L’Odyssée des neiges

odyssée des neigesJeune joueur de hockey talentueux, Théo Marchand n’aspire à rien de moins qu’à une carrière dans la Ligue nationale. La tête un peu enflée, rien ne peut arrêter cet adolescent d’Ottawa jusqu’à ce qu’un grave accident mette un frein à son rêve. Les mauvaises nouvelles se succèdent dans sa vie. Ses parents se séparent et il déménage avec sa mère à Sudbury. C’est là qu’il dénichera une vieille motoneige ayant appartenu à sa grand-mère. Avec l’aide de ses nouveaux amis, Alexis et Sophie, Théo finira par la remettre en marche. Une fois l’hiver arrivé, les adolescents s’inscriront à une grande course, l’Odyssée des neiges, qui les mènera à parcourir un long circuit dans le nord de l’Ontario. La compétition sera parsemée d’embûches. Les émotions seront vives.

L’Odyssée des neiges est un roman pour ados, qui m’a attirée à cause de cette grande course de motoneige dont il est question dans le résumé. L’histoire peut se diviser virtuellement en deux parties. Dans la première, nous suivons Théo, un jeune hockeyeur très talentueux, mais doté d’une forte tête. Il est bien souvent convaincu que sans lui, l’équipe ne fonctionnerait pas. L’esprit d’équipe ce n’est pas son point fort.

Sa vie se résume au hockey. C’est ce qui est le plus important pour lui. Il a aussi la chance de jouer avec son meilleur ami, Tyler. Les deux jeunes progressent ensemble depuis des années. Les choses changent le jour de l’accident. Il tombe durement sur la glace, il est victime d’une commotion et sa moelle épinière est légèrement touchée. Il se retrouve d’abord alité, obligé de faire de la réadaptation, puis de marcher avec des béquilles. C’est un coup dur pour Théo qui passait le plus clair de son temps sur des patins!

Cette première partie du roman raconte tous les changements survenus dans la vie du jeune joueur, de sa blessure à son découragement, en passant par l’éclatement de sa famille et son déménagement. Il choisira de s’exiler pour repartir à neuf.

La seconde partie du livre s’intéresse particulièrement à la grande course de motoneige. Le périple est captivant et met en valeur le nord de l’Ontario. C’est l’occasion pour Théo de se faire des amis et de s’intéresser à autre chose qu’à lui-même et ses problèmes. Cette course en motoneige, il faut la préparer. Il y a près de 1000 kilomètres à parcourir et plusieurs photos à rapporter pour prouver le passage de chaque équipe aux différentes étapes. C’est l’occasion de travailler en équipe pour y arriver, de faire des compromis et de réaliser à quel point l’amitié est précieuse.

Il y a de très beaux personnages dans ce roman. Tout d’abord, l’auteur brosse le portrait de deux femmes fortes, la grand-mère de Théo âgée de 81 ans, maniaque de motoneige et avide de vitesse, alors que son mari lui, préférais le calme du ski de fond! C’est grâce à elle que les jeunes pourrons participer à L’Odyssée des neiges. Cette grand-mère est tout simplement géniale et attachante. Le personnage de Sophie est aussi atypique. Cette jeune fille veut travailler en médecine sportive et est une pro… de la mécanique! Ce sont de beaux modèles féminins. J’ai aussi apprécié Alexis, qui est à l’origine d’une foule d’émotions pour le lecteur et Tyler, qui vit avec ses deux pères. Même s’il ne s’agit pas du sujet du roman, je trouve ça fantastique d’avoir des personnages comme ceux-là.

Plusieurs thématiques sont aussi abordées en filigrane: l’éclatement d’une famille, les relations entre différentes générations, le sport, la maladie, la mort, l’amitié, l’amour, la dépression et les crises d’anxiété. L’écriture est simple, cependant j’ai trouvé que la première partie manquait un peu d’émotion. L’auteur en revanche se reprend grandement dans la seconde partie!

Le roman de Pierre-Luc Bélanger est une belle histoire, portée par des personnages fort intéressants. C’est une lecture qui devrait plaire aux jeunes (et moins jeunes!) intéressés par le sport et par les épreuves d’envergure comme L’Odyssée des neiges.

Une belle lecture!

L’Odyssée des neiges, Pierre-Luc Bélanger, Les Éditions David, 188 pages, 2018

 

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L’Isle aux abeilles noires

isle aux abeilles noiresPendant la Seconde Guerre mondiale, trois familles d’origines et d’horizons différents s’exilent sur l’Isle aux abeilles noires, petite île perdue dans l’archipel des Hébrides, dont les falaises enveloppées de brouillard vibrent de la vie de millions d’abeilles et de centaines d’espèces d’oiseaux de mer. Ces lignées — française, danoise et grecque — y verront naître des enfants, porteurs d’une vision du monde hors du commun et dont les vies deviendront intimement liées. Parmi tous ces êtres à la créativité foisonnante et visionnaire, portés par leurs passions, un apiculteur, un souffleur de verre, une ondiste, une parfumeuse, une danseuse et un enfant magicien nous entraînent dans l’éblouissement de l’imagination, de l’amour, aux confins de la folie et de la mort.

