Au grand air t.4

Au grand air 4Les vacances d’hiver sont enfin là et avec elles la sortie camping de fin d’année organisée par le Cercle de plein air ! Pour la première fois, nos amies sont toutes réunies autour d’un feu de camp, de marshmallows grillés et de diverses autres surprises dans ce tome placé sous le signe de l’esprit de Noël !

Ce quatrième tome de la série Au grand air m’a beaucoup plu. La dynamique est légèrement différente des autres tomes. Cette fois, Rin a accepté d’accompagner le groupe de plein air de Nadeshiko. Une enseignante s’est jointe aux filles afin de superviser le club. Un personnage déjà croisé dans d’étranges circonstances dans un autre tome…

L’ambiance de ce quatrième tome est aussi plus festive. C’est Noël et les filles partent en camping d’hiver pour célébrer. Elles planifient tout avec le plus grand soin, choisissent les repas qu’elles vont manger pour célébrer Noël et tentent de profiter de cette période pour s’amuser et profiter du plein air. Elles ont aussi avec elle Saucisse, le compagnon à quatre pattes d’une des membres du club.

Dans ce tome il est beaucoup question de cuisine et de matériel de camping. Une des filles a remporté de la viande à une tombola et propose de faire un repas pour tout le monde. Certaines apporteront leur contribution à leur façon. Même si c’est Noël, les filles n’ont pas toutes un travail et elles ne peuvent offrir des cadeaux. Offrir de leur temps et leur savoir-faire est la plus belle façon de célébrer. C’est aussi ce qui forge les plus beaux souvenirs.

Le côté documentaire du manga donne de l’information sur les braseros, les oreillers de camping, les cartouches de gaz, les s’more (miam!) . Il y a aussi des moments d’humour bien dosés. Ce quatrième tome est l’un de mes préférés jusqu’à maintenant. Il est chaleureux et sympathique, avec un côté un peu plus zen que les autres. Passer Noël avec vue sur le Mont Fuji a quelque chose de ressourçant.

À la fin du manga, comme c’est souvent le cas, il y a des petites histoires bonus appelées « activités extrascolaires ». C’est court et souvent drôle. J’ai bien aimé celles de ce tome-ci!

Un quatrième tome qui est sans doute mon préféré jusqu’à maintenant. C’était vraiment une lecture très agréable!

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Au grand air t.4, Afro, éditions Nobi Nobi, 178 pages, 2018

Fermé pour l’hiver

fermé pour l'hiverUn cambrioleur cagoulé est retrouvé assassiné dans un chalet du comté de Vestfold, au sud de la Norvège. William Wisting, inspecteur de la police criminelle de Larvik, une ville moyenne située à une centaine de kilomètres d’Oslo, est chargé de l’enquête. Très vite, la situation se complique. Le propriétaire du chalet, un célèbre présentateur de télévision, reste étrangement injoignable. Un homme mystérieux agresse Wisting en pleine nuit et lui vole sa voiture alors qu’il quitte la scène du crime. Pire, le cadavre du cambrioleur est dérobé à la morgue avant d’avoir pu être autopsié et l’incendie d’un appartement détruit des indices essentiels à l’investigation. Pour corser le tout, la propre fille de Wisting se voit mêlée à l’enquête quand elle découvre un second corps à la dérive dans une barque. Et pendant ce temps, des oiseaux morts tombent du ciel comme des mouches, dans ce comté bien tranquille…

J’avais adoré ma lecture de L’usurpateur, ma première découverte de l’auteur Jørn Lier Horst. Ses livres mettent en scène l’inspecteur William Wisting ainsi que sa fille Line qui est journaliste. Les enquêtes du premier se confondent bien souvent avec celles de sa fille et finissent par se rejoindre. C’est ce que je trouve intéressant dans les personnages de Horst. Le duo d’enquêteurs est donc assez original et l’aspect familial est très présent. William Wisting est un homme sensible, soucieux de son travail, de ses collègues, des victimes et de ceux qui sont mit à l’écart de la société. Sa fille est tout aussi humaine que lui et le journalisme d’investigation est, pour elle, un véritable mode de vie, plutôt qu’un simple travail.

