Le livre du wabi-sabi

le livre du Wabi-SabiLe wabi-sabi est un art de vivre japonais qui invite à la pleine conscience : être attentif à ses invités (écouter sans être distrait, débrancher), créer un environnement accueillant (laisser la porte déverrouillée, prendre le temps d’être ensemble), choisir un décor modeste (vaisselle et mobilier en matériaux durables comme le bois ou l’argile), faire une place à la nature dans sa décoration, trouver la beauté dans les imperfections (serviettes en lin froissé, avec une attitude détendue sur les invités en retard), et bien plus encore.

Je ne connaissais pas vraiment le wabi-sabi avant de découvrir ce livre. C’est un concept assez vaste, qui trouve en fait la perfection dans les imperfections et la simplicité. Le wabi-sabi aime l’inattendu et célèbre aussi la notion de simplicité. C’est de tirer le meilleur parti possible de ce que nous avons en consommant peu. C’est de voir la beauté et la sagesse même quand les choses et les gens prennent de l’âge. C’est de choisir le durable à l’éphémère. Choisir le bien-être plutôt que de chercher à impressionner. Tout ça, me parle forcément.

« C’est un mode de vie qui célèbre l’art de la perfection imparfaite: la beauté qui se cache dans l’inhabituel, les lieux ou les objets passés de mode qu’on néglige parfois ou qu’on n’apprécie pas. Il peut aussi se cacher dans des endroits charmants, mais pas forcément là où on l’attend. Et surtout, le wabi-sabi oblige à observer, à remarquer et à apprécier les petites merveilles cachées… »

Le livre est divisé en plusieurs parties. L’auteure nous parle un peu du concept de wabi-sabi et nous explique comment l’intégrer à notre vie. Ensuite, elle nous offre un tour du monde en cinq pays, qui nous raconte différentes façons de vivre en appliquant le wabi-sabi. Chaque chapitre se termine par quelques recettes et des infos utiles. Comme les autres livres de cette collection, l’ouvrage est abondamment illustré de photos.

« Vivre pleinement sa vie signifie se donner du temps et de la place pour respirer, ralentir et savoir précisément ce qu’on désire vraiment. »

Certaines choses du wabi-sabi me parlent énormément, comme l’idée d’une meilleure consommation des objets, l’idée de ralentir aussi et d’être réellement présent. Prendre le temps. C’est aussi un ouvrage « déculpabilisant »: la vaisselle peut attendre à demain, les gens sont plus importants. Il vaut mieux savoir lâcher prise et apprécier une table qui est un peu abîmée qu’une table impeccable, mais sans vie. Accepter l’inévitable.

J’accroche un peu moins à l’aspect qui touche à la façon d’aménager son intérieur et à l’idée de décoration derrière le wabi-sabi. Les portions du livre traitant de l’hospitalité et des repas en groupe (souvent dehors) m’ont moins parlé. À part le Danemark, la plupart des pays mentionnés dans ce livre sont des lieux où il est facile, par exemple, de pique-niquer toute l’année. Il y a plusieurs parties qui me donnent une impression très « urbaine » du concept, chapitres pour lesquels j’ai eu moins d’intérêt.

J’ai aimé l’idée du wabi-sabi dans lequel, je crois, on peut puiser pour rendre son quotidien et la façon de l’aborder, beaucoup plus simple. J’ai apprécié tout ce qui parle de la présence, modeste et sincère, et de la façon d’être avec les autres. Que ce soit dans l’art de recevoir les gens (la simplicité est toujours gagnante) ou dans son environnement de vie, à tous les jours. De façon toute personnelle, j’ai adoré certaines choses du wabi-sabi alors que d’autres ne me conviennent pas. C’est différent du hygge par exemple, une façon de vivre qui a tout de suite collée à ma vision des choses. Je me sentais moins proche ici de l’auteure et du wabi-sabi, surtout quand elle quitte le Japon et le Danemark pour s’intéresser à la Californie, à la France et à l’Italie. Son propos me parlait moins.  Peut-être parce que le hygge est danois et que je me sens beaucoup plus proche dans mon quotidien des pays Scandinaves?

Le livre du wabi-sabi m’a plu, sur plusieurs aspects, alors que d’autres m’ont laissé indifférente. Il y a toutefois du très bon à prendre dans cet art de vivre, même si tout ne trouve pas d’écho aussi fort chez moi que le hygge.

