La colline

la collineJared et Kyle ne pourraient être plus différents.
Jared et Kyle ne pourraient être plus mal pris.

La colline est un roman mystérieux, prenant, qui met en scène deux personnages d’adolescents, Jared et Kyle.

Jared est un garçon de la ville, dont les parents divorcés sont riches à craquer. Vêtu à la dernière mode, ayant tout ce qu’il désire, ses parents comblent leur absence par des biens matériels. Jared est suffisant et se croit supérieur aux autres. L’argent mène son monde.

Kyle a été élevé dans la nature. Il est issu de la nation Cri. C’est un amérindien qui est proche de sa famille, sait comment se nourrir avec ce que la nature a à offrir, parle plusieurs langues, passe une partie de l’année au camp dans la forêt avec ses grands-parents. La nature mène son monde.

Kyle et Jared n’auraient jamais dû se rencontrer. Sauf que l’avion privée du père de Jared qui amenait l’adolescent chez son père à Yellowknife s’est écrasée en pleine forêt. C’est Kyle qui va le trouver, mais Jared est têtu et n’en fait qu’à sa tête. En croyant pouvoir capter quelque chose avec son téléphone pour demander de l’aide, Jared va pousser les deux adolescents à grimper la colline. Une colline où personne ne doit aller.

« Kokum nous prévient chaque année. On ne monte pas sur la colline. »

C’est alors le début de l’aventure des deux garçons, dans un monde parallèle au nôtre, qui donne vie à une légende issue de la mythologie amérindienne, celle de Wîhtiko (ou plus couramment connue sous le nom de Windigo). C’est une aventure teintée de suspense et de frissons qui les attend. Très vite, les deux adolescents doivent surpasser les préjugés qu’ils ont l’un pour l’autre et s’entraider pour réussir à survivre.

Au début du roman, Jared et Kyle se détestent. Ils ne se comprennent pas, ne saisissent pas comment l’autre fonctionne ni comment chacun vit. Si Jared est mal outillé pour survivre en pleine nature alors que c’est le territoire familier de Kyle, chacun apporte une contribution, quoique différente, à la survie des deux. Ils doivent unir leurs forces pour battre ce qui s’acharne sur eux et qui souhaite leur mort. La survie devient rapidement tout ce qui compte.

« En ville, il n’avait jamais songé au soulagement que c’était de respirer encore. Il avait cru que tout lui revenait de droit. La nourriture, la sécurité, le luxe. La vie. »

Ce qui est intéressant dans ce roman, c’est l’omniprésence de la nature, les détails quant à la façon de se débrouiller dans la forêt avec une force obscure qui vous traque. Le roman mélange habilement techniques de survie et surnaturel, tout en offrant le portrait de deux mondes différents qui ne se comprennent pas toujours: les Blancs et les Amérindiens.

Les deux adolescents sont obstinés et ont des idées préconçues sur la manière de vivre de l’un et l’autre. Ils ne sont pas tendres dans leurs échanges. Leurs querelles deviennent presque un leitmotiv pour continuer à avancer. Kyle maudit la bêtise de Jared, alors que ce dernier grogne contre la force et la facilité de Kyle à évoluer en forêt. Tout le long de l’aventure, Jared dresse en parallèle de l’histoire, la liste de tous les points pour lesquels lui et Kyle ne seront jamais amis. Jamais?

Malgré quelques longueurs et certaines situations similaires d’un chapitre à l’autre, le roman est captivant et réussit à dresser un beau portrait d’amitié de jeunes qui avaient tout pour se détester. L’adversité peut unir les gens et si chacun prend la peine de découvrir l’autre, on peut avoir de belles surprises.

La touche de fantastique et l’atmosphère de légendes dans lequel baigne l’histoire ajoute beaucoup à l’intrigue. Un très bon livre, qui se lit avec grand plaisir! J’ai été contente de cette découverte.

Le livre a été finaliste pour de nombreux prix littéraires canadiens en 2017 et 2018: le Prix Sunburst, le Prix Snow Willow, le Prix du livre Rocky Mountain et le Prix OLA Forêt de la lecture Red Maple.

