Sapiens t. 2: Les piliers de la civilisation

Avec la révolution agricole, les Sapiens cohabitent non plus par dizaines d’individus, mais par millions… Pour se nourrir, partager des informations et simplement vivre ensemble, les humains érigent alors les piliers de la civilisation, mais tombent aussi dans un piège dont nous ne sommes pas encore sortis! Et si notre présent s’était joué il y a 12 000 ans ?

J’avais adoré ma lecture de Sapiens: la naissance de l’humanité qui était vraiment passionnante. J’avais donc très hâte de lire le second tome pour poursuivre ma découverte de l’histoire de l’évolution de Sapiens et donc, de notre monde. J’ai débuté la lecture de ce second volet qui ne pas m’a déçu du tout. Je l’ai tout autant adoré que le premier. Il faut dire que la formule demeure la même et que c’est vraiment bien construit justement pour apprendre une foule de choses.

Dans ce second tome, on retrouve les mêmes « personnages » principaux que dans le premier tome, soit l’auteur, Yuval, accompagné de différents scientifiques. À leurs côtés, nous abordons les débuts de la révolution agricole et le développement des différentes civilisations. La bande dessinée aborde plusieurs grands thèmes autour de l’évolution de Sapiens, thèmes qui vont dans la continuité de ce que nous avons découvert dans le premier volet. On apprend beaucoup de choses sur la sédentarisation, la domestication des animaux, l’industrie laitière, l’esclavage, l’écriture, la bureaucratie et les hiérarchies sociales. Pendant la révolution agricole, la nourriture se fait également moins rare. Puisqu’elle est plus facilement accessible, les couples ont plus d’enfants, il y a donc plus de gens dans un plus petit espace et les sociétés se développent et s’agrandissent. 

L’auteur parle également de ce qu’on appelle les ordre imagés. Ils servent à donner une cohérence à la société en lui imposant des règles, des lois et donc, en facilitant la gestion d’un grand groupe d’humains. Cela permet une meilleure coopération. De là, la création des hiérarchies.

« Comment amener les gens à croire à un ordre imaginé? Premièrement… Il faut que tous les individus concernés soient convaincus que les ordres imaginés n’ont rien d’imaginaire. Vous ne devez jamais reconnaître que c’est une invention humaine. Il faut affirmer que l’ordre qui soutient la société est une réalité objective… créée par les grands dieux ou les lois de la nature. »

En formant des sociétés, de grandes civilisations, des groupes, des modèles à suivre, l’homme devient plus fort et donc, c’est ce qui lui permet de se démarquer des autres êtres vivants. Ça apporte des points positifs mais également des points négatifs. La notion de temps, de l’usage qu’on en fait, amène des problèmes et des maladies. Un retour en arrière est donc quasi-impossible, notre savoir ayant été dilué, chacun ayant une spécialité propre dans la société. Beaucoup plus qu’à l’époque des premiers hommes où de grandes connaissances de survie, de recherche de nourriture et de l’environnement étaient indispensables.

L’agriculture afin de se nourrir ainsi que la sédentarisation permettent éventuellement le développement des chiffres et des lettres. On voit alors l’émergence de l’écriture, de la comptabilité et de la bureaucratie. Toutes ces nouvelles réalités amènent du même coup plusieurs inégalités, par exemple les travailleurs manuels par rapport aux dirigeants, l’accession variable aux richesses et à de meilleurs conditions de vie. 

« Les fourrageurs n’ont jamais eu besoin de se souvenir ni de traiter de grandes quantités de données mathématiques. Car un fourrageur n’avait pas besoin de se rappeler le nombre exact de fruits sur chaque arbre de la forêt. Le cerveau humain n’a donc jamais été adapté au stockage et au traitement des chiffres. Voilà pourquoi, même après la révolution agricole, Sapiens rencontra de réelles difficultés à fonder de grands royaumes et des empires. »

L’auteur emploie ici les mêmes procédés que dans le premier tome pour nous relater l’évolution de l’humanité. On y retrouve par exemple plusieurs ajouts à même la bd. Je pense à ces histoires intitulées Les nouvelles aventures de Bill et Cindy qui sont des bd ressemblant aux Pierrafeu, qui nous racontent le passé afin de mieux comprendre, en humour, ceux qui nous ont précédés et l’évolution de l’humain. L’ajout de contenu supplémentaire permet de saisir un peu mieux le concept de l’évolution et les révolutions qui ont apportées de grands changements chez l’homme. 