Fermé pour l’hiver se déroule en automne, au moment où les gens ferment leurs chalets pour l’hiver, avant la tombée de la neige. C’est une époque où la nature est belle et où les gens vont en profiter encore un peu avant la fermeture.

« Il aimait cette époque de l’année, avant la chute des feuilles. Le dernier séjour au chalet de Stavern, pour clouer les panneaux devant les fenêtres, remonter le bateau et fermer pour l’hiver. C’était une perspective à laquelle il se réjouissait pendant tout l’été. »

De nombreux cambriolages dans des chalets d’un même secteur et la découverte d’un corps déclenche une grande enquête. Le propriétaire connu du chalet est introuvable, Wisting se fait agresser et voler sa voiture, d’autres cadavres et scènes de crimes sont découverts et l’enquête s’alourdie de plus en plus. En plus, il y a cette histoire étonnante d’oiseaux qui tombent du ciel…

L’enquête est difficile puisque plus les policiers découvrent de choses, plus l’enquête devient floue. Des corps, différentes armes du crime, des déplacements particuliers que les enquêteurs doivent pister, beaucoup de questions qui ne trouvent que peu de réponses. Les corps disparaissent et les éléments de l’enquête sont de plus en plus difficile à assembler. Line se retrouve bien malgré elle impliquée, alors qu’elle choisi de vivre pendant un moment au chalet qui appartient maintenant à son père. L’enquête semble complexe et c’est ce que j’aime chez Horst: les fils finissent par se dénouer doucement et tout se met en place. J’ai aimé l’atmosphère générale du roman dont la première partie se déroule beaucoup dans l’univers des chalets et dans une nature plus sauvage, au bord de l’eau.

Le roman amène aussi une réflexion sur la vie, la pauvreté, les choix que les citoyens font quand ils n’en ont plus de choix justement. C’est ce que je trouve intéressant dans ce livre. Le personnage de Wisting ne se contente pas de rendre justice, il essaie aussi de mieux comprendre l’humain et les agissements des criminels. Ça ne veut pas dire qu’il les approuve. Mais il amène une forme de sensibilité à son enquête qui me plaît bien. Celle-ci est d’ailleurs bien menée et parfois des éléments étonnent, surtout quand on en comprend les rouages. C’était la même chose avec L’usurpateur.

Je dois préciser que les livres de Horst ne sont pas traduits dans l’ordre, comme ça arrive bien souvent avec les séries policières. Ça ne m’a pas particulièrement dérangée jusqu’à maintenant avec cette deuxième lecture (qui a été publiée avant L’usurpateur). J’ai toutefois appris plus de choses sur la famille Wisting, sur la vie privée de William et sur le travail et la vie de Line. Je dirais que de façon générale, on peut lire les livres dans l’ordre ou dans le désordre, le plaisir de lecture est toujours au rendez-vous.

J’aime la façon dont l’auteur amène son sujet et les différents revirements de situations qu’il sait donner à son histoire. Si L’usurpateur m’a un peu plus surprise et que jusqu’à maintenant, il reste mon préféré, j’ai passé un bon moment de lecture avec Fermé pour l’hiver. L’ambiance nature et chalet est très agréable, même si à la moitié du livre de nouvelles découvertes amène Wisting à sortir des frontières de la Norvège et à s’interroger sur des problèmes de société qui vont bien au-delà de son enquête.

