Stranger Things: Colo de sciences

Dustin passe ses vacances d’été dans une colonie scientifique au milieu des bois, et pour la première fois depuis longtemps, il est loin d’Hawkins et de ses amis. Tout en étant confronté à une bande de petits intellos despotiques qui cherche à l’intimider, il doit faire face à une menace bien plus importante : une sinistre silhouette masquée vient perturber le camp. Quand les moniteurs commencent à disparaître les uns après les autres, Dustin comprend qu’il ne pourra pas résoudre ce mystère seul. Mais arrivera-t-il à se mettre sur la même longueur d’onde que Suzie et les autres adolescents ?

Stranger Things Colo de sciences est une autre bande dessinée dans l’univers de la série télé présentée sur Netflix. J’attends d’ailleurs avec impatience la saison 4, dont la sortie est prévue pour 2022. Cette bande dessinée fait partie de celles offertes depuis un moment par Jody Houser. Avec d’autres collaborateurs, elle revisite les personnages de la série pour offrir des réponses à ce qu’on ne voit pas à l’écran. Ce qui s’est passé entre les saisons, ce qui est arrivé avant, ce genre de choses. Pour les fans, c’est toujours intéressant de découvrir des facettes non connues de nos personnages préférés. En ce qui concerne Colo de sciences, je l’ai beaucoup appréciée celle-là parce qu’on suit Dustin, un personnage que j’aime particulièrement, alors qu’il passe un mois au camp de sciences. Cette histoire se déroule donc entre les saisons 2 et 3, juste avant la saison 3 quand Dustin retrouve ses amis après être allé au camp. On découvre alors ce qu’il a pu vivre.

« Les gros durs détestent avoir l’ai faibles. Je me suis dit que les gros durs intelligents détesteraient avoir l’air ignorants. »

Dustin est très emballé par le camp de sciences et après tout ce qu’il a vécu à Hawkins avec ses amis, il prend un peu plus confiance en lui. C’est un Dustin un peu plus affirmé, qui profite du fait que les autres ne le connaissent pas pour se forger une image d’un gars cool que rien ne déstabilise. De toute façon, son expérience auprès de ses amis et toutes les horribles choses qui se déroulent à Hawkins devraient l’avoir endurci. Il en a vu de bien pire! Mais il se passe quand même de drôles de choses au camp. Une première monitrice disparaît, puis une deuxième. Dustin décide donc d’enquêter avec ses nouveaux amis campeurs.

C’est aussi dans cette bande dessinée que l’on découvre comment Dustin et sa chère Suzie se sont rencontrés. J’ai bien aimé, c’est assez amusant de voir ce qui les lie. Il y a même un petit clin d’œil à LA chanson de L’histoire sans fin comme on la retrouve dans la série. C’est justement tout ce qu’est Dustin qui me le rend si attachant!

J’aime beaucoup revisiter les histoires des personnages en marge de la série et celle-là est l’une de mes préférées. Moins sombre peut-être que les autres bandes dessinées, que ce soit celles de Jody Houser ou celle de Greg Pak. L’histoire ne réinvente rien non plus, c’est un peu dans l’optique des films de série B ou des vieux films d’horreur un peu convenus. Malgré cela, cette histoire reste quand même l’une de celles que j’ai le plus aimée. Sans doute que le sympathique Dustin y est pour beaucoup!

À la fin, la bd contient une seconde histoire de quelques pages intitulée La quête d’Erica. Un autre personnage que j’adore! Cette histoire se déroule après la saison 3 de la série. On y découvre comment la vie de geek peut être difficile pour une petite fille qui parle beaucoup trop.

Stranger Things: Colo de sciences, Jody Houser, éditions Mana Books, 112 pages, 2021

L’esprit du camp 2

esprit du camp 2Même si l’étrange été d’Élodie tire à sa fin, elle n’entend pas pour autant quitter le Camp du Lac à L’ours sans avoir élucidé le mystère entourant le directeur et cette lumière fantomatique qui est apparue dans la forêt. Avec Catherine… c’est compliqué -ou complexe- rien n’est trop sûr, mais entre des rouquines toujours aussi monstrueusement adorables et des légendes qui semblent prendre vie, Élodie mène l’enquête, malgré la peur et l’épuisement.

L’esprit du camp est une histoire en deux tomes. Si le premier mettait en place l’atmosphère et les personnages, le tome 2 me semble encore plus intéressant!

Nous suivons toujours Élodie qui cherche à comprendre ce qui se passe au Camp du Lac à L’ours. Le tome 2 commence donc au chapitre 5, là où se terminait le tome 1. Il est donc impératif de lire les deux et c’est encore plus plaisant si vous les avez sous la main. Parce que, mine de rien, on veut comprendre ce qui se passe. Pourquoi le directeur est si bizarre? Que cache cette forêt étrange, les attaques d’animaux et les lumières qu’Élodie aperçoit? Surtout qu’elle ressemble maintenant à un zombie: malade et complètement crevée. Elle doit laisser son groupe de rouquines à quelqu’un d’autre et passe de longues heures au lit.

