Haïkus: La voix des animaux

Haikus la voix des animauxCe nouveau volume des « Classiques en images » propose de renouer avec la tradition du poème court japonais à travers une sélection de 60 haïkus de Genshi, Kikaku, Bashô, Issa, Shôha, Buson, Yorie, Shiki, Jôsô, Hashimoto… exclusivement consacrés au monde animal. Ce recueil célèbre avec poésie, fantaisie et respect autant les animaux qui accompagnent le quotidien (chien, chat, poule…) que les bêtes sauvages surprises dans un coin de nature (libellule, sauterelle, grenouille…).

Haïkus: La voix des animaux est un recueil de poèmes courts japonais. Il met en lumière plusieurs haïkus qui illustrent chaque animal représenté dans les poèmes. L’ouvrage fait partie de la collection Classiques en images. Je découvre d’ailleurs cette collection avec ce livre et il m’a donné très envie d’en lire d’autres, tant les poèmes et les illustrations sont sublimes.

Quelques mots sur l’objet en lui-même. Ce livre m’a tout de suite attiré à cause de sa mises en page, de son format. Le volume est magnifique. La couverture est rigide, le dos est relié et le titre est en relief. L’intérieur de l’ouvrage est aussi beau que l’extérieur. Chaque poème est accompagné d’une image, une estampe, qui représente l’animal dont il est question et illustre le court poème.

Je suis une tortue et je suis belle
il ne me manque que des ailes

pour imiter les hirondelles

Issa

La poésie est celle des grands maîtres du haïkus et poème court japonais. On retrouve donc Buson, Tôta, Kikaku, Issa, Bashô, Shôa, Genshi, Sôseki, Yorie, Shiki, Jôsô, Hekigodô, Kyorai, Kyoshi, Otsuyu, Hashimoto, Seisensui, Hasegawa, Gyôdai, Kyûhachi, Shirao, Onitsura, Saiô, Chora, Chinshi, Hokushi et Tairo. Certains auteurs sont représentés plusieurs fois alors que d’autres n’ont qu’un seul poème.

Les haïkus parlent du faisan, de l’oie, du sanglier, de l’ours, du chien, du cheval, du loup, du martin-pêcheur, du papillon, du faucon et bien d’autres. Les poèmes abordent autant les caractéristiques des animaux que le lien entre l’animal et la mythologie. Il y a également, à travers les haïkus, de petites anecdotes en lien avec les animaux. La nature est omniprésente, qu’on aborde les animaux, la flore, les insectes ou même les saisons.

Le faucon revenu dans ma main
dans son œil
le soleil

Tairo

J’ai adoré cette lecture. Le livre est magnifique, la poésie est pleine de douceur et de simplicité. C’est un bonheur de prendre le temps de les découvrir, tant pour le plaisir des yeux que pour celui des mots. Les images sont, de plus, vraiment magnifiques. Chaque double page présente un haïku et une estampe.

Un ouvrage parfait pour ceux qui aiment l’art, la poésie, la nature et les animaux, ou tout simplement les beaux-livres qu’on a envie de conserver et relire pour le plaisir. Un très bel ouvrage qui sait transmettre la beauté du monde animal.

Haïkus: La voix des animaux, Collectif, éditions du Seuil, 128 pages, 2019

En attendant les étoiles

en attendant les étoilesMon fils âgé de deux ans au beau milieu d’un champ de fleurs sauvages. Il est en tête-à-tête avec un chrysanthème. Il ne le cueille pas, ne le porte pas non plus à son nez. Il le touche du bout des doigts, comme s’il voulait s’assurer de son existence.

En attendant les étoiles est un recueil de haïkus vraiment très beau. Sous la direction de Jimmy Poirier, qui nous offre lui aussi un texte magnifique, seize auteurs se sont regroupés pour se prêter à l’exercice d’aborder de façon poétique, une tranche de leur enfance.

