Winterkill

winterkillFin décembre, tombée de la nuit, énorme tempête de neige annoncée sur le massif des Bighorn. Le garde-chasse Joe Pickett a garé son 4×4 en lisière de la forêt et surveille un troupeau de wapitis lorsque les premiers coups de feu retentissent. Très vite c’est le massacre, les animaux tombant sous les balles les uns après les autres. Beretta en main, Joe s’approche du tueur et, stupéfait, s’aperçoit qu’il s’agit de Lamar Gardiner, le superviseur du district pour la Twelve Sleep National Forest. Il l’arrête, mais celui-ci réussit à s’enfuir. Pas pour longtemps : quelques instants plus tard, Joe le retrouve sauvagement assassiné. Mais par qui ? Déjà difficile, l’enquête devient carrément impossible lorsqu’un groupe de marginaux, les Citoyens souverains, vient s’installer dans les montagnes, ajoutant à la confusion… et à la violence.

Winterkill est le troisième tome des aventures du garde-chasse Joe Pickett. Cette nouvelle histoire est très intense au niveau de l’action, des émotions et des événements qui s’y déroulent. L’histoire débute alors que c’est l’hiver dans le Wyoming.

« Une tempête de neige était annoncée sur le massif des Bighorn. C’était la fin décembre, quatre jours avant Noël, dernière semaine de la saison de chasse aux wapitis. »

Joe Pickett est témoin d’une scène particulièrement difficile et gratuite, le superviseur du district pour la Twelve Sleep National Forest abat des wapitis les uns après les autres. Quand il l’intercepte, l’homme s’évade puis se fait tuer.

« Tandis que la tempête s’abattait sur la région, Joe se retrouva sans renfort, sans contact radio et avec le cadavre du superviseur de la Twelve Sleep National Forest sur les bras. »

Ce qui devient complexe c’est que plusieurs différentes juridictions s’intéressent à ce crime. Le shérif, l’Office des forêts, dont la fameuse Mélinda Strickand, une femme terrifiante par ses capacités à prendre des décisions dangereuses pour tout le monde, toujours en ne pensant qu’à elle et sa carrière.

« -Melinda Strickland, cette cinglée, n’a même pas voulu discuter et attendre samedi, vous savez pourquoi? Parce qu’elle ne voulait pas bosser pendant le week-end! Elle ne tue les gens que pendant les heures ouvrables! »

Une femme qui fait des ravages partout où elle passe. La journaliste qui l’accompagne est tout aussi inquiétante, tant son admiration sans borne pour Strickland lui fait perdre la raison. Entre la présence de ces deux femmes, la congrégation de survivalistes qui cachent des secrets, l’arrivée de plusieurs caravanes et un second crime, Joe est débordé de travail et le voilà une fois encore, impliqué dans une enquête pour meurtre.

Il est difficile pour Joe de voir à quel point tout ce qui se déroule devant ses yeux est très loin de l’idée qu’il se fait de la justice. Il n’a jamais eu une très bonne opinion du système judiciaire, mais cette affaire – ou plutôt ces affaires – ne font qu’empirer son opinion sur la façon dont la justice est rendue.

L’autre événement perturbant pour Joe et sa famille, c’est le retour dans la région de Jeannie Keeley. Si vous avez lu les tomes précédents, ce personnage vous rappellera quelque chose. Le mari de Jeannie avait été tué et la famille de Joe a accueillit April, la fillette de cette femme. Ils tentent de l’adopter depuis le départ de Jeannie de la région, mais son retour complique énormément les choses. D’autant plus que cette femme vit maintenant avec un groupe, les « Citoyens souverains », qui vient de s’installer sur un ancien terrain de camping de la région, ce qui ne fait pas l’affaire des autorités. Une « guerre » différents départements commence à se faire ressentir…

« Comment était-il possible que les survivants, les criminels, les complices, les sympathisants et les victimes d’événements parmi les plus tragiques des États-Unis aient pu se regrouper et décider de s’installer dans sa montagne à lui? Et que parmi eux se trouve Jeannie Keeley, venue récupérer April? »

Ce qui ne facilite pas la tâche des enquêteurs, de Joe ou de quiconque tente de mettre de l’ordre dans ce qui se déroule, c’est la quantité de neige que la région ne cesse de recevoir. Les difficultés pour se déplacer son accrues et la neige rend compliqué la recherche d’indices. Malgré tout, on imagine facilement les magnifiques paysages dans lesquels évolue Joe et les autres personnages.

