Incroyable Histoire

Voyagez dans le temps et prenez part à une chasse aux mammouths, marchez avec un soldat romain et volez avec les frères Wright. Revivez les moments les plus excitants de l’Histoire, des temps préhistoriques jusqu’à aujourd’hui ! Voyez une centaine d’événements historiques de vos propres yeux à travers des images de synthèse spectaculaires, et découvrez les gens, les endroits et les faits les plus marquants depuis le début de l’humanité. Apprenez à quoi ressemblait la vie quotidienne dans les sociétés médiévales et comment les grandes inventions telles que la presse ont changé le monde.

Du monde antique au monde moderne d’aujourd’hui, cet ouvrage d’une grande qualité est réellement passionnant. Il est abondamment illustré et nous permet un tour d’horizon de l’évolution du monde. Construit en cinq grands chapitres, l’ouvrage couvre le monde antique, le monde médiéval, le temps des révolutions, le temps des explorations et le monde moderne.

Ce livre nous amène tout d’abord aux débuts des origines de l’homme à travers la chasse, la cueillette et les migrations de ce dernier, jusqu’à ce que l’humain se sédentarise. On y parle de l’habitation, de l’organisation familiale, du transport, de la nourriture et des cultures, de l’art et des poteries, pour ne nommer que ceux-là. À partir de ce moment, l’homme cherche alors à conquérir les territoires voisins et à se développer. C’est alors que les guerres commencent, que l’homme évolue et que son mode de vie change. Il y est question de conquêtes, des différents empires, de religion, d’esclavage, de l’économie, des inventions, de l’occupation des territoires et des différents échanges entre les peuples. On retrouve différents chapitres sur les Premiers hommes, l’Égypte ancienne, l’Inde, les Romains, les Vikings, les peuples Germaniques, les dynasties chinoises, l’Europe médiévale, les Grecs, l’empire Mongol, les Phéniciens, les Perses, les Tsars, les premiers colons en Amérique du Nord et les peuples autochtones.

Le livre aborde tous les aspects des différents peuples, dans leur vie quotidienne et leur façon de fonctionner, de faire la guerre, de se développer et d’interagir entre eux et avec les autres. Il est intéressant de découvrir leur mode de vie, la construction de leurs habitations, leurs politiques et leur religion, leurs différentes croyances, leur système de justice, ainsi que leur entraînement comme guerriers. La place des femmes et les rôles de chacun selon les périodes, revient également à travers les différentes époques. Tous ces peuples ont contribué à l’évolution du monde jusqu’à celui que l’on connait aujourd’hui. L’ouvrage aborde aussi les grandes structures construites par l’homme, des statues de l’île de Pâques aux grandes pyramides, en passant par l’armée de terre cuite, le Colisée et bien d’autres constructions impressionnantes. 

Parallèlement, les guerres et les explorations permirent aux différents peuples de faire des découvertes et d’étendre leur pouvoir sur de nouveaux territoires. Les guerres sont d’ailleurs au centre de l’histoire. Malgré tout, plus l’homme évolue, plus la culture se développe: l’art, le théâtre, les livres, l’imprimerie. La révolution scientifique a également changé la perception de l’homme de son univers et a permis de mieux comprendre ce qui nous entoure; alors que la révolution industrielle fut une grande période de bouleversements économiques. Même chose pour l’évolution de la médecine ou le mouvement des droits civiques, qui ont contribué à l’amélioration de la qualité de vie. 

Les sujets sont très variés et de nombreuses informations sur le monde nous sont présentées en images et en couleurs. Les anecdotes sont très intéressantes car on apprend une foule de choses qui n’étaient pas forcément beaucoup enseignées. Saviez-vous par exemple, que l’espérance de vie des hommes de l’Égypte ancienne était de trente-quatre ans? Que 10 millions est le nombre estimé de Congolais qui furent tués sous le règne de Léopold II de Belgique? Qu’à la fin du XVe siècle, c’est 50 millions de personnes qui vivaient en Amérique du Nord? Qu’en période de récolte, les esclaves travaillaient 18 heures par jour? Que c’est en en 1891 que survint le premier accident de la circulation en voiture? Que 90% des films réalisés à Hollywood avant 1929 ont été perdus? C’est un tour d’horizon historique et anecdotique sur l’histoire mondiale.

