Les Étoiles, la neige, le feu

Pendant vingt-cinq ans, John Haines a vécu dans une cabane isolée au cœur des étendues vierges de l’Alaska, menant une existence rude et solitaire de pionnier moderne. Couper du bois, tracer une piste, piéger une marte, dépecer un élan, faire ses réserves de saumon : une vie simple, aventureuse et libre, au rythme d’une nature sauvage envoûtante. Avec sérénité, il transforme son expérience intime en un récit initiatique et intemporel, où le moindre événement trouve sa résonance en chacun de nous.

Les Étoiles, la neige, le feu de John Haines est une réédition de Vingt-cinq ans de solitude, le premier livre publié aux éditions Gallmeister en 2005. Cette fois, la traduction s’offre un titre plus proche de l’original, The Stars, the snow, the fire ainsi que de nombreuses illustrations au crayon de Ray Bonnell pour accompagner les mémoires de John Haines. 

J’ai pris mon temps pour lire ces mémoires. Ce livre s’y prêt bien, avec des chapitres autour de certains grands thèmes et de la construction du livre. John Haines raconte sa vie en Alaska comme trappeur, du moment où il s’y est installé jusqu’à la fin, ce qui représente plus ou moins vingt-cinq ans. Ses mémoires abordent toutes sortes de sujets, allant des animaux sauvages, du travail de trappeur, de l’organisation de la vie en Alaska, des cabanes et de la nature en général. 

« Dans ces bois, je vis mes rêves. De vieux rêves du Grand Nord, de vieilles histoires lues et intériorisées: histoires de neige et de chiens, d’élans et de lynx, de tout ce qui peuple encore ces lieux déserts. Rien de ce que j’ai fait jusqu’ici dans ma vie ne m’a apporté autant de satisfaction. »

Ces mémoires m’ont rappelé tout le plaisir que j’ai à regarder l’émission Les Montagnards, où nous suivons le quotidien de différents trappeurs. C’est ma série télé préférée. Ce livre y ressemble, avec un côté poétique et une vision de la nature à la fois touchante et aussi très lucide. L’Alaska en tant que trappeur, c’est la survie au quotidien. C’est d’affronter les éléments, la neige, la glace. C’est aussi tout le travail relié à la chasse, à la rencontre avec des animaux et à la pêche. Haines se questionne aussi beaucoup sur sa place dans la chaîne alimentaire et ce qu’il vit avec les animaux, ceux qui l’émerveille et ceux qu’il doit tuer pour survivre.

« … il m’est impossible de piéger et de tuer sans pensée ni émotion, et il se peut que chaque mise à mort m’inflige à moi aussi une blessure légère, peut-être fatale. »

J’ai noté de nombreux passages dans ce livre. Le texte m’a beaucoup touchée. John Haines observe ce qui se passe autour de lui et nous décrit son quotidien, fait de découvertes, d’expériences, d’observations. Son travail de trappeur est aussi dur que beau et lui permet certains moments hors du temps, où la nature prend toute la place. Il aborde son quotidien et le plaisir qu’il a à suivre les pistes d’animaux, de son apprentissage alors qu’il apprend à poser des pièges, jusqu’à son travail au fil des saisons selon ce que la nature a à offrir.

« L’année d’un trappeur possède un calendrier qui lui est propre et où chaque activité trouve sa place dans le rythme des mois et des jours. »

Son choix de vie est fait de solitude, de quelques amitiés impromptues avec ceux du coin et d’histoires de la région. Le travail est aussi une grande part de ses journées: se nourrir, faire un jardin, s’occuper de diverses tâches. C’est intéressant de découvrir de quoi est fait son quotidien. Lire ses mémoires, c’est cheminer à ses côtés, dans la nature sauvage de l’Alaska. 

« Je m’imaginais un homme menant la vie d’un sage au plus froid des terres, et qui suivrait chaque indice laissé par la neige, en écrivant un livre au fur et à mesure. Ce serait l’histoire de la neige, le livre de l’hiver. »

Les Étoiles, la neige, le feu, c’est la cruauté et l’émerveillement. C’est la vie sauvage à l’état pure. Ce livre est fabuleux. Je l’ai adoré. Il sent le vécu et l’expérience, il est rempli d’histoires et de récits, de cabanes et de neige glacée. Ray Bonnell a signé les nombreuses illustrations au crayon qui parsèment les chapitres. Cet artiste a un talent fou. Son travail est magnifique. Et que dire de cette couverture créée par Mathieu Persan? Visuellement, ce livre est magnifique. Et le texte l’est tout autant. 

Une lecture magnifique et touchante, à découvrir pour tous les amoureux des grands espaces.

Les Étoiles, la neige, le feu, John Haines, éditions Gallmeister, 256 pages, 2020

4 réflexions sur “Les Étoiles, la neige, le feu

  1. Coucou Geneviève, Comme tu as dû aimer ce livre. Je pense même que je serais tentée. J’ai très hâte que tu viennes nous parler ‘Les nuits enneigées de Castle Court’. Ça semble un très belle album. Je me demandais si tu as déjà lu (peut-être dans tes blogs antérieurs) Une ermitage dans la neige de Vicki Mackenzie?

    Aimé par 1 personne

    • C’était une excellente lecture, j’ai adoré!
      En ce qui concerne Les nuits enneigées de Castle Court que je suis en train de lire, c’est un roman, et un gros!
      Je ne connais pas du tout le Vicki Mackenzie. À découvrir! 😉

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  2. Je l’avais noté pour ton challenge celui là, il me tente beaucoup. J’ai craqué pour Encabanées vendredi, qui vient de sortir chez nous en France. Il sera parfait pour ton challenge aussi ;0) Bisous et bon dimanche soir Geneviève

    Aimé par 1 personne

    • C’est un très bon livre, je te le suggère naturellement 🙂
      J’ai bien aimé Encabanée. J’espère qu’il te plaira! L’auteure a aussi écrit Sauvagines que je vais lire bientôt et Bivouac qui vient de paraître.

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