« La blancheur éclatante de la lumière l’éblouit un instant. Il eut une impression de vertige. Il n’y avait plus ni ciel, ni prairie, ni arbres, ni montagnes. Seulement du blanc opaque. »

Dans ce roman, j’ai adoré la présence du personnage de Nate Romanowski. Un homme particulier, qui n’hésite pas à se faire justice si besoin est, mais qui est tout de même très attachant. Victime du système, vivant en marge de la société, son travail comme fauconnier est fascinant. J’aime quand C. J. Box met en scène de tels personnages. Ils ne sont ni blancs ni noirs, toujours un peu en bordure de la loi, mais tellement intéressants!

« …ce Romanowski était un drôle de type – une espèce de reclus qui utilisait un arc et des flèches pour tuer le gibier dont il se nourrissait et qui élevait des oiseaux de proie pour la chasse. Joe venait de se rappeler où il avait entendu ce nom. Romanowski lui avait envoyé une demande de permis de chasse au faucon. C’était la première fois qu’il recevait une telle requête depuis qu’il exerçait son métier. »

Romanowski a bien saisi le genre de personnage qu’est Joe Pickett et c’est la raison pour laquelle d’ailleurs il lui demande son aide.

Comme toujours, les romans de C. J. Box sont intéressants pour le cadre naturel qu’ils mettent en scène. On en apprend toujours un peu plus sur le travail de Joe et sur la façon dont les liens se tissent et se rompent entre les différentes autorités de la région: les citoyens, le garde-chasse, le bureau du shérif, l’Office des Forêts, les forces de l’ordre.

Winterkill est un roman enneigé et assez triste. Il se passe énormément d’action, peut-être un peu trop pour les capacités de gestion de Joe Pickett et certains événements sont déplorables. Je me demande comment sa petite famille et son couple survivront à tout cela. À voir, avec le prochain tome!

Voici mon avis sur les autres tomes de la série du garde-chasse Joe Pickett:

  1. Détonations rapprochées
  2. La Mort au fond du canyon

Winterkill, C. J. Box, éditions du Seuil, 386 pages, 2005

La Mort au fond du canyon

mort au fond du canyon«Au troisième jour de leur lune de miel, Stewie Woods, écolo activiste à la notoriété douteuse, et son épouse, Annabel Bellotti, cloutaient des arbres dans la forêt nationale des Bighorn lorsqu’une vache explosa et les mit en pièces. Jusque-là, leur union avait été sans nuages.» Ainsi commence ce deuxième roman de C. J. Box. 
Humour, certes, mais la situation est grave. Un sénateur est étranglé à Washington après avoir, semble-t-il, reçu une visite galante, un avocat de l’Oregon périssant, lui, dans l’incendie de sa maison. Etc., etc., pourrait-on dire, jusqu’au jour où Joe Pickett, le garde-chasse qui a accompagné le shérif sur le lieu du premier drame y revient, intrigué par certains détails troublants. Tout devient alors très compliqué… et terriblement dangereux. 

Je poursuis ma relecture des aventures du garde-chasse Joe Pickett avec ce second volet: La mort au fond du canyon. Cette histoire est assez explosive et être garde-chasse au Wyoming n’est visiblement pas de tout repos si on en croit les aventures que Joe vit depuis deux romans. Ce tranquille père de famille est toujours en quête de justice et sa détermination met parfois sa vie en danger.

