Pour en finir avec le jugement des autres et la culpabilité

Pour en finir avec le jugement des autres et la culpabilitéMais qu’est-ce que les autres vont penser? Cette question habite nos pensées et conditionne nombre de nos gestes. En cherchant ainsi l’approbation de notre entourage, nous faisons la preuve de notre désir d’être aimés. En effet, craindre le regard de l’autre, c’est vivre dans l’angoisse de ne pas être à la hauteur de ce qu’il attend de nous et de lui déplaire. Sournoisement, la peur du jugement d’autrui s’installe ; nous plongeons dans l’abyssale culpabilité de ne pouvoir combler ses attentes. À la question de départ s’ajoute alors une deuxième interrogation, tout aussi nocive, car elle entrave notre liberté : « Et si je n’étais pas aimé DE TOUS ? » 

J’ai bien aimé cette lecture du court livre de Marthe Saint-Laurent. Je trouve qu’aujourd’hui, dans une société qui se dit évoluée, le jugement des gens est de plus en plus impitoyable. C’est encore plus vrai avec les réseaux sociaux, qui offrent des opportunités faciles à tous pour s’exprimer librement, même à ceux qui ne le font pas avec respect et qui s’amusent à écorcher les autres au passage. Le jugement des gens apporte la culpabilité et j’ai l’impression qu’elle nous vient très facilement au Québec, peut-être à cause de notre éducation ou de notre histoire. C’est donc un livre tout à fait pertinent à notre époque.

L’ouvrage débute par une citation que j’ai adoré, de Eleanor Roosevelt, et qui est tellement pertinente:

« Personne ne peut te faire sentir inférieur sans ton consentement. »

Et effectivement, si le jugement des autres nous touche tant, c’est qu’on lui laisse bien souvent beaucoup de place pour nous atteindre.

Le propos du livre tourne autour de la place de l’autre. De la société et des gens dont nous avons besoin, mais aussi du problème que l’autre peut devenir lorsqu’on lui laisse le soin de nous définir.

« Nous laisser définir par le regard d’autrui, c’est y accorder toute l’importance jusqu’à en oublier qui nous sommes. »

Les premières pages m’ont moins intéressée. L’auteure parle du développement du jugement, d’abord de l’enfant et de l’adolescent, puis sa mise en pratique à l’âge adulte. Par la suite, l’ouvrage revient vers le jugement des autres comme on le perçoit dans la société actuelle, de la jalousie, du regard des autres, du jugement que nous avons envers nous, de la culpabilité, de l’estime de soi, de l’intuition et de la liberté que l’on retrouve lorsqu’on choisi de se recentrer sur nous-mêmes. On ne parle pas d’égoïsme ici, mais plutôt de s’écouter et de mieux se connaître pour gérer ce que l’on perçoit comme les attentes des autres face à nous-mêmes.

« Très souvent, la culpabilité naît lorsque nous croyons ne pas avoir comblé les attentes des autres. »

Le livre ne donne pas de moyens pratiques de faire face au jugement et à la culpabilité, de gérer le stress que cela engendre. Il faudra se tourner vers un ouvrage spécialisé pour cela, de méditation ou autre. Cependant, à travers de très nombreux exemples que l’auteure a vécu ou dont elle a été témoin, elle nous présente ce qu’est ce problème de société (le jugement et la culpabilité) et donne des pistes de réponse pour mieux appréhender ces instants qui nous empoisonnent la vie.

« Le silence possède une profondeur à laquelle personne ne peut résister. »

Elle aborde aussi la pleine conscience dans son ouvrage comme moyen d’être plus en phase avec soi-même. Les propos sont accessibles, surtout si on souhaite aborder ce sujet pour la première fois. Le livre offre une vision intéressante de notre façon d’aborder ces jugements souvent gratuits et j’ai apprécié les propos de l’auteure sur beaucoup de thématiques abordées dans le livre. Et puis la couverture me plaît bien! Ensoleillée et très parlante!

Si le sujet vous intéresse, c’est un livre pertinent à découvrir.

Pour en finir avec le jugement des autres et la culpabilité, Marthe Saint-Laurent, Les éditions Québec-Livres, 144 pages, 2018