Bootblack t.1

Sur le front allemand, au printemps 1945 : la guerre ne laisse que mort et destruction dans son sillage. Pour échapper à l’horreur du présent, Al, soldat américain, seul rescapé de son unité, se plonge dans les souvenirs de sa vie new-yorkaise. Fils d’immigrés allemands, né aux États Unis, il n’a pas dix ans quand, en une nuit, sous l’œil satisfait de ces Américains anti-étrangers, il perd ses parents et son foyer dans un terrible incendie. Tournant le dos à ses origines, Al n’a pas d’autre choix que de vivre dans la rue ; il devient Bootblack, un « cireur de chaussures ». 

Bootblack est une bande dessinée en deux parties. La première partie se déroule essentiellement dans les ruelles de New York et s’attarde sur l’enfance de Al, jusqu’à l’âge adulte. Le second tome se concentre sur sa vie d’adulte. Les deux tomes forment une histoire complète, bien menée, captivante et touchante. Al vit une succession d’épreuves qui ne sont pas faciles pour un jeune garçon. Il devra apprendre à se construire, en ayant peu d’outils à portée de main. 

« Cette vie. Celle d’un cireur de souliers de la monstrueuse cité. Un Bootblack. Je n’avais pas dix ans, la rue était devenue mon seul foyer… et Shiny, ma seule famille. »

Le premier tome débute en 1945, sur le front. Al est le seul survivant de son unité. Plongé dans les profondeurs de sa mémoire, il nous raconte sa vie alors qu’il est un jeune garçon de 10 ans qui sillonne les ruelles de New York, cirant des chaussures pour sa survie. 

Transporté à l’époque de l’entre-deux guerres, le lecteur est plongé dans cette dure réalité de la rue, où Al et ses compagnons essaient de s’élever de leur condition difficile. Il y est beaucoup question des classes sociales et de la différence marquée entre les jeunes travailleurs de la rue et les riches messieurs qui utilisent ses services de cireur de chaussures. Al réalise bien vite que sa condition est précaire. Il est sujet à l’influence d’un monde dans lequel il cherche sa place. Il veut aussi démontrer qu’il n’est pas un moins que rien. Il va tenter de se sortir de la misère en n’ayant pas forcément fait les bons choix. 

Bootblack aborde de nombreux thèmes, relatifs à la guerre, à la survie, à la pauvreté, mais également à l’identité. Fils d’immigrant allemand, Al a longtemps renié ses racines, afin de devenir un « vrai américain ». Désireux de se démarquer des valeurs reliées au vieux continent, il souhaite devenir lui-même quelqu’un, sans l’influence de sa famille. Alors qu’il perd tout ce qui le retient à ses parents, il doit chercher de nouvelles bases à une vie difficile. 

Le dessin est vraiment très beau. J’ai adoré le coup de crayon, très représentatif de l’époque où se déroule la bande dessinée. L’auteur réussi à bien transmettre les émotions vécues par son personnage. 

La bande dessinée se termine par un cahier de croquis et de dessins.

Bootblack est une belle découverte et j’ai tout de suite enchaîné avec le second tome que je vous présenterai bientôt. Le contexte entourant les guerres mondiales, ses effets et ses conséquences m’ont toujours intéressé. Je lirais bien à nouveau d’autres histoires de Mikaël. 

Bootblack t.1, Mikaël, éditions Dargaud, 64 pages, 2019

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