Frissons au Mont Hemlock

Survivre aux terribles événements qui se sont déroulés à Smoke Hollow a rapproché Ollie, Brian et Coco, désormais inséparables. Arrivés pour un séjour de ski au Mont Hemlock, les trois amis comptent bien profiter de chaque instant ! Mais une tempête de neige les piège à l’hôtel. Sans aucun moyen de contacter l’extérieur, ils se laissent peu à peu gagner par la peur. D’autant qu’Ollie est persuadée d’entendre d’étranges bruits… et même de voir un fantôme ! Cette fillette qui la supplie de l’aider aurait été enfermée là et laissée pour morte. Une nouvelle fois entraîné dans les recoins sombres de l’horreur, le trio sortira-t-il indemne de cette rencontre surnaturelle ?

Katherine Arden est une auteure que j’aime particulièrement. J’avais adoré découvrir sa Trilogie d’une nuit d’hiver: L’Ours et le RossignolLa fille dans la Tour et L’Hiver de la Sorcière. Quand j’ai vu qu’elle avait écrit aussi pour la jeunesse, j’étais persuadée que ce serait bon. J’ai lu Terreur à Smoke Hollow avec un grand plaisir. C’est un roman assez terrifiant, tout à fait propice à l’Halloween. J’avais donc très hâte de découvrir la suite. 

Frissons au Mont Hemlock reprend les mêmes personnages, Ollie, Coco et Brian, cette fois campés dans un décor hivernal, un nouvel hôtel encore fermé au public. Avec le père d’Ollie et la mère de Coco, ils ont l’opportunité d’y passer des vacances pour skier. D’autres privilégiés doivent se joindre à eux, mais la température est si mauvaise que c’est un vrai parcours du combattant de réussir à s’y rendre. Une tempête de neige d’une rare intensité s’abat sur la région. Ils peinent à arriver à l’hôtel et sont pratiquement les seuls clients. Une panne de courant, des animaux empaillés inquiétants, d’étranges bruits, des fantômes et une légende effrayante sur un vieil orphelinat, transforment leurs vacances en vrai cauchemar!

« Les fantômes aiment que nous ayons peur. Ça veut dire que nous reconnaissons leur présence. »

Cette série de romans jeunesse est vraiment efficace. Ce sont des romans d’horreur, plutôt effrayants, avec toujours une foule de personnages inquiétants et de lieux sombres aux recoins terrifiants. Ils sont conseillés à partir de 10 ans, mais l’auteure puise dans de nombreuses situations propices à la peur. Les légendes et le fantastique ne sont jamais bien loin. Si on aime frissonner, on peut prendre plaisir à lire ce livre même en étant adulte. Ce fut mon cas, encore une fois.

L’atmosphère est aussi terrifiante qu’elle peut être agréable. On retrouve comme dans le premier tome, une ambiance conviviale, faite de bons petits plats, de gourmandises, de feux réconfortants, de beaux moments en famille et entre amis. Jusqu’à ce que tout dérape.

« N’écoute pas les voix mortes. N’entre pas dans les placards. Et ne regarde pas dans les miroirs. »

Les personnages reviennent d’un tome à l’autre et j’ai vu qu’un troisième tome est paru en anglais, qui se déroule cette fois l’été. J’espère qu’il sera traduit prochainement. J’aime beaucoup ce qu’écrit Katherine Arden, que ce soit pour les adultes ou pour les jeunes. Son univers est riche, s’inspirant chaque fois de légendes et de mythes. C’est un vrai plaisir de découvrir un nouveau livre d’elle. 

Vivement la suite!

Frissons au Mont Hemlock, Katherine Arden, éditions Pocket Jeunesse, 264 pages, 2021

Chambre 1408

Mike est écrivain et chasseur de fantômes. Non pas qu’il y croie lui-même, bien au contraire. Jusque-ici, rien n’est encore parvenu à vaincre son scepticisme. Rien, jusqu’à cette enquête qui le mène à l’hôtel Dolphin de New York, réputé pour sa tristement célèbre chambre 1408. Une chambre supposée hantée…

Chambre 1408 est une nouvelle parue tout d’abord dans le recueil Tout est fatal. Cette histoire est rééditée ici dans la collection jeunesse Wiz afin de faire découvrir King aux adolescents. Une collection que j’adore! J’ai toujours hâte à une prochaine publication. L’histoire de Chambre 1408 est intéressante. Cette nouvelle a d’abord été écrite pour être proposée en exemple dans l’essai Écriture de King. L’auteur a finalement décidé de terminer l’histoire pour en faire une nouvelle. Il a été bien inspiré puisqu’on en a même fait un film.

