La Maison Winchester

C’est pour conjurer la malédiction qui pèse sur sa destinée que Sarah, veuve de William Winchester, engloutit l’héritage du puissant empire fondé par son beau-père. Pendant 36 ans, elle fait construire une impressionnante demeure de 160 pièces afin de donner asiles aux âmes errantes des hommes tués par les carabines fabriquées par sa famille. Le temps s’est écoulé. La maison Winchester est devenue l’une des attractions les plus prisées de Californie. Mais que ceux qui visitent aujourd’hui se souviennent que tout passé enfante son futur et que jamais les portes de l’au-delà ne se referment.

J’ai lu cette bande dessinée pour la première fois lors de sa parution en 2004. J’en avais gardé un vague souvenir. Une assez bonne lecture, avec quelques petits bémols. Récemment, je suis retombée sur un article parlant de la Maison Winchester et j’ai eu envie de relire la bd. Mon avis reste sensiblement le même qu’à l’époque, même si j’ai bien aimé replonger dans l’histoire de Sarah Winchester puisqu’il existe très peu d’œuvres qui abordent l’histoire de la maison et que les légendes qui y sont rattachées sont très intrigantes.

Avec cette bande dessinée, les auteurs s’emparent de l’histoire de Sarah Winchester et nous offre une bd à deux voix. Continuellement pendant l’histoire, le récit alterne entre le passé et le présent. Nous suivons donc certains moments de la vie de Sarah Winchester, les phénomènes inexpliqués de la maison, sa consultation avec un voyant, ses séances de spiritisme et la construction du bâtiment. Parallèlement, Guillaume amène son amie Pascale, en visite chez lui, faire le parcours historique de la Maison Winchester. Pascale est en convalescence, après une dépression, et elle est plus fragile à ce qui l’entoure.

Il se passe d’étranges événements dans la maison, que ce soit à l’époque de Sarah ou à celle de Guillaume et Pascale. D’étranges coups de feu sont entendus et un corps est retrouvé dans la maison. Les esprits semblent s’être emparés des lieux et Pascale y est étonnamment sensible. Il y a aussi cet homme étrange qui semble suivre les deux amis…

Cette bande dessinée est plutôt intéressante à cause de son sujet qui pousse à la curiosité. Les auteurs ont choisi la voie de la superstition et de la malédiction, plutôt qu’une simple histoire de fantôme. Même si certains passages sont un peu longs et donnent parfois l’impression de s’éparpiller, j’ai aimé replonger dans cette bd que j’avais lu il y a des années. C’était une relecture agréable, surtout si on a envie de plonger un peu dans l’histoire des Winchester.

La Maison Winchester existe réellement. Elle est à San Jose en Californie et peut être visitée. Elle a été classée au patrimoine historique et est considérée comme l’une des maisons les plus hantées des États-Unis. Elle compte 160 pièces, 47 foyers et de nombreuses curiosités bien étranges, comme des escaliers qui ne mènent nulle part ou des fenêtres au sol.

Il y a plusieurs théories autour de la construction de cette maison. Après avoir perdu sa petite fille et son mari, Sarah Winchester est convaincue qu’une malédiction s’abat sur la famille, à cause de leur empire construit sur les armes à feu qui ont fait de nombreux morts. Pour conjurer le sort et égarer les esprits, on dit que Sarah Winchester a fait construire la maison nuit et jour, tous les jours de l’année, pendant 38 ans.

Il n’en fallait pas plus pour que l’histoire de la Maison Winchester enflamme les esprits et qu’elle fasse rapidement partie du folklore américain comme étant un des lieux les plus hantés d’Amérique…

La Maison Winchester, Marie-Charlotte Delmas, Max Cabanes, éditions Glénat, 56 pages, 2004

Ma vie dans les bois t.10: la fin n’est que le début

Cela fait bientôt treize ans que Shin Morimura est parti vivre dans la nature, accompagné de son épouse. Et depuis, le quotidien lui a réservé de nombreuses surprises. Malgré le temps passé, il ne cesse de s’émerveiller devant ce que lui offre la nature. Sa dernière passion en date : le canoë. Mais dans l’ombre de cette expérience de vie, c’était un projet d’une tout autre envergure qui se préparait… Peut-être est-il temps, pour lui, de reprendre les crayons?