Le thème principal du recueil est donc axé sur l’enfance. C’est vraiment très beau et ensoleillé. Ce qui est plaisant avec ce livre, c’est que chaque auteur raconte son histoire. Chaque auteur écrit sur sa propre enfance. Toutes les histoires débutent par une petite biographie en lien avec le thème. Suivent ensuite quatre pages d’haïkus, six pour quelques uns des auteurs. Chacun des haïkus a rapport au texte biographique que l’on retrouve au début.

« une jeune violoniste
près du ruisseau Bois-Joli
les oiseaux se taisent »

Les auteurs ont été parfaitement  bien choisis. Même s’ils ont tous le même thème central, le choix des textes et de ceux qui les ont écrit est tellement fluide qu’on a l’impression que le recueil est d’une seule et même personne. Les textes relèvent toutefois toute la sensibilité de chaque différent enfant qu’ont été les auteurs.

Je me suis beaucoup retrouvé dans cette poésie et souvent même, je me voyais, enfant, participer de la même façon qu’eux au monde qui m’entourait, par ma curiosité des choses, par ma fascination pour la nature. Surtout qu’à cette époque et sans doute à l’époque des auteurs du collectif, les enfants jouaient énormément dehors. J’ai donc retrouvé un peu de mon enfance, tout ce temps passé à observer les insectes, les fleurs, à m’émerveiller de ce que je découvrais. On retrouve beaucoup ce sentiment à travers les textes et les haïkus de ce livre. La poésie m’a beaucoup touché. Je pense que chaque personne peut se retrouver dans un ou plusieurs des haïkus, ainsi que dans les textes biographiques.

« Vêtue de mon petit imperméable et de mes bottes de pluie, je parcours le sous-bois tapissé de trilles blancs. Je suis émerveillée par les gouttes d’eau qui glissent sur les pétales des fleurs, par le chant des oiseaux, par la voûte que forment les arbres qui ne me laissent pas voir le ciel. »

Le recueil nous permet de voyager dans le temps, il nous rappelle notre jeunesse et notre faculté d’émerveillement. Dans la période qu’on vit actuellement avec le confinement, on a l’impression de s’échapper, de prendre une grande bouffée d’air frais. On y sent une grande douceur qui fait du bien à l’âme. J’ai lu ce livre alors que j’étais en quarantaine en attendant de savoir si j’étais malade ou non. C’était une période très stressante pour moi et ma famille, et ce livre tombait à point nommé. Il a été un baume sur ces moments plus difficiles.

J’ai lu le recueil en deux jours car j’avais envie de l’étirer un peu, mais c’est un livre tellement agréable et apaisant qu’on peut pratiquement le lire d’une traite. J’aime énormément le projet autour de ce livre. On en apprend plus sur les auteurs qui ont participé au recueil. J’ai aimé les textes autour des haïkus, qui sont aussi poétiques. Ils nous permettent de mieux comprendre le contexte. Ça nous permet d’ailleurs de découvrir plein d’auteurs qu’on pourrait être tenté de relire, surtout que j’ai aimé tous les textes.

Les histoires poétiques qui nous sont racontées se déroulent pour la plupart dans la nature. La nature m’a toujours parlé et ce thème me touche particulièrement. L’enfance étant la base de ce que l’on deviendra comme adulte, c’est toujours agréable de se rappeler ce qui nous émerveillait à l’époque. Avec le temps on oublie parfois une part de notre enfance alors qu’on devrait tous conserver cette faculté, notre âme d’enfant.

« il neige
dans le ciel du mois de juillet
fête des pissenlits »

J’ai eu un gros coup de cœur pour ce collectif. Nul besoin d’être un expert en poésie pour apprécier cet ouvrage très accessible et sensible. On passe un très beau moment de lecture et le thème de l’enfance peut aller chercher un très grand nombre de lecteurs.

Ce livre figurera dans mes meilleures lectures de l’année, assurément. Cette lecture m’a fait énormément de bien et je trouve que le moment est parfait pour un peu de douceur et de poésie. Je vous suggère donc forcément ce livre, pour la beauté des mots et les sentiments que les textes nous inspirent.

