Mocha Dick

Mocha DickUn soir, à bord du baleinier Penguin, le second du capitaine est incité par l’équipage à raconter sa conquête du redoutable Mocha Dick : « Ce monstre célèbre, qui était sorti victorieux d’une centaine de combats avec ses poursuivants, était un vieux mâle d’une taille et d’une force prodigieuses. Chose singulière : par un effet de l’âge ou, plus vraisemblablement, d’une aberration de la nature comparable à celle que l’on retrouve chez l’albinos d’Éthiopie, il était blanc comme laine ! […] En un mot comme en cent, quelle que soit la façon de le considérer, c’était un poisson absolument extraordinaire. »
Son récit, qui rappelle celui d’Achab contre Moby Dick dans l’oeuvre éponyme de Melville, nous plonge dans une lutte acharnée entre un homme et un animal, où chacun déploie son obstination et sa ténacité pour survivre – et entrer dans la légende.

Cette petite plaquette arbore sur sa page intérieure un titre beaucoup plus long: Mocha Dick ou la baleine blanche du Pacifique: fragment d’un journal manuscrit. Un livre qui fait tout de suite penser à une autre célèbre baleine, beaucoup plus connue. Même s’il n’en existe aucune preuve, les similitudes entre les deux histoires laissent penser qu’il est possible que Mocha Dick ait pu être lu un jour par Herman Melville, l’auteur de Moby Dick. Après avoir lu avec un grand plaisir le livre de Melville, j’ai été naturellement attirée par cette histoire. Qu’en est-il donc de Mocha Dick?

L’auteur, Jeremiah N. Reynolds, a une histoire intéressante. Écrivain et explorateur, Reynolds soutenait John Cleeves Symmes Jr qui croyait à la théorie de la Terre Creuse. Une théorie définissant la terre comme étant « creusée en son centre » et pouvant abriter un monde à explorer. Cette idée a naturellement alimenté fictions et folklore. Reynolds réussit à lancer une expédition en Antarctique avant de devoir l’abandonner. Il devint ensuite avocat et homme d’affaires.

Reynolds a publié Mocha Dick en 1839 alors que Melville fait paraître Moby Dick en 1851. C’est le récit par Owen Chase du naufrage de l’Essex, attaqué par un grand cachalot en 1820, qui inspira assurément les deux auteurs. On retrouve de nombreux points communs entre le livre de Reynolds et celui de Melville, mais également de nombreuses différences. Mocha Dick est présenté comme un « fragment de journal » et donc, il est beaucoup plus court que Moby Dick.

L’histoire est concise, il s’agit d’une aventure racontée oralement par le second capitaine d’un baleinier. C’est un récit qui s’en tient à son aspect légendaire et qui nous plonge directement dans l’action. Le livre de Melville est, quant à lui, fort différent. On y parle de cétologie, d’art, de philosophie. Le contexte est plus étudié, plus long. C’est une véritable oeuvre, complète, complexe et offrant une gamme de réflexions intéressantes sur l’époque et la société en général. Mocha Dick demeure un peu plus dans l’aspect folklorique et raconte l’aventure vécue par des marins. On est dans le vif de l’action… et on a aussi droit à une petite chanson de marin en prime!

« À compter de la première apparition de Dick, sa célébrité ne cessa de croître, jusqu’à ce que son nom finisse par se mêler aux saluts que les chasseurs de baleines avaient coutume d’échanger lorsqu’ils se croisaient sur le vaste océan Pacifique; alors, souvent, les dialogues d’usage se terminaient par: « Des nouvelles de Mocha Dick? »

J’ai beaucoup aimé ma lecture du livre de Jeremiah N. Reynolds pour son aspect plus « immédiat ». Moby Dick demande du temps et la lecture est très différente. Si on a envie de lire une fiction s’inspirant du naufrage de l’Essex en entrant au cœur du sujet, Mocha Dick est tout trouvé. Le texte se prête bien à une petite analyse et peut être lu par des lecteurs un peu plus impatients. Moby Dick est une lecture beaucoup plus exigeante (mais pas moins intéressante!).