J’avais tellement hâte de lire ce dernier tome de la série Ma vie dans les bois: la fin n’est que le début. Cette série m’a suivie pendant quelques années et elle demeure ma série manga préférée. Le thème ne pouvait que me parler: le passage de la vie en ville à celle des bois ainsi que l’autarcie et l’écologie. Ce qui fait la grande force de cette série de mangas c’est l’humour de Shin Morimura, sa sincérité et son autodérision. C’est un vrai bonheur de suivre ses aventures et de découvrir tout ce qu’il apprend à faire pour mener la vie qu’il souhaitait mener.

« Grâce au canoë, j’ai découvert un monde inconnu, la sensation de flotter sans résistance, et je vois la nature se refléter à la surface de l’eau au gré de la vitesse. Dans ces moments, mon esprit vagabonde dans un tout autre univers. »

Ce dixième tome, c’est un peu un regard en arrière sur ce qu’a été la vie dans les bois ces dernières années. Shin et Miki ont quitté la ville il y a déjà treize ans pour aller vivre une vie plus simple, avec des hauts et des bas, mais toujours en symbiose avec leurs rêves. Désireux d’être le plus autonomes possibles, Shin (parfois aidé de Miki) a construit et expérimenté une foule de choses pendant toutes ces années, qu’il documente dans cette série manga.

Abordant l’écologie, des réflexions sur la nature, ses différents projets, la vie en autarcie, la faune, la flore, l’agriculture, la pêche et une foule d’aventures, Shin fait, avec ce dixième tome, le bilan de sa vie en forêt au fil des ans. Il raconte également ses expéditions de pêche, la canicule qui s’abat sur le Japon pendant un été particulièrement difficile et ses rêves de suivre les explorateurs le long du Yukon. Les mangas sont aussi propices à différentes réflexions sur la vie sauvage, les animaux, la société de consommation, l’argent, la vie urbaine, les changements climatiques. 

Dans ce tome, Shin va beaucoup pêcher, principalement avec le boss, son mentor. Celui-ci en a assez de chavirer et met au défi Shin de construire un canot qui ne chavirera pas. C’est le début d’une grande aventure pour Shin qui va, encore une fois, sortir ses outils et découvrir la construction de quelque chose de nouveau. Il se prend de passion pour les canots et a du mal à s’arrêter d’en confectionner de nouveaux chaque fois. 

« Le fait de « concevoir des choses » que ce soit par nécessité ou pour le plaisir, c’est ce qui a permis à l’espèce humaine de survivre. »

Un dixième tome qui complète bien la série. Ces mangas passionnants ont été pour moi l’une de mes plus belle découverte, tellement dans l’esprit de ma façon de percevoir la vie. De plus, Shin fait preuve de beaucoup d’humour et il sait rire de ses erreurs. Les mangas ont toujours une partie « journal » à la fin des chapitres principaux et l’auteur y ajoute quelques photos de ce qu’il fait. Je pense que la série s’achève avec ce dixième tome. C’est avec une certaine tristesse que j’ai refermé ce livre. Je me suis attachée à lui et sa conjointe, à leurs animaux, à leur façon de raconter leur grande aventure. Peut-être y aura t-il éventuellement d’autres publications différentes, quoiqu’il en soit je ne peux que vous conseiller cette série de mangas si la vie dans la nature, l’autarcie, l’écologie et les projets un peu fous vous intéressent. Ma vie dans les bois c’est un peu tout ça, un manga entre l’autobiographie et le documentaire. À découvrir assurément! 