En attendant les étoiles, sous la direction de Jimmy Poirier, éditions David, 144 pages, 2019

Crimes et châtiments

Crimes et châtimentsLe temps d’une promenade, faites un saut dans le temps pour découvrir les rouages du système judiciaire et les punitions infligées aux petits et grands criminels d’autrefois. De l’arrestation jusqu’au procès, en passant par l’emprisonnement et la torture, imaginez-vous juré de la Cour du Banc de la Reine et jugez des crimes de vos ancêtres: duel, vol, émeute, désertion, pillage, meurtre. Une visite où il est préférable de marcher droit…

Il y a quelques mois, j’ai lu La Noël au temps des carrioles, un livre des Services historiques Six-Associés. Je m’étais promis d’en lire d’autres, tant j’avais adoré cette lecture. Crimes et châtiments est dans le même genre. Il s’agit d’un petit ouvrage sous forme de circuit historique, nous permettant de découvrir la ville de Québec du XVIIe au XIXe siècle. Cet ouvrage nous offre une exploration du système de justice à cette époque, à Québec. En ces temps de confinement, c’est une lecture fort agréable, qui nous permet de voyager dans cette ville et également à travers le temps, sans bouger de chez soi.

En neuf stations différentes et un préambule pour bien comprendre le contexte, le livre nous offre un tour d’horizon de ce qu’était alors la justice: les crimes, ceux qui les commettent et les sentences auxquelles ils font face. Le voyage débute en 1888, à la Maison Sewell, où l’on apprend le rôle du shérif et des jurés. Les critères pour être jurés sont plutôt sévères. À cette époque, on s’en doute, les femmes n’y sont pas admises.

La suite du voyage nous amène à aborder le duel et sa présence tout de même rare dans nos régions, ainsi qu’un portrait des crimes et des criminels. Quels étaient les crimes les plus souvent commis? Lesquels recevaient la peine la plus sévère? De quelle façon la criminalité était-elle traitée dans la société et comment les crimes étaient jugés? Cette portion du livre est intéressante puisqu’elle offre un portrait global de la justice à Québec à cette époque. C’est aussi le moment de découvrir une ancienne coutume bien particulière…

La station 4 nous amène sur les traces de criminels célèbres (un chapitre un peu trop court à mon goût cependant), alors que la station 5 aborde le rôle particulier de la police de cette époque. Outre le respect de l’ordre, la police s’occupait aussi d’hygiène et de religion. Un rôle bien différent de celui d’aujourd’hui!

Les procès et l’application de la justice ont énormément évolués également. Il est intéressant d’apprendre la façon dont étaient appliquées les lois sous le Régime français et sous le Régime anglais. Les différences quant aux sentences et à la façon de conduire un procès sont vraiment étonnantes. Sous l’un et l’autre des Régimes, les conditions de jugement pouvaient être totalement opposées. 

Le vagabondage était réprimé et il fallait se munir d’un certificat de pauvreté si on voulait mendier dans les rues. Les sentences judiciaires de l’époque nous apparaissent aussi comme particulièrement barbares. Langues coupées, carcans, tortures, supplice des brodequins, supplice de la roue… On aborde même le cas célèbre de la Corriveau, un personnage qui m’intéresse beaucoup puisque je la retrouve dans mon arbre généalogique. C’était l’époque des bourreaux et des châtiments corporels honteux. Le système de justice de l’époque était loin d’être tendre!

« Sous le Régime français, on n’hésitait pas à traduire des défunts en justice, afin que leur mémoire – à défaut de leur personne – soit punie. »

Le circuit historique se poursuit avec les prisons et la façon dont se déroulait l’emprisonnement. C’était l’époque des exécutions publiques par pendaison, devant la prison. La dernière exécution publique à Québec eut lieu en mars 1864. L’ancienne prison commune du district de Québec avait des conditions de détention assez épouvantables et fut remplacée par la prison des Plaines d’Abraham. Ce changement de lieu fut le début d’un vent de renouveau qui souffla sur le système de justice d’ici et d’ailleurs. Les mentalités commencèrent à changer. Il est très intéressant de voir et de comprendre les modifications qui ont eu lieu à cette époque, dans le système de justice. 

