Créatures fantastiques t.2

créatures fantastiques 2La science a remplacé la magie dans le cœur des hommes. Elle est sur le point de faire basculer le monde dans une nouvelle ère, entraînant les créatures fantastiques dans l’oubli. Ziska, l’apprentie vétérinaire, est au chevet d’un Kelpie, un cheval aquatique, bien mal en point. Devant l’urgence de la situation, elle demande l’aide de son maître Nico, mais ce dernier arrivera-t-il à temps ? À la croisée de la médecine et de la magie, découvrez un bestiaire hors du commun !

Dans ce deuxième tome, nous retrouvons Ziska et l’histoire du Kelpie qui avait commencée dans le tome 1. Comme d’habitude, Ziska qui travaille comme apprentie vétérinaire aux côtés de Nico, est amenée à remettre en question son travail auprès des créatures fantastiques, en fonction de ses propres pouvoirs magiques. Elle intervient parfois lorsque la situation est critique et que le travail de vétérinaire n’est pas suffisant. Avec son maître, elle apprivoise de nouvelles créatures, apprend de nouvelles choses sur les bêtes fantastiques telles que le Kelpie et le Carbuncle.

« Néanmoins, la magie est une technique fabuleuse… capable de créer des miracles, là où la science d’aujourd’hui en est incapable. »

La disparition d’une amie de Ziska dans ce second tome nous amène à faire la connaissance du loup de seigle, un loup sorti tout droit des légendes qui a une histoire fascinante, en lien avec le passé de Nico. Je crois que c’est d’ailleurs le chapitre que j’ai préféré dans ce second tome.

En filigrane, le manga questionne souvent le rapport de l’homme à la nature, son empreinte sur le monde qui l’entoure et son rapport aux animaux. Même si le côté fantastique est entièrement présent, on sent tout de même que ces questionnements peuvent s’appliquer sans problème à notre monde. Entre la médecine vétérinaire, la magie et le fantastique, le manga devrait plaire assurément à ceux qui aiment les bestiaires et les histoires d’animaux étranges et fantaisistes.

Je crois que le plaisir de lecture de cette série réside surtout dans l’atmosphère que dans l’intrigue. Chaque tome contient quelques rencontres particulières avec des créatures fantastiques qui sont dotées de particularités étonnantes et que Nico et Ziska doivent soigner. On apprend auprès d’eux la façon dont les bêtes vivent, leur façon de s’alimenter, leurs caractéristiques et la façon de les soigner. C’est donc l’univers fantastique qui est captivant et qui procure un bon moment de lecture.

La série Créatures fantastiques de Kaziya me plaît définitivement beaucoup! Elle n’est pas sans rappeler le monde des Animaux fantastiques de J.K. Rowling. Le coup de crayon de Kaziya est vraiment très joli. Un manga vraiment agréable à lire pour suivre Ziska et Nico dans leur travail de soigner des créatures fantastiques particulières. J’ai hâte de me plonger dans le tome 3!

Mon avis sur le tome 1.

Créatures fantastiques t.2, Kaziya, Komikku Editions, 208 pages, 2019

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Créatures fantastiques t.1

créatures fantastiquesLa science a remplacé la magie dans le cœur des hommes. Elle est sur le point de faire basculer le monde dans une nouvelle ère, entraînant les créatures fantastiques dans l’oubli. Descendante d’une lignée de mages et déçue de la place qu’occupe désormais la science aux dépens de la magie, la jeune Ziska est apprentie vétérinaire. Avec son maître Nico, elle cherche à soigner et préserver les bêtes mythiques menacées d’extinction…

Ziska est une jeune mage, apprentie vétérinaire chez son maître, Nico. Il lui apprend les rouages du métier, et elle l’aide à voir les choses différemment par l’application de la magie.

« Cette histoire se déroule à une époque où les avancées scientifiques entraînent le monde vers une nouvelle ère… Une époque où les hommes oublient peu à peu les arts magiques… Et où les créatures fantastiques commencent à disparaître de la surface de la terre… »

Un manga plutôt intéressant! Le dessin est joli, un peu enfantin. Aux changements de chapitres, le coup de crayon change et est un peu brouillon, comme pour montrer une petite parenthèse à l’histoire que l’on vient de lire. Autrement, le dessin est soigné et détaillé pour tout le reste de l’histoire.

Chacun des chapitres se concentre sur une créatures particulière. Ici on retrouve le Lindworm, la Salamandre, le Wolpertinger, la Mandragore et le Kelpie. L’auteur avec son manga revisite les créatures fantastiques issues du folklore de nombreuses régions. Nico est surtout celui qui soigne les bêtes alors que Ziska s’occupe de la magie. Elle souhaite aussi apprendre à créer des remèdes comme sa mère le faisait. Il y a donc un côté botanique et herboriste magique au manga qui m’a bien plu.