Avec cette deuxième histoire (qui peut aussi se lire indépendamment de la première si le thème vous interpelle plus), on plonge dans une guerre qui date de Mathusalem entre de riches propriétaires terriens et des éleveurs de bétail. Il faut remonter dans l’histoire pour en comprendre toute la portée, ce que fait Marybeth, la femme de Joe, qui est bibliothécaire. Son mari de son côté, met son nez partout et se retrouve rapidement en mauvaise posture quand Marybeth commence à recevoir des coups de téléphone… d’outre-tombe.

Ce roman débute avec l’explosion d’une vache, dans la Targhee National Forest. L’image est marquante et annonce le début d’une enquête complexe, puisqu’elle met en scène plusieurs personnages et joue dans des domaines délicats: soit l’écoterrorisme. One Globe, un groupe écolo d’activiste a pour insigne deux clés à molette, hommage à Edward Abbey. C’est un groupe écologiste qui n’hésite pas à faire des gestes marqués et à aller très loin dans leurs demandes.

« Joe n’avait évidemment aucune expérience pour ce qui était de notifier à un éleveur que ses vaches avaient explosé – sans compter que, présenté comme ça, c’était passablement ridicule. »

On apprend plusieurs choses sur le travail de Joe Pickett et sur la façon dont les groupes, qu’ils soient écologistes ou représentent des propriétaires terriens, sont gérés dans l’ombre. Les magouilles ne sont jamais vraiment loin. On fait aussi la rencontre de deux personnages terrifiants: le Vieux et Charlie, un duo qui sème sur son passage quantité de cadavres. On dirait des missionnaires sanguinaires en guerre contre les écologistes. Chaque groupe n’hésite pas à se battre pour ses convictions et à aller très très loin. Joe Pickett étant en quelque sorte coincé au milieu, tente de dénouer les fils de son enquête.

« -Vous autres, reprit-il, ce sont les idées qui vous plaisent; par exemple celle de réintroduire les loups. Vous vous sentez mieux. D’accord pour dire que, dans l’ensemble, c’est bénéfique. Seulement voilà: vous n’aimez pas trop regarder comment ça se passe quand ces nobles idées se concrétisent dans la réalité, pas vrai? »

L’histoire est par moments assez étonnante et prenante. Entre les riches propriétaires terriens qui font la pluie et le beau temps avec leurs contacts au gouvernement, les écologistes qui clament haut et fort qu’il faut sauver la nature à tout prix, les éleveurs de bétail qui ne veulent pas perdre leur travail, il se passe beaucoup de frictions entre les différents groupes. L’auteur en profite pour soulever des questions écologiques intéressantes, par l’entremise de son personnage Joe Pickett, un homme droit qui tente de faire appliquer la loi et d’être le plus juste possible.

J’aime énormément le cadre des romans de C.J. Box. La nature est omniprésente, avec la description de magnifiques paysages et de nature. Des parcs aux canyons, en passant par les animaux qui y vivent, Joe Pickett est amoureux de ces grands espaces autant que semble l’être son créateur. Le personnage, tout autant que ses aventures, sont à la fois passionnantes et inspirantes. La violence des crimes est contrebalancée par la richesse et la beauté des lieux.

Quant à l’histoire, il faut la lire pour savoir ce qu’il advient de la guerre entre les écolos et les propriétaires terriens, ainsi qu’avec les associations comme One Globe et le Stockman’s Trust, dont l’étrange histoire remonte à très loin… Un très bon roman d’enquête dont le cadre est exceptionnel et qui devient rapidement une chasse à l’homme où chacun se bat pour sauver sa peau.

Une petite parenthèse: je trouve les romans de C.J. Box visuellement très intéressants. Il est facile de s’imaginer les lieux et les personnages. Chaque fois, je me fais la réflexion que ce serait tout à fait le genre de livres qui se transposeraient bien à l’écran. Peut-être un jour aurons-nous la chance de voir Joe Pickett en chair et en os!

Je poursuis avec la troisième aventure du garde-chasse, pour qui je me prend de plus en plus d’affection.