La colline, Karen Bass, éditions Québec Amérique, 387 pages, 2018

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Au bord de la terre glacée

Au bord de la terre glacée (2)Hiver 1885. Les terres de l’Alaska demeurent inexplorées. Le colonel Allen Forrester, héros de guerre décoré, remonte la Wolverine River pour en cartographier les abords. Il consigne son expédition dans un journal à l’intention de sa femme Sophie, dans l’espoir qu’elle puisse le lire s’il ne revenait pas. Sophie est restée à Vancouver après avoir découvert qu’elle était enceinte. Elle vivra seule sa grossesse, au sein d’une société peu apte à lui reconnaître la liberté à laquelle elle aspire. C’est l’art naissant de la photographie qui lui permettra de s’émanciper et de célébrer la beauté de la vie sauvage qui l’entoure. Au cours de cette année fatidique, Allen et Sophie seront, chacun à leur manière, confrontés à la nature grandiose et cruelle. Les épreuves qu’ils surmonteront changeront leurs vies et ce qu’ils sont à jamais.

Quel plaisir j’ai eu à lire ce roman! Je ne m’attendais pas du tout à une construction de ce genre et j’ai été agréablement surprise. C’est un bon pavé qui se lit extrêmement bien. Il y a beaucoup de choses qui m’ont interpellée dans le livre.

Tout d’abord la construction du roman est vraiment passionnante. En avançant dans le livre on comprend rapidement la façon dont l’histoire est présentée. Il y a d’abord Walt qui écrit une lettre à un musée d’Alpine en Alaska, envoyant des documents et articles historiques. S’ensuit une correspondance entre lui et le conservateur du musée, Josh. Leur sujet de conversation et les documents qu’ils s’échangent ont tous le même point commun: raconter l’histoire du colonel Allen Forrester et son groupe, partis explorer et cartographier la région entourant la rivière Wolverine; ainsi que la vie de la femme de Forrester, Sophie, la grand-tante de Walt, restée dans les baraquements de l’armée.

Le roman est un patchwork fascinant: correspondance, articles de journaux, reproduction de photographies d’époque, cartes, rapports militaires, journaux intimes, journal de route, dessins et croquis, extraits d’ouvrages médicaux, carte de Noël, publicités, citations et relevés d’expédition. Deux correspondances se détachent du lot: celle de Sophie et Allen, dont les lettres prennent des mois à parvenir à l’un et à l’autre, quand elles arrivent; et celle de Josh et Walt dont l’amitié se développe au fil des pages et de leur intérêt pour l’histoire. Ils finissent par se raconter peu à peu et on apprend à les connaître tout autant que le colonel et sa femme.

L’expédition que commande le colonel Forrester est mise en place afin de cartographier les lieux, mais aussi de recueillir des informations importantes sur les peuples autochtones qui y vivent, afin de faire face à d’éventuels conflits. Sophie devait être du voyage, mais puisqu’elle est tombée enceinte, elle est confinée à rester sur la terre ferme… avec une longue liste de choses à ne pas faire vu sa condition et la façon dont le médecin aborde la grossesse à cette époque.

Je l’avoue, j’ai d’abord eu peur que les parties du roman consacrées à Sophie ne parlent que de grossesse et d’enfants. Ça ne m’intéresse pas beaucoup. Mais c’est mal appréhender le personnage. Sophie est une femme étonnante pour son époque et c’est d’ailleurs pour cela que le colonel Forrester s’est intéressé à elle. Elle est parfois assez drôle également, avec une ouverture d’esprit qui ne cadre pas avec son temps.

« Comme la cabane en rondins est nichée au milieu des sapins, j’y ai plus l’impression d’être dans une forêt que dans un fort militaire. Elle est pleine de courants d’air et toute de guingois, c’est vrai, mais modeste, retirée, et elle me convient tout à fait. »

Laissée à la maison, on a l’impression qu’elle va tourner en rond ou participer à des mondanités avec les autres femmes des officiers de l’armée. On en est bien loin! Sophie ne s’intéresse aucunement aux mondanités. Elle suscite les commérages, on la juge pour son goût de la nature et du plein air, et pour sa naissante passion pour la lumière et la photo. Elle préfère grimper aux arbres, observer les oiseaux et dépenser son argent en matériel photographique plutôt que coudre au coin du feu et gérer le ménage familial. Grâce à elle, les parties du livre qui ne parlent pas de l’expédition de son mari deviennent des textes naturalistes fascinants et des notes sur l’ornithologie. La photographie qui en est à ses débuts, prend rapidement beaucoup de place dans sa vie. Et c’est passionnant, autant que les portions du roman qui abordent l’expédition de son mari.

