À l’ombre des pulsars

À l’ombre des pulsars regroupe deux suites poétiques d’une rare intensité qui abordent chacune le thème du deuil. La première, L’ombre envolée des oiseaux, traite du deuil éprouvé à la suite du suicide d’un premier grand amour, tandis que la seconde, La pulsation des étoiles, aborde le deuil de l’auteure au cours de la maladie dégénérative dont a souffert sa mère. Telles ces étoiles en fin de vie, communément appelées « pulsars », nos proches disparus laissent derrière eux des traces vibrantes et furtives.

Ce recueil aborde le thème du deuil et est divisé en deux parties. La première raconte le suicide du petit ami de l’auteure. On vit à travers ses mots les derniers moments de la vie de son amoureux jusqu’à son départ. Avec le recul, ses poèmes esquissent également une tentative d’explication pour son geste.

La seconde partie aborde le départ de sa mère, atteinte d’une forme de démence. Le lecteur se retrouve à vivre les différentes étapes, de l’annonce de la maladie, jusqu’au combat et à sa mort. Sa mère ayant passé toute sa vie comme femme au foyer, comme plusieurs mères de son époque, le livre est divisé selon les pièces de la maison. Cette partie m’a beaucoup ému et je l’ai trouvé très touchante.

« dans ses mains
le pollen d’un chapitre
les lettres flottent et tombent

maman se penche vers le tapis
elle essaie
de retrouver ses mots »

Le titre du recueil, À l’ombre des pulsars, prend vraiment tout son sens à la lecture des poèmes. Les pulsars sont des étoiles pulsantes, en fin de vie. Le froid du ciel, la nuit, mais aussi la lumière des étoiles, est une belle façon d’imager le départ des gens qu’on a aimé. Une dernière lumière avant de s’éteindre.

Le parallèle avec l’image de nos proches qui nous quittent dans un dernier souffle est très touchant. C’est une belle manière poétique d’aborder ce sujet difficile et d’exprimer en poésie, ces départs qui se produisent beaucoup trop tôt dans nos vies. 

« la neige fond
sur le corps fleuri du pendu
dernier printemps

rivière métallique
de la civière 
repos du pendu »

Il s’agit d’un premier recueil pour l’auteure, qui a un parcours éclectique. Elle explique au début de chaque chapitre les prémisses de son recueil, les événements qui l’ont poussée à écrire. Des mots touchants pour un recueil magnifique. Une poésie vraiment très belle, une façon de rendre hommage aux disparus et d’amorcer le processus de deuil.

J’ai beaucoup apprécié cette lecture, l’auteure a une très belle plume. 

À l’ombre des pulsars, Nadine Boucher, éditions David, 138 pages, 2022

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