« Où serions-nous si nous savions tout ce qui va venir? interrogea-t-il. Il ne resterait plus rien. Espoir, foi et rêves n’auraient plus de sens. »

Cette seconde lecture d’un livre de Jørn Lier Horst confirme mon plaisir de lire cet auteur. J’apprécie la façon dont il mène son histoire. C’est divertissant, ça nous porte à réfléchir et le lieu de ses histoires, la Norvège, me plait particulièrement. Si vous aimez les séries policières, je vous conseille vraiment de découvrir cet auteur.

wisting

En complément 
L’univers de l’inspecteur William Wisting a été adapté en série par les producteurs de Millénium et de Wallander. J’avais beaucoup aimé cette dernière série, même si Wallander est un personnage beaucoup plus torturé. J’espère que Wisting se rendra jusqu’à nous en français, j’aimerais beaucoup pouvoir la voir un de ces jours! Si vous avez pu la visionner (je sais qu’elle est passée en France par exemple), dites-moi ce que vous en avez pensé! Je serais très curieuse de retrouver les Wisting, père et fille, à l’écran!

En attendant, je vais me concentrer sur les livres. J’ai un troisième titre de la série William Wisting dans ma pile et je compte bien le lire bientôt!

Fermé pour l’hiver, Jørn Lier Horst, éditions Folio, 448 pages, 2018

Au grand air t.3

Au grand air 3Les examens de fin d’année sont enfin terminés et les vacances d’hiver peuvent commencer! Nadeshiko est ravie, d’autant que c’est l’occasion rêvée d’une sortie avec Rin. Du moins, ça le serait si elle n’avait pas pris froid. Clouée au lit, Nadeshiko a néanmoins une idée pour accompagner son amie dans ses tribulations : elle lui servira de guide par smartphone!

Ce troisième tome poursuit bien la série. Nous retrouvons Rin, la campeuse solitaire, ainsi que Nadeshiko et son enthousiasme légendaire. Cette dernière, avec son groupe de plein air, va visiter un grand magasin d’articles de camping. Elle découvre toute sorte de matériel et commence sérieusement à envisager de prendre un petit travail pour pouvoir s’équiper un peu mieux.

C’est l’occasion de présenter la partie un peu plus « documentaire » du manga en abordant le sujet des différents matelas de sol pour le camping. Comme le groupe de plein air ne fait pas vraiment de sortie dans ce tome, c’est l’occasion pour Aki de partager son savoir-faire culinaire (et une petite recette en bonus).

Rin est souvent sollicitée pour participer aux sorties en plein air de Nadeshiko et son groupe, qu’elle décline bien souvent, préférant être seule. Elle savoure d’ailleurs le plaisir du camping en hiver, malgré le froid, plaisir que je partage totalement avec elle.

« Un thé au lait, ça réchauffe… Aah, c’est une forme de syndrome du pompier pyromane non? Pour mieux se réchauffer avec une boisson chaude… faire exprès de sortir par ce froid… »

Rin accepte toutefois une sortie avec Nadeshiko, mais celle-ci tombe malade. Elle fera donc le voyage avec son amie à distance, à travers les messages et les photos. De son lit, Nadeshiko lui servira de GPS. Rin part donc en voyage à Komagane et ira camper sur le mont Jinbagata après avoir eu quelques déboires sur la route.

Comme à l’habitude, j’aime toujours cette série, parce que c’est reposant et léger, que ça se lit tout seul. Il y a aussi un peu d’humour, même si j’ai un peu moins adhéré au délire du groupe de plein air qui papote beaucoup de tout et rien dans cet troisième tome. Le calme de Rin rachète le tout.

C’est un tome tout de même agréable, même si ce n’est pas mon préféré. Je poursuis tout de même la lecture, parce que l’histoire de manière générale me plaît bien et que c’est toujours agréable de retrouver Rin et Nadeshiko, deux adolescentes tellement différentes! Toutefois, ce sont deux passionnées de plein air et, même si elles ne le vivent pas de la même façon, sont liées par une passion commune.