« Je veux croire en quelque chose de mystérieux, de joyeux, de surprenant, même si à la fin cette chose me réserve une désillusion. »

Il y a naturellement tout le côté fascinant d’une expédition: le transport, les rivières, la nature plus grande que tout, les rencontres avec des amérindiens, le froid glacial, les animaux, la chasse pour se nourrir, les difficultés aussi. Et elles sont nombreuses.

On aborde beaucoup les liens entre les blancs et les autochtones dans le livre, puisqu’ils sont aussi très importants dans l’expédition. Certains aident Allen et ses compagnons alors que d’autres rencontres leur sont incompréhensibles. Il y a le personnage mystérieux du vieil homme que les tribus connaissent et qui effraie particulièrement l’expédition. Pendant le voyage, les croyances et les légendes issues des peuples autochtones hantent chacun des pas des explorateurs. La mort n’est jamais loin, les esprits non plus. Les légendes vibrent dans chaque découverte, le monde humain, animal et végétal n’a plus de frontières.

Le livre comporte quelques photographies et des extraits en rapport aux liens entre blancs et amérindiens. Les lettres de Josh, né sur place, sont aussi éclairantes sur cette question. Ce personnage est à la fois intéressant et marginal, tout en étant d’une douceur et d’une gentillesse incroyable. J’ai adoré sa correspondance avec Walt, qui sert à donner un nouvel angle à l’histoire de Sophie et Allen.

« C’est ainsi que les hommes sont. Nous sommes complexes, brouillons, magnifiques. »

Il y a un côté parfois presque poétique dans le roman, lorsque Sophie découvre la photographie et le pouvoir de la lumière, parle de l’art et de son père ou quand Allen est confronté à des choses qu’il ne peut même pas expliquer.

« Je pense beaucoup à la lumière, à la manière dont elle se concentrait dans les gouttes de pluie ce matin où j’étais folle de bonheur, et cette façon inattendue qu’elle a de changer et se déplacer, de sorte que la maison est parfois sombre et fraîche, et la seconde d’après emplie de rayons dorés.
Père évoquait une lumière d’avant les étoiles, une lumière divine toujours évanescente mais presque toujours présente aux yeux de ceux qui savent la voir. Elle entre et elle sort des âmes des vivants et des morts, se replie dans les coins silencieux de la forêt et, à l’occasion, se révèle dans les rares véritables œuvres d’art. »

Ce roman à plusieurs voix nous fait découvrir une panoplie de personnages, il nous amène à aborder l’histoire des Forrester avec la même fascination que Josh peut avoir pour les papiers racontant la fabuleuse aventure que Walt lui fait parvenir au musée. Le récit se croise et s’entrecroise beaucoup. Les liens entre les personnages se tissent doucement au fil des pages, les époques se rencontrent. C’est sans doute ce qui fait la plus grande force du roman et qui donne à sa lecture son côté si passionnant!

Une excellente découverte et une très bonne lecture que j’ai eu grand plaisir à lire. Je l’ai d’ailleurs étirée un peu pour rester le plus longtemps possible dans ce roman où j’avais l’impression qu’à chaque moment, je découvrais de nouvelles choses.

Une lecture que je conseille fortement!

À noter que l’auteure s’inspire de l’expédition de Henry Tureman Allen, qui a exploré les rivières Copper, Tanana et Koyukuk en Alaska, dont certains ont comparé le périple à l’expédition de Lewis et Clark.

Au bord de la terre glacée, Eowyn Ivey, éditions 10-18, 534 pages, 2018

Un dimanche soir en Alaska

un dimanche soir en alaskaQuelques baraques bancales posées sur un monde en sursis. Aux confins de l’Amérique et des glaces, le petit village indigène de Salmon Bay vit ses derniers instants. Bientôt, le littoral cédera, la baie l’engloutira. En attendant la barge chargée de les mener au nouveau site, les habitants disent adieu à la terre – cette terre où plane l’esprit des ancêtres, cette boue où les petites filles dessinent des histoires… Adieu à la toundra pelée, à la station de radio locale où Jo-Jo, le DJ, passe sans fin des vieux disques, aux chemins de planches et aux mélopées yupik… Tyler, le premier esquimau de la planète allergique au froid, Dennis dit « l’Embrouille », Angelic, Panika, Josh, Junior et les autres – tous sentent pourtant que Salmon Bay n’a pas dit son dernier mot. Avant la grande traversée, pour le meilleur peut-être, le village leur réserve un cataclysmique chant du départ…

Ce roman a toute sa place dans la section « nature writing » et ce fut une belle surprise de le découvrir.

