Ma vie dans les bois t.6: pêche hivernale

ma vie dans les bois 6L’hiver est tombé sur le Japon… Mais ne croyez pas qu’il n’y a rien à faire d’autre que de rester cloîtré chez soi, au coin du feu, en cette froide saison. Non, plutôt que de se tourner les pouces à se morfondre en attendant le retour des beaux jours, Shin décide de se lancer dans de nouvelles expériences : il se lance cette fois-ci dans la pêche hivernale !

Le manga commence tout d’abord en automne, alors que Shin et Miki nous expliquent la cueillette des ignames, principalement des petits tubercules comestibles qui poussent à la base des feuilles. On apprend comment ils les repèrent et la façon d’en faire la cueillette. Le tubercule est aussi comestible mais sa cueillette est un vrai parcours du combattant! Ce qui laisse naturellement place à quelques scènes humoristiques dont Shin a le secret!

Puis enfin, c’est l’hiver! Shin pense s’installer tranquillement chez lui en attendant la belle saison, mais c’est sans compter l’arrivée inopinée du « boss », le mentor de pêche de Shin, déjà rencontré dans les autres tomes de la série. Il propose la pêche hivernale: ils iront pêcher le wakasagi, un poisson introduit dans la région comme attrait touristique pour la pêche récréative. Ce qui ne devait être à la base qu’un joyeux passe-temps pour rapporter de la nourriture supplémentaire sur la table devient un véritable défi!

Shin et le Boss rencontrent un jeune garçon, Gon, alors qu’ils testent leur matériel et s’exercent à pêcher sur une plateforme flottante en attendant la formation de la glace. Frondeur, un peu mal poli, celui-ci pêche accompagné de son grand-père et perçoit l’activité comme un jeu high-tech en pleine nature. La confrontation se solde en véritable pari de celui qui pêchera le plus de poissons, Gon avec sa canne électronique, Shin et le Boss avec des cannes fabriquées à la main.

C’est à cette aventure de performance et au travail de création de cannes à pêche que nous amène Shin dans cette histoire hivernale de pêche sur la glace. La confrontation finale se jouera entre les deux hommes et le garçon, par une journée d’hiver rude et glacée.

Autour de ce pari enfantin, Shin amène une réflexion sur les traditions versus les produits de haute technologie. C’est aussi l’occasion de confronter deux générations différentes à travers une même passion et de tester leurs connaissances en bricolage afin de réussir la canne parfaite.

Comme toujours, un tome instructif, plein d’humour et qui se lit avec grand bonheur. Est-ce que j’ai déjà dit que j’adorais cette série? Je vous laisse découvrir mes autres billets sur les tomes précédents, afin de vous convaincre que ce manga vaut largement le détour!

Bonne pêche!

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Quelques mots de la postface, extrait d’un livre de Michio Hoshino:

« La nature nous a toujours un peu enseigné les réussites et échecs d’une vie la plus éloignée des normes sociales. »

Ma vie dans les bois t.6: pêche hivernale, Shin Morimura, éditions Akata, 160 pages, 2018

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Ma vie dans les bois t.5: La faune dans tous ses états

ma vie dans les bois 5Plus les années passent, et plus Shin et sa femme deviennent des experts de la vie en autarcie ! Accompagné de son nouveau chien, le quinquagénaire continue d’explorer les joies de son quotidien : entre pèche et potager, mais aussi récolte de miel ou sanglier, le mangaka des bois n’a pas fini d’en apprendre sur la richesse de la nature.

Ce cinquième tome de la série Ma vie dans les bois aborde principalement le thème des animaux (mammifère, poissons et insectes). Ceux qu’on garde comme compagnons, ceux qu’on élève pour la nourriture ou que l’on pêche, ceux qui nous envahissent et de qui on doit se défendre.

La première partie parle surtout des chiens de Shin et Miki. Ceux qui sont passés dans leur vie, celui qu’ils ont maintenant et l’adoption d’un tout nouveau petit chien, ainsi que de la place de chacun au sein de la famille, incluant Miki « qui gère et qui fait peur »! Shin a toujours beaucoup d’humour pour nous raconter son quotidien.

La seconde partie du livre parle de la pêche, mais surtout, de ce que ça prend pour devenir un bon pêcheur. Avec son maître de pêche, Shin va construire et travailler à créer la meilleure canne à pêche possible. Le récit de leur travail, de la recherche du bambou parfait au séchage qui dure des années, jusqu’aux matériaux choisis et à la cuisson est totalement fascinant. Quand, enfin, les cannes sont créées, il faut aller les tester sur un vrai plan d’eau! Shin n’est certainement pas au bout de ses surprises!

La troisième portion du manga aborde les envahisseurs, des insectes qui se défendent et attaquent, jusqu’aux bêtes qui dévastent les jardins, en passant par les poules, les œufs et l’apiculture. Beaucoup de thèmes sont abordés et c’est avec intérêt qu’on les découvre.