La Mort au fond du canyon, C. J. Box, éditions du Seuil, 304 pages, 2004

Détonations rapprochées

Détonations rapprochéesGarde-chasse dans le Wyoming, Joe Pickett ne plaisante pas lorsqu’on braconne sur ses terres. Il a même arrêté le gouverneur de l’État qui pêchait sans permis, ce qui ne lui vaut pas que des amis ! Aussi, lorsque Sheridan, sa fille de neuf ans, dit avoir vu «un monstre» s’approcher de la maison une nuit, Joe penche plutôt pour un rôdeur. Une ombre inquiétante, qui devient un véritable problème quand Joe découvre, quelques jours plus tard, le cadavre d’un chasseur étalé en travers de son tas de bois pour l’hiver. Tandis que d’étranges créatures se mettent à vivre dans le tas de bois, les autorités attribuent cette mort suspecte à un simple accident. Mais Joe ne se satisfait pas des conclusions données par la police locale et se lance dans une enquête qui va déranger pas mal de monde…

J’aime beaucoup C.J. Box qui écrit des romans policier se rapprochant énormément du nature writing. Il y a quelques années j’ai lu certains de ses livres et j’ai envie de reprendre mes lectures, essentiellement sa série Joe Pickett. Récemment j’ai lu un titre de la série Cody Hoyt, mais le personnage m’a beaucoup moins plu. J’ai donc eu envie de relire ce que j’avais déjà lu mettant en scène le garde-chasse Pickett, puis de reprendre peu à peu la série.

La première aventure mettant en scène Joe Pickett est Détonations rapprochées. Ici, nous faisons connaissance avec le garde-chasse et sa famille. Pickett est un personnage très intéressant. Il est doux, attachant, intelligent, discret (même s’il se retrouve trop souvent et contre son gré, sous les projecteurs). Il aime sa femme et sa petite famille, même s’il regrette de ne pas pouvoir lui donner plus. Son poste n’est pas le mieux rémunéré du monde et il a une femme et deux enfants à charge, un troisième en route. Il est garde-chasse de l’État du Wyoming parce que c’est un amoureux de la nature qui rêve de ce travail depuis l’enfance. Quand le livre commence, ça ne fait qu’une semaine qu’il est à son poste dans cette région.

J’aime sa vision des choses quand il parle de la chasse:

 » Joe n’avait aucun problème avec les chasseurs qui tuaient pour se procurer de la viande. Il trouvait que la méthode était en fin de compte plus honnête que d’aller l’acheter au supermarché emballée dans de la Cellophane. Il n’avait jamais compris les arguments de ceux qui s’opposent à la chasse sans être pour autant végétariens. »

Joe commence tout juste à prendre ses marques dans son nouveau travail. On le voit intercepter les chasseurs, faire des vérifications et parler avec certains d’entre eux. Puis, un beau jour, sa fille à l’imagination débordante lui parle d’un monstre là, dehors. Joe réalise alors que ce qu’a pu voir sa fille existe bel et bien: on retrouve le cadavre d’Ote Keeley, un chasseur avec qui Joe a eu quelques problèmes. L’homme est mort dans son tas de bois, à quelques mètres de sa maison. Commence alors une longue et difficile enquête pour Joe, qui ébranlera les fondations de sa famille.

« Comment se faisait-il que ce qu’elle avait prit pour un monstre sorti de son « imagination surexcitée », comme disait sa mère, se fut en fin de compte révélé réel? Elle avait l’impression que le monde réel et celui de ses rêves avaient fusionné dans cet événement. Soudain, des adultes s’y trouvaient mêlés. Une idée étrange lui vint à l’esprit: et si son imagination était puissante au point de donner corps aux choses qu’elle rêvait? »

On suit Joe qui tente de faire la lumière sur ce qui s’est produit. Il se sent « impliqué » vu son altercation avec le chasseur retrouvé mort et le fait qu’on l’a retrouvé chez lui. Beaucoup de questions sont en suspens et Joe tente de trouver les réponses. Ce n’est pas simple pour lui étant donné que tous ceux autour de lui tentent de lui mettre des bâtons dans les roues…