Un dimanche soir en Alaska raconte un sujet encore rarement abordé dans la littérature: les réfugiés climatiques. Avec les ouragans dont on entend parler de plus en plus, les tempêtes, les inondations, les canicules intenses, ce roman est tout à fait d’actualité.

L’auteur raconte la vie d’un petit village, Salmon Bay, où les gens seront bientôt délocalisés. L’île s’érode à cause de la fonte des glaces et une barge est en route pour déménager tout le monde. Une poignée de militaires et de représentants du gouvernement viennent de débarquer sur l’île sans trop se soucier des populations présentes, dont la plupart sont issues des tribus amérindiennes, avec leur culture, leurs valeurs, que les « blancs » ne comprennent pas forcément. C’est la rencontre – et la confrontation – de deux mondes.

La construction du roman m’a d’abord déstabilisée. On suit plusieurs personnages en alternance et à chacun, il arrive quelque chose qui aura de lourdes conséquences sur le reste de l’histoire. La vie alaskienne dans ce petit village est dure, pauvre, avec les problèmes inhérents à la solitude et au fait que tout coûte cher, que l’approvisionnement est difficile, que l’alcool quoique interdit, circule sous le manteau. Mais la population du village, entre les traditions ancestrales et les jeunes qui aspirent à la vie contemporaine, présente un portrait malgré tout très soudé d’une communauté.

C’est vraiment un roman intéressant que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire. Je le conseille. J’avais aussi beaucoup aimé Le présage du corbeau du même auteur, qui aborde le thème des croyances et des Inuits, sur fond d’apocalypse.

Les deux romans sont à découvrir, Don Rearden a le don de raconter des histoires. C’est un auteur que j’apprécie et j’espère qu’on pourra le lire à nouveau bientôt. J’ai vu qu’il avait écrit Never Quit, pas encore disponible en français, sur un héros de guerre entraîné en Alaska. J’espère qu’il sera éventuellement traduit.

Les romans de Don Rearden parlent bien souvent de sujets qui m’interpellent: la nature, les amérindiens, un monde frappé par les changements climatiques ainsi que les croyances. C’est du moins le cas pour ses deux premiers, dont Un dimanche soir en Alaska. Une très bonne lecture!

Un dimanche soir en Alaska, Don Rearden, Fleuve éditions, 416 pages, 2015

L’indien malcommode

L'indien Malcommode‘ L’Indien malcommode est à la fois un ouvrage d’histoire et une subversion de l’histoire officielle. En somme, c’est le résultat de la réflexion personnelle et critique que Thomas King a menée depuis un demi-siècle sur ce que cela signifie d’être Indien aujourd’hui en Amérique du Nord. Ce livre n’est pas tant une condamnation du comportement des uns ou des autres qu’une analyse suprêmement intelligente des liens complexes qu’entretiennent les Blancs et les Indiens.  »

J’ai toujours été captivé par la culture Amérindienne, depuis tout petit. Je suis né près d’une réserve ce qui a peut-être contribué à mon intérêt, mais c’est principalement en faisant de la généalogie que j’ai découvert que certains de mes ancêtres étaient Amérindiens. Le plus triste, puisqu’il s’agissait de femmes, elles apparaissent dans ma lignée comme des « inconnues » (sauvagesses) puisque l’homme Blanc considérait les Amérindiens comme des « sans âmes ».

Avec ce livre l’auteur souhaitait relater l’histoire des Autochtones d’Amérique du Nord sur quelques centaines d’années, du tout début de l’arrivée des Blancs jusqu’à aujourd’hui. La façon dont l’homme blanc a voulu sortir l’Amérindien de l’homme mais sauver l’homme en l’assimilant à sa propre culture. L’essai est très vaste, il couvre une grande période et s’attarde autant sur les massacres de tout un peuple, que sur la création des réserves et des pensionnats indiens.