« Réduisez à l’essentiel, mais n’enlevez pas la poésie. »

Il existe quelques livres dans la même collection, écrits par différents auteurs. J’en ai un autre dans ma pile qui parle de l’Écosse. Je crois qu’il sera bien intéressant. On peut retrouver sur ce blogue mes billets pour Le livre du hygge (qui reste à ce jour mon préféré) et Le livre du Lykke.

Le livre du wabi-sabi, Julie Pointer Adams, First éditions, 284 pages, 2018

Le livre du Lykke

livre du lykkeDe Dubaï à Rio, Meik Wiking explore et collecte tous les facteurs de bonheur pour nous permettre de nous les réapproprier – ou du moins, de nous en inspirer.
De combien d’argent doit-on disposer pour être heureux ? Quel est le rôle de l’éducation ? Et celui de la famille ? Celui du travail, et de l’égalité entre femmes et hommes ? Une étude globale, visionnaire, par le président de l’Institut de recherche sur le bonheur.

J’aime beaucoup l’auteur Meik Wiking, dont j’avais adoré Le livre du hygge, qui m’a apporté beaucoup dans ma façon de voir mon quotidien. C’est grâce à lui que j’ai acheté des bougies, que j’ai appris à ralentir et que je décore ma maison avec beaucoup de choses trouvées dans la nature au fil des saisons. L’esprit du hygge trouve un grand écho chez moi. Je suis aussi Meik Wiking sur les réseaux sociaux. J’aime sa philosophie et lorsque j’ai vu qu’il avait écrit un livre présentant un « tour du monde des gens heureux » j’ai eu envie de le découvrir.

Lykke est le mot danois pour « bonheur ». Avec cet ouvrage, construit de façon similaire au Livre du Hygge, Meik Wiking présente en neuf chapitres ce qui constitue le bonheur aux yeux des gens de partout dans le monde. Comment mesure t-on le bonheur? De quelle façon arrivons-nous à quantifier ce qui est à la fois très personnel et très subjectif? L’auteur tente d’expliquer la façon dont on réussit à mettre en lumière ce qui est récurrent dans la recherche du bonheur. Il aborde plusieurs aspects allant de la bonté à la confiance, de l’argent à la santé et à la liberté et le fait de vivre ensemble.

« Il s’agit de juger nos sociétés non par le succès de ceux qui finissent premiers, mais par notre capacité à relever ceux qui tombent. »

Dans cet ouvrage sur le bonheur, l’auteur retrace plusieurs initiatives qui apportent de la joie dans une communauté. Par exemple, le restaurant Robin des Bois à Madrid qui offre, la nuit venue, des repas gratuits pour les sans-abris. La Colombie qui crée des espaces publics pour que les gens puissent marcher en toute quiétude sur une quantité de voies piétonnes. Certains particuliers ont fondé des mouvements pour aider les gens (The Free Help Guy), partager des moments de bonheur (Fucking Flink) ou inciter les gens à devenir des ambassadeurs de la gentillesse (Random Acts of Kindness Activist). Sans parler de petits gestes qui font du bien à l’âme, comme cette laine et les aiguilles à tricoter trouvées dans un cabinet médical, incitant les gens à avancer l’écharpe pendant leur attente, pour l’offrir à une personne dans le besoin quand elle sera terminée.

À chaque fin de chapitre, l’auteur récapitule de belles initiatives partout dans le monde pour un quotidien plus doux et axé sur l’humain. Je trouve que c’est très inspirant! L’auteur parle aussi de Thoreau, de Tolkien et des bains de forêt nommés plus communément Shinrin-yoku.

On peut aussi offrir et recevoir des moments de bonheur avec de petits gestes simples. Partager un bon repas tous ensemble, prendre le temps de vivre, se déconnecter du monde virtuel et numérique pour vivre plus pleinement, associer des choses et des achats à des expériences, profiter de la nature pour être plus serein.

« La richesse ce n’est pas de posséder beaucoup, mais de désirer peu. »

Avec Le livre du Lykke, même si le propos est différent de son premier ouvrage (quoique pas si éloigné de l’esprit du Hygge) j’y ai retrouvé l’essentiel de ce qui m’avait plu dans le premier livre de Meik Wiking. Sa simplicité et son humour qui fonctionne très bien je trouve.