Incroyable Histoire est vraiment magnifique. Les illustrations sont vraiment très belles et détaillées. L’expérience de lecture est très riche, puisque tout est mis en images. Les détails sont fabuleux et nous permettent d’apprendre un grand nombre d’informations sur l’histoire générale. Les graphiques et les cartes nous aident à mieux comprendre les enjeux de l’évolution. Cet ouvrage est un livre familial, à la portée de tous, qui permet de découvrir une histoire globale du monde et de l’évolution de l’homme. 

Un livre passionnant à avoir dans sa bibliothèque!

Incroyable Histoire. Le passé comme vous ne l’avez jamais vu, Collectif, éditions Hurtubise, 208 pages, 2020

À l’Hôtel des Pays d’en haut

En 1925, quelques années avant la Crise, l’insouciance règne encore. Sainte-Agathe-des-Monts, une station hivernale courue par les Américains fortunés, est aussi le lieu de rencontre d’une certaine élite canadienne-française. Mais tous ces gens n’y convergent pas que pour skier : ils y viennent aussi pour goûter à des plaisirs défendus, car quelques restaurateurs contournent en douce la prohibition locale qui est censée les empêcher de servir de l’alcool. Dans la horde des vacanciers qui débarquent à l’Hôtel des Pays d’en haut pour y passer le temps des Fêtes, on retrouve Adèle Duquet. Fille des propriétaires de l’établissement, elle revient d’un séjour à Montréal où les Années folles battent leur plein. Mais la jeune femme n’a guère le temps de regretter la grande ville, car il y a beaucoup à faire; et lorsque la journée de travail est terminée, les sports d’hiver et les bals offrent de nombreuses distractions. À travers les festivités de fin d’année, les vieilles rivalités et les intrigues amoureuses se noue toutefois un drame: la disparition d’un policier montréalais. Ce dernier était venu à Sainte-Agathe enquêter sur un mafieux avec qui plusieurs villageois, y compris le patron de l’Hôtel, se sont compromis. Il n’en faut pas plus à Danielle, journaliste montréalaise et amie d’enfance d’Adèle, pour fureter un peu partout dans l’espoir d’éclaircir le mystère.

À l’hôtel des Pays d’en haut se déroule dans un hôtel qui accueille les skieurs en hiver, à l’époque des ligues de tempérance et de la Police des liqueurs où servir de l’alcool n’est pas vu d’un bon œil… Le roman se passe entre le 18 décembre et le 7 janvier, pour la période de Noël. Il y a de nombreux personnages (trop?) qui gravitent autour de l’hôtel. Les propriétaires et leur fille revenue bien changée de Montréal, des employés, la téléphoniste bien trop curieuse qui écoute les conversations et fouine partout, les visiteurs et les gens du village. On suit donc les personnages dans leur vie quotidienne, à l’époque où l’alcool est pointé du doigt et où les Ligues de tempérance surveillent les établissements afin de limiter et d’interdire l’alcool. La présence d’un mafieux de la grande ville et l’arrivée d’un policier sous couverture, va bouleverser la petite communauté.

« Il resservit une tournée et quitta la pièce. L’alcool était dissimulé dans la théière pour tromper un éventuel curieux qui pourrait malencontreusement être membre de la Ligue de tempérance. Eux-mêmes en faisaient partie. Ils n’avaient pu y échapper, mais s’ils participaient scrupuleusement aux réunions, ils n’allaient pas jusqu’à s’astreindre à respecter la loi. »

À l’Hôtel des Pays d’en haut est un roman qui m’a finalement donné un peu de mal. Il est pourtant très court, mais j’avançais difficilement. Il y a trop de personnages abondamment décrits avec des détails que je trouve plutôt lourds pour faire avancer l’histoire. J’ai l’impression que les petites intrigues intéressantes, comme la disparition d’un policier et la découverture d’une distillerie clandestine, sont étouffées par les intrigues amoureuses, la jalousie et la vengeance d’une poignée de personnages. Souvent pendant ma lecture, j’avais le sentiment que le fil de l’histoire s’éparpillait un peu trop.