Sapiens est vraiment une série que je vous conseille. C’est abordable, accessible, facile à comprendre. On passe un très bon moment à découvrir l’évolution de Sapiens et à mieux saisir d’où l’on vient. Le dessin me plaît aussi beaucoup.

Une bd vraiment passionnante et instructive où l’on apprend énormément de choses. Il y aura un troisième tome qui parlera de la façon dont Sapiens tente de conquérir et d’unifier la planète. J’ai déjà hâte de le lire!

Mon avis sur le premier tome.

Sapiens t. 2: Les piliers de la civilisation, Yuval Noah Harari, David Vandermeulen, Daniel Casanave, éditions Albin Michel, 260 pages, 2021

Sapiens: la naissance de l’humanité

Animal insignifiant parmi les animaux et humain parmi d’autres humains, Sapiens a acquis il y a 70 000 ans des capacités extraordinaires qui l’ont transformé en maître du monde. Harari, Vandermeulen et Casanave racontent avec humour la naissance de l’humanité de l’apparition de Homo sapiens à la Révolution agricole. Une bande dessinée pour repenser tout ce que nous croyions savoir sur l’histoire de l’humanité.

Yuval Noah Harari a fait paraître il y a quelques années le livre Sapiens. Voici cet ouvrage en bande dessinée, créé avec David Vandermeulen et Daniel Casanave. Et quelle bd! 

Le narrateur et le personnage principal de la bd est nul autre que l’auteur, Yuval Noah Harari, qui va à la rencontre d’experts, d’anthropologues, de biologistes et de scientifiques afin de mieux comprendre le développement de l’humain et son évolution au fil des siècles. Je dois l’avouer, c’est une bande dessinée que j’avais bien hâte de découvrir et qui m’attirait plus que l’essai d’origine. J’ai eu énormément de plaisir à lire cette bd, qui est le premier volet de Sapiens. La suite est à paraître très bientôt.

Voilà un ouvrage véritablement passionnant, qui peut se lire facilement d’une traite. Le texte est très abordable et accessible. L’auteur utilise l’humour pour captiver et faire rire le lecteur, sans toutefois mettre de côté tout l’aspect documentaire. On y apprend une foule de choses. C’est amusant de suivre Yuval dans son parcours et ses rencontres avec des spécialistes. Le ton est très agréable.

Le livre commence au tout début de l’humanité et parle d’au moins six types d’humains. À partir des portraits de ces six races d’hommes, qui se sont parfois croisées, la bande dessinée explique l’évolution qui a conduit l’Homo sapiens jusqu’à nous. On comprend alors les raisons pour lesquelles les autres races d’humains se sont éteintes, laissant la place à celui qui deviendra l’humain d’aujourd’hui. On y découvre énormément de choses, allant de notre développement à notre évolution, ainsi qu’à notre rapport à la nature. L’histoire de l’homme étant étroitement liée à son environnement, on y découvre à quel point Sapiens a eu de l’influence sur ce qui l’entourait. 

Cette bande dessinée est tellement bien construite qu’elle nous permet d’aborder beaucoup de sujets variés en lien avec l’évolution humaine. Par exemple, le développement du cerveau. J’ai appris avec étonnement que notre cerveau est plus petit qu’avant. Au fil du temps, l’humain s’est spécialisé, notre savoir est beaucoup plus concentré sous forme de niches et donc on en demande un peu moins à nos neurones. Nous sommes en quelque sorte moins diversifiés puisque notre survie n’est plus vraiment un enjeu quotidien. On en apprend plus sur le développement de nos sociétés. Il y a également tout un chapitre sur la fiction, soit ce que l’homme a créé, comme les gouvernements, la religion, les obligations en société, les lois, qui n’existaient pas avant mais qui régissent le quotidien et qui ont un effet rassembleur. Ce qui donne la puissance nécessaire à l’humain pour dominer en quelque sorte la planète et son environnement.