« Il avait souvent remarqué que celui qui parlait le plus était aussi celui qui avait le moins à dire. Il aurait aimé que chaque être humain se voie allouer un certain nombre de mots à utiliser au cours de sa vie. La réserve épuisée, on aurait été condamné au silence. »

Parallèlement, on suit la fillette de Joe, Sheridan, qui est totalement impliquée malgré elle dans l’enquête et dans les récents événements. C’est un personnage très intéressant, un peu à l’image de son père. Elle préfère la petite maison en pleine nature au luxe et au tape-à-l’œil. Elle est intelligente, curieuse, c’est une enfant particulière. Elle a quelque chose de son père et je trouve qu’elle est tout aussi attachante. Elle est ici au cœur de l’histoire et plusieurs chapitres lui sont consacrés.

Les chapitres débutent souvent par des extraits de l’amendement à la loi sur les espèces menacées. On en comprend toute la portée à mesure que l’histoire avance.

« Une chose était d’imaginer des montres, une autre, et bien différente, d’en voir vraiment. »

Ce roman me plaît beaucoup. Outre la nature qui est omniprésente et fait pratiquement office de personnage au roman, l’histoire aborde plusieurs thèmes intéressants, comme la chasse et la façon dont elle est gérée; l’implantation de pipelines et tout l’aspect écologique et économique qui en découle pour les populations; ainsi que la disparition et l’extermination d’espèces en danger. J’aime aussi énormément Joe et sa famille. C’est un personnage tout ce qu’il y a de plus normal et c’est sans doute ce qui fait son charme. Ce n’est pas un alcoolique violent, ni un coureur de jupon. Il est fidèle à ceux qu’il aime. Quelqu’un d’ordinaire qui se retrouve mêlé, de par son travail, à des choses particulières. J’adore!

Un bon roman policier qui nous plonge dans le Wyoming et aborde des questions écologiques et environnementales. À découvrir!

Détonations rapprochées, C. J. Box, éditions Points, 320 pages, 2004

Piégés dans le Yellowstone

Piégés dans le YellowstoneCody Hoyt, flic en délicatesse avec sa hiérarchie déjà croisé dans Trois semaines pour un adieu, a un petit problème avec l’alcool. Le jour où son « parrain » aux Alcooliques anonymes trouve la mort dans l’incendie de sa maison, le shérif décide sans hésiter qu’il s’agit d’un suicide — à l’approche des élections, un meurtre dans le secteur ferait mauvais effet. Tenant la preuve que son mentor a été assassiné, Cody fouine discrètement. Et découvre que le tueur, récidiviste de surcroît, se cache au sein d’une troupe de randonneurs partis découvrir à cheval les vraies joies de la vie sauvage dans le parc du Yellowstone. Là où la situation se corse, c’est que, par le plus grand hasard, le propre fils de Cody se trouve parmi eux. Il convient de le sortir de là au plus vite…

J’aime bien les livres de C. J. Box, qui écrit des romans policiers qu’on pourrait qualifier de « nature writing » tant les grands espaces prennent beaucoup de place dans ses histoires. J’ai envie depuis un moment de tout (re)lire Box parce que son univers me plait. J’ai choisi de commencer par Piégés dans le Yellowstone à cause justement de la présence de ce grand parc national américain dans l’histoire. Mais le personnage de Cody Hoyt me plait moins que celui de Joe Pickett et je pense revenir à ce dernier avec mon prochain livre. J’ai bien envie d’ailleurs de recommencer la série dès le début. Je lirai sans doute le second livre où l’on retrouve Cody Hoyt, un peu plus tard, mais je ne le place pas en priorité.