« Les Danois sont les descendants directs des Vikings, et nous adorons regarder des trucs brûler: des feux de joie, des bougies, des villages. Tout est bon. »

Dans son livre, il aborde un sujet universel chez l’humain: la quête du bonheur et ce qui nous rend heureux. J’ai toujours pensé qu’un monde plus bienveillant et plus gentil était la base du bonheur. Wiking me donne plutôt raison. Le livre du Lykke fait beaucoup de bien. C’est une lecture totalement inspirante!

Le livre du Lykke, Meik Wiking, First édition, 285 pages, 2018

L’art du photographe

art du photographePremière traduction française d’un best-seller dont la 1re édition est parue en 1994 et s’est vendue à plus de 100 000 exemplaires. Considéré par beaucoup comme la référence la plus complète sur la technique et l’art photographiques. A mi-chemin entre l’essai, le guide pratique, et le beau livre, avec plus de 200 photos originales et schémas explicatifs.

Sous-titré Une version personnelle d’un moyen d’expression, ce livre de Bruce Barnbaum est un incontournable en matière de photographie. Barnbaum est un photographe américain. D’abord mathématicien, il fait de la photographie en amateur avant d’en faire son métier et de donner des ateliers. Il s’intéresse particulièrement à la nature et à l’architecture. Il travaille beaucoup en noir et blanc et de façon traditionnelle, mais aussi en couleurs et en numérique. L’art de la photographie a été publié pour la première fois en anglais  avant d’être maintes fois traduit en plusieurs langues et réédité. Barnbaum est un photographe très impliqué dans la protection de l’environnement, ce qui me le rend bien sûr très sympathique.

L’art de la photographie est un gros livre imposant, illustré sur papier glacé, où l’auteur nous parle de sa vision toute personnelle de la photographie. Ce n’est pas un guide étape par étape pour apprendre à photographier. Il y a déjà plein de titres qui abordent ce sujet. C’est plutôt un guide pour apprendre à mieux voir, à mieux interpréter son environnement et donc, à mieux photographier, toujours selon la vision et l’expérience de Barnbaum. Et c’est, selon moi, le gros point fort du livre. Nos idées sur la façon de percevoir la photo se rejoignent souvent, je me suis sentie confortable dans ce bel ouvrage, heureuse de lire les mots de ce grand photographe.

« La lumière est l’essence même de la photographie. »

Il aborde de nombreux thèmes dans son livre, allant de la vision plus philosophique de la photographie à l’aspect plus technique. Il nous parle de la communication, de la composition, de la vision, de la lumière, de la couleur, des filtres, du noir et blanc, de la couleur, du tirage, de l’argentique et du numérique, de la retouche, des mythes, du réalisme et de l’abstrait, de la création, de l’intuition et du matériel photographique. Il s’agit donc d’un ouvrage complet, qui couvre de larges aspects de la photo et qui apporte une vision personnelle à l’auteur de ce qu’est ou devrait être la photographie.

On y retrouve aussi plusieurs anecdotes reliées à la photo, des informations sur le pouvoir d’une image. Je pense à ce photographe que mentionne Barnbaum, Lewis Hine, qui a contribué à faire voter une loi pour protéger les enfants, grâce à ses photos de leur travail en usine. Idem pour des images frappantes de lieux naturels qui ont poussé les dirigeants à leur protection pour sauvegarder ce patrimoine. L’art du photographe va donc plus loin qu’un simple guide pour apprendre à cadrer. C’est ce qui est passionnant.

« En d’autres termes, la photo élargit notre champ de vision et de réflexion, provoque de l’admiration, de l’étonnement, de l’amusement, de la compassion, de la terreur et des centaines d’autres sentiments. Elle éclaire notre monde sous un autre angle, soulève des questions sur notre planète ou bien crée son propre univers. »

De nombreux exemples et de photographies de Barnbaum complètent cet ouvrage avec des légendes, afin de mieux saisir son propos. Le livre est très visuel, même s’il y a énormément de texte. Pour ma part, ce sont ses photographies de paysages qui me plaisent le plus. Je les trouve profondes et très parlantes. Il réussit à me toucher avec son travail de la lumière, encore plus que dans ses autres photographies. Peut-être parce que la photographie de nature me parle toujours plus que les autres thèmes.

Un très beau livre à s’offrir ou à offrir que je vous conseille si la photo vous intéresse.

Pour voir le travail de l’auteur, rendez-vous sur son site web.