Alors, de quoi parle cette histoire? Mike Enslin est un chasseur de fantômes et un écrivain. Il fait le tour du monde à la recherche d’histoires effrayantes afin d’écrire des livres. Il dort dans des endroits présumés hantés, cherche des fantômes et des manifestations surnaturelles pour ensuite écrire sur le sujet. Alors qu’il travaille sur son nouveau livre qui parlera de chambres d’hôtels hantées, il tente de convaincre le gérant de l’hôtel Dolphin de le laisser passer la nuit dans la chambre 1408. Cette chambre est reconnue pour être hantée et pour cacher plusieurs morts suspectes. Mike frappe toutefois un mur. Convaincre Olin s’avère beaucoup plus difficile qu’il ne le pensait. Olin est bien décidé à ce que Mike ne s’approche pas de cette pièce. Mais Mike est déterminé. Olin entreprend alors de lui raconter tout ce qu’il sait sur cette mystérieuse chambre hantée. Son récit donne le frisson…

« Dans une maison abandonnée ou dans le donjon d’un vieux château, votre incrédulité peut vous servir de protection. Dans la chambre 1408, elle ne fera que vous rendre encore plus vulnérable. Renoncez, monsieur Enslin. »

Cette nouvelle est assez courte et se lit d’une traite. C’est une histoire de maison hantée assez classique à la base, mais que j’ai bien aimé en fait surtout parce qu’elle est un peu différente de ce à quoi on a l’habitude. Loin de subir les manifestations contre son gré, Mike souhaite y être confronté. Il tente coûte que coûte de voir de ses propres yeux ce qui se produit dans cette pièce. La dynamique est donc différente d’une histoire de maison hantée classique.

On peut également diviser virtuellement le livre en deux parties distinctes: avant d’entrer dans la chambre et après avoir poussé la porte. Avec Mike et le récit d’Olin, le lecteur appréhende ce qui va se passer, ce qui instaure une bonne dose de suspense. L’idée de mettre en scène un écrivain me plait aussi toujours beaucoup, King aimant souvent créer ce genre de personnage, pour mon plus grand plaisir. 

Chambre 1408 se lit rapidement. Ce n’est pas ma nouvelle préférée, mais je l’ai bien aimé. C’est divertissant. Une histoire agréable à lire qui m’a bien plu. Le genre d’histoire qu’on s’offre pour une petite soirée de frissons. Le format court est parfait pour cela!

Chambre 1408, Stephen King, éditions Albin Michel, 128 pages, 2021

Défense de tuer

Au plus fort de l’été, le Manoir Bellechasse, un hôtel luxueux des Cantons-de-l’Est, accueille les membres d’une riche famille canadienne-anglaise venus rendre un hommage à leur défunt patriarche. Dans les esprits comme dans le ciel, l’atmosphère s’alourdit et une tempête s’abat, laissant derrière elle un cadavre presque trop bien mis en scène. Mais qui aurait l’audace de tuer sous les yeux de l’inspecteur-chef Armand Gamache qui célèbre là, comme chaque année, son anniversaire de mariage ? Au cœur des bois, derrière les convenances et les sourires polis, la haine et le passé refont surface, persuadant Gamache que le meurtre est comme l’orage : une libération. 

Défense de tuer était la lecture de décembre pour le défi Un Penny par mois. Je l’ai lu au tout début décembre, mais j’ai un peu tardé à mettre le billet en ligne, à cause des vacances de Noël. Ce roman est la quatrième enquête d’Armand Gamache. C’est un roman plus profond encore que les autres, du moins d’un point de vue psychologique, puisque l’auteure va très loin dans l’analyse d’une famille et de tout ce qu’elle cache. On en apprend aussi beaucoup sur la vie familiale d’Armand en parallèle et, plus on avance dans la série, plus on apprécie l’inspecteur-chef qui apparaît comme quelqu’un de terriblement humain. 