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Au grand air t.3, Afro, éditions Nobi Nobi, 178 pages, 2018

Dernière saison dans les Rocheuses

Derniere saison dans les rocheusesEn 1820, aux Amériques, le commerce des fourrures est un moyen périlleux de faire fortune. À peine le jeune William Wyeth s’est-il engagé auprès de la compagnie de trappeurs la plus téméraire de l’État qu’il manque de se faire tuer. Il découvre alors la force des liens entre les hommes, dont la survie ne dépend que de leur solidarité. Chasse au bison, nuits passées à dormir sur des peaux de bête, confrontations aux forces de la nature ou aux tribus indiennes, la vie de trappeur est rude, mais William a soif d’aventures. Il a quitté sa famille pour le grand Ouest, sauvage et indompté. Il devra réunir plus de courage et d’habileté qu’il ait jamais cru avoir pour en sortir vivant.

Dernière saison dans les Rocheuses est le portrait vivant et passionnant d’une compagnie de trappeurs dans les années 1820. En suivant le jeune William Wyeth, avide d’aventures, de grands espaces et de découvertes, on plonge dans la vie quotidienne des hommes de cette époque, qui se lançaient corps et âme dans une vie difficile, mais fascinante.

Le début du roman nous présente William Wyeth et ses premiers pas dans le monde de la trappe:

« J’avais vingt-deux ans, et je travaillais au traitement des peaux depuis l’année précédente. Je projetais de rejoindre une brigade de trappeurs dès que mes économies me permettraient d’acheter mon fourniment. J’avais débarqué à Saint Louis, brûlant de participer à une expédition vers l’Ouest. »

Rêvant d’expéditions, mais devant aussi concilier son amour pour Alene qui elle, rêve de s’installer à Saint-Louis, Wyeth lui promettra de revenir bientôt, après avoir vécu son rêve de trappe. L’occasion de partir avec des camarades explorer les derniers cours d’eau encore intacts de l’Ouest ne se représentera plus. Wyeth partira donc pour une dernière saison dans les Rocheuses avant de s’installer pour de bon dans la vie. Wyeth comme de nombreux jeunes trappeurs, est attiré par l’aspect romantique de la trappe et par l’aventure. Tout est une découverte, des rencontres avec les indiens jusqu’aux poursuites des bêtes dans la nature plus grandiose et sauvage qu’il n’aurait pu l’imaginer.

« C’était la première fois que je voyais des Indiens de près. Ils n’auraient pas paru plus étranges s’ils avaient débarqué de la Lune. »

On sent que les débuts de la compagnie sont un peu chaotiques. Chacun se permet de juger les autres. Les moqueries et les doutes sont légion. Quand la compagnie part dans la nature sauvage et que des vies sont perdues, que les attaques entre clans se produisent, que la présence d’Indiens changent aussi la donne, le rôle de chaque trappeur au sein de la compagnie est primordial pour la survie des autres. Les liens qui se tissent alors entre les hommes sont de ceux qui marquent pour la vie. On apprend à connaître l’homme derrière son masque, à voir les meilleures qualités des uns et des autres au fil du temps.

« Se lancer dans la traite des fourrures était une entreprise généralement vouée à l’échec, tout le monde le savait. Mais c’était aussi l’excitation de l’aventure, l’attrait de l’inconnu et, peut-être, la possibilité de faire fortune. Cela me suffisait. »

On apprend, à travers ce roman, la façon dont était vécue la vie quotidienne dans une compagnie de trappeurs, mais surtout l’ambiance qui régnait dans la société de cette époque. Entre les postes de traite, la vie dans une garnison, le pistage des animaux pour la trappe, les accords et désaccords entre les différentes compagnie et les différentes tribus indiennes, le roman s’avère à la fois passionnant et instructif. Les réflexions que partage le personnage de William Wyeth, son honnêteté et sa transparence sur ce qui se joue devant ses yeux, apporte un côté plus intime au roman. On a l’impression de lire un véritable récit d’aventure.

La vie dans une compagnie de trappe n’est guère facile. Les trappeurs sont à la merci des bêtes, des autres compagnies. Ils se retrouvent bien souvent au cœur d’une mutinerie, d’alliances qui les menacent et aussi de décisions de grands chefs indiens. Les pistes de trappe peuvent devenir de véritables champs de bataille. Les éléments sont aussi de potentielles menaces: les cours d’eau gelés dont la glace peut céder à tout moment, la chaleur, le manque de provision, les blessures et les attaques ainsi que les tempêtes. La compagnie est sans cesse à la merci de ce qui l’entoure. Mais c’est aussi cette même nature qui offre parfois les moments les plus extatiques.