L’art du photographe – Une version personnelle d’un moyen d’expression, Bruce Barnbaum, First éditions, 400 pages, 2018

Le livre du hygge

livre du hyggePourquoi les Danois sont-ils les gens les plus heureux du monde ? Pour Meik Wiking, directeur de l’Institut de recherche sur le bonheur à Copenhague, la réponse est simple : grâce au hygge. Sans équivalent français, le terme « hygge » (à prononcer « hoo-ga ») évoque les notions de confort, du vivre-ensemble et de bien-être profond. « Le hygge est une ambiance, une véritable atmosphère » explique Meik Wiking. « C’est profiter de ceux que l’on aime en passant du temps auprès d’eux, avec ce sentiment de se sentir chez soi, en sécurité. »

Le hygge est un concept qui me parle vraiment. En fait, c’est beaucoup plus qu’un concept, c’est littéralement un mode de vie, une vision du quotidien. J’ai lu plusieurs livres sur le sujet, mais celui de Meik Wiking est mon préféré. L’ouvrage est soigné, agréable à feuilleter, le ton est parfait et le propos, tellement pertinent!

L’auteur est danois et il est président de l’Institut de recherche sur le bonheur de Copenhague. Dans ce très beau livre, il nous explique ce qu’est le hygge et pourquoi ça rend heureux! La clé du bonheur se cacherait-elle dans les petites choses et dans le quotidien? Je l’ai toujours pensé, mais intégrer une pensée « hygge » à tout ce que l’on fait est sans doute un bon moyen de se sentir mieux, d’être plus détendu, moins stressé, moins malade et plus positif. C’est vivre en pleine conscience le moment présent et le savourer, l’apprécier et être réceptif à ce qui nous entoure. Être vraiment présent et créer une atmosphère propice à se sentir bien.

Qu’est-ce que le hygge? C’est…

« Le hygge est humble et lent. C’est choisir le rustique au lieu du neuf, le simple au lieu du raffiné, et l’ambiance plutôt que l’excitation. De manière générale, le hygge est la version danoise d’un mode de vie lent et simple. »

« On ne peut pas apprécier le hygge si on est pressé ou stressé, et l’art de créer de l’intimité ne peut jamais être acquis par autre chose que le temps, l’intérêt et l’engagement des personnages qui vous entourent. »

Le hygge correspond totalement à ma vision du monde. C’est une pause dans une vie qui va trop vite, c’est un moment que l’on prend pour rendre les choses plus douces, plus belles, meilleures et pour les vivre doucement en profitant de chaque seconde. Le hygge c’est à la fois un état d’esprit – se rendre disponible – et une atmosphère qui nous fait du bien. C’est ajouter quelques bougies dans la maison en plein cœur de l’hiver et se blottir avec un bon livre sous une couverture douce. C’est privilégier le temps à l’argent. C’est s’habiller pour être confortable. C’est de manger des plats maison réconfortants qui amènent avec eux des souvenirs et surtout, de prendre le temps de les préparer. C’est de regarder une série avec des amis en visionnant un épisode de temps en temps, plutôt que de faire un marathon, pour mieux y revenir. Le hygge, c’est aussi la nature. S’en inspirer. La faire entrer dans la maison. Sortir s’y promener.

Le hygge c’est la lenteur pour mieux apprécier la vie. C’est une façon de s’arrêter et d’avoir de la gratitude pour l’instant présent et toutes ces petites choses qui font du bien. Parce qu’au fond, ce sont elles qui font l’essence de la vie dans ce qu’elle a de meilleur.

J’aime énormément le ton sympathique que l’auteur emploie dans ce livre. Certains passages font sourire.

« Le bonheur ne s’achète pas, mais on peut acheter du gâteau, et c’est presque la même chose. »

ou encore

« Vivez aujourd’hui comme s’il n’y avait pas de café demain. »

Je l’avoue, la nourriture est beaucoup au centre du hygge et c’est tant mieux! C’est tellement agréable de lire des choses positives sur le plaisir de déguster un bon repas ou un morceau de gâteau et de le savourer pleinement, à une époque où l’on ne parle que de ce que l’on devrait ou pas manger, du nombre de calories ou de régimes. Le hygge, c’est cultiver le positif tout en profitant intensément du moment. De cette bouchée de pâtisserie sublime ou de cette lumière merveilleuse en fin de journée.

