Le petit livre des bains de forêt

Petit livre des bains de forêtIl existe un lieu à notre portée, où trouver détente et sérénité, se recentrer et faire le plein d’énergie tout en se laissant aller à la méditation. Ce lieu, c’est la forêt. Très populaire au Japon, le « bain de forêt », shinrin-yoku, a conquis l’Occident. Cette pratique nous invite à nous rapprocher de la nature, de son harmonie, afin de renouer avec notre capacité innée à guérir. Alliée de l’esprit, la nature présente des bienfaits étonnants – et scientifiquement prouvés – sur notre corps, notamment le mental, la santé cardiovasculaire, la glycémie et l’immunité. Ce petit livre étonnant vous guidera pas à pas à travers la forêt et vous en livrera tous les secrets, mythologiques, médicinaux, culinaires. Respiration, pleine conscience, relaxation, marche pieds nus : grâce à des exercices et à des conseils pratiques, vous pourrez tirer profit de chacune de vos promenades ou… faire venir la nature à vous par l’aromathérapie ou les expériences de visualisation. Une immersion fascinante dans un monde magique.

À travers la forêt, l’auteure démontre à quel point on peut puiser dans cette ressource pour retrouver le bien-être, la tranquillité et un état plus reposé et moins stressé. J’ai adoré cette lecture, que j’ai trouvé très rafraîchissante. C’est une lecture reposante et relaxante, encore plus si on a la chance de la faire en forêt (ce que j’ai fait!).

« Si ton âme est malade, cache-toi dans la forêt comme une bête blessée: elle te soignera. Les arbres sombres sont des amis muets. Ils t’accueillent en silence et te font du bien. »
– Siegfried von Vegesack

L’auteure donne plusieurs exercices au fil des pages, que ce soit des exercices axés sur la méditation, la respiration ou le yoga. Le livre nous incite à ralentir, à prendre le temps de mieux observer ce qui nous entoure et apprendre à mieux respirer. Cette façon de présenter des aspects variés de l’utilisation de la forêt pour notre bien être m’a beaucoup plu.

L’ouvrage nous incite à être plus réceptif à ce qu’on peut trouver en forêt et à la sagesse que les arbres, source de vie, peuvent nous transmettent. Avec le quotidien toujours pressé d’aujourd’hui, les gens ne prennent plus de temps pour eux-même et encore moins le temps de rester en forêt pour s’y ressourcer.

« Soyons honnêtes: quand prenez-vous le temps d’aller en pleine nature vous soustraire aux contraintes du quotidien? »

Pourtant les bienfaits qu’on y retirent sont absolument fabuleux et aident à apaiser le stress. Les phytoncides, substances odorantes excrétées par les plantes, les aident à lutter contre les maladies. Ces substances sont une forme de langage des plantes. En les respirant, l’humain renforce alors son système immunitaire. Tout de suite, nous sommes apaisés.

Ce petit guide pratique et bien construit est une bouffée d’air frais. Intéressant par son côté informatif, c’est aussi un livre accompagnateur dans notre recherche d’un état plus serein et moins stressé.

« Prêtez attention à tous les bruits, proches ou lointains, qui pénètrent dans vos oreilles. Écoutez la voix de la forêt, le bruissement du vent dans les arbres, les chants d’oiseaux, le vrombissement des insectes. »

Une excellente lecture qui aborde également plusieurs espèces d’arbres et nous parle de leurs bienfaits. Ces parties du texte sont hyper-intéressantes, puisqu’on apprend toutes sortes de choses utiles. Au-delà de l’arbre, on retrouve des recettes, des idées d’infusions, des informations sur les propriétés des feuilles ou de l’écorce. J’ai d’ailleurs bien envie de tester certaines recettes!

L’auteure aborde également le côté mythique et symbolique de plusieurs arbres et leurs applications médicinales. Le texte est complété par des citations ou des pensées en rapport à la forêt, d’auteurs, de philosophes ou d’artistes.

Le petit livre des bains de forêt a été une fabuleuse lecture pour moi. Je vous conseille fortement ce petit livre très instructif et très zen!

Le petit livre des bains de forêt, (S’initier à la sylvothérapie pour se ressourcer), Bettina Lemke, éditions Albin Michel, 144 pages, 2018

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L’arbragan

arbraganQuand on est un petit garçon pas comme les autres et que cette différence ne nous embête pas, on peut très bien se lier d’amitié avec un arbre et l’appeler Bertolt. Il est un chêne très vieux et son immense feuillage est non seulement une cachette mais aussi une maison, un labyrinthe ou une forteresse. Un jour, un nouveau printemps arrive et Bertolt meurt. Quand un chat ou un oiseau décèdent, on sait quoi faire, mais pour un arbre, on fait quoi?