Mocha Dick a aussi un petit côté amusant avec les débats que tente de commencer un des chasseurs de phoques du récit, sans cesse bafoué, qui essaie de faire valoir la noblesse de la chasse aux phoques contre la chasse à la baleine. J’ai également bien apprécié l’esprit de cette traduction, qui utilise des notes en bas de page plutôt que de tenter d’adapter au lecteur d’aujourd’hui les mots issus du répertoire marin. Les notes sont instructives et le lecteur apprend beaucoup de choses.

Il est aussi intéressant de comparer les deux capitaines des histoires de Reynolds et de Melville. Si celui de Mocha Dick est fasciné par la baleine, il n’en perd tout de même pas trop son humanité, contrairement à Achad dans Moby Dick.

Aux amateurs de bateaux et d’aventures, je conseille assurément les deux livres. Ma préférence va naturellement à Moby Dick qui est une oeuvre plus entière et fort différente. Il est d’ailleurs intéressant de pouvoir comparer les deux histoires, les deux formats et les vies différentes des deux auteurs. Si vous le pouvez, lisez les deux! Il y a des choses à aller puiser dans les deux textes. Pour les amateurs de récits plus brefs et d’action, la plaquette de Reynolds est à privilégiée. C’est court, beaucoup plus sur le ton de la tradition orale et des légendes, mais peut-être moins marquant.

Mocha Dick, Jeremiah N. Reynolds, éditions du Sonneur, 83 pages, 2013

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Nuits Appalaches

Nuits AppalachesÀ la fin de la guerre de Corée, Tucker, jeune vétéran de dix-huit ans, est de retour dans son Kentucky natal. En stop et à pied, il rentre chez lui à travers les collines, et la nuit noire des Appalaches apaise la violence de ses souvenirs. Sur son chemin, il croise Rhonda, quinze ans à peine, et la sauve des griffes de son oncle. Immédiatement amoureux, tous deux décident de se marier pour ne plus jamais se quitter. Tucker trouve un boulot auprès d’un trafiquant d’alcool de la région, et au cours des dix années qui suivent, malgré leur extrême précarité, les Tucker s’efforcent de construire un foyer heureux : leurs cinq enfants deviennent leur raison de vivre. Mais quand une enquête des services sociaux menace la famille, les réflexes de combattant de Tucker se réveillent. Acculé, il découvrira le prix à payer pour défendre les siens.

J’avais très hâte de relire la plume de Chris Offutt car j’avais adoré Kentucky Straight du même auteur. Fait amusant: j’ai lu l’an dernier ce recueil de nouvelles, pratiquement à pareille date. Il faut croire que l’écriture brute de Offutt sied bien à la fin de l’été.

Nuits Appalaches est un roman en quatre parties, qui débute en 1954 et se termine en 1971. Suit un épilogue qui présente ensuite un panorama des différents personnages. J’aime ce procédé qui permet de savoir ce qu’ils sont devenus quand le roman se termine.

Le roman raconte la vie de Tucker, un jeune homme aux yeux vairons, qui a menti sur son âge pour être enrôlé dans l’armée. Il n’est même pas majeur quand le roman commence et c’est à ce moment, alors qu’il passe l’été dans les bois en rentrant tranquillement chez lui après la guerre, qu’il rencontre celle qui deviendra la femme de sa vie.

« Quiconque ne savait pas vivre dans les bois ne méritait pas de respirer. »

Le roman fait l’impasse sur le retour du garçon dans sa famille et sur son mariage, pour ensuite se concentrer sur la vie adulte de Tucker. Il travaille pour un bootlegger, a déjà plusieurs enfants dont certains sont handicapés et malgré la pauvreté, la précarité et la violence latente de son boulot, il tente de mener une vie normale. Une petite erreur l’amènera à devoir subir certaines situations qui vont faire dégénérer la quiétude relative de son quotidien.

Son travail l’amène à prendre des risques. Il le fait pour nourrir adéquatement sa famille, qui est dans la mire des services sociaux. C’est à travers deux personnages totalement différents, Hattie et Marvin, que l’on ressent toute l’injustice des lois de l’état et de ceux qui les appliquent. Lois qui poussent ceux qui en sont victimes à mentir et à souffrir en silence.