Je me suis aussi retrouvée dans la façon dont le hygge amène les choses, la vision que l’on peut avoir du monde lorsqu’on applique la manière hygge:

« On sait que les introvertis tirent leur énergie d’eux-mêmes, alors que les extravertis trouvent la leur dans les stimulations extérieures. Les introvertis sont des êtres sociaux, mais d’une manière différente. Il n’y a pas une seule façon d’être social, mais on a parfois l’impression qu’il y en a des bonnes ou des mauvaises. Ce n’est pas parce que les introvertis sont épuisés par trop de stimuli extérieurs qu’ils ne veulent pas passer du temps avec les autres. Le hygge est un moyen de fréquenter les autres qui convient aux introvertis: ils peuvent passer une soirée détendue, à l’aise avec quelques amis, sans devoir inclure un grand nombre de convives ni beaucoup d’activités. »

Le livre respire la simplicité. C’est une lecture qui fait du bien.

Le livre du hygge est accompagné de photographies, de graphiques et de petits dessins qui contribuent eux aussi à créer une atmosphère hygge pendant la lecture. D’ailleurs, j’ai collé sur mon frigo le Manifeste du Hygge que l’on retrouve en page 46, afin de ne pas oublier d’intégrer un peu de hygge à mes journées: l’ambiance, la présence, le plaisir, l’égalité, la gratitude, l’harmonie, le confort, la trêve, être ensemble et le refuge.

Un immense coup de cœur pour ce livre qui a changé beaucoup de choses dans ma façon de percevoir mon quotidien. Tout est beaucoup mieux et plus agréable avec une touche de hygge! Je vous conseille cette lecture assurément. Ce livre est une bible à avoir toujours sous la main.

Sur ce, je vais allumer quelques bougies et me faire un thé!

Le livre du hygge, Meik Wiking, First éditions, 287 pages, 2016

Shinrin Yoku – L’art et la science du bain de forêt

IMG_0652Le bain de forêt est une pratique médicale qui existe au Japon depuis longtemps sous le nom de shinrin-yoku. Les recherches du Dr Qing Li, expert en sylvothérapie, ont prouvé que passer du temps au contact de la nature, que ce soit en marchant dans les bois, en faisant une pause dans un parc, en aménageant sa maison avec des plantes d’intérieur ou en vaporisant des huiles essentielles, avait d’innombrables bienfaits sur notre santé. Ces habitudes provoquent réduction du stress, stimulation de l’énergie, amélioration de la concentration et de la mémoire, réduction de la tension artérielle et même perte de poids. Vous trouverez dans cet ouvrage tous les conseils pour mettre en pratique le shinrin-yoku et bénéficier du pouvoir des arbres. Recentrez-vous sur vos cinq sens pour apprécier les cadeaux de la nature et profiter pleinement de l’instant présent.

Je ne connaissais pas le Shinrin Yoku avant d’avoir en main cet ouvrage. Je connaissais toutefois le principe sans le savoir: les bienfaits qu’apportent le plaisir de se faufiler dans la forêt et de vivre pleinement ce moment avec les cinq sens. Le Shinrin Yoku c’est un peu tout ça, mais relié à la médecine, à la science et à la santé.

« L’art des bains de forêt consiste à se connecter à la nature par l’intermédiaire de nos sens. »

Tout d’abord, le livre en tant qu’objet est très beau. L’arbre de la couverture est en relief, les pages sont épaisses, abondamment illustrées.

Shinrin Yoku montage

Dès les premières pages, on découvre ce qu’est le Shinrin Yoku: la science qui a voulu étudier le sentiment de bonheur et de calme qui nous enveloppe quand on entre dans une forêt et qu’on y passe un moment. Il s’agit donc de sylvothérapie ou bain de forêt. Au Japon, c’est une pratique bien ancrée qui semble assez nouvelle ici. Là-bas, des forêts sont consacrées à cette science et on peut même se faire accompagner d’un médecin pour améliorer sa santé! Plusieurs prescrivent d’ailleurs des « bains de forêt » aux gens stressés. On en aurait bien besoin par ici!

L’auteur, médecin, rapporte les nombreux bienfaits de la forêt dans la vie quotidienne. Il y a tout un chapitre sur l’importance des espaces verts, des parcs, des forêts et les efforts qui doivent être faits afin de conserver ces lieux qui nous apportent tellement. Cette lecture m’amène d’ailleurs à déplorer tous ces arbres constamment coupés pour construire des quartiers résidentiels, parfois sans égard pour tout ce que peuvent les arbres pour nous. Le défi de notre époque est lié en grande partie à la gestion du stress, de plus en plus difficile et qui affecte tout le monde. Mon idée à ce sujet rejoint beaucoup celle du livre: la forêt et par extension la nature, peuvent grandement nous aider à vivre plus sereinement. Encore faut-il se donner les moyens d’aller se perdre dans la nature et sortir jouer dehors ou tout simplement prendre le temps de contempler la nature qui nous entoure.