« Un oiseau planait dans le ciel blanc, qui me parut soudain très haut, comme si le monde, grandiose et solennel, s’était dilaté autour de moi. La Prairie me donnait la sensation d’être à l’orée d’un mystère infini, déconcertant, et, par-dessus tout, m’écrasant d’une solitude absolue. »

Alors que Wyeth nous raconte son histoire, c’est avec les yeux de l’homme qu’il est devenu au fil des années qu’il le fait. On sent une certaine nostalgie dans son regard, même s’il préfère s’attarder sur les glorieux moments de sa compagnie et ceux qui ont été de véritables aventures, comme tous les jeunes trappeurs s’imaginaient alors en vivre.

« Une brigade de trappeurs représentait pour nous le commerce, le patriotisme, la grande aventure vers l’Ouest, vers l’inconnu, et autres niaiseries du même genre. »

Il aborde également en filigrane l’aspect écologique de la trappe. Le fait que les compagnies épuisent les rivières, que la nature ne sera plus jamais la même. Paradoxalement, les personnages du livre contribuent aussi à cet épuisement des terres, des sols et des habitats sauvages. Ils sont autant fascinés par cette nature qu’ils la pillent également pour leur bon profit. Ils perpétuent une chose dont ils commencent à avoir conscience qu’elle ne sera pas immuable.

« Le saccage des rivières par des brigades de plus en plus nombreuses transformerait bientôt cette nature riche et indomptée en désert cartographié, surexploité et hostile. Peu d’hommes se souviendraient de ce pays tel qu’il avait été dans sa glorieuse pureté originelle. J’étais heureux de l’avoir connu ainsi et de ne pas avoir passé ma dernière saison entouré de pauvres diables affamés et désespérés. »

Le roman de Shannon Burke est une épopée fascinante, un vrai roman d’aventures comme on les aime. C’est l’histoire d’un petit groupe d’homme qui jouera un rôle dans l’histoire américaine. Nous sommes à la fin de l’âge d’or de la trappe. C’est un roman sur les grands espaces et sur l’homme, avec ses beaux côtés et ses trahisons. On se prend d’amitié pour William Wyeth, pour l’artiste qu’est Ferris, qui se retrouve également à être un atout précieux au sein de la compagnie et même pour l’ambivalent, le détestable et exaspérant Layton.

L’époque, la vie en plein air, les guerres entre les trappeurs et les indiens, la course aux meilleurs fourrures entre les différentes compagnies et le cadre exceptionnel du roman en fait une lecture prenante et vraiment dépaysante. La traduction est impeccable et très accessible. C’est le genre de roman qui nous happe et nous fait voyager en quelques pages. Une parfaite lecture!

À noter que ce roman est bel et bien une fiction. Il s’inspire de plusieurs titres, dont trois cités par l’auteur à la fin de son roman. Un de ceux-là est traduit en français et j’étais très heureuse de découvrir que je l’avais sous la main: La piste de l’Oregon de Francis Parkman. Lecture prévue bientôt! En attendant je vous invite à découvrir Dernière saison dans les Rocheuses, un roman qui m’a happée et passionnée.

Dernière saison dans les Rocheuses, Shannon Burke, éditions 10-18, 288 pages, 2019

Wander

WanderWander, un jeune loup, grandit paisiblement dans le Nord-Ouest des États-Unis en compagnie de ses frères et sœurs. Il lui tarde d’être assez grand et fort pour se mettre à chasser, puis devenir à son tour chef de meute, mais un drame survient : une meute ennemie les attaque pour conquérir leur territoire, et Wander se retrouve seul, perdu, affamé et sous la menace de multiples périls, dont les hommes et leurs engins de mort, armes, véhicules. Que va faire le jeune loup ? Tenter de rentrer chez lui ou refaire sa vie ailleurs ?