Même si le mystère du camp s’épaissit et que l’ambiance est plus sombre, cette bande dessinée a beaucoup d’humour. Il n’y a qu’à penser à Hector, un employé qui a reprit le groupe d’Élodie et qui ne se laisse pas marcher sur les pieds! Les réparties et expressions des personnages sont savoureuses. Les rouquines sont toujours aussi drôles et quand même très attachantes, même si elles sont épuisantes. Je l’avoue: elles vont me manquer!

J’ai aimé aussi que certaines thématiques soient abordées, comme l’homosexualité ou les stéréotypes de genre:

« Si je comprends bien, les filles qui jouent à la poupée ou se coiffent sont ridicules, alors que celles qui jouent aux guerrières sont cinglées. T’as un problème avec les filles, mec, tu devrais consulter. »

L’auteur nous offre, à nouveau, un lexique à chacun des chapitres, pour que les lecteurs francophones d’ailleurs comprennent nos expressions typiquement québécoises. Et ça demeure toujours aussi rigolo!

Ce second tome clôt ce diptyque plein de nostalgie sur les étés de notre adolescence, avec un brin de mystère et de fantastique. Il sera difficile d’oublier le clan des rousses et ce camp si particulier qui a opté pour Black Sabbath comme chanson-thème…

Une bande dessinée à découvrir assurément pour passer un très bon moment!

Mon avis sur le tome 1.

L’esprit du camp 2, Michel Falardeau, Cab, Studio Lounak, 104 pages, 2018

L’esprit du camp 1

esprit du camp 1Une adolescente est envoyée de force par sa mère dans un camp de vacances, où elle devra travailler comme monitrice tout l’été. Perdue en pleine forêt, entourée d’inconnus avec lesquels elle ne semble pas avoir d’affinités, Élodie considère déjà que ses vacances sont fichues… mais le camp du Lac à l’Ours lui réserve plusieurs surprises; un jour après l’autre, un groupe de petites rousses à l’imagination débordante, un mystérieux directeur de camp et une collègue attentionnée transformeront son séjour en véritable aventure.

Nous sommes à l’été 1994. Élodie est en perpétuel conflit avec sa mère, avec qui ça ne va pas très fort. Pour qu’elle s’occupe pendant l’été et fasse un peu d’argent pour ses études, sa mère la pousse à aller travailler dans un camp d’été. Élodie est maussade, n’a pas envie d’y être. Elle déteste les autres moniteurs, n’aime pas particulièrement les enfants même si elle a un don avec eux, préfère être à l’écart pour écrire son journal et passe beaucoup de temps à bougonner.

Ce premier tome (de deux), raconte l’arrivée d’Élodie au camp, son installation, la prise en charge de son groupe et la vie avec les autres moniteurs. Plusieurs choses étranges semblent se produire au camp. À commencer par le directeur vraiment très bizarre qui la fait constamment sursauter et qui est complètement décalé. Il terrifie Élodie, mais elle semble bien la seule… Ou ces « chansons de camp » qui parlent de satan et qui n’ont rien à voir avec ces joyeuses comptines sur le soleil… Il y a aussi la lumière bleue étrange qui apparaît dans le bois la nuit et cette légende terrifiante sur un esprit de la forêt qui n’a pas grand chose à voir avec les histoires que l’on raconte d’ordinaire aux enfants… Mais qu’est-ce qui se passe vraiment au camp du Lac à l’Ours? Élodie commence à enquêter…

« Ici, les gens sont tous soit étranges, soit stupides, soit les deux à la fois. »

Il y a de belles trouvailles assez réjouissantes dans cette bande dessinée. L’ambiance un peu mystérieuse, le comportement renfrogné d’Élodie, les amitiés ou alliés qu’elle trouve au camp et qui la surprennent beaucoup. Il y a aussi le clan des rousses, le groupe d’enfants dont Élodie doit s’occuper pour l’été. Elles sont hilarantes! Elles ne tiennent pas en place, parlent de sexe sans aucune retenue, ce qui gêne énormément Élodie. L’une d’entre elles, Christie, a les cheveux devant le visage et toujours un truc dans la bouche: une pierre, une chaussure, un crapaud (!).

L’esprit du camp raconte l’été dans un camp, avec ses rivalités, ses conflits, la relation entre les moniteurs et les enfants, mais surtout, l’étrange directeur. Le dessin est très beau et l’ambiance de la BD m’a rappelé des souvenirs. Il y a une pointe de mystère et surtout, beaucoup d’humour, amené par le caractère bizarre du directeur, par la vivacité des jeunes campeurs et par des situations parfois cocasses. Le dosage entre les deux genres, humour et mystère, est juste parfait pour nous faire passer un excellent moment. C’est une excellente bande dessinée, j’ai eu un plaisir fou à la lire.

À noter que chaque chapitre de la BD commence par une sorte de glossaire des mots québécois. C’est sûrement utile pour les européens, mais souvent très drôle à lire, comme ça, même pour nous. J’ai bien aimé!

Je vous parlerai très bientôt du tome 2 que j’ai déjà lu depuis.

L’esprit du camp 1, Michel Falardeau, Cab, Studio Lounak, 104 pages, 2017