« La moitié de nos rêves est composée d’ignorance et de risques, c’est ce qui les pimente. »

Mon avis sur les autres tomes de la série, qui abordent tous différents sujets bien intéressants:

Ma vie dans les bois t.10: la fin n’est que le début, Shin Morimura, éditions Akata, 172 pages, 2021

Une histoire du monde sans sortir de chez moi

Une histoire du monde sans sortir de chez moiSi l’Américain Bill Bryson nous a déjà régalés de désopilantes chroniques sur ses compatriotes, c’est dans un vieux presbytère anglais qu’il a élu domicile. Mais au lieu de s’y reposer après avoir aussi exploré l’univers (Une histoire de tout, ou presque), il découvre que beaucoup d’événements qui se sont produits sur Terre depuis au moins deux siècles se retrouvent sous forme d’objets et de rituels dans notre intérieur. Il entreprend alors un Grand Tour à l’échelle d’une maison pour raconter de pièce en pièce l’aventure du génie humain.Au fil de cette histoire humoristique et sérieuse de l’envers du décor, vous croiserez des personnages aussi différents que Virginia Woolf (qui n’aimait pas sa bonne) et Karl Marx (qui couchait avec la sienne). Vous saurez tout sur l’invention de la tapette à souris et la construction de la tour Eiffel ; vous pénétrerez dans d’immenses châteaux, mais aussi dans votre matelas, que squattent deux millions d’acariens ; et puis vous comprendrez que sans les «water-closets à chasse d’eau» il n’y aurait pas eu de révolution industrielle.

Je voulais lire Bill Bryson depuis très longtemps. J’en ai entendu énormément de bien et tous ses livres sans exception m’intéressent beaucoup. Je compte d’ailleurs en lire un de temps en temps. J’ai donc choisi de commencer par Une histoire du monde sans sortir de chez moi. C’est un titre ambitieux pour un livre qui, finalement, ne se prend pas au sérieux et nous apprend une foule de choses. Rempli d’humour et d’anecdotes de toutes sortes, ce livre est plein de choses non essentielles qui deviennent finalement hyper essentielles à notre histoire et qui nous permettent de comprend pourquoi aujourd’hui on vit comme on le fait.

« …en fait c’est surtout cela, l’histoire: des quantités d’individus qui font des choses banales. »

Je crois que c’est d’ailleurs la grande force de ce livre: nous raconter la petite histoire, en passant par les gens plus ou moins connus qui ont, à leur façon, changé le monde. Le concept du livre est très intéressant. L’auteur entreprend de nous raconter le monde, en s’inspirant d’une maison, un vieux presbytère anglais où il vit. Chaque chapitre est en fait une pièce ou une composante de la maison: hall, cuisine, panneau électrique, cellier, cave, couloir, chambres, jardin, bureau, escalier, grenier, pour ne nommer que ceux-là. Chaque lieu est chargé d’histoire et c’est l’occasion pour l’auteur de nous raconter notre propre évolution et les petits gestes qui ont changé notre façon de vivre.

« L’histoire de la vie à la maison n’est pas seulement celle des lits, des canapés et des fourneaux, comme je me l’étais vaguement figuré; c’est aussi celle du scorbut et du guano, de la tour Eiffel et des punaises de lit, des déterreurs de cadavres et d’à peu près tout ce qui est arrivé un jour. La maison n’est pas un refuge contre l’histoire. C’est le lieu où l’histoire aboutit. »

Saviez-vous que le lieu le plus fréquenté de l’Exposition universelle de 1851 était les toilettes? Que les malles de voyage ont un couvercle bombé parce que ça permettait d’évacuer l’eau lors des traversées en bateau? Qu’avant le XVIIe siècle, le verre était si rare qu’une maison pouvait être léguée à quelqu’un… et ses fenêtres à une autre personne? Que Jefferson, l’auteur de la Déclaration d’indépendance des États-Unis est aussi le père de la frite américaine? Que c’est la pollution qui rendit la brique populaire? Que jusqu’au XIXe siècle, il était courant dans les auberges de devoir partager son lit avec un autre voyageur? Qu’au Moyen-Âge, faire le vœu de ne pas se laver vous assurait la gloire éternelle? Qu’en Europe, les salles de bain ont longtemps été réservées aux domestiques, les nantis étant très réticents à les utiliser? Que beaucoup de femmes portant des crinolines sont mortes brûlées en s’approchant trop près d’une cheminée? Qu’en Grande-Bretagne, la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux fut fondée soixante-ans avant son équivalent pour les enfants?

