’il nous offre La maison des merveilles. Un livre qui porte fabuleusement bien son titre. Il s’intitule The Marvels en anglais et a été traduit en France sous le titre Les Marvels, mais je trouve la traduction de Scholastic au Canada beaucoup plus éloquente.

Avant toute chose, avant même d’ouvrir le livre, j’ai été conquise par la couverture. Bleue et dorée, elle est cartonnée et elle brille de partout tout en mettant en scène toute la fantaisie de l’histoire. On retrouve sur la couverture, en haut du mât, la devise qui reviendra tout au long du livre: Ou bien on voit, ou bien on ne voit pas.

Le temps est aussi un élément important dans les livres de Selznick et celui-ci n’y fait pas exception. La maison des merveilles, le temps qui passe (ou qui ne passe pas), la montre arrêtée à 11h16 et les indices de temps dans les pièces de Shakespeare.

« Peut-être que le temps de l’oncle Albert aussi était resté figé. Peut-être était-ce pour cette raison que la maison, et tout ce qu’il y avait à l’intérieur, avait un aspect si ancien. Peut-être que sa famille avait des problèmes avec le temps. »

Selznick excelle pour mettre en image et en texte des histoires magiques singulières, inspirées d’anecdotes historiques particulièrement intéressantes. J’ai lu ce roman en deux soirées, le traînant partout avec moi. Il est de la grosseur d’un dictionnaire, donc pas des plus pratiques, mais j’avais chaque fois l’impression d’ouvrir un grimoire magique, quelque chose qui nous amène ailleurs, là où l’imagination est possible et où l’on peut s’émerveiller. Brian Selznick est un magicien des temps modernes, rien de moins!

L’histoire est étonnante. Tout commence en 1766 par un naufrage. Qui nous mène à un ange, puis à un théâtre, puis à de nombreuses références à Shakespeare. Toute cette partie historique est illustrée. Pas de mots, sauf un article de journal ou deux. Le reste est raconté par l’image. C’est addictif et intrigant.

Puis vient le texte et avec lui, les années 1990 et cette fois, l’histoire de Joseph. Un jeune garçon curieux, qui s’intéresse aux livres et qui cherche à en savoir plus sur sa famille. Ses parents le délaissent, ne s’intéressent pas à lui. Il s’accroche à son oncle qui ne veut pas vraiment de lui. Jusqu’à ce qu’il commence à fouiller dans la maison des merveilles, une maison remplie de toutes sortes d’objets du passé et figée dans le temps. Aidé par Frankie qui vit à côté, les deux enfants cherchent à comprendre leur histoire familiale. Joseph veut reconstituer le passé de sa famille et comprendre pourquoi cet oncle Albert est toujours resté à l’écart de la famille. Frankie souhaite pour sa part retrouver une partie de son frère disparu trop jeune.

Quand Joseph s’approche trop de la vérité, Albert est contraint de lui donner quelques explications. Qui ne sont absolument pas celles que le jeune garçon attendait – et nous non plus! L’histoire prend une tournure étonnante et très émouvante. Une histoire dans l’histoire.

La maison des merveilles est un hommage à la beauté de l’imagination, aux gens marginaux et à ceux qui croient que s’émerveiller reste l’une des plus belles choses de ce monde. C’est aussi un hommage au théâtre, à Shakespeare, à Dickens et à Yeats. C’est une histoire captivante et émouvante, qui m’a à la fois touchée et fait vibrer. Je me suis laissée embarquée dans l’histoire des Marvels et dans celle de Joseph et son oncle. C’est à la fois merveilleux et élégant, magique et tragique.

À la fin du roman, l’auteur explique d’où lui est venu son inspiration. Je n’élaborerai pas plus même si ce n’est pas l’envie qui manque de partager des liens et des idées sur ce livre, puisque le grand plaisir de cette histoire demeure dans son mystère. Il ne faut pas en savoir trop avant d’en commencer la lecture. Si vous le lisez et avez envie d’en discuter, n’hésitez pas!

Un roman qui a été un vrai coup de cœur pour moi! Je l’ai littéralement dévoré et je regrette de ne pas l’avoir acheté. C’est mon préféré des trois romans de Selznick et je le relirai éventuellement.

À la fin, il y a une citation qui résume bien tout le livre:

« Est-ce une histoire vraie?
-J’ai dit: Elle l’est maintenant. »

Wim Wenders, The Act of Seeing

La maison des merveilles, Brian Selznick, éditions Scholastic, 672 pages, 2017