On apprend également la façon dont Sapiens voyageait d’une région à l’autre, sa manière de se nourrir, le développement de ses techniques de chasse, de conservation des aliments, bref, tout ce qui a fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui, après des années d’évolution. On parle beaucoup du Sapiens comme du fourrageur. Le fourrageur est en fait le chasseur-cueilleur avant la révolution agricole. Il est intéressant de comprendre l’histoire de notre évolution mais aussi, ce qui a mené à la place que nous occupons aujourd’hui sur Terre. L’ouvrage s’intéresse aussi aux tribus qui n’ont pas eu beaucoup de contacts avec les sociétés d’aujourd’hui, afin d’essayer de comprendre leur fonctionnement et par ricochet, de mieux comprendre nos ancêtres. On y découvre que Sapiens avait une grande capacité d’adaptation. 

Un aspect très intéressant et amusant de cet ouvrage, c’est la façon qu’ont les auteurs de changer la narration. Ils passent par plusieurs formes de narration: enquêtes, entretiens, rencontres avec un super-héros, fausses publicités, comics comme ceux que l’on retrouve dans les journaux et épisodes de séries. Par exemple, vu la façon cavalière qu’a l’Homo sapiens de traiter le monde autour de lui, on en fait son procès dans la bande dessinée. Le ton est humoristique et très convivial. Ce choix apporte une touche de légèreté et de rires, c’est une approche amusante pour mieux comprendre l’histoire de l’homme. Cette façon d’appréhender notre humanité permet d’assimiler encore plus les propos des auteurs. Une excellente façon pour capter l’attention et se renouveler. On ne s’ennuie jamais. Visuellement, j’aime énormément le dessin. Les couleurs de cet album sont rayonnantes et c’est un aspect que j’ai beaucoup apprécié tout au long de ma lecture. Le coup de crayon est très beau. On y retrouve plusieurs cartes également.  

Sapiens: la naissance de l’humanité est un véritable petit chef-d’œuvre. Tout à fait le genre de livre à offrir (ou à garder précieusement pour soi!) C’est un ouvrage accessible aux jeunes qui sont de bons lecteurs et aux adultes. Le sujet est extrêmement bien documenté. C’est vraiment passionnant! Elle nous permet de mieux définir le monde qui nous entoure et son évolution. J’ai adoré cette lecture qui m’a appris énormément de choses sur nous, sur le développement de notre intelligence, de notre position sur la Terre, sur le développement de nos sociétés. On comprend bien le parcours de Sapiens et le livre offre des réponses intéressantes sur notre évolution. J’ai tellement aimé cette bd que je suis impatient de découvrir la suite. Je vous conseille fortement cette excellente lecture!

Sapiens t.1: la naissance de l’humanité, Yuval Noah Harari, Daniel Casanave, David Vandermeulen, éditions Albin Michel, 248 pages, 2020

Shelley t.2: Mary Shelley

Shelley 2 Mary ShelleyMary Shelley, la romancière qui devint célèbre grâce à son roman Frankenstein, était avant tout une jeune femme amoureuse, mais aussi, et surtout, une romantique fascinée par la mort. Dans la seconde et dernière partie du diptyque que Daniel Casanave et David Vandermeulen consacrent aux jeunes fugueurs Percy et Mary Shelley, les auteurs invitent à découvrir dans quelles conditions la jeune Mary imagina l’un des mythes les plus fascinants de l’époque moderne. 

Voici le tome 2 du diptyque commencé avec Percy, qui se veut une bande dessinée biographique en deux volumes, suivant le destin des Shelley. Dans ce second tome, c’est principalement Mary qui est à l’avant-plan. Après s’être sauvée avec Percy, le couple vit de voyages et d’aventures. Ils se retrouvent finalement à la Villa Diodati en compagnie de Lord Byron, de son ami et médecin John William Polidori et de Claire Clairmont, la demie-sœur de Mary. C’est là, à cause d’une température maussade, que le groupe passe du temps dans la Villa plutôt qu’à l’extérieur. Pour s’amuser, ils décident chacun d’écrire des histoires qui font peur. Mary trouvera l’inspiration pour écrire Frankenstein, alors que Polidori écrira Le Vampyre, une oeuvre clé dans la popularisation du mythe du vampire dans la littérature.