Le livre se divise en différentes sections, certaines plus axées sur la science et la médecine, d’autre se penchent plus vers le bonheur d’être dans la nature et la réceptivité de nos cinq sens face à ce qui nous entoure quand nous sommes en forêt. On parle du sport en plein air (c’est tellement merveilleux d’aller bouger dehors!), de la façon d’optimiser les bains de forêt en recréant à la maison ou au bureau des îlots « naturels » faits de plantes, d’odeurs, d’images. Le concept est intéressant et je l’appliquais déjà sans le savoir dans mon quotidien. La nature m’est vitale et l’auteur abonde dans le même sens, même pour les gens vivant en ville, même pour ceux « qui n’ont pas le temps ».

J’ai adoré le passage qui parle de l’odorat en forêt et qui décortique les différentes odeurs que l’on peut respirer lorsqu’on se retrouve en pleine nature. Ces passages mettent des mots sur mes observations lorsque je me promène en forêt. L’odeur du bois, des feuilles, de la terre, fait partie du plus grand des bonheur d’être en forêt. J’aurais aimé que ce soit encore plus détaillé. Le livre aborde d’ailleurs les huiles essentielles, en lien avec ce chapitre, pour les moments où nous ne sommes pas en forêt. Il y est expliqué aussi comment confectionner un diffuseur. Dans l’ouvrage, les cinq sens sont abordés, même le goût, mais c’est surtout l’odorat qui a retenu mon attention.

On retrouve également plusieurs outils à consulter et sites web dans le livre afin de comprendre le couvert forestier mondial et ses retombées sur l’humain, principalement pour sa santé. Il y a tout un travail d’éducation à faire, en urbanisme dans les villes et auprès des générations à venir.

« Dans « Last Child in the Woods », Richard Louv propose un terme pour décrire le fossé existant entre les enfants et la nature. Il appelle cela le « trouble déficitaire de la nature. » Il a relié le manque de la nature dans la vie des jeunes à l’augmentation de troubles du comportement, des cas de dépression, de l’obésité, ainsi qu’aux carences en vitamine D et à un accroissement de la myopie. »

Un autre extrait que je trouve tellement pertinent dans le monde ultra-connecté où nous vivons:

« Mais surtout, si les enfants jouent dehors, ils grandiront en souhaitant prendre soin de l’environnement. Des preuves de plus en plus nombreuses montrent qu’être au contact de la nature dès la jeunesse crée un sentiment de connexion au monde naturel qui perdure à l’âge adulte. Les enfants qui s’amusent dans la nature deviendront des adultes qui en prennent soin, la protègent et cernent bien son importance. »

C’est un livre vers lequel il fait bon revenir, puisque c’est une lecture très zen. Le genre de livre à conserver sur la table de chevet.

Le livre se termine sur une carte de 40 forêts magnifiques à travers le monde et sur le questionnaire POMS, une série de questions visant à calculer et comprendre les retombées psychologiques des moments passés en forêt.

Le livre est écrit par un japonais et donc, très axé sur les forêts japonaises, sur la flore qu’on retrouve au Japon et sur le mode de vie de ses habitants. Ça m’a un peu déstabilisée au début puisque j’avais l’impression que certains passages ne s’adressaient pas directement à moi. Sauf que l’on peut aussi percevoir ces chapitres comme étant le reflet de ce qui se passe au Japon et une autre vision que la nôtre. J’aurais aussi aimé qu’on retrouve des recettes un peu moins floues sur la façon d’utiliser la nature dans nos tisanes et notre pharmacie. Ça m’aurait bien intéressée comme complément au livre.

Même si j’ai le bonheur et la chance d’aller me perdre en forêt tous les jours, j’ai trouvé l’ouvrage fort intéressant. Il aborde beaucoup de points essentiels, de la santé au bonheur, en passant par la sauvegarde des espaces verts, l’aspect scientifique des odeurs lors d’une balade en forêt et l’importance de la nature dans l’éducation des enfants. De quoi y trouver largement son compte… et beaucoup de plaisir!

Shinrin Yoku – L’art et a science du bain de forêt, Dr Qing Li, First éditions, 320 pages, 2018