Un petit clin d’œil à la façon dont Shin gère la mort de ses chiens, qui reposent toujours sous un arbre et ça m’a beaucoup touchée. Il parle toujours de ses animaux familiers avec une grande sagesse et beaucoup d’empathie.

Tous les tomes comportent des extraits de lettres et des photos de la vraie vie de Shin et Miki et ce cinquième tome ne fait pas exception. Il y a aussi un message écologique dans chacun des tomes, que ce soit au niveau de la consommation, de la mort des écosystèmes, des tragédies écologiques.

Comme d’habitude, je ne peux que vous conseiller cette série de mangas. C’est toujours excellent, captivant et vraiment intéressant à découvrir. Chaque tome est un véritable bonheur de lecture, surtout si vous aimez la nature et les récits sur l’autosuffisance.

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Ma vie dans les bois t.5: La faune dans tous ses états, Shin Morimura, éditions Akata, 160 pages, 2018

Ma vie dans les bois t.4: La triple catastrophe

ma vie dans les bois 4Le 11 mars 2011. Ce jour-là, Shin et sa femme se lèvent comme d’habitude. Cela fait quelque temps désormais qu’ils vivent dans la montagne. Mais quand, à 14H46, ils sentent une terrible secousse, ils ne s’imaginent pas encore de la catastrophe mondiale qui s’annonce. En effet, à cent kilomètres de là où ils vivent se trouve la centrale de Fukushima Daichi. Frappée par le séisme, puis par la déferlante du tsunami, la centrale nucléaire s’emballe. Quel impact aura cette crise écologique sur leur quotidien ?

Un beau jour alors qu’ils sont tranquillement chez eux, dans les bois, Shin et Miki ressentent des secousses de plus en plus violentes. Après un peu de répit, les secousses recommencent. Ils sont isolés, ne savent pas trop ce qui se passent et doivent constater les dégâts. Comme ils n’ont pas la télé, Shin décide d’aller explorer pour savoir ce qui s’est passé. Il n’ira pas bien loin: les routes se sont effondrées et sont impraticables. C’est alors qu’ils apprennent pour le tsunami et les problèmes reliés à la centrale nucléaire.

Les radiations sont une des répercussions les plus insidieuses de cette catastrophe. Inodore, incolore, on ne les voit pas, mais elles imprègnent tout: les arbres, les plantes, la nourriture, le jardin, les animaux, les humains… Comment continuer à vivre en harmonie avec la nature quand tout ce qu’on porte à sa bouche est un risque potentiel? Comment poursuivre ce mode de vie en harmonie avec son environnement quand l’environnement justement, est gravement atteint? Voilà le propos de ce quatrième tome, les questionnements, les inquiétudes et les solutions apportées par Shin et Miki.

« Une vie trop commode nous rend incompétents. »

Shin nous raconte le quotidien dans un printemps tourmenté qui n’a pas été de tout repos. Sa façon d’affronter la catastrophe c’est d’utiliser ce qui est considéré comme n’étant plus bon (pierres trouvées à la décharge suite à l’effondrement d’immeubles, bois de sa montagne qui a été victime des radiations, etc.). C’est pour lui une façon de contrer la tragédie.

« Ignorant l’agitation du pays, la nature suit son cours comme si rien ne s’était produit, de façon providentielle. »

Shin et Miki tentent, malgré tout, de reprendre leur quotidien comme à l’habitude. La façon pour Shin d’y faire face est d’avoir des projets. Ce tome se concentrera sur la création de toilettes extérieures et d’un four en pierres. Comme bien souvent, les collègues de Shin du magazine où il publie ses mangas seront de la partie!

Ce tome aborde la façon dont on peut faire face à une catastrophe, en continuant à vivre et en ayant des projets, tout en étant une prise de conscience de la qualité de vie et de l’écologie lors de grands changements.

« Si les gens étaient moins matérialistes et se préoccupaient moins de leurs envies, ils seraient plus libres, plus forts et plus maîtres de leurs vies, j’en suis convaincu. »

Comme toujours, le propos de Shin Morimura sonne juste. Le manga a beaucoup d’humour et la nature est omniprésente. Les chapitres sont entrecoupés de lettres sous forme de journal et de photos. À la fin du manga, il y a aussi la petite histoire de Yakumo Koizumi et de son texte Un Dieu vivant. C’est vraiment une histoire intéressante qui trouve un écho dans le récit de Shin Morimura.

C’est donc encore une fois un excellent manga que je vous invite à découvrir si la vie dans les bois, l’autosuffisance et l’écologie vous intéresse. C’est sans doute ma série de mangas préférée jusqu’à maintenant, peut-être parce que le thème me parle beaucoup!