Crimes et châtiments est un petit ouvrage bien intéressant, illustré d’images, de cartes, de photographies d’époque et d’articles de journaux. Il offre un circuit historique qui nous permet de comprendre les particularités du système de justice québécois en vigueur du XVIIe au XIXe siècle.

J’aime décidément beaucoup cette collection d’ouvrages aussi instructive que ludique, qui nous offre un tour d’horizon d’une ville, par l’entremise de sujets bien précis. En apprendre plus sur la justice d’antan nous offre un nouveau regard sur la justice d’aujourd’hui.

Je vous présenterai bientôt les autres titres de cette belle collection, que je vous suggère assurément.

Crimes et châtiments. La justice à Québec du XVIIe au XIXe siècle, Les Services historiques Six-Associés, éditions du Septentrion, 96 pages, 2013

La Noël au temps des carrioles

Noël au temps des carriolesLe temps d’une promenade, revivez la magie des Noëls d’antan à Québec et découvrez les traditions de nos ancêtres et les transformations de la fête à l’époque victo­rienne. Messe de minuit, réveillon, échanges de vœux et de présents, décorations, sans oublier le magasinage et l’arrivée du père Noël… Une visite qui vous plongera dans la féérie du temps des Fêtes d’autrefois! 

J’avais très hâte de découvrir ce livre et j’ai eu un vrai coup de cœur pour cet ouvrage vraiment intéressant! J’adore les livres de Noël et celui-ci me paraissait très original. La Noël au temps des carrioles nous parle du temps des Fêtes à Québec du XVIIe au XXe siècle. En plus d’être un ouvrage rempli d’anecdotes fascinantes à découvrir, c’est aussi un circuit historique. Le petit format du livre nous permet de l’amener avec nous aisément et le rabat intérieur contient une carte du circuit. Un guide en bas de page nous indique où se diriger dans la ville. En huit points d’intérêt, ce livre permet de revisiter l’histoire du temps des Fêtes à Québec de l’arrivée des premiers explorateurs à l’essor des grands magasins!

Saviez-vous que le premier Noël de la ville remonte à l’hivernage de Jacques Cartier? Que c’est à Dickens, qui a d’ailleurs séjourné à Québec, à qui l’on doit la façon moderne de fêter Noël? Que c’est la culture britannique qui a influencé grandement nos plats du temps des Fêtes? Et qu’une loi obligeait les conducteurs de carrioles à doter leurs chevaux de grelots pour éviter les accidents? Le livre regorge d’informations sur ce qui a façonné notre façon de célébrer Noël aujourd’hui.

L’ouvrage débute par un premier arrêt: Noël à l’époque pionnière. Ensuite vient Noël sous le régime britannique. On enchaîne avec les vœux des Fêtes et les promenades hivernales, les emplettes et les décorations, les chants de Noël, le Jour de l’an et Noël, la religion et le père Noël. Tous les aspects sont abordés, nous permettant de déceler une évolution de la façon de célébrer Noël du XVIIe au XXe siècle.

J’ai adoré ce petit livre qui permet de mieux comprendre l’évolution des festivités au fil des ans. Le ton est jovial et la concision du texte en fait un ouvrage très abordable pour tous. L’idée d’un circuit historique me plaît énormément. Si j’ai la chance de passer par Québec un jour à la période des Fêtes, je l’apporterai assurément avec moi!

Si vous n’êtes pas à Québec en cette période de l’année, ce n’est pas grave du tout. L’ouvrage conserve tout son intérêt quand même, en fournissant énormément de contenu, d’extraits de journaux, de catalogues et d’annonces en tout genre. Son format est pratique et le texte, très accessible. C’est un ouvrage grand public conçu aussi pour profiter de la visite « en vrai » de la Ville de Québec si vous avez la chance d’y être. Autrement, profitez d’une petite visite historique bien au chaud dans votre salon en apprenant une foule de choses sur la période des Fêtes chez nous.