C’est la question posée dans le résumé qui m’a attirée vers ce livre. Effectivement, que fait-on quand un arbre meurt? J’aime les arbres et c’est toujours avec tristesse que je constate la mort de l’un d’entre eux. Le petit garçon du livre en fait la triste expérience, avec Bertolt, un arbre dans lequel il se réfugie et où il passe beaucoup de temps.

« Je me réfugie alors à l’intérieur de Bertolt, où je me sens bien à l’abri dans sa ramure qui grince et qui craque comme les mâts d’un galion dans la tempête. »

Le petit garçon qui nous raconte l’histoire est un enfant imaginatif, curieux, amoureux des arbres et qui est différent des autres. Il n’entre pas dans le moule. C’est d’autant plus réjouissant que de retrouver un petit personnage comme lui, qui use de beaucoup d’imagination, alors que beaucoup trop d’enfants passent leur vie derrière les écrans. Lui, il joue dehors tout le temps et il aime passionnément les arbres.

« Quand on n’est pas pareil ou qu’on est original, ça fait rire les gens ou pire: ça les dérange. »

C’est sa petite idée originale pour offrir un dernier hommage à son ami l’arbre qui est au cœur de ce très bel album. Une histoire sur la nature, ses bonheurs, mais aussi une fable sur le pouvoir de l’imagination.

L’arbragan est un petit album s’adressant aux 6 ans et plus. L’histoire est universelle et devrait plaire à tous ceux qui aiment les arbres.

Un livre intelligent à découvrir d’urgence. Qu’on soit petit ou grand!

L’arbragan, Jacques Goldstyn, éditions La Pastèque, 96 pages, 2015

La vie secrète des arbres

vie secrete des arbresIl y a un Wood Wide Web comme il y a un World Wide Web! Par leurs racines mais aussi par leurs feuilles et par le pollen qu’ils émettent, bouleaux, épinettes, sapins, érables, pins ou trembles communiquent entre eux. C’est du moins l’une des étonnantes constatations du garde forestier Peter Wohlleben, dont le livre sensible et plein d’intuition nous révèle un monde bien caché. Étant donné que l’évolution nous a très tôt coupés du monde végétal, il nous est aujourd’hui plus difficile de comprendre les plantes que les animaux. L’auteur nous invite à renouer avec nos forêts anciennes où pullule une vie très mal connue. Il nous apprend que les arbres possèdent un sens du goût, s’entraident, respirent, réussissent à vivre des centaines voire des milliers d’années…

Ce livre, je l’ai lu en prenant mon temps, à raison d’un ou deux chapitres par jour. J’avais besoin d’assimiler ce que je lisais, de prendre conscience de tout ce que j’apprenais sur les arbres et de compléter ma lecture en observant la forêt autour de moi. En associant ce que je voyais à des passages du livre, je voulais donner toute sa force au contenu du livre et je crois que c’est une grande réussite car c’est l’un des ouvrages les plus marquants que j’ai pu lire ces dernières années.

La vie secrète des arbres est un livre très accessible, conçu pour tous, qui vous fera redécouvrir la vie des arbres. Assurément, il est impossible de rester de marbre face à cette lecture, parce qu’elle change quelque chose en nous. Elle modifie grandement notre façon de percevoir les arbres. Et pour ça, je remercie l’auteur. Maintenant que j’ai lu le livre, je peux vous le dire: vous n’avez aucune idée de tout ce qui se passe dans une forêt. Vous n’avez aucune idée de la façon dont les arbres vivent. Vous ne savez pas tout ce qui se joue secrètement, au fond des bois, pendant que vous vivez votre vie. Il faut découvrir ce livre pour en prendre pleinement conscience.

L’auteur aborde tellement de thèmes en rapport aux arbres, qu’il est étonnant de constater la mine d’information contenue dans moins de 300 pages. Beaucoup de comparaisons entre l’homme et l’arbre sont utilisées dans ce livre, comme notre rapport au soleil (le vieillissement de la peau pour nous, de l’écorce pour les arbres), la « calvitie » chez l’homme comme dans le houppier des arbres vieillissants, notre rapport à l’eau versus celui des arbres, nos défenses contre les bactéries et la même chose que l’on retrouve chez les arbres.