Mon personnage préféré, Danielle, une journaliste qui aime essayer de nouvelles choses et adepte des sports à sensations fortes, ce qui détonne en 1925 pour une femme, n’est pas suffisamment exploité à mon goût. Beaucoup de personnages féminins sont de vraies chipies et les intrigues amoureuses pour trouver un mari et flirter avec le meilleur parti m’a plutôt ennuyée. Cette portion de l’histoire prend beaucoup de place, trop à mon goût. 

J’ai aimé les lieux, l’hôtel et les sports d’hiver dont il est souvent question, comme le ski, l’aéroski et la raquette. Malheureusement, on n’en parle pas beaucoup dans l’histoire, c’est plutôt un prétexte pour le décor et les lieux. Par contre, la gestion de l’hôtel et tout ce qui a trait au service d’alcool clandestin pour déjouer les règles de la tempérance imposées par l’église, m’a plu, même si ce n’était pas suffisamment élaboré à mon goût.

Je lis très peu de romans d’époque. Il me rejoignent d’ailleurs rarement, puisque je les trouve souvent bien trop légers à mon goût, Je fais d’ailleurs une grande distinction entre les romans historiques, qui nous offrent une réelle plongée dans une époque donnée, avec recherches précises et données historiques, et les romans d’époque dont c’est l’atmosphère et l’intrigue entre les personnages qui prévaut. Je préfère les premiers, mais j’avais envie de lire celui-ci à cause des lieux et de l’époque. J’avais envie de sortir un peu de mes habitudes de lecture pour le Défi: Un hiver au chalet. Ce titre me semblait tout à fait approprié. J’adore la couverture et le résumé me parlait bien. J’avais l’impression que ce livre me plairait beaucoup, mais malheureusement la rencontre n’a pas fonctionné.

Cette lecture me confirme que les romans d’époque ne sont pas faits pour moi. Je les trouve trop légers et trop axés sur les sentiments. Par contre, peut-être que ce livre vous plaira si c’est de la lecture d’atmosphère que vous recherchez, avec des intrigues amoureuses campées dans le passé. 

À l’Hôtel des Pays d’en haut, Maryse Rouy, éditions Hurtubise, 272 pages, 2020

Comme une chaleur de feu de camp

À quinze ans, Emmanuelle fuit comme la peste les conversations improvisées et ne se sent à l’aise que sous l’eau, lors de ses entraînements de natation, où sa timidité passe inaperçue. Sa vie se gonfle de sens et de musique lorsqu’elle fait la connaissance de Thomas, son nouveau voisin. Les deux s’apprivoisent doucement, partageant chaque matin le même banc et les mêmes écouteurs, et se retrouvant à contempler les étoiles lors de soirées autour d’un feu de camp. Mais tout bascule le jour où Emmanuelle est témoin d’une scène bouleversante, qui créera autour d’elle comme une onde de choc et chamboulera sa relation avec Thomas.

J’ai choisi cette lecture à cause de sa page couverture et de son titre: Comme une chaleur de feu de camp. On imagine quelque chose de crépitant, qui commence tout doucement. C’est un peu ce que j’ai retrouvé dans ce livre. Il s’agit d’un roman jeunesse, pour ados, écrit d’une façon à la fois belle, douce et vraiment agréable à lire. J’ai particulièrement aimé l’écriture et les petits phrases si justes, presque poétiques par moments. J’ai bien aimé aussi le choix des titres de chapitres qui sont originaux.

« Les lundis sont des hérissons qui se sont levés du mauvais côté du lit. »

Le roman raconte l’histoire d’Emmanuelle, une jeune fille réservée, timide, qui ne se sent pas à l’aise en société. Elle est donc souvent seule, souvent à part des groupe, se questionne si ses réactions sont normales ou si ce qu’elle dit a du sens. Je me suis retrouvée un peu en elle, dans son désir de ne pas faire de vagues.