« Des années auparavant, Hattie avait compris qu’elle ne pouvait pas aider tout le monde ni laisser sa compassion entraîner une trop grande proximité avec les familles qu’elle visitait. La solution était de choisir ses dossiers et de les suivre de près. Elle avait décidé de concentrer son attention sur Jo et voilà qu’elle devait protéger l’enfant du système censé lui apporter de l’aide. »

Il y a quelque chose de beau et de brut dans la façon dont l’auteur crée tout un univers autour de Tucker et sa femme Rhonda. Tucker est vraiment un personnage intéressant, qui peut tuer un homme pour sauver sa famille, mais épargner un nid de frelons car « ils ont le droit de vivre ». La nature est omniprésente dans le roman, comme une toile de fond qui demeurerait essentielle pour les personnages. Tucker est ambivalent, vit dans l’illégalité, mais sa vie est tout de même conduite avec une certaine droiture. J’aime ces personnages complexes, avec plusieurs nuances.

J’ai eu un beau coup de cœur pour Nuits Appalaches. En fait, c’est l’écriture de Chris Offutt qui me séduit, portée par une excellente traduction de Anatole Pons. J’aime sa façon de créer ses personnages en deux ou trois descriptions, de leur donner vie, de nous les faire apprécier, nous les rendre sympathiques ou nous les faire détester. Les lieux, qui ne souffrent pas de descriptions interminables, sont pourtant très vivants. On imagine sans mal la maison de Tucker, les endroits où il va, la région aride et pauvre.

« Les gens ne savent pas à quel point ils ont de la chance jusqu’au moment où ils en ont plus… »

Chris Offutt met en scène ses personnages dans un univers à la fois rude et implacable. Le roman est émouvant, souvent injuste et la vie est difficile au quotidien. À travers Tucker, mais aussi certains de ses voisins, l’auteur peint avec justesse le portrait de familles pour qui le quotidien est une bataille. Il y a une certaine poésie dans sa façon de parler de Tucker, Rhonda et leurs enfants. Le lien spécial qui lie le couple et la relation particulière avec leurs enfants si différents. Les petits moments de joie volés au dur labeur et à la vie qui ne fait pas de cadeaux. Jamais.

« La pure immensité du ciel nocturne lui avait manqué, avec le minuscule amas des Pléiades, l’épée d’Orion et la Grande Casserole qui indiquait le nord. La lune était gibbeuse, à peine visible, comme si quelqu’un avait croqué dedans. L’opacité du ciel s’étendait dans toutes les directions. Les nuages bloquaient les étoiles, conférant à l’air une profondeur insondable. »

L’écriture de Chris Offutt a un côté brut et poétique que j’aime beaucoup. En quelques lignes il crée un monde à part entière, tout en réussissant à rendre ses personnages très attachants. J’avais adoré Kentucky Straight, j’aime tout autant Nuits Appalaches. Coup de cœur donc pour cet auteur à découvrir absolument!

Nuits Appalaches, Chris Offutt, éditions Gallmeister, 240 pages, 2019

Echoes t.1

Echoes 1Senri est l’unique rescapé d’un massacre qui a emporté toute sa famille. À cinq ans, il a été retrouvé seul au milieu des cadavres de ses deux parents assassinés. Kazuto, son jumeau, a quant à lui été kidnappé puis tué. Depuis, le meurtrier reste introuvable…
13 ans plus tard, la colère de Senri ne s’est toujours pas apaisée. Et pour cause : Kazuto et lui étaient plus que des frères. Douleur, peur… les émotions de l’un étaient ressenties par l’autre, parfois accompagnées de visions pendant les pics d’angoisse. Senri a donc vécu le calvaire de son jumeau comme si c’était le sien. Son seul indice pour retrouver l’assassin, des cicatrices sur le bras du coupable, entraperçues à travers les yeux de Kazuto… Alors le jour où il voit par miracle à la télé un homme avec les mêmes stigmates, son sang ne fait qu’un tour : il tient sa vengeance !

Kei Sanbe est l’auteur du manga Erased que j’ai lu il y a déjà un moment et que j’avais adoré! Prenant et très addictif, Echoes est exactement dans la même veine, mais avec une histoire totalement différente. Kei Sanbe est l’exemple même d’un excellent mangaka qui sait créer une série intrigante et captivante.