La fin du livre, abordant la peste et offrant à Percy Shelley une autre fin tragique que celle qu’il a réellement connue, n’est pas conforme à la réalité historique. Les auteurs ont fait le choix de mêler au destin de Mary, l’idée derrière son livre apocalyptique Le dernier homme. Ils lui donnent de cette façon une fin difficile, celle d’une dernière femme, qui reste après la perte de plusieurs de ses enfants et la perte de deux hommes qu’elle aimait: Percy Shelley et Lord Byron. L’idée métaphorique me plaît assez, puisque l’image d’un monde qui s’écroule, celui de Mary, est très forte.

Le livre est complété de quelques images et de notes biographiques sur Mary et Percy Shelley, Lord Byron, Claire Clairmont, Mary et William les parents de Mary Shelley ainsi que John William Polidori. Les auteurs en profitent aussi pour expliquer certaines largesses prises avec l’histoire réelle.

Deux tomes bien intéressants, surtout si vous vous intéressez à l’univers des Shelley et à la création entourant le célèbre roman Frankenstein. Mary et Percy étaient véritablement un couple fascinant, cultivé et très littéraire. Leur parcours est passionnant, même si ici, certains faits historiques ont été modifiés. Les deux tomes n’en constituent pas moins une bonne lecture.

Voir mon avis sur le tome 1.

Shelley t.2: Mary Shelley, David Vandermeulen, Daniel Casanave, éditions Le Lombard, 68 pages, 2012

Shelley t.1: Percy Shelley

Shelley 1 Percy ShelleyTout le monde connaît Mary Shelley grâce à son célèbre roman Frankenstein. Mais qui se rappelle des frasques de sa jeunesse ? De la vie débridée du poète Percy Bysshe Shelley, qui lui offrit son nom et qui demeure pour les Anglais beaucoup plus célèbre qu’elle ? Ou encore de la vie incroyablement intense que mena leur ami Lord Byron, le plus grand poète que l’Angleterre ait jamais connu ? Si ces trois-là ont donné leurs lettres de noblesse à la littérature romantique anglaise du début du XIXe siècle, il ne faut pas oublier que les destinées de ces trois immenses poètes furent encore plus exaltées que leurs écrits.

Après avoir lu le très intéressant ouvrage de Cathy Bernheim sur Mary Shelley, j’ai eu envie de relire cette bande dessinée. Il s’agit en fait d’une BD en deux tomes. Je présenterai le second tome bientôt. Ce premier tome s’attarde sur la vie de Percy Shelley, futur époux de Mary Shelley, l’auteure de Frankenstein.

La BD s’ouvre sur le scandale créé par la publication écrite par Percy et envoyée à un vaste lectorat de son université: De la nécessité de l’athéisme. Il se fait immédiatement renvoyer de son programme d’études. Commence alors pour lui une vie à dépendre de l’argent familial, à susciter les ragots et à choquer les gens de son entourage. Il fait la rencontre de sa première femme, Harriet, toujours avec cette exaltation des premiers émois et de l’agitation qui s’empare de lui dès qu’il a un nouveau projet. Percy Shelley est un rêveur, qui écrit et choque. Il attire facilement les femmes, d’abord Harriet puis Mary, à qui il offre assez peu de stabilité pour l’avenir. Mais la fougue de Percy est attirante…

« -Je vous demandais l’autorisation d’aimer Mary, monsieur…
-Mais, mais, mais… N’êtes-vous pas marié à Harriet? Ne vous a-t-elle pas donné un enfant?
-Si, si, bien entendu. Cela dit, vous conviendrez avec moi que je n’ai pas eu l’outrecuidance de vous demander sa main, juste l’autorisation de l’aimer… »

Le dessin, qui donne un aspect vivant et étourdissant au personnage de Percy Shelley, colle parfaitement au propos de cette bande dessinée biographique. On ressent complètement l’enthousiasme et l’exaltation de Percy, sa propension à se jeter à corps perdu dans toutes sortes de projets qui vont à l’encontre des attentes de la bonne société de son époque.

Des extraits de lettres et de poèmes de Percy B. Shelley sont placés en exergue à chaque nouveau chapitre.

Une BD qui me plaît beaucoup, je trouve que c’est une excellente façon d’aborder la vie tumultueuse des Shelley. Je vous la conseille particulièrement.

Voir mon avis sur le tome 2: Mary.

Shelley t.1: Percy Shelley, David Vandermeulen, Daniel Casanave, éditions Le Lombard, 67 pages, 2012