« Si de nos jours les enfants ne se font pas mordre par des truies, ce n’est pas parce qu’ils sont mieux surveillés. C’est parce qu’on n’élève plus de truies dans les cuisines. »

Avec toutes sortes d’histoires et d’anecdotes parfois très drôles, Bill Bryson brosse le portrait des hommes et des femmes et de ce qu’ils sont devenus au fil du temps, afin que leur monde devienne celui que l’on connaît aujourd’hui. Il répond en parallèle à une foule de questions, sur les débuts de l’évolution humaine, sur la raison pour laquelle nous vivons dans des maisons, sur les grands changements qui ont eu lieu dans le monde. Il nous parle d’évolution, de biologie, de nature, d’archéologie, d’art, de construction, d’invention, de gastronomie, de la vie domestique, de religion, d’innovation, d’industrie et de jardins.

« Nous sommes tellement habitués à jouir du plus grand confort – à avoir chaud, à être propres et bien nourris – que nous oublions à quel point tout cela est récent. En réalité, il nous a fallu une éternité pour y parvenir, et dès lors tout est allé très vite. »

Un ouvrage que j’ai adoré, qui m’a souvent fait sourire et qui m’a permis d’apprendre énormément de choses sur notre monde et notre façon de vivre. Bill Bryson donne également, à travers son ouvrage, une place à tous ces gens tombés dans l’oubli, dont le nom ne s’est pas vraiment retrouvé dans les livres d’histoire et qui, pourtant, ont participé à changer la face du monde.

Un livre à découvrir, fascinant, passionnant, humoristique et merveilleusement essentiel. Un auteur que je relirai assurément tant j’ai adoré sa plume et son regard plein d’humour sur ceux qui nous ont précédés.

Une excellente lecture!

Une histoire du monde sans sortir de chez moi, Bill Bryson, Éditions Payot, 608 pages, 2014

Ma vie dans les bois t.9: quand revient l’hiver

Depuis qu’il vit dans la nature, Shin s’est bien habitué au cycle des saisons. Aussi, même quand le froid revient, il se sent prêt à affronter la nature. Grâce à ses techniques de chauffage, parfois issues de savoirs anciens, le dessinateur des bois n’a plus rien à craindre. Mais à force de se sédentariser, ne risque-t-il pas de se rouiller ? Le voilà parti pour Hokkaido, l’île du Nord du Japon, pour un voyage d’apprentissage canin !

Ma vie dans les bois de Shin Morimura est sans doute mon manga préféré. J’attends chaque nouveau tome avec impatience. Celui-ci est déjà le neuvième et a pour titre: Quand revient l’hiver. Dans cette série, Shin Morimura nous raconte son départ de la ville, son installation dans les bois et ses démarches pour devenir autosuffisant le plus possible. Chaque tome aborde plusieurs aspects de la vie dans les bois: nourriture, pêche, construction, écologie, animaux, réflexions, etc.

Ce qui est intéressant avec cette série c’est que l’auteur, qui continue à être mangaka, essaie des choses qu’on ne voit pas très souvent, comme faire son propre charbon par exemple, confectionner ses cannes à pêche ou construire un four extérieur. Le thème est vraiment l’autosuffisance et la nature. En avoir un aperçu, mais cette fois directement du Japon, est encore plus intéressant. Surtout que Shin Morimura en parle toujours avec humour, passion, autodérision et lucidité. Cette série nous le rend tout de suite très attachant.

Dans ce neuvième tome, c’est le retour de l’hiver. Pendant que la montagne se repose, Shin reprend son activité de charbonnier. Un travail peu valorisé, peu de relève et des connaissances qui sont en train de se perdre. Shin va donc entreprendre de transmettre les rouages du métier de charbonnier aux jeunes employés d’un parc de loisir. C’est l’occasion aussi pour lui de nous parler de la vie d’aujourd’hui, de la façon dont l’humain est déconnecté de la nature.

« De nos jours les hommes négligent les saisons et quelques centimètres de neige chamboulent leur quotidien. Je pense qu’autrefois, les êtres humains étaient plus en adéquation avec les phénomènes de la nature. »

L’arrivée de l’hiver est aussi le moment pour Shin de pister les animaux et de pouvoir observer leur mode de vie en suivant leurs empreintes. J’ai aimé ce passage parce que je fais la même chose que lui. L’hiver est tellement propice à apprendre une foule de choses sur la façon dont vivent les animaux en forêt! Dans ce tome, Shin Morimura expérimente pour la première fois la vie d’un musher. Il part en expédition trois jours en traîneau à chiens et dort dans une yourte. C’est l’occasion pour lui de vivre une nouvelle aventure! À son retour, il va pêcher avec le « boss » (un personnage récurrent d’un tome à l’autre), et accueille le printemps sous les cerisiers en fleurs.

