La route des oiseaux de mer

J’écris pour célébrer ce qui reste de beauté dans le monde en cette époque de grands bouleversements.

Quand tout s’écroulera, j’écrirai encore sur la lumière qui glisse sur l’eau et sur l’oiseau qui s’envole.

ciel blanc
la route invisible
des oiseaux de mer

nuit noire
au loin un grand bateau
transporte la lumière

J’ai découvert cette auteure dans le recueil collectif  En attendant les étoiles, un recueil de poésie que j’avais adoré. Ce que j’avais lu d’Hélène Leclerc m’avait beaucoup plu. J’ai été fasciné par sa plume haute en couleurs et en images, je trouvais qu’elle se démarquait des autres. C’est ce qui m’a poussé à me procurer plusieurs de ses recueils de haïkus à peu près au même moment où les éditions David en publiait un nouveau. La route des oiseaux de mer est donc mon premier recueil complet d’haïkus de Hélène Leclerc et je n’ai vraiment pas été déçu.

Le recueil commence par un avant-propos tout en délicatesse où l’auteure nous révèle sa fascination pour la lumière, cette beauté qui voyage sans aucune barrière à travers le ciel, la mer et les forêts, nous offrant un éclairage sur de multitudes beautés qui s’offrent à la vue. Ses mots sont magnifiques.

On retrouve au début de chaque chapitre une photographie de l’auteure Hélène Leclerc pour imager chacune des parties du livre, qui regroupe des haïkus qui sont proches des quatre saisons. C’est du moins l’impression toute personnelle que j’en ai eu pendant ma lecture. J’associe chaque chapitre à différentes saisons, tant par la forme du texte que par l’ambiance qui s’en dégage:

  • L’aube déborde (été)
  • Je t’entend écrire (automne)
  • Jardin d’hiver (hiver)
  • Dans le creux du vent (printemps)

On sent forcément le temps qui avance et les particularités de chacun des moments de l’année. C’est ce que j’ai ressenti en lisant le livre.

il s’enroule
dans mon long foulard
le vent du nord

Dans le recueil, ce qui revient souvent, c’est l’évocation de la lumière, du vent, le bord de l’eau, les vagues, l’inspiration puisée à même la nature, crayon à la main. C’est un recueil lumineux, qui apaise et fait un bien fou. Les haïkus se concentrent sur ces petits moments de calme, en lien avec la nature et ce qui se passe autour de nous. Rêvasserie, pensées et moments où l’on s’arrête pour profiter de ce que la nature nous offre, comme un cadeau.

début du printemps
le téléphone à bout de bras
pour qu’il entende les bernaches

Certains des poèmes écrits par l’auteure m’ont rappelé des moments vécus ou même des endroits particuliers. Ses mots nous transportent dans la beauté des paysages qui nous entourent et qui s’offrent à nous. Elle réussit à capter le petit moment où l’on est bien. Cette clarté dans la nature autour de nous. Ces mots qui scintillent. Ce qui ressort énormément de la lecture de ce recueil, c’est l’apaisement que l’on ressent et un grand sentiment positif. En quelques mots, Hélène Leclerc réussit à transmettre une atmosphère particulière, de bien-être environnant. Un peu de lumière, le chuchotement du vent, le sons des bernaches dans un ciel noir, l’auteure nous offre un grand moment de détente où ses mots mettent en images l’émerveillement que l’on ressent face à la nature.

J’ai eu vraiment beaucoup de plaisir à lire ce très beau recueil de haïkus. Dans ma pile à lire, j’ai quatre de ses recueils qui m’attendent: Des étages de ciel, Cette lumière qui flotte, Lueurs de l’aube et Entre deux ciels. J’ai vraiment très hâte de relire la plume d’Hélène Leclerc qui est lumineuse, axée sur la nature et qui trouve assurément un écho chez moi.

La route des oiseaux de mer, Hélène Leclerc, éditions David, 96 pages, 2020

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