« Il était venu au Manoir Bellechasse pour mettre son cerveau au neutre, pour se détendre. Pour ne plus avoir à chercher la tache sur le tapis, le couteau dans les buissons, ou dans le dos. Pour cesser de percevoir des intonations malveillantes dans des paroles en apparence anodines. […] Il s’était mis à regarder de vieux films et à se demander si les personnes âgées à l’arrière-plan vivaient toujours. Ou de quelle façon elles étaient mortes. C’était déjà suffisamment navrant, mais quand il avait commencé à observer les gens dans la rue et à voir leur crâne sous la peau, il avait su que des vacances s’imposaient. »

Avec sa femme Reine-Marie, Armand est en vacances pour célébrer leur anniversaire de mariage. Depuis le début de leur relation, ils ont l’habitude d’aller au Manoir Bellechasse, une auberge splendide nichée en pleine nature. Alors que le couple profite de moments ensemble, une famille très compliquée séjourne aussi sur place. Accumulant les faux-semblants, les secrets, les rancunes, ses membres se déchirent. Quand on retrouve le corps d’un d’entre eux sur le terrain de l’auberge, Gamache doit mettre un terme à son séjour romantique pour enquêter sur ce meurtre étrange et spectaculaire. Dans cette affaire, les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être…

J’ai beaucoup aimé cette enquête qui parle de la famille, des secrets bien enfouis et de la relation des enfants avec leur père. Une figure importante et centrale, tant pour la famille séjournant à l’auberge que pour Gamache qui doit faire la paix avec l’histoire de son propre père. C’est là que l’on découvre certaines choses sur sa propre famille. Des choses vécues enfant affectent son comportement et ses réactions, aujourd’hui. Le côté psychologique des liens familiaux est très bien abordé dans ce roman. On y parle aussi d’art, plus précisément de sculpture, et d’hôtellerie. J’ai d’ailleurs trouvé très intéressant les personnages qui évoluent au sein du Manoir Bellechasse. Ils sont au cœur de la dynamique de l’auberge et leurs histoires personnelles apportent beaucoup à l’atmosphère qu’on y retrouve.

Même si ce roman ne se passe pas à Three Pines, du moins, pas en grande partie, le charmant petit village n’est pas très loin. Tout juste de l’autre côté des montagnes. On découvre par le même fait une facette plus sombre d’un des personnages récurrents. L’auberge quant à elle, amène le côté réconfortant et tranquille que l’on retrouve normalement à Three Pines. Du moins, tant qu’on n’y découvre ni cadavre, ni meurtrier!

Cette lecture de décembre était donc un très bon cru! Après l’automne, l’hiver et la période entourant la fête de Pâques pour les autres tomes, cette enquête se déroule cette fois l’été, en pleine canicule. C’est amusant car c’est le livre jusqu’à maintenant que je n’aurais peut-être pas lu. Les histoires de famille et les canicules ne m’attirent pas vraiment. Pourtant, c’est l’un des meilleurs jusqu’à maintenant, sans doute à cause de l’analyse psychologique qu’on y retrouve et du côté un peu étonnant des événements. Si vous aimez les romans qui misent sur la psychologie des personnages et sur les histoires familiales compliquées, ce livre est pour vous!

Défense de tuer, Louise Penny, éditions Flammarion Québec, 432 pages, 2012

L’hôtel de la Dernière Chance

L’hôtel de la Dernière Chance est un endroit très particulier ; le jardin y est probablement enchanté, les murs ne se contentent pas d’avoir des oreilles, ils peuvent aussi parler, et le garçon de cuisine, Seth Seppi, a empoisonné par mégarde le sorcier le plus important du pays ! Mais si le jeune garçon est le suspect numéro 1, le bâtiment grouille de magiciens aux pouvoirs tous plus loufoques les uns que les autres… et chacun avec une excellente raison de faire le coup ! 

Ce roman m’a tout de suite interpellée. La couverture est attirante et l’histoire d’un jeune garçon de cuisine accusé d’un crime qui rappelle les meurtres en chambre close, me plaisait bien. D’autant plus que l’hôtel de la Dernière Chance est le lieu d’un étrange regroupement de… sorciers!

Seth travaille aux cuisines de l’hôtel dirigé par Nora et Horace Miche, depuis que le père de Seth n’est plus. Ancien chef cuisinier du temps où l’établissement affichait toujours complet, c’est Henri Moisi qui l’a remplacé. Seth lui vient en aide. Il est très compétent et pendant ses temps libres, il cuisine aussi, même si c’est de façon non-officielle. Seth n’a pas la vie facile. Tiffany, la fille des propriétaires, le harcèle et profite de ses talents de cuisinier tout en usant de chantage pour obtenir ce qu’elle veut de lui. Henri Moisi quant à lui, passe son temps à médire sur le père de Seth.

