Les dinosaures du père Noël

dinosaures du pere noelIl y a très longtemps, bien avant qu’existent les rennes, toutes sortes de drôles de dinosaures tiraient le traîneau du père Noël. Malheureusement, les tricératops était trop lents, le Maiasaura mangeait les cadeaux et le tyrannosaure léchait tout le monde… Des illustrations à se tordre de rire montrent les dinosaures dans des situations complètement loufoques.

Ce n’est un secret pour personne (enfin je crois!): j’adore les dinosaures! Les films, les livres, les documentaires, les gadgets avec des dinosaures, les t-shirts, les tasses, l’histoire des dinosaures, etc. Cette passion remonte à l’enfance où pendant des années je m’amusais à les dessiner et à leur inventer des histoires.

J’aime aussi énormément les livres de Noël. Autre souvenir du temps des Fêtes: la bibliothèque que l’on dévalisait en famille, en remplissant nos sacs de livres se déroulant pendant la période de Noël. J’ai toujours aimé lire autour de thématiques (c’est d’ailleurs une partie de mon travail aujourd’hui, monter des expositions et offrir des suggestions de lectures autour de thèmes) et mon plaisir de créer des thématiques dans mes lectures est toujours présent aujourd’hui.

Quand je suis tombée par hasard à la bibliothèque sur ce livre, alliant conte de Noël et dinosaures, je ne pouvais tout simplement pas passer à côté! Et j’ai beaucoup aimé cet album rigolo!

Le texte de Jerry Pallotta, accompagné des magnifiques illustrations de Howard McWilliam, met en scène une histoire de Noël originale. Une petite fille écrit au père Noël pour lui demander quels animaux tiraient son traîneaux avant l’existence des rennes. En voilà toute une question! De là, le père Noël raconte la contribution des dinosaures à la douce nuit de Noël, bien avant leur disparition.

C’est original et souvent bien drôle! Les illustrations sont comiques et les particularités de chacune des espèces de dinosaures mises en avant selon leurs capacités à tirer un traîneau et livrer des cadeaux. Certains se débrouillent assez bien alors que d’autres ne sont absolument pas qualifiés! Visuellement c’est vraiment beau et les expressions des personnages, incluant le père Noël qui subit parfois les frasques des gigantesques dinosaures sont hilarantes.

Une histoire de Noël qui vaut le détour, ne serait-ce que pour l’humour qui est bien présent et l’originalité de l’histoire!

dinosaures du pere noel2

Les dinosaures du père Noël, Jerry Pallotta, illustré par Howard McWilliam, éditions Scholastic, 32 pages, 2012

La maison des merveilles

la maison des merveillesTout commence par un voyage en mer en 1766 sur le Kraken où se joue une pièce de théâtre… Entrez dans cette histoire en images et suivez une grande famille de comédiens, les Marvels, de génération en génération, jusqu’en 1900. Puis, découvrez, un siècle plus tard, l’histoire de Joseph, échappé d’un austère pensionnat. Le garçon vient chercher refuge à Londres chez son oncle Albert Nightingale. Ce dernier vit dans une étrange maison comme sortie d’un autre monde… Qui vit entre les murs ? Qui sont ces Marvels dont les portraits fleurissent partout ? Joseph décide de percer le mystère des lieux…

J’aime passionnément le travail de Brian Selznick qui a en quelque sorte redonné ses lettres de noblesses aux romans illustrés. Dans ses livres, l’illustration n’accompagne pas l’histoire, elle EST l’histoire. Après L’invention de Hugo Cabret et Après la foudre, voilà qu’il nous offre La maison des merveilles. Un livre qui porte fabuleusement bien son titre. Il s’intitule The Marvels en anglais et a été traduit en France sous le titre Les Marvels, mais je trouve la traduction de Scholastic au Canada beaucoup plus éloquente.

Avant toute chose, avant même d’ouvrir le livre, j’ai été conquise par la couverture. Bleue et dorée, elle est cartonnée et elle brille de partout tout en mettant en scène toute la fantaisie de l’histoire. On retrouve sur la couverture, en haut du mât, la devise qui reviendra tout au long du livre: Ou bien on voit, ou bien on ne voit pas.