Wander est un roman passionnant, qui donne la parole à Swift, un loup des montagnes. En sa compagnie, on apprend à connaître sa famille et la dynamique au sein de sa meute.

« La meute appartient aux montagnes, et les montagnes appartiennent à la meute. Et sur nous tous brille la lumière de l’étoile du loup. »

Quand l’histoire commence, Swift est encore un tout petit louveteau qui tente de faire sa place. Chaque loup au sein de la meute a son caractère, ses forces et ses faiblesses. On découvre la façon dont la meute fonctionne pour la quête de nourriture, pour la chasse, pour le guet et la protection de tous. On voit également avec les yeux de Swift ce qui l’entoure: les autres bêtes, les insectes, les montagnes, les arbres, la menace humaine. En vieillissant, Swift, plus petit que les autres, veut faire ses preuves. Jusqu’à ce que leur territoire soit attaqué par une autre meute et que Swift se retrouve seul.

« Il m’arrivait souvent de partir seul à l’aventure. Dans les montagnes, la beauté se dissimule derrière chaque talus – un lac, un hallier de baies, un carré de verglas oublié par le soleil. Mais je finissais toujours par rentrer auprès de ma famille. De toute ma vie, jamais je n’ai dormi seul. Pas même une fois. »

Un jeune loup qui se retrouve seul, sans protection, sans nourriture et qui doit se débrouiller par lui-même, c’est un loup plus fragile qui est parfois en danger. Il doit fuir et son voyage est l’essence même de ce roman à la fois tragique (mais pas larmoyant), et fascinant. Dans une nature sauvage qu’il ne connaît pas, où le danger vient tout autant de la présence humaine, des feux de forêt, de la machinerie de culture ou d’autres animaux, Swift grandit en devenant peu à peu le loup qu’il sera un jour.

Dans ce roman, les aventures vécues par Swift et les découvertes qu’il fait dans des montagnes qui ne sont pas les siennes, sont aussi passionnantes que nécessaires pour permettre au jeune loup de prendre de l’expérience et de faire des choix pour sa propre survie. La perte de sa famille devient un leitmotiv pour le pousser à sauver sa peau, à devenir un meilleur loup et à se créer son monde à lui.

L’écriture de ce roman et le choix de la narration sont parfaitement justes. L’histoire de Swift est touchante, intrigante, passionnante. Son histoire est pleine d’aventures, d’apprentissage et aussi de l’expérience de diverses émotions et états: la faim, la peur, le courage, l’amitié, l’entraide, le courage, la liberté.

J’ai énormément aimé cette histoire, qui devrait plaire assurément aux amoureux des loups et à ceux qui aiment la nature et l’aventure. Wander est un roman magnifique, qui s’inspire d’une histoire vraie, celle du loup gris Oregon 7 que les spécialistes ont pu étudier grâce à un collier GPS. Quelques notes en fin d’ouvrage nous informent de cette belle et véritable histoire.

Wander est aussi un roman d’aventure passionnant, qui se déroule dans des paysages majestueux, en Oregon et dans l’État de Washington, et nous permet de mieux comprendre la vie d’une meute de loups dans la nature.

« Le museau tourné en direction du soleil couchant, j’examine la prairie dans toute son immensité, ses hardes de wapitis, ses troupeaux de vaches et de moutons. Warm me rejoint. Il se roule en boule juste sous mon menton, ainsi, j’entends son cœur battre à l’unisson du mien. Je suis né sur ces terres. J’en adore chaque cours d’eau, chaque bosquet. »

Une lecture qui plaira tant aux jeunes qu’aux adultes. Si vous avez lu le livre Pax et le petit soldat ou même Robot sauvage, Wander est un peu dans le même genre, même si son sujet est différent.

À découvrir, assurément!

Wander, Rosanne Parry, éditions L’école des loisirs, 139 pages, 2019