« Je me dis que je veux pouvoir choisir les gens que j’aime – et choisir d’arrêter de les aimer s’ils n’en valent pas la peine. Je ne veux pas que l’amour soit un ouragan qui chamboule toute ma vie. »

Emmanuelle a peu d’amies et pas toujours les bonnes. Elle sympathise avec un nouveau voisin, Thomas, gentil et solaire, qui l’initie à la musique country. Elle est nageuse et va à la piscine tous les soirs. Elle sent souvent le chlore, a l’impression d’être elle-même que lorsqu’elle est dans l’eau et elle collectionne les histoires de nageuses célèbres pour se donner du courage. La piscine, c’est son refuge. Jusqu’à ce jour où elle est témoin d’une scène bouleversante, qui changera beaucoup de choses pour elle.

Elle doit maintenant affronter les événements, essayer de comprendre le flots de sentiments qui l’assaillent. En même temps, elle doit trouver la façon de vivre toutes les nouveautés qui surviennent dans sa vie: de nouvelles amitiés, des trahisons, des situations compliquées, son premier amour.

« J’aime particulièrement les matins dans l’autobus; la musique que nous écoutons tisse autour de nous la plus belle des bulles, un cocon douillet où nous oublions même le plastique des bancs qui nous colle sous les cuisses. C’est un petit bout de merveilleux que je ne retrouve nulle part ailleurs. »

Même si le livre aborde des sujets importants, l’écriture est douce, presque réconfortante. L’auteure enveloppe son histoire d’un regard bienveillant. Ses personnages m’ont plu. Ils sont humains, avec leurs erreurs et leurs faiblesses, mais aussi leur force et leur douceur. Il y a une belle réflexion derrière tout ce qui arrive à Emmanuelle. Sa rencontre avec de bonnes personnes, l’aide à s’ouvrir un peu plus au monde qui l’entoure.

Un beau roman qui se lit avec plaisir.

Comme une chaleur de feu de camp, Amélie Panneton, éditions Hurtubise, 306 pages, 2017

Le sommeil des loutres

Jake a 21 ans, mais il a parfois l’impression d’en avoir cent. C’est ce qui arrive quand on grandit trop vite, sous le feu des projecteurs. Jeune acteur prodige, son succès est cependant de l’histoire ancienne, et ses récentes frasques l’ont fait tomber de son piédestal pour atterrir dans sa chambre d’enfant, chez ses parents. Jake mène une vie grise: il cherche des raisons de la poursuivre, mais elles se font aussi rares que le plaisir dans ses journées sans soleil. 
Émilie a 18 ans, elle entame sa dernière année de cégep. Ambitieuse, elle rêve de devenir médecin. Toutefois, elle a une faille de la grosseur du Grand Canyon au travers du corps depuis que son premier amour l’a laissée, au début de l’été. Mais derrière cette douleur s’en cache une autre, plus profonde encore: celle créée par son père, le jour où il a quitté sa famille pour refaire sa vie. Émilie aimerait se reconstruire, mais les morceaux sont petits et le casse-tête, interminable.
En apparence, Émilie et Jake n’ont rien en commun, sauf leurs blessures béantes au cœur et leur travail à la pizzéria du coin. Et pourtant, au fil de leurs soirées Sprite et placotage, une relation précieuse se tissera entre eux, empreinte de l’espoir que l’aube revient toujours, même après la plus sombre des nuits.

J’ai lu Le sommeil des loutres (quel joli titre, surtout quand on comprend ce qu’il représente!) de Marie-Christine Chartier, attirée par la jolie couverture et par le résumé. J’espérais ne pas lire un roman trop léger et finalement, cette lecture s’est avérée une très belle surprise. J’ai beaucoup aimé cette histoire. 