Le temps est aussi un élément important dans les livres de Selznick et celui-ci n’y fait pas exception. La maison des merveilles, le temps qui passe (ou qui ne passe pas), la montre arrêtée à 11h16 et les indices de temps dans les pièces de Shakespeare.

« Peut-être que le temps de l’oncle Albert aussi était resté figé. Peut-être était-ce pour cette raison que la maison, et tout ce qu’il y avait à l’intérieur, avait un aspect si ancien. Peut-être que sa famille avait des problèmes avec le temps. »

Selznick excelle pour mettre en image et en texte des histoires magiques singulières, inspirées d’anecdotes historiques particulièrement intéressantes. J’ai lu ce roman en deux soirées, le traînant partout avec moi. Il est de la grosseur d’un dictionnaire, donc pas des plus pratiques, mais j’avais chaque fois l’impression d’ouvrir un grimoire magique, quelque chose qui nous amène ailleurs, là où l’imagination est possible et où l’on peut s’émerveiller. Brian Selznick est un magicien des temps modernes, rien de moins!

L’histoire est étonnante. Tout commence en 1766 par un naufrage. Qui nous mène à un ange, puis à un théâtre, puis à de nombreuses références à Shakespeare. Toute cette partie historique est illustrée. Pas de mots, sauf un article de journal ou deux. Le reste est raconté par l’image. C’est addictif et intrigant.

Puis vient le texte et avec lui, les années 1990 et cette fois, l’histoire de Joseph. Un jeune garçon curieux, qui s’intéresse aux livres et qui cherche à en savoir plus sur sa famille. Ses parents le délaissent, ne s’intéressent pas à lui. Il s’accroche à son oncle qui ne veut pas vraiment de lui. Jusqu’à ce qu’il commence à fouiller dans la maison des merveilles, une maison remplie de toutes sortes d’objets du passé et figée dans le temps. Aidé par Frankie qui vit à côté, les deux enfants cherchent à comprendre leur histoire familiale. Joseph veut reconstituer le passé de sa famille et comprendre pourquoi cet oncle Albert est toujours resté à l’écart de la famille. Frankie souhaite pour sa part retrouver une partie de son frère disparu trop jeune.

Quand Joseph s’approche trop de la vérité, Albert est contraint de lui donner quelques explications. Qui ne sont absolument pas celles que le jeune garçon attendait – et nous non plus! L’histoire prend une tournure étonnante et très émouvante. Une histoire dans l’histoire.

La maison des merveilles est un hommage à la beauté de l’imagination, aux gens marginaux et à ceux qui croient que s’émerveiller reste l’une des plus belles choses de ce monde. C’est aussi un hommage au théâtre, à Shakespeare, à Dickens et à Yeats. C’est une histoire captivante et émouvante, qui m’a à la fois touchée et fait vibrer. Je me suis laissée embarquée dans l’histoire des Marvels et dans celle de Joseph et son oncle. C’est à la fois merveilleux et élégant, magique et tragique.

À la fin du roman, l’auteur explique d’où lui est venu son inspiration. Je n’élaborerai pas plus même si ce n’est pas l’envie qui manque de partager des liens et des idées sur ce livre, puisque le grand plaisir de cette histoire demeure dans son mystère. Il ne faut pas en savoir trop avant d’en commencer la lecture. Si vous le lisez et avez envie d’en discuter, n’hésitez pas!

Un roman qui a été un vrai coup de cœur pour moi! Je l’ai littéralement dévoré et je regrette de ne pas l’avoir acheté. C’est mon préféré des trois romans de Selznick et je le relirai éventuellement.

À la fin, il y a une citation qui résume bien tout le livre:

« Est-ce une histoire vraie?
-J’ai dit: Elle l’est maintenant. »

Wim Wenders, The Act of Seeing

La maison des merveilles, Brian Selznick, éditions Scholastic, 672 pages, 2017