Au début de ma lecture, les deux premiers chapitres m’ont semblés difficiles. Ces chapitres m’ont parus comme étant une sorte de glossaire, l’auteur relatant beaucoup de noms afin de n’oublier personne. Par la suite, le livre prend une autre forme et l’histoire est captivante puisqu’on apprend énormément de choses sur ce qui a pu se passer entre l’homme blanc et l’Amérindien.

Le chapitre des pensionnats indiens m’a beaucoup touché. Le taux de mortalité étant épouvantablement élevé, un parent qui était forcé d’y envoyer son enfant n’était pas sûr de le revoir un jour. Et quand il le revoyait, l’enfant avait tellement été coupé de sa langue et de sa culture, qu’il ne le reconnaissait plus.

« Pour la plupart, les pensionnats dans les deux pays étaient surpeuplés. La maladie y régnait. Les abus sexuels et les sévices physiques étaient monnaie courante. Les élèves étaient mal nourris et mal habillés. En 1907, le docteur Peter Bryce envoya son rapport à Duncan Campbel Scott, le surintendant du ministère des Affaires indiennes, où il était dit que le taux de mortalité des élèves autochtones dans les pensionnats de Colombie-Britannique atteignait les 30%. En Alberta, ce taux était de 50%. J’ignore comment Scott a réagi au rapport, mais, en 1910, il écarta le problème du revers de la main en disant que le taux élevé de mortalité dans les pensionnats « ne saurait motiver, à lui seul, une inflexion de la politique du ministère, qui vise à trouver une solution finale au problème indien. » « 

La transmission de la culture Autochtone, à cause des lois, des traités et des gouvernements, est tellement difficile que peu à peu de grands aspects de leurs langues et de leurs coutumes s’éteignent tranquillement. Il est encore tellement complexe de rester un Amérindien en règle pour les lois gouvernementales qu’il s’agit encore une fois d’une façon de limiter la culture Autochtone et d’empêcher sa transmission de générations en générations.

La culture blanche a apporté beaucoup de limites, que ce soit au niveau des terres, des lieux de vie et des règles, au mépris de la culture des Autochtones. Trop souvent, les Blancs auront relocalisé les Amérindiens pour pouvoir exploiter leurs terres jusqu’à saturation.

Encore aujourd’hui, l’Amérindien dérange. Les gouvernements voudraient faire disparaître le « problème amérindien » au lieu de reconnaître ce qu’ils sont, leurs droits et de reconnaître leur culture. La justice est bien trop injuste et inégale entre les blancs et les Amérindiens.

L’auteur aborde énormément d’aspects de l’histoire amérindienne: les différentes tribus, le fonctionnement de chacune d’entre elles, les relations avec le gouvernement, la présence des amérindiens au cinéma, les différents traités signés au fil du temps, la relation avec la terre, etc. Chacun des chapitres débute avec une citation en fonction de l’histoire qui va suivre.

L’auteur termine son livre sur une note positive. Le but de l’essai n’est pas simplement de démontrer du négatif mais, aussi, de montrer ce qui a été fait au fil des années et ce qui peut être encourageant dans les relations entre les deux peuples.

« Mais je dois admettre que, en dépit de ces obstacles, les Autochtones de la fin du XXe siècle et des débuts du XXIe siècle ont commencé à remporter des victoires devant les tribunaux d’Amérique du Nord. Peut-être que, après tout ce temps, la loi du pays va enfin nous favoriser; et alors, nous vivrons heureux jusqu’à la fin des temps. »

La lecture de cet essai de Thomas King m’a donné envie de lire encore plus de choses sur le sujet et d’aller découvrir de plus près la culture amérindienne en participant à certains événements. Je crois que cette lecture est essentielle, parce que plusieurs choses que l’homme Blanc sait des peuples amérindiens est à la fois faussée par des mythes ou des images, à la fois totalement incomplète. Les gens auraient intérêt à lire ce livre pour connaître l’autre côté de la médaille, au-delà des préjugés et des idées préconçues.

Un livre que je recommande fortement. L’auteur, amérindien, s’est documenté pendant des années avant de se mettre à l’écriture de L’indien malcommode. Il vaut la peine qu’on s’attarde à son travail. C’est un livre à lire.

L’indien malcommode, Thomas King, éditions du Boréal, 320 pages, 2017