Echoes raconte le destin d’un jeune garçon qui a assisté au meurtre de toute sa famille. Comme dans Erased il y a un petit côté « surnaturel ». Ici, Senri peut communiquer d’une étrange façon avec son frère. On dit en général que les jumeaux ont une connexion particulière. Senri et Kazuto eux, partagent quelque chose de beaucoup plus fort, de beaucoup plus complet. Ils peuvent ressentir ce que l’autre ressent. Senri sait donc exactement quand son jumeau cesse de respirer… après avoir « vécu » la même chose que lui.

« C’était il y a 13 ans. La pluie était tombée à verse toute la nuit, effaçant les traces du meurtrier autour de la maison… »

Toute son enfance, Senri a conservé intact le souvenir de ce terrible drame qui lui a enlevé sa famille. Il garde en tête un indice particulier et un jour, il a l’occasion de retracer l’auteur du meurtre perpétré contre sa famille. Il se lance donc dans sa propre enquête, pour tenter de retracer l’homme et se faire lui-même justice.

Ce premier tome met en place les personnages, la vie compliquée de la famille des jumeaux avec un père alcoolique et violent. Pour faire cesser les coups et éviter que Senri soit battu, Kazuto encaisse la violence de leur père pour deux. Il protège son frère jumeau, même si ce dernier ressent quand même ce que son frère vit. Jusqu’à ce fameux jour de pluie qui a tout bouleversé…

L’espoir, le choc, la tristesse surviennent alors dans la vie de Senri qui grandira en nourrissant un fort désir de vengeance. Les recherches de Senri le pousse à faire des découvertes qui le déstabilisent et qu’il ne comprend absolument pas.

Enquête, crimes violents, suspense, mystère, ce premier tome de la nouvelle série de Kei Sanbe est très réussi. C’est aussi très prometteur pour les tomes à venir. Je l’avoue, j’apprécie de plus en plus ce genre de manga qui nous offre une histoire haletante. Si vous avez aimé la série Erased, vous devriez aimer Echoes. Le trait de crayon, la construction de l’histoire, le suspense, tout est un peu dans le même esprit. L’histoire de Senri est fascinante, effrayante aussi.

Echoes est un excellent thriller que je vous conseille fortement. J’ai assurément très hâte de découvrir la suite. La lecture est passionnante, vivement le second tome!

Echoes t.1, Kei Sanbe, éditions Ki-oon, 194 pages, 2019

Le mari de mon frère t.2

Le mari de mon frère 2La petite Kana est aux anges ! Entre son nouvel oncle venu du Canada, mais aussi l’arrivée surprise de sa mère, la fillette a de nombreuses raisons de se réjouir ! Mais tout le monde, dans le voisinage, ne regarde pas d’un œil bienveillant l’arrivée d’un homosexuel dans le quartier… Une occasion parfaite, pour Yaichi, de continuer à remettre en cause ses certitudes.

Tout récemment je conseillais la lecture du tome 1 de la série Le mari de mon frère. J’étais très enthousiasme et la lecture du tome 2 ne fait que confirmer mon plaisir à découvrir cette belle série.

Dans le tome 2, nous rencontrons un nouveau personnage, soit la mère de la petite Kana. C’est une femme gentille, mais elle est mariée à son travail. Yaichi s’occupe donc de sa fille et son ex-femme vient parfois les visiter. Elle fait donc la rencontre de Mike, le canadien marié au frère jumeau de Yaichi. Le périple de Mike au Japon se poursuit. Il continue à découvrir le monde de son amoureux, maintenant décédé.

Le tome 2 amène aussi un autre constat: l’homosexualité est mal vécue par plusieurs jeunes, surtout au Japon. Il y a donc un personnage qui arrivera dans la vie de Mike et qui donnera une autre perception à Yaichi. Ses préjugés commencent doucement à s’effacer et sa façon de penser change.

Encore une fois, même si ce manga aborde l’homosexualité et les préjugés qui y sont rattachés, l’auteur parle aussi des différences en général. Yaichi réalise que sa petite fille vit essentiellement sans mère et que tous les modèles familiaux ne sont pas les mêmes. Ça l’amène du même coup à réfléchir aux différents types de famille et donc, à voir d’un nouvel œil les famille homoparentales ou monoparentales.