« Le vœu le plus cher de Seth, c’était qu’un jour son talent de cuisinier lui permette de quitter cet endroit. Il aspirait à préparer le genre de plats qui attireraient des gens venus de loin. Comme son père autrefois. »

La vie de Seth se déroule la plupart du temps au fin fond des cuisines, à tenter de passer inaperçu. Quand il peut, il cuisine et s’échappe dans le magnifique jardin autour de l’hôtel, un jardin où l’on peut trouver tout ce dont on a besoin, même si ce n’est pas la saison. Quand de mystérieux invités se présentent à l’hôtel pour assister à un étrange événement nommé l’Épreuve, Tiffany force Seth à s’occuper des desserts à sa place. C’est alors que sa crème à l’abricot empoisonne le Dr Thallomius… un des plus grands sorciers de tous les temps!

« Les sorciers sont-ils vraiment devenus aussi rares? […] Les guérisseurs. Les gens qu’on consultait en cas de problème. À une époque, tout le monde connaissait la magie comme une force bénéfique. »

Seth découvre alors par le même fait que la magie existe et qu’il est accusé du crime d’un personnage très important dans sa communauté. Enfermé dans un placard à balai, étant sollicité par une invitée à qui Seth ne fait aucunement confiance, c’est avec l’aide de son chat Belladone que le jeune garçon va tout faire pour enquêter et trouver le véritable coupable. Quand il découvre un étrange carnet noir, les choses se compliquent un peu…

« La magie fait perdre la tête à beaucoup de gens. »

J’ai bien aimé cette lecture, assez intéressante, qui confronte deux univers: le nôtre et l’univers magique. Seth est un jeune garçon gentil et attachant, souvent coincé dans des situations qui le placent dans une position inconfortable voire dangereuse. Orphelin, il doit se débrouiller seul et n’a pas vraiment d’alliés.

Au fil de son enquête, Seth découvre que le Dr Thallomius avait de grands projets pour la communauté magique et qu’il est possible que ses idées ne fassent pas l’unanimité. Dans ce monde, la magie est en train de se perdre et la transmission familiale ne suffit plus. Il y a de belles trouvailles dans ce roman pour mettre en avant le monde de la magie. J’ai particulièrement aimé la carte de bibliothèque magique, très intéressante pour un amoureux des livres! Que ce soit au niveau des objets magiques que découvrira Seth, de certaines caractéristiques des gens ou de l’évolution des événements, l’histoire est portée par une enquête policière qui laisse présager le pire pour l’avenir de Seth.

Une bonne lecture, dont l’univers est plutôt intéressant! À noter qu’il existe un second livre de cette série mettant en vedette Seth: Le Phare du bout du monde. Il me tente bien, je le lirai sans doute l’été prochain puisque le livre a un petit côté très estival.

L’hôtel de la Dernière Chance, Nicki Thornton, éditions Michel Lafon, 350 pages, 2019

À l’Hôtel des Pays d’en haut

En 1925, quelques années avant la Crise, l’insouciance règne encore. Sainte-Agathe-des-Monts, une station hivernale courue par les Américains fortunés, est aussi le lieu de rencontre d’une certaine élite canadienne-française. Mais tous ces gens n’y convergent pas que pour skier : ils y viennent aussi pour goûter à des plaisirs défendus, car quelques restaurateurs contournent en douce la prohibition locale qui est censée les empêcher de servir de l’alcool. Dans la horde des vacanciers qui débarquent à l’Hôtel des Pays d’en haut pour y passer le temps des Fêtes, on retrouve Adèle Duquet. Fille des propriétaires de l’établissement, elle revient d’un séjour à Montréal où les Années folles battent leur plein. Mais la jeune femme n’a guère le temps de regretter la grande ville, car il y a beaucoup à faire; et lorsque la journée de travail est terminée, les sports d’hiver et les bals offrent de nombreuses distractions. À travers les festivités de fin d’année, les vieilles rivalités et les intrigues amoureuses se noue toutefois un drame: la disparition d’un policier montréalais. Ce dernier était venu à Sainte-Agathe enquêter sur un mafieux avec qui plusieurs villageois, y compris le patron de l’Hôtel, se sont compromis. Il n’en faut pas plus à Danielle, journaliste montréalaise et amie d’enfance d’Adèle, pour fureter un peu partout dans l’espoir d’éclaircir le mystère.