Cette série est vraiment géniale. Autobiographique, accompagnée parfois de véritables photos des projets de l’auteur, c’est un manga que j’adore et que je trouve tout simplement parfait! Surtout que Shin Morimura a de l’humour et nous raconte ses essais/erreurs avec beaucoup d’humilité!

Un tome qui fut un véritable plaisir de lecture. J’étais contente de retrouver l’univers de ce mangaka et j’ai très hâte au prochain tome!

Ma vie dans les bois t.9: quand revient l’hiver, Shin Morimura, éditions Akata, 176 pages, 2020

Ma vie dans les bois t.8: rêve d’enfant

Ma vie dans les bois 8En vivant dans les bois, la sensibilité de Shin envers la nature n’a cessé de grandir. Aussi, lorsqu’il découvre « La Vie secrète des arbres », le célèbre livre de Peter Wohlleben, il se remémore de nombreux souvenirs : ceux de son installation dans les bois, mais aussi de sa tendre enfance… C’est alors qu’un rêve de gosse inachevé lui revient : construire une cabane dans un arbre ! Il se lance bille en tête dans ce nouvel objectif.

Déjà le tome 8 de cette fabuleuse série manga, sans doute ma préférée d’entre toutes. Toujours avec humour, simplicité et avec un regard lucide sur ce qu’il fait, Shin Morimura nous amène avec lui dans de nouveaux projets: la construction d’une maison dans les arbres. C’est un vieux rêve d’enfant qu’il souhaite réaliser.

« Enfants, on rêvait d’une maison dans les arbres mais on n’était pas assez forts pour la faire. Une fois adultes, on oublie ce rêve, c’est comme un mirage. Mais quand on est las de la vie quotidienne, on repense à cette cabane avec nostalgie. »

L’auteur fait de nombreuses références culturelles et littéraires à la cabane dans les arbres et c’est très intéressant de lire tout le processus allant du rêve à la création. La cabane dans les arbres, c’est le symbole absolu de la liberté, surtout lorsqu’on est enfant. Ce projet est au centre de ce huitième tome, même si l’auteur, fidèle à son habitude, aborde toutes sortes d’autres sujets.

« Tout ce qui semblerait inutile et déraisonnable, au fond, ça apaise nos esprits et ça nous fait du bien. »

J’ai été attirée par la mention du célèbre livre de Peter Wohlleben, La vie secrète des arbres, que Shin découvre. Ce livre totalement fascinant m’avait beaucoup plu et il fait une forte impression sur le mangaka qui n’ose plus couper ou s’approcher des arbres sans avoir l’impression de leur infliger une grande douleur (et de les entendre par le même fait…). Il y a des passages très drôles et très touchants également sur sa relation avec la nature.

Outre la cabane, Shin se lance aussi dans la poterie, déguste des insectes, prépare l’hiver à venir et part à la pêche au saumon (une pêche-test sur invitation) dans une rivière anciennement dévastée par un tsunami où la vie revient doucement. Ses explications sont très intéressantes. On apprend une foule de choses sur le saumon, la pêche et ce désastre écologique pour la région.

Comme à son habitude, Shin Morimura accompagne son manga de « courrier » où il s’adresse au lecteur et joint des photos de ses projets. Un petit plus qui donne un caractère d’authenticité à son histoire.

Passionnant, comme toujours! Si vous ne connaissez pas cette série et que la vie en autarcie et la nature vous intéresse, c’est une série à découvrir! Le ton est souvent plein d’humour et très abordable, même quand l’auteur parle de construction ou de techniques diverses. Une excellente lecture, qui me plaît toujours autant qu’au début.

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Ma vie dans les bois t.8: rêve d’enfant, Shin Morimura, éditions Akata, 160 pages, 2019