Défricher l’aube

Les heures fragiles oscillent dans le ciel éclaboussé de lumière, emportant les battements d’ailes, l’usure des étoiles, les arbres dérobés et ceux à venir. Défricher l’aube, c’est le mouvement du territoire, celui des marées qui disent leur fragilité, une invitation à revenir sur les terres de l’enfance.

Défricher l’aube est un recueil en prose vraiment magnifique et bien écrit. Les poèmes sont axés sur l’environnement et abordent la façon dont l’humain traite la nature qui l’entoure. L’auteure parle des forêts, de leur déforestation, de l’écologie. De la façon dont l’humain détruit le monde naturel et ce qu’il inflige à l’environnement. C’est aussi un constat de la fragilité de notre monde.

Les mots sont beaux et le message que véhicule ce recueil est plein d’émotions. C’est un sujet, il me semble, assez peu traité dans la poésie actuellement. C’est un appel à la sensibilisation face à la destruction sans fin de la nature. L’auteure jette un regard lucide sur ce qui se produit actuellement – si rien n’est fait – et sur ce que pourrait devenir notre monde si l’humain ne s’active pas à le protéger. Malgré tout, ce n’est pas un recueil sombre. Il véhicule aussi de l’espoir et rend hommage à la si belle nature qui nous entoure. 

“ Pendant qu’on nous apprend à placer l’ombre du bouleau au fond du bac, des pelles mécaniques arrachent nos poumons pour assister à la naissance du béton. Des visages urbains s’avancent.
Nous devrons reboiser nos mémoires. “.

Le recueil est un appel à la sensibilisation et un rappel de la grande richesse que l’humain perdrait si la nature venait qu’à disparaître. Les poèmes véhiculent une image très forte de la nature et de la forêt. Dans notre monde où les progrès, les profits, les nouvelles technologies prennent toute la place au détriment de la nature dont les parcelles restantes sont massacrées et maltraitées, l’auteure s’interroge sur ce qui restera de la forêt, de la nature, et finalement de nous-mêmes.

En lisant ces textes, on ne peut que rêver que l’être humain se réveille enfin et ne détruise plus tout au nom du progrès. Les mots de Dominique Zalitis mettent en lumière cette problématique qui nous touche tous. Si demain tout est de béton, quel monde laisserons nous à l’humanité?

« Quand il n’y aura plus d’étendues sauvages à cartographier, il faudra apprendre à dessiner les arbres manquants du tableau. En retournant près de la grève, sauver le bois flotté pour chauffer les solitudes. Autour du feu, humer l’odeur des matins de brume. »

C’est d’abord le thème et la couverture qui m’ont attiré vers ce livre. La poésie me plaît toujours beaucoup et le message m’a beaucoup parlé. J’ai vraiment aimé ces poèmes en prose et je relirai assurément cette auteure. Une belle découverte et un recueil que je ne peux que vous suggérer si vous êtes sensible à l’environnement.

Défricher l’aube, Dominique Zalitis, éditions David, 72 pages, 2021