Le dessin est mignon et l’histoire est sympathique. Les personnages sont attachants, même si Ziska est peut-être un peu naïve. Il faut dire que c’est encore une enfant, donc elle évoluera sûrement au fil des tomes. La description des créatures et les soins qui leur sont accordés sont aussi intéressants. On y retrouve plusieurs points en commun avec l’univers des Animaux Fantastiques de J.K. Rowling. Du moins, moi j’y trouve des ressemblances et ça me plaît beaucoup. Ceux qui aiment ce genre d’univers devraient aussi apprécier le manga de Kaziya.

Outre l’histoire fantastique, il y a une belle réflexion concernant les animaux dont on prend soin et jusqu’à quel point on doit tout faire pour les sauver. Le manga offre aussi un petit jeu: un puk (une étrange petite créature) se cache dans chaque chapitre. Saurez-vous les trouver?

J’ai bien hâte de découvrir la suite de cette histoire!

Créatures fantastiques t.1, Kaziya, Komikku Editions, 208 pages, 2019

La colline

la collineJared et Kyle ne pourraient être plus différents.
Jared et Kyle ne pourraient être plus mal pris.

La colline est un roman mystérieux, prenant, qui met en scène deux personnages d’adolescents, Jared et Kyle.

Jared est un garçon de la ville, dont les parents divorcés sont riches à craquer. Vêtu à la dernière mode, ayant tout ce qu’il désire, ses parents comblent leur absence par des biens matériels. Jared est suffisant et se croit supérieur aux autres. L’argent mène son monde.

Kyle a été élevé dans la nature. Il est issu de la nation Cri. C’est un amérindien qui est proche de sa famille, sait comment se nourrir avec ce que la nature a à offrir, parle plusieurs langues, passe une partie de l’année au camp dans la forêt avec ses grands-parents. La nature mène son monde.

Kyle et Jared n’auraient jamais dû se rencontrer. Sauf que l’avion privée du père de Jared qui amenait l’adolescent chez son père à Yellowknife s’est écrasée en pleine forêt. C’est Kyle qui va le trouver, mais Jared est têtu et n’en fait qu’à sa tête. En croyant pouvoir capter quelque chose avec son téléphone pour demander de l’aide, Jared va pousser les deux adolescents à grimper la colline. Une colline où personne ne doit aller.

« Kokum nous prévient chaque année. On ne monte pas sur la colline. »

C’est alors le début de l’aventure des deux garçons, dans un monde parallèle au nôtre, qui donne vie à une légende issue de la mythologie amérindienne, celle de Wîhtiko (ou plus couramment connue sous le nom de Windigo). C’est une aventure teintée de suspense et de frissons qui les attend. Très vite, les deux adolescents doivent surpasser les préjugés qu’ils ont l’un pour l’autre et s’entraider pour réussir à survivre.

Au début du roman, Jared et Kyle se détestent. Ils ne se comprennent pas, ne saisissent pas comment l’autre fonctionne ni comment chacun vit. Si Jared est mal outillé pour survivre en pleine nature alors que c’est le territoire familier de Kyle, chacun apporte une contribution, quoique différente, à la survie des deux. Ils doivent unir leurs forces pour battre ce qui s’acharne sur eux et qui souhaite leur mort. La survie devient rapidement tout ce qui compte.

« En ville, il n’avait jamais songé au soulagement que c’était de respirer encore. Il avait cru que tout lui revenait de droit. La nourriture, la sécurité, le luxe. La vie. »

Ce qui est intéressant dans ce roman, c’est l’omniprésence de la nature, les détails quant à la façon de se débrouiller dans la forêt avec une force obscure qui vous traque. Le roman mélange habilement techniques de survie et surnaturel, tout en offrant le portrait de deux mondes différents qui ne se comprennent pas toujours: les Blancs et les Amérindiens.

Les deux adolescents sont obstinés et ont des idées préconçues sur la manière de vivre de l’un et l’autre. Ils ne sont pas tendres dans leurs échanges. Leurs querelles deviennent presque un leitmotiv pour continuer à avancer. Kyle maudit la bêtise de Jared, alors que ce dernier grogne contre la force et la facilité de Kyle à évoluer en forêt. Tout le long de l’aventure, Jared dresse en parallèle de l’histoire, la liste de tous les points pour lesquels lui et Kyle ne seront jamais amis. Jamais?

Malgré quelques longueurs et certaines situations similaires d’un chapitre à l’autre, le roman est captivant et réussit à dresser un beau portrait d’amitié de jeunes qui avaient tout pour se détester. L’adversité peut unir les gens et si chacun prend la peine de découvrir l’autre, on peut avoir de belles surprises.

La touche de fantastique et l’atmosphère de légendes dans lequel baigne l’histoire ajoute beaucoup à l’intrigue. Un très bon livre, qui se lit avec grand plaisir! J’ai été contente de cette découverte.

Le livre a été finaliste pour de nombreux prix littéraires canadiens en 2017 et 2018: le Prix Sunburst, le Prix Snow Willow, le Prix du livre Rocky Mountain et le Prix OLA Forêt de la lecture Red Maple.

La colline, Karen Bass, éditions Québec Amérique, 387 pages, 2018