Un grand plaisir de lecture qui me donne bien envie de découvrir les autres titres de la collection qui abordent différents sujets en lien avec Québec: la vie nocturne, la médecine et la justice.

La Noël au temps des carrioles. Le temps des Fêtes à Québec du XVIIe au XXe siècle, Les Services historiques Six-Associés, Marie-Eve Ouellet et Emilie Guilbeault-Cayer, éditions du Septentrion, 96 pages, 2019

Stranger Things : Dans l’envers du décor

Stranger Things dans l'envers du décorLorsque la première saison de Stranger Things a débuté sur Netflix en plein cœur de l’été 2016, la série reçut un accueil triomphal à travers le monde et fut également saluée par la critique. Elle remporta par la suite cinq Emmy Awards, mais son succès a surtout été le résultat d’un bouche-à-oreille sans précédent, transcendant les générations. Les spectateurs se sont intimement identifiés aux personnages ; aujourd’hui, les fans peuvent plus que jamais plonger au cœur du monde – ou des mondes – de Hawkins, Indiana. Rassemblant des clichés inédits en couleurs et d’incroyables illustrations, le guide officiel Stranger Things : Les mondes sens dessus dessous vous emmènera au cœur des coulisses des deux premières saisons de la série, et même au-delà. Riche d’éléments inédits, ce livre est un indispensable pour toutes celles et tous ceux qui ont adoré Stranger Things !

Gros coup de cœur pour ce livre fabuleux qui est un vrai plaisir à découvrir! Dès le livre en main, on tombe sous le charme, d’abord de l’objet puis du contenu. Parlons un peu de l’objet-livre. L’ouvrage est tout simplement magnifique. Sous emballage, la jaquette reproduit l’effet d’un vieux livre abîmé par les manipulations. C’est un livre qui donne l’impression d’être d’occasion, avec son étiquette « état correct » du Magasin général Melvald, le magasin situé à Hawkins où travaille Joyce, la mère de Will. En ouvrant le livre à la couverture cartonnée, on peut retirer la jaquette pour découvrir un dessin. L’ouvrage donne l’impression d’être passé entre plusieurs mains: il est taché et usé. L’effet est superbe! Le livre contient une carte annotée et également un carton de code morse international. Visuellement, le livre est une réussite. C’est un plaisir de le manipuler et de découvrir tous les petits détails. C’est un ouvrage au visuel soigné.

Lorsqu’on l’ouvre enfin pour découvrir le texte, le plaisir est tout aussi grand. Ce que j’ai pu adorer ma lecture de ce livre! Je suis une grande fan de la série, une de mes préférées à ce jour, tant pour le thème particulier que pour l’hommage que les auteurs rendent à la culture des années 80. On y retrouve tellement de choses de mon enfance! Cette série est un vrai plaisir et ce livre est une pépite. Je m’assoyais dans mon lit avec une petite lampe et je ne pouvais lâcher le livre. J’avais l’impression de retomber en enfance. En plus d’être un objet magnifique, ce livre est l’ouvrage officiel des coulisses de la série. On y retrouve une introduction des frères Duffer, de l’information sur leurs débuts au cinéma, leurs influences (on pense à Jaws, Jurassic Park, L’Exorciste, Shining, Ghostbusters, Halloween, Stand by me, etc.), une sélection de vieux films en VHS (toute mon enfance), des pépites de librairie avec les livres de Stephen King ayant influencés l’univers de Stranger Things.

Si vous êtes fans de Stranger Things et si vous aimez le cinéma ce livre devrait vous plaire. Il me rappelle le bonheur que j’avais à lire pendant les vacances d’été des livres parlant de réalisateurs et de leur travail, et du plaisir fou dans mes cours de cinéma à découvrir des œuvres et leurs influences. Ici, avec les années 80-90 c’est une manne de souvenirs qui reviennent. J’adore!