En commençant Piégés dans le Yellowstone je m’attendais à des passages un peu plus nombreux sur le parc, à un petit quelque chose de magique en lien avec ces lieux mythiques. Je m’attendais à m’y retrouver littéralement, à voyager en quelque sorte dans cette randonnée de plusieurs jours à laquelle participent plusieurs personnages. J’ai toutefois été un peu déçue.

L’histoire met du temps à se développer. Une bonne partie du début du roman ne se déroule pas dans le Yellowstone et par la suite, lorsque l’auteur nous y amène, c’est surtout pour suivre le début de la randonnée un peu chaotique avec tous les personnages qui ne s’entendent pas ou n’ont pas envie d’y être. Ça m’a personnellement beaucoup moins plu puisque je préfère de loin lorsque C. J. Box met en scène des personnages qui vivent à l’écart et l’ont choisi, plutôt que des gens de la ville pour qui la nature ne représente rien et qui n’ont pas forcément envie d’y être. Si j’ai aimé le début du livre à cause de l’enquête sur l’incendie du chalet d’un ami de Cody Hoyt, j’ai trouvé le début à Yellowstone assez long et plutôt inintéressant. J’ai même failli abandonner.

Quand Cody commence à trouver des informations sur la randonnée et les gens qui y participent et que la vie de son fils pourrait être menacée, le roman prend un peu plus d’ampleur. On a droit à une traversée du Yellowstone « hors pistes » et à de petits passages plutôt jolis sur la beauté de l’endroit.

« Face à l’immensité du panorama, entre les pentes tapissées de vert, les vallées cernées d’arbres, les soulèvements géologiques veinés et le vaste plan étale du lac de Yellowstone des kilomètres en contrebas, il ne put que dire:

-Quel énorme pays.

Mitchell grommela et sortit ses jumelles d’un sac de selle.

-N’en tombez pas amoureux, dit-il. Il vous briserait le cœur à tous les coups.

C’est aussi à partir de ce moment que les cadavres s’accumulent sur la piste où se lance Cody Hoyt et que l’intrigue devient un peu plus palpitante. Faune sauvage et macchabées en général ne font pas bon ménage…

J’ai lu la seconde moitié du roman avec plus d’intérêt que la première. Après la découverte du chalet calciné, il a un long moment de flottement où l’auteur s’attarde longuement sur des personnages qui, pour moi, n’ont pas beaucoup d’intérêt. Je dois avouer que je préfère de loin Joe Pickett, l’autre héros de plusieurs romans de Box, à Cody Hoyt, un policier alcoolique, nonchalant et irresponsable. Je le trouve beaucoup plus froid que Pickett et beaucoup moins attachant.

Dans ce roman d’ailleurs, la dynamique du groupe qui randonne à cheval dans le Yellowstone est assez étrange. Naturellement, comme dans tout bon groupe qui se respecte, presque tout le monde devient suspect dans l’affaire en cours. Les adolescents boudeurs sont exaspérants et les adultes ne sont pas plus sympathiques avec leurs querelles et leurs revendications. L’ensemble devient un peu lourd ou peut-être est-ce juste moi qui n’aime pas particulièrement les dynamiques de groupes (et les incessantes querelles) dans les romans.

J’ai beaucoup aimé certains chapitres du livre, comme lorsque Cody parcourt seul les pistes du Yellowstone et qu’il s’écarte des balises pour constater que quelqu’un qui est passé avant lui sème la mort sur son chemin. J’ai apprécié les moments qui parlaient de la faune du parc, de la solitude et de l’immensité des lieux. Toutefois, ce n’est pas suffisamment poussé à mon goût.

J’ai tout de même envie de relire d’autres livre de C. J. Box parce que je sais ce qu’il est capable de faire avec une bonne histoire, en pleine nature. Ici, on voit tout de suite le contraste entre Pickett et Hoyt qui, je crois, est pour beaucoup dans mon appréciation de ce roman. Je vais sans doute reprendre la série de romans mettant en scène Joe Pickett. C’est une valeur sûre!

Piégés dans le Yellowstone, C. J. Box, éditions du Seuil, 448 pages, 2013