Plusieurs chapitres sont étonnants. Celui qui aborde les champignons et la forme de compagnonnage qu’ils exercent auprès des arbres en est un bon exemple:

« Au fil des siècles, un unique champignon peut ainsi s’étendre sur plusieurs kilomètres carrés et mettre en réseau des forêts entières. En transmettant les signaux d’un arbre à un autre par ses ramifications, il concourt à l’échange d’informations sur les insectes, la sécheresse du sol ou tout autre danger. »

« Une cuillère à café [de terre] contient déjà à elle seule un kilomètre de filaments de champignons. »

Les chapitres qui parlent de la chute des feuilles en automne et de la façon dont les arbres se nourrissent sont fascinants, tout comme ceux qui abordent la couleur verte en forêt, résidu de lumière si apaisant lors d’une balade dans les bois. Même chose pour ce que l’on qualifie de « bon air de la forêt » et par ricochet, la façon dont les arbres « dorment » la nuit. La mobilité des arbres et les migrations d’espèces sont tout aussi étonnantes, justement parce que dans une vie d’homme, ces mouvements sont pratiquement imperceptibles.

L’homme cependant, n’y a pas toujours un rôle positif. La communication entre les plantes est souvent interrompue par l’humain, à cause de sa façon de traiter les cultures et les forêts, ses coupes intempestives et son utilisation de pesticides. Peut-être qu’en prenant conscience de toute la vie qui se joue dans les bois, l’humain comprendrait un peu mieux que l’arbre est une richesse qui ne sert pas qu’à sa simple exploitation.

« Je me demande parfois si on ne serait pas contraints de traiter les arbres et l’ensemble des végétaux avec plus d’égards s’il s’avérait sans contestation possible qu’ils partagent de nombreuses facultés avec les animaux. »

J’ai eu un immense coup de cœur pour cet ouvrage de Peter Wohlleben qui réussit à nous faire changer littéralement le regard que nous portons sur les arbres, la forêt et les ramifications invisibles qui unissent chaque individu et chaque espèce. Son livre nous offre un point de vue unique et inédit, tout en modifiant notre perception des arbres. Ce garde forestier, près de Cologne en Allemagne, est un vulgarisateur hors paire qui nous donne les clés d’un univers qu’on ne connaissait que trop peu.

« Un seul arbre peut ainsi s’étendre sur plusieurs hectares, parfois même dans certains cas extrêmes, sur beaucoup plus. La Fishlake National Forest, dans l’État nord-américain de l’Utah, héberge ainsi un faux tremble de plus de 40 000 troncs qui s’étend aujourd’hui sur environ 43 hectares pour un âge estimé à plusieurs milliers d’années. »

Désormais, chaque fois que je vais me promener dans les bois, mon regard sur les arbres change. Il est à l’affût des moindres détails afin d’espérer percevoir ne serait-ce qu’une miette de tout ce que j’ai pu apprendre dans cet ouvrage. En cela, le livre de Wohlleben est un incontournable pour tous ceux qui se soucient de la nature et qui aiment les arbres tout en souhaitant mieux les connaître. Je crois même que cet ouvrage pourrait agir comme un plaidoyer en faveur de la protection des arbres. Comment peut-on saccager une forêt en sachant tout ce qui s’y joue, dans l’ombre?

Votre façon de percevoir les arbres changera à jamais après avoir lu ce livre.

La vie secrète des arbres, Peter Wohlleben, éditions Multimondes, 259 pages, 2017

Rendez à ces arbres ce qui appartient à ces arbres

Redez à ces arbres ce qui appartient à ces arbresQuels sont les liens entre les humains et les arbres? Qu’avons-nous à apprendre de ces géants? Les entendez-vous nous parler?
Des baobabs de son enfance aux bouleaux du Bas-du-Fleuve, Boucar Diouf a toujours été fasciné par le monde des plantes. Aujourd’hui, après avoir longtemps écouté les arbres, il leur donne la parole dans ce livre où se croisent la biologie, la poésie et l’humour.
Sous forme de conte, ce grand humaniste nous parle de la vie, de la mort, de sa famille, de sa relation intime avec les plantes et de ce qu’elles peuvent nous apprendre.

Rendez à ces arbres ce qui appartient à ces arbres est un livre surprenant et passionnant de par cette science entremêlée de mythes et de sagesse africaine qui nous apprend beaucoup sur le lien qui unit l’arbre à l’être humain.

Dans ce bouquin l’auteur nous dévoile l’importance des arbres, les légendes qui les entourent et une partie des secrets qui englobent leurs existence.

Cette lecture nous donne tout simplement envie d’aller à la rencontre de ce mystérieux arbre qu’est le Baobab pour lui parler et ainsi espérer lui soutirer quelques vieux secrets dans le but d’accroître notre sagesse personnelle face à ces géants de la nature, pour ainsi vivre d’avantage en harmonie avec eux.

L’auteur fait aussi souvent référence au savoir que son père lui a transmit tout au cours de son enfance.

Avez-vous déjà pensé qu’un arbre pouvait parler? Lisez ce livre vous allez être surpris!

Rendez à ces arbres ce qui appartient à ces arbres, Boucar Diouf, Editions La Presse, 125 pages, 2015