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Ma vie dans les bois t.4: La triple catastrophe, Shin Morimura, éditions Akata, 144 pages, 2018

Là où les rivières se séparent

la ou les rivieres se separent“J’ai grandi au sein d’une entreprise familiale. J’ai grandi à Holm Lodge. C’est le plus vieux ranch-hôtel du Wyoming. Quand j’étais petit garçon, je savais que le ranch se trouvait à dix kilomètres de l’entrée est du parc de Yellowstone, mais je ne savais pas que je vivais dans le plus grand espace vierge de toute clôture aux États-Unis, Alaska excepté. Ça, c’est ce que je sais aujourd’hui. À l’époque, je savais seulement que j’étais libre sur cette terre.”

Là où les rivières se séparent est le premier livre de Mark Spragg que je découvre et je sais que ce ne sera pas le dernier. Le livre est conçu comme un recueil de récits, qui racontent essentiellement la jeunesse de Spragg au ranch de ses parents, quelque part près du parc de Yellowstone. La famille vit à la dure, dans un immense espace à perte de vue, entourée de chevaux, de la nature et d’employés. Les jeunes Spragg sont habitués de travailler dur, ils vivent dehors la moitié du temps, dans des baraquements l’été et dans une cabane l’hiver. Entre les randonnées avec des touristes, les parties de chasse organisées pour de riches hommes d’affaires venus de loin et les tâches quotidiennes, Mark nous raconte la vie sauvage de cette région, ses découvertes, son plaisir de rechercher la solitude.

L’écriture est particulièrement agréable dans ce livre. L’auteur nous raconte ses pensées, ce qu’il vit quotidiennement et c’est avec beaucoup de curiosité qu’on le découvre. La vie dans cette région et sur le ranch est bien différente de la vie que mène la plupart des jeunes de cette époque. L’auteur nous attache à son histoire, que l’on suit d’un récit à l’autre avec intérêt.

Spragg a une forme de sensibilité très touchante et une sincérité dans ce qu’il décrit qui ne peut que venir nous chercher comme lecteur, surtout si la nature nous interpelle. La rudesse de la vie sur un ranch en pleine nature où les commodités ne sont pas légion, où tout est loin et où tout le monde met la main à la pâte est fascinante. Il n’y a pas de télé (et est-ce qu’on en voudrait vraiment?), tout le monde lit beaucoup. Les livres sont importants.

« Nous lisons parce que mon père a des livres, par milliers. Nous ne sommes pas une famille qui part en vacances. Nous sommes une famille qui fait cent cinquante kilomètres aller-retour pour aller chercher des provisions en ville une fois par mois. Mon frère et mois, nous avons recours aux livres quand nous voulons nous évader du Wyoming, »

Les enfants grandissent dehors, conduisent des expéditions avec des touristes dès l’adolescence, connaissent le maniement des armes à feu et savent prodiguer les premiers secours en cas de blessure. Ils savent tout réparer, cuisiner et s’occuper d’animaux. Ils peuvent monter un campement en moins de deux.

Il y a aussi de nombreux moments difficiles et l’auteur nous les raconte avec sincérité. Le moment pénible où Spragg doit achever un cheval blessé pour lequel il n’y a rien à faire. Les blessures à soigner. La disparition d’un animal. Les chagrins et la perte de l’innocence de l’enfance quand il réalise que le ranch n’est pas forcément un paradis et que par son travail, lui-même contribue à s’occuper de chasseurs qui tueront des animaux juste pour le plaisir.

« Je ne les vois pas comme des hommes. Je les vois comme de gros scouts bruyants, comme des enfants obèses et chauves. J’imagine qu’ils viennent chez nous gagner leur badge d’ours. Pas pour tuer quelque chose d’ordinaire qu’on peut manger, mais pour tuer quelque chose d’extraordinaire qui pourrait les manger. »

Spragg nous raconte le Wyoming de son enfance et de son adolescence dans ce très beau livre, avec quelques incursions plus récentes, alors qu’il termine l’université ou qu’il est maintenant adulte et marié. Cette façon d’utiliser la nature pour nous raconter sa vie sur le ranch est très intéressante. Les récits se découvrent avec plaisir, la lecture se fait avec bonheur. J’ai adoré ce livre. Spragg a une belle plume, la traduction est de qualité et l’histoire, la sienne, est captivante.

Spragg raconte toutes sortes d’anecdotes liées au travail sur un ranch, mais aussi à sa découverte de la nature. La place que prennent les chevaux dans sa vie, les chats de grange, les animaux sauvages rencontrés en chemin, sa peur des serpents. Il raconte également le temps, avec lequel il faut apprendre à vivre. La neige abondante, la chaleur accablante, le froid mordant et mortel, ainsi que le vent, qui ne cesse jamais de souffler.