Il y a beaucoup à dire sur ce livre. Outre l’introduction des frères Duffer et la postface de Shawn Levy, il est divisé en six grandes sections:

  • Avant Stranger Things
  • Les choses s’assemblent
  • Bienvenue à Hawkins, Indiana
  • Le phénomène
  • Monstres et labyrinthes
  • L’avenir de Stranger Things

On y découvre ce qui a inspiré les frères Duffer et leur façon de travailler. Par la suite, apprendre comment Stranger Things a débuté est un grand plaisir. Saviez-vous que la série devait s’appeler Montauk et que c’est une base de l’Air Force qui a servit d’inspiration au laboratoire de Hawkins? La série a connue des moments difficiles au départ, son ambiance années 80 et ses personnages d’enfants jouaient contre elle. Le plus drôle c’est qu’aujourd’hui, c’est ce qui fait sa popularité! Comme quoi il ne faut jamais abandonner l’idée d’un bon projet!

Stranger Things : Dans l’envers du décor ne se contente pas juste de nous parler de la série. Le livre élabore autour de l’histoire de différents produits et des choix qui ont été faits pour replacer l’histoire dans son contexte. On y parle de l’historique de Donjons et Dragons par exemple, des différents costumes, des décors et de tout ce que ça implique comme recherches.

« Une fois terminée, la cabane en dit beaucoup sur le personnage de Hopper. D’une certaine manière, elle est un reflet de son propriétaire: elle est cabossée et usée, mais toujours debout. »

Le travail en amont est saisissant! Il fallait trouver des vélos d’époque (en plusieurs exemplaires), des boîtes de jeux, des objets utilisés dans les années 80. Les frères Duffer voulaient coller au réalisme des films produits à cette époque et le travail d’ajout par ordinateur, quoique présent, est limité. Tout ce qui a été créé pour le Demogorgon et le Flagelleur mental est vraiment époustouflant. Toutes ces explications sont passionnantes et si vous êtes un fan de la série, lisez le livre pour en apprendre plus, c’est vraiment intéressant!

L’originalité de la présentation des différents personnages est aussi à signaler. Chacun a une fiche bien à lui, tantôt ressemblant à un dossier « top secret » de laboratoire ou à une fiche de jeux de rôle. Visuellement, c’est drôlement bien fait et très sympathique à découvrir. Le livre est aussi rempli de photographies, d’entretiens avec les acteurs, avec les artistes qui ont collaborés à la série, des extraits de dialogues ainsi que tout ce qui a trait au succès de la série. Que l’on pense au viral hashtag #justiceforbarb, aux costumes d’Halloween créés par les fans, aux artistes qui se sont appropriés l’univers, à la musique présente dans la série (dont on retrouve une compilation vintage dans le livre) ou à la création du visuel de l’histoire, le contenu de la série est très riche et source d’une grande inspiration.

« Notre série est un hymne aux marginaux et aux imparfaits, précisément parce que les frères Duffer savent d’expérience que la voie la plus populaire est rarement la plus intéressante, et que le caractère, le cran, les liens et l’âme se forgent dans les moments les plus difficiles. »

Stranger Things : Dans l’envers du décor est un fabuleux panorama de tout ce qui a trait à la série Stranger Things. Le livre se concentre sur les deux premières saisons, mais on aborde aussi la troisième saison en parlant du fameux centre commercial et des changements qui y ont lieu. Je ne peux qu’espérer qu’un second livre paraisse éventuellement pour couvrir les saison 3 et 4. Ce serait un superbe cadeau pour les fans.

Si vous aimez Stranger Things, ce livre est un incontournable. Il est vraiment bien conçu et c’est un plaisir que de le découvrir. Je vous le conseille. Ce livre est un très gros coup de cœur! À lire!

(Maintenant, j’ai envie de revoir encore et encore toute la série…)

Stranger Things : Dans l’envers du décor, Collectif, éditions Mana Books, 224 pages, 2019