L’Isle aux abeilles noires est ma première rencontre avec la plume d’Andrée Christensen et quelle rencontre! Ce roman, très atypique, raconte l’histoire de trois familles arrivées sur l’île. Un endroit rempli de mythes, une île pleine de mystères. Dans ces lieux si particuliers, chaque famille et chaque enfant y fera rayonner son métier.

Les enfants nés sur l’île ont tous un lien important, avec des dons propres à chacun qui sont hors du commun. Il y a un beau message d’amour et sur ce lien particulier qui lie les gens nés sur l’île. Leurs dons singuliers donnent l’impression que l’île est pour beaucoup dans ce cadeau qu’ils ont reçu. Ils ont tous un talent différent qui les amène à avoir besoin des uns des autres pour se compléter.

Il y a plusieurs personnages, ils sont tous importants et on s’attache énormément à eux. L’auteure réussit à nous captiver par rapport à ce qu’ils vivent. Vers la fin du livre, ce sont les personnages en lien avec l’apiculture qui prennent le dessus, puisque les abeilles sont intimement liées à leur histoire.

« Quand Helios parle à sa fille, il a des abeilles dans les yeux et les mots coulent de sa bouche comme du miel. »

C’est une lecture facile et agréable, mais aussi très riche par son contenu. Certaines portions du livre sont plus poétiques, théâtrales, fantaisiste et il y a un certain mystère. J’ai eu l’impression, pendant ma lecture, que l’auteure avait voulu mettre en avant l’histoire des abeilles, pas seulement dans l’histoire mais aussi dans la construction du livre. Les chapitres très courts et les différentes parties me rappelaient un peu l’image de la vie d’une ruche, ses nombreux individus et les alvéoles de la ruche.

« Quand il vient vers ses ruches, Helios entre dans le temps des abeilles avec révérence, respect et reconnaissance. En leur présence, sa respiration ralentit naturellement, ses sens s’aiguisent, son cœur se dilate et bat au rythme de la ruche. »

La musique prend une place considérable dans le roman, pour chaque personnage. L’art en général est très présent, que ce soit à travers la danse, la création, les projets artistiques. On suit les membres des différentes familles sur plusieurs années, leurs joies, leurs drames, de grandes déchirures, la détresse, mais toujours, l’art et la nature.

Une nature omniprésente par ses lacs, sa mer, les oiseaux, les abeilles qui sont très marquantes dans l’histoire et dans la construction du roman. La famille d’apiculteur se détache des autres, ils deviennent des éléments principaux du roman, en pleine lumière. Les mythes associés à la nature se retrouvent dans le livre. La violence de la mer par exemple est accueillie en musique, pour amadouer la colère des vagues. Il y a vraiment de très beaux passages dans ce roman.

Je dois dire que j’ai pris du temps pour lire ce livre. Pas parce qu’il est ennuyant, au contraire, mais plutôt parce que c’est un livre foisonnant qui mérite qu’on s’y attarde. C’est une histoire qui est vraiment très agréable à lire, que je retrouvais chaque soir avec un grand plaisir. Un roman que je conseille énormément. C’est un livre qui plaira à plusieurs, que vous soyez attirés par l’histoire, la poésie, les récits familiaux ou l’art. Globalement, c’est un roman qui peut rejoindre beaucoup de lecteurs tant les thèmes abordés sont variés. L’écriture est vraiment très belle, poétique et magnifique.

Le roman est très riche, captivant à lire. Il inclut plusieurs petits poèmes dans le texte, au fil du récit. Il contient aussi beaucoup de références artistiques et musicales. Quand un des personnages joue du violoncelle par exemple, on retrouve les références de ses performances. Des notes en bas de page sont un ajout intéressant pour découvrir des pièces musicales et la source d’inspiration de l’auteure pour son roman.

Sur le site d’Andrée Christensen, on retrouve des projets complémentaires au roman: œuvres d’art, journal d’écriture, musique en fond sonore, etc. C’est très intéressant de pouvoir compléter la lecture du livre avec les autres projets autour de L’Isle aux abeilles noires.

Un roman coup de cœur que je vous conseille fortement, une merveilleuse découverte!

L’Isle aux abeilles noires, Andrée Christensen, éditions David, 356 pages, 2018