« Penser qu’il n’y a qu’un seul modèle de famille correct et que tous les autres sont à plaindre… Cette manière de voir les choses, j’estime que c’est de la discrimination. »

Il y a aussi la question de l’image qui est abordée cette fois et l’acceptation ou non des gens qui font des choix esthétiques différents de la majorité. Nous avons aussi toujours droit au petit cours de culture gay de Mike en interlude entre les chapitres. Cette fois, il aborde le thème des différents drapeaux comme symboles des LGBTQ+.

Quelque chose de plus grave arrive dans ce second tome qui pousse Yaichi à remettre en question la perception que la société a de gens comme Mike. Il est à la fois attristé, en colère et troublé de voir la fermeture d’esprit de gens qui l’entourent. Avant Mike, il ne s’était jamais posé de questions sur tous ces sujets. Maintenant que son beau-frère est là, Yaichi est confronté à plusieurs questions qui le troublent, mais qui lui permettent également de prendre position et d’affirmer ses valeurs. La façon dont l’auteur aborde tous ces sujets et nous amène à réfléchir est vraiment intéressante.

C’est la raison pour laquelle je vous conseille fortement ce manga qui bouscule les préjugés et est nécessaire. À lire!

Mon avis sur le tome 1.

Le mari de mon frère t.2, Gengoroh Tagam, éditions Akata, 176 pages, 2016

Catamount t.1: la jeunesse de Catamount

Catamount 1En pleine conquête de l’Ouest, la famille Osborne recueille un nouveau né, seul survivant d’une caravane de colons massacrés par les Cheyennes. L’enfant s’appellera Catamount. Des années plus tard, Catamount est devenu un cavalier et un tireur hors pair grâce à la formation d’un vieux trappeur « Pad l’efflanqué »… Mais son destin va basculer lorsque son chemin croisera celui de Black possum, le chef cheyenne coupable du massacre de ses parents.

Catamount est une bande dessinée librement adaptée de l’oeuvre d’Albert Bonneau. Catamount signifie « chat sauvage ». Il s’agit en fait d’un cougar communément appelé « lion des montagnes ». J’ai lu que l’auteur avait emprunté le terme à Fenimore Cooper dans Le dernier des Mohicans. On a donc tout de suite une petite idée du genre de bande dessinée que l’on s’apprête à lire en ouvrant La jeunesse de Catamount.

Je dois l’avouer, ce premier tome d’une série a été une belle surprise! Je m’attendais à aimer Catamount, mais pas à ce point. Déjà, le dessin est sublime. Soigné, détaillé, des couleurs dominent certaines parties de l’histoire pour marquer un peu plus intensément l’action qui s’y déroule. On entre tout de suite dans l’époque, soit en 1870, quelque part entre le Colorado et le Nebraska, alors que fait rage la guerre entre les Blancs et les Amérindiens.

On suit la vie d’une famille qui tente sa chance dans de nouvelles terres riches de promesses, qui doit affronter les attaques d’Indiens et se battre pour survivre. C’est aussi l’histoire d’une vengeance, celle de Black Possum, un « peau-rouge » qui s’en prend à la famille de Catamount. Le jeune homme, qui a grandit depuis le début de l’histoire, en fera une affaire personnelle…

La jeunesse de Catamount nous entraîne dans un véritable western, rempli d’action. On découvre dans ce premier tome la jeunesse et l’enfance de Catamount, la façon dont il a été découvert par ses parents adoptifs et la tragique histoire de sa famille. Nous avons aussi un bel aperçu de l’homme qu’il deviendra.

Cette BD est vraiment passionnante! C’est un travail minutieux qu’a fait Benjamin Blasco-Martinez avec l’oeuvre d’Albert Bonneau. Il n’y a pas de temps mort, il y a beaucoup d’action et le dessin est magnifique.

Une bande dessinée à découvrir si vous aimez les histoires de l’Ouest et les westerns. L’histoire de Catamount est aussi intéressante que le dessin est beau. Un premier tome qui promet pour la suite. À lire!

Catamount t.1: la jeunesse de Catamount, Benjamin Blasco-Martinez & Albert Bonneau, éditions Petit à petit, 64 pages, 2017