À l’hôtel des Pays d’en haut se déroule dans un hôtel qui accueille les skieurs en hiver, à l’époque des ligues de tempérance et de la Police des liqueurs où servir de l’alcool n’est pas vu d’un bon œil… Le roman se passe entre le 18 décembre et le 7 janvier, pour la période de Noël. Il y a de nombreux personnages (trop?) qui gravitent autour de l’hôtel. Les propriétaires et leur fille revenue bien changée de Montréal, des employés, la téléphoniste bien trop curieuse qui écoute les conversations et fouine partout, les visiteurs et les gens du village. On suit donc les personnages dans leur vie quotidienne, à l’époque où l’alcool est pointé du doigt et où les Ligues de tempérance surveillent les établissements afin de limiter et d’interdire l’alcool. La présence d’un mafieux de la grande ville et l’arrivée d’un policier sous couverture, va bouleverser la petite communauté.

« Il resservit une tournée et quitta la pièce. L’alcool était dissimulé dans la théière pour tromper un éventuel curieux qui pourrait malencontreusement être membre de la Ligue de tempérance. Eux-mêmes en faisaient partie. Ils n’avaient pu y échapper, mais s’ils participaient scrupuleusement aux réunions, ils n’allaient pas jusqu’à s’astreindre à respecter la loi. »

À l’Hôtel des Pays d’en haut est un roman qui m’a finalement donné un peu de mal. Il est pourtant très court, mais j’avançais difficilement. Il y a trop de personnages abondamment décrits avec des détails que je trouve plutôt lourds pour faire avancer l’histoire. J’ai l’impression que les petites intrigues intéressantes, comme la disparition d’un policier et la découverture d’une distillerie clandestine, sont étouffées par les intrigues amoureuses, la jalousie et la vengeance d’une poignée de personnages. Souvent pendant ma lecture, j’avais le sentiment que le fil de l’histoire s’éparpillait un peu trop.

Mon personnage préféré, Danielle, une journaliste qui aime essayer de nouvelles choses et adepte des sports à sensations fortes, ce qui détonne en 1925 pour une femme, n’est pas suffisamment exploité à mon goût. Beaucoup de personnages féminins sont de vraies chipies et les intrigues amoureuses pour trouver un mari et flirter avec le meilleur parti m’a plutôt ennuyée. Cette portion de l’histoire prend beaucoup de place, trop à mon goût. 

J’ai aimé les lieux, l’hôtel et les sports d’hiver dont il est souvent question, comme le ski, l’aéroski et la raquette. Malheureusement, on n’en parle pas beaucoup dans l’histoire, c’est plutôt un prétexte pour le décor et les lieux. Par contre, la gestion de l’hôtel et tout ce qui a trait au service d’alcool clandestin pour déjouer les règles de la tempérance imposées par l’église, m’a plu, même si ce n’était pas suffisamment élaboré à mon goût.

Je lis très peu de romans d’époque. Il me rejoignent d’ailleurs rarement, puisque je les trouve souvent bien trop légers à mon goût, Je fais d’ailleurs une grande distinction entre les romans historiques, qui nous offrent une réelle plongée dans une époque donnée, avec recherches précises et données historiques, et les romans d’époque dont c’est l’atmosphère et l’intrigue entre les personnages qui prévaut. Je préfère les premiers, mais j’avais envie de lire celui-ci à cause des lieux et de l’époque. J’avais envie de sortir un peu de mes habitudes de lecture pour le Défi: Un hiver au chalet. Ce titre me semblait tout à fait approprié. J’adore la couverture et le résumé me parlait bien. J’avais l’impression que ce livre me plairait beaucoup, mais malheureusement la rencontre n’a pas fonctionné.

Cette lecture me confirme que les romans d’époque ne sont pas faits pour moi. Je les trouve trop légers et trop axés sur les sentiments. Par contre, peut-être que ce livre vous plaira si c’est de la lecture d’atmosphère que vous recherchez, avec des intrigues amoureuses campées dans le passé. 

À l’Hôtel des Pays d’en haut, Maryse Rouy, éditions Hurtubise, 272 pages, 2020