Le roman est présenté en alternant les voix de deux personnages. Tout d’abord celle de Jake, un ancien acteur qui a grandit sous les caméras et qui, suite à un deuil, sombre peu à peu… toujours sous l’œil attentif des journaux à potins. Il est difficile pour une personnalité de vivre constamment sous les projecteurs et les critiques des réseaux sociaux, surtout lorsqu’elle traverse des moments douloureux. C’est un peu cette facette publique et complexe qu’apporte le personnage de Jake.

« C’est ça, être connu. Les gens t’aiment jusqu’à ce que tu leur fournisses une meilleure raison encore de te haïr. »

Il y a aussi Émilie qui rêve de devenir médecin et qui ne se remet pas de sa rupture avec celui qu’elle pensait être son grand amour. Quand elle souffre, elle cuisine sans s’arrêter. C’est une façon pour elle de faire face à ce qu’elle ressent.

Jake et Émilie se rencontrent à la pizzéria où les deux travaillent. Jake y est pour oublier et se perdre dans une tâche routinière. Il essaie de retrouver qui il est. Émilie y travaille parce que la pizzéria appartient à son oncle. Elle essaie de survivre à sa peine.

Les deux ont l’âme écorchée, pour différentes raisons. Leur première rencontre n’est pas des plus agréables. Émilie juge vite Jake, qu’elle « connaît » grâce à la télé. Les premiers contacts sont maladroits, d’une part et de l’autre.

S’ils croient n’avoir rien en commun, ils découvrent chez l’un et l’autre une oreille attentive, beaucoup de douceur et une relation aussi précieuse qu’inattendue. Les deux se sont rencontrés alors qu’ils étaient au plus bas. Ils s’entraident à vaincre ce qui les ronge. Si leur relation semble en apparence être toute autre chose aux yeux des autres, ce qu’ils vivent est précieux. 

« … je songe maintenant à Émilie. Ça m’arrive de plus en plus souvent de me réfugier auprès d’elle dans ma tête, ça rend mes pensées plus douces, moins conflictuelles. »

J’ai aimé plusieurs aspects de leur amitié naissante, de l’écoute dont ils font preuve l’un envers l’autre, de ce qu’ils s’apprennent. Il y a de beaux moments et des instants plus intenses aussi dans leur relation. J’ai également aimé qu’il soit question de photographie dans le roman, un prétexte intéressant pour s’entraider et également, approfondir une relation qui se développe. 

Ce roman est vraiment beau. J’ai été surprise par le parcours des deux personnages et leur façon d’affronter les problèmes. L’histoire aborde plusieurs thèmes, comme l’abandon, le deuil, les peines d’amour, le rejet, le jugement, la mort, l’anxiété de performance, la dépendance à la drogue et à l’alcool. Pourtant, même si les problèmes de Jake et d’Émilie sont complexes, ce n’est pas non plus une histoire déprimante. C’est un livre qu’on lit avec plaisir, qui offre aussi une pointe d’humour dans les dialogues et la relation qui évolue doucement entre Jake et Émilie. C’est un roman qui parle de reconstruction et de confiance. Le côté psychologique est très développé ce qui en fait une histoire beaucoup plus profonde que ce qu’elle n’y paraît.

Une belle découverte! 

Le sommeil des loutres, Marie-Christine Chartier, éditions Hurtubise, 200 pages, 2020

En route vers nowhere

En route vers nowhereÉté 1996. Sara et Sébastien, dix ans, se rencontrent à la cantine du camping où ils passent leurs vacances. Une slush lime-framboise bleue et un gel de cerveau plus tard, une amitié naît. Plusieurs années après, en quatrième secondaire, ils se retrouvent par hasard à la même école et renouent avec leur complicité d’enfance.
Été 2007. Sara et Sébastien partent pour un road trip au volant de Lucette, une voiture délabrée qui ferait le bonheur d’un ferrailleur. Au cours des onze dernières années, leur relation d’amitié a flirté avec l’ambiguïté et les malentendus, au grand regret de leurs familles et de leurs amis, convaincus qu’ils sont faits l’un pour l’autre. En quête d’aventure, les deux jeunes adultes ignorent encore que bien des surprises les attendent au détour du chemin.

