Le jardin sablier

Herbier des Cantons-de-l’Est, Le jardin sablier est un livre calendaire qui a le même effet sur l’âme qu’une visite chez l’herboriste ou un après-midi couché dans l’herbe. Une vie lente, réglée par les demandes du jardin, y est décrite avec compassion. Pivoines attachées, haricots en guirlande givrée, œillets d’Inde et bottes de caoutchouc deviennent les personnages d’une intrigue terrestre qui cache une histoire d’amour.

Le jardin sablier est vraiment le genre de petit livre qu’on aime avoir chez soi pour mieux y revenir de temps à autre. Ce livre-calendrier, qui raconte une saison dans la vie de l’auteure et de son jardin dans les Cantons-de-l’Est, est en fait une relecture pour moi. Je l’avais déjà lu à sa parution en 2007, mais une relecture aujourd’hui, alors que j’ai moi aussi un jardin, prend définitivement tout son sens. À l’époque j’avais adoré ce livre tranquille, contemplatif, plein de douceur sur le passage des saisons et la façon de les vivre comme jardinier. Je pense tout autant de bien de ce livre aujourd’hui. Je crois même l’avoir encore plus apprécié puisque beaucoup de choses ont fait écho à ma propre expérience. J’y ai retrouvé mes propres réflexions face à mon jardin, les doutes, la contemplation, les découvertes, les essais et les erreurs, et le bonheur de jardiner.

Le livre se déroule sur une année et marque le passage des mois d’avril jusqu’au mois de mars de l’année qui suit. Une année entière au jardin, des premiers balbutiements, à la floraison et à la récolte, jusqu’au long hiver où tout est en dormance.

« La nature ne pardonne pas. Elle nous oblige à apprendre de nos erreurs et à ne pas la presser. »

De la pose d’une clôture pour préserver son jardin des chevreuils, jusqu’à l’invasion qui lui fait commettre un geste qu’elle regrettera toute la saison, Le jardin sablier raconte la vie d’un jardin, mais surtout de sa jardinière, au fil du temps qui passe. C’est beau, on sent l’amour profond de l’auteure pour son lopin de terre et les sentiments qu’un jardin peut faire naître chez celui qui s’en occupe. Un jardin fini par devenir le coeur d’une saison, mais aussi le coeur d’une année. Quand on ne jardine par les deux mains dans la terre, on jardine à l’intérieur, on cuisine ce que l’on a récolté ou on pense au jardin de l’année suivante.

« Une maison pleine de magie est une maison délivrée de sa lourdeur. »

Le jardin sablier est aussi un récit sur le jardin comme point central de liens humains, sur le partage de lieux, d’idées, même si jardiner demeure bien souvent un geste solitaire. Voilà donc un livre que je ne peux que vous conseiller, que vous soyez jardinier ou que la nature vous intéresse. C’est une petite plaquette vraiment intéressante, dans laquelle on se laisse bercer au fil des mois. Une lecture en suivant le calendrier peut aussi être intéressante. 

« Quand la vie nous bouscule, c’est rassurant d’avoir les pieds plantés fermement dans le sol et de savoir que demain, la courgette sera juste à point, et qu’il y a le temps pour une autre portée de haricots verts. »

Un petit livre merveilleux, un récit des saisons au fil des plantes, qui fait du bien à lire… surtout si on aime aussi d’amour un bout de jardin. Un livre que je relirai encore assurément.

Le jardin sablier, Michèle Plomer, éditions Marchand de feuilles, 104 pages, 2007

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5 réflexions sur “Le jardin sablier

  1. Pingback: Madame lit Le jardin sablier de Michèle Plomer – Madame lit des livres québécois et d'ailleurs -Blogue littéraire

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