J’ai aimé tous les récits de ce livre, même les plus émouvants. Mon préféré est sans doute L’hivernage qui met en lumière tout le reste. Ce récit parle du retour de Spragg après avoir terminé l’université. Quatre années passées sur le béton d’une ville l’a presque estropié. Il a mal aux jambes, a mal partout. Il n’en peut plus du bruit, des gens, et il ne rêve que de retrouver la solitude de ses montagnes. Comme j’ai aimé cette histoire!

« Je rêve du mois de janvier. Du crépuscule à 4 heures de l’après-midi. Du rythme lent et prudent de la vie par -20°c. J’imagine que je m’envelopperai d’hiver: cinq mois de lumière vaporeuse, le délicat abrutissement du froid. Je ferme les yeux et je pense aux rivières couronnées de glace. Et à la neige. Son accumulation douce, jour après jour. La neige étouffera tous les bruits, les réduira à un murmure. J’imagine qu’en marchant dans la neige, mes jambes se répareront; ce sera comme un massage pour ma psyché. »

Un beau coup de cœur pour ce livre, qui me rappelle un peu le genre de récit qu’écrit Rick Bass. J’ai beaucoup aimé et je le relirai à l’occasion. Je vous le conseille. C’est un livre vraiment très beau, par moments très touchant par la façon dont l’auteur parle de la nature, de la vie, de lui-même. Ici, la nature répare et guérit. Elle soigne le corps et l’âme.

Une excellente découverte!

Là où les rivières se séparent, Mark Spragg, éditions Gallmeister, 323 pages, 2018

Ma vie dans les bois t.3: Fumage et fumées

Ma vie dans les bois 3Shin Morimura et sa femme s’habituent à peu à leur nouvelle vie, et commencent même à mieux connaître l’environnement qui les entourage. Mais pour accéder à l’autonomie alimentaire, cultiver un potager ne suffit pas ! En effet, pour vivre au fil des saisons, se posent les questions de la cuisine, mais aussi et surtout de la conservation des aliments… Le couple a décidément encore beaucoup de travail !

L’été commence à s’en aller doucement et l’automne pointe le bout du nez. C’est la saison du fumage qui débute pour Shin et Miki. À l’aide de chutes de bois, Shin a construit lui-même son fumoir sous le regard incrédule de Miki. Comment pourront-il fumer leurs aliments à l’aide d’une simple boîte? Miki me fait souvent sourire puisqu’elle pose les questions que le lecteur se pose. Toutefois, comme d’habitude, Shin a un projet bien plus grand que de fumer simplement du maquereau ou du bacon…

Avec tout ce que rapportera Shin, lui et sa femme nous parlent de la façon dont ils vont apprêter leurs futurs repas. Si on s’intéresse à la cuisine et au fumage des aliments, c’est un manga très intéressant et très instructif.

« Je fais comme si j’étais maître dans l’art du fumage, mais il s’agit de mon premier de A à Z. »

Shin raconte la façon dont il a construit son fumoir et les différents types de fumages pour les aliments. J’aime beaucoup sa vision des choses. Il pêche pour se nourrir, mais a aussi un grand respect pour les animaux qu’il tue et pour la nature en général. Ce troisième tome aborde beaucoup la question de la pêche et la conservation des prises. C’est intéressant et ça donne envie de s’essayer à différentes techniques.

Shin n’est pas le plus doué pour la pêche et la façon dont il nous raconte ses erreurs, l’attente du poisson et sa difficulté à pêcher alors que tout le monde y arrive est pleine d’humour. Sa vision de lui-même et de son travail pour mener une vie autosuffisante est très lucide. J’aime beaucoup sa façon de raconter. Les réflexions qu’il amène autour de la nature, de la société, des choix de vie sont particulièrement justes.

« On ne fait que nous parler de progrès tout le temps… mais il existe beaucoup de choses qui ne changent jamais et qui sont formidables, magnifiques, et rendent heureux. »

Après quelques chapitres sur la pêche, le livre aborde aussi le thème des champignons (de la cueillette à la dégustation) et du charbon. Ce sont de gros projets dans lesquels se lance Shin. Cultiver ses propres champignons et faire lui-même son charbon. Des techniques qui ne sont plus couramment connues aujourd’hui.

Toujours accompagné de textes de l’auteur et de photographies à chaque chapitre, ce troisième manga aborde un autre aspect de la vie en autarcie et est toujours aussi captivant!

« Il n’y a ni progrès ni succès sans travail et erreurs. »

Vraiment, cette série vaut la peine si vous vous intéressez à l’autosuffisance et à la vie dans les bois. Une vie différente, en marge de la société. Le sympathique Shin (et son humour) est aussi pour beaucoup dans le plaisir de découvrir son aventure dans les bois!

Ma vie dans les bois t.3: Fumage et fumées, Shin Morimura, éditions Akata, 144 pages, 2018