C’est d’abord la très belle couverture qui m’a attirée vers ce roman. Puis le résumé me semblait estival et parfait avec ce que j’avais envie de lire. J’espérais cependant que le roman ne soit pas trop léger. Je voulais quelque chose d’agréable à lire, d’amusant aussi. J’ai été bien servie et je ne me suis pas ennuyée une seconde!

Le roman raconte l’histoire de Sara et Sébastien. Ils se rencontrent au camping à l’âge de 10 ans, en 1996. Ils sont rapidement complices et cet été marque le début d’une amitié faite d’éloignements et de rapprochements. À la rentrée ils se perdent de vue avant de se retrouver au secondaire et de ne plus se lâcher. Leur relation a toujours été ambiguë et c’est en découvrant leur parcours de l’enfance à l’âge adulte, qu’on comprend un peu ce qui les lie. Autour d’eux gravitent d’autres personnages, des amis, des ex, mais aussi Marjorie et JP qui sont les colocs de Sara et de Sébastien. Le roman alterne entre les passages du passé et ceux du présent.

« Seb, c’est ma soupape face au monde adulte. (Il n’aime pas que je le compare à une valve qui permet de relâcher la vapeur, seulement c’est la meilleure image qui me vient à l’esprit.) Avec lui, je ne suis pas obligée de me prendre au sérieux, et ça aboutit souvent en niaiseries exécutées sur un coup de tête, comme cette course dans le stationnement du café, sous l’œil critique des clients de l’endroit. »

Ce roman m’a fait beaucoup sourire. Il est rempli de souvenirs qui ont fait écho chez moi. Je me suis retrouvée dans beaucoup de choses que vivent les personnages, dans les dialogues qui évoquent, à quelques années près, l’époque où j’ai grandit. On est au début de la technologie avec des téléphones pas vraiment intelligents, les vieilles cassettes et les boys bands, les romans de la série Les Baby-Sitters, la visite obligée au Madrid pour voir les dinosaures. Tout le road trip improvisé, ça fait partie de beaucoup de souvenirs d’été et c’est plaisant de monter à bord avec Sara et Sébastien, entre les vieux motels miteux, le camping sur la plage et la bouffe pas très bonne achetée n’importe où.

Sara et Sébastien, c’est une histoire parfaite, un duo qui fonctionne à merveille, mais avec deux personnages qui ne réussissent pas à cerner leur propre relation. Ils voguent constamment quelque part entre l’amitié et l’amour, en ne sachant pas comment se parler des « vraies affaires ». Ils sont attachants et drôles dans leurs imperfections. Je les ai aimé tout de suite.

En route vers nowhere est une histoire d’amitié et d’amour, de voyage et d’été. Un roman qui nous donne envie de partir sur les routes avec peu de bagages et d’improviser. C’est de cette façon qu’on forge les meilleurs souvenirs. Ce roman a d’ailleurs été une belle surprise. C’est un roman pétillant, vitaminé et coloré, comme les aventures et les personnages qu’il raconte. C’est une lecture d’été par excellence.

Même si le roman se veut humoristique et divertissant, l’histoire est moins légère que je ne le craignais. L’humour prend le dessus et les personnages sont attachants. Ce roman se lit tout seul et avec un grand plaisir! J’ai souris souvent, j’ai ris parfois et ça m’a rappelé beaucoup de souvenirs! Ça se passe en 2007 (mais aussi en 1996) avec toutes les références de ces époques. Ça parle de chansons nostalgiques, de café rarement bon, de poutines, de melon d’eau, d’une amitié ambiguë et d’un road trip. C’est léger mais pas trop. J’ai passé un super moment avec Sara, Sébastien et… Lucette (un vieux station-wagon rouillé). J’espère que l’auteure récidivera! J’adhère totalement à son humour, qui m’a souvent fait bien rire!

Pour moi, En route vers nowhere serait le livre à lire cet été. Un livre parfait fait de souvenirs et de rires.

En route vers nowhere, Sophie Laurin, éditions Hurtubise, 282 pages, 2020