À l’Hôtel des Pays d’en haut

En 1925, quelques années avant la Crise, l’insouciance règne encore. Sainte-Agathe-des-Monts, une station hivernale courue par les Américains fortunés, est aussi le lieu de rencontre d’une certaine élite canadienne-française. Mais tous ces gens n’y convergent pas que pour skier : ils y viennent aussi pour goûter à des plaisirs défendus, car quelques restaurateurs contournent en douce la prohibition locale qui est censée les empêcher de servir de l’alcool. Dans la horde des vacanciers qui débarquent à l’Hôtel des Pays d’en haut pour y passer le temps des Fêtes, on retrouve Adèle Duquet. Fille des propriétaires de l’établissement, elle revient d’un séjour à Montréal où les Années folles battent leur plein. Mais la jeune femme n’a guère le temps de regretter la grande ville, car il y a beaucoup à faire; et lorsque la journée de travail est terminée, les sports d’hiver et les bals offrent de nombreuses distractions. À travers les festivités de fin d’année, les vieilles rivalités et les intrigues amoureuses se noue toutefois un drame: la disparition d’un policier montréalais. Ce dernier était venu à Sainte-Agathe enquêter sur un mafieux avec qui plusieurs villageois, y compris le patron de l’Hôtel, se sont compromis. Il n’en faut pas plus à Danielle, journaliste montréalaise et amie d’enfance d’Adèle, pour fureter un peu partout dans l’espoir d’éclaircir le mystère.

À l’hôtel des Pays d’en haut se déroule dans un hôtel qui accueille les skieurs en hiver, à l’époque des ligues de tempérance et de la Police des liqueurs où servir de l’alcool n’est pas vu d’un bon œil… Le roman se passe entre le 18 décembre et le 7 janvier, pour la période de Noël. Il y a de nombreux personnages (trop?) qui gravitent autour de l’hôtel. Les propriétaires et leur fille revenue bien changée de Montréal, des employés, la téléphoniste bien trop curieuse qui écoute les conversations et fouine partout, les visiteurs et les gens du village. On suit donc les personnages dans leur vie quotidienne, à l’époque où l’alcool est pointé du doigt et où les Ligues de tempérance surveillent les établissements afin de limiter et d’interdire l’alcool. La présence d’un mafieux de la grande ville et l’arrivée d’un policier sous couverture, va bouleverser la petite communauté.

« Il resservit une tournée et quitta la pièce. L’alcool était dissimulé dans la théière pour tromper un éventuel curieux qui pourrait malencontreusement être membre de la Ligue de tempérance. Eux-mêmes en faisaient partie. Ils n’avaient pu y échapper, mais s’ils participaient scrupuleusement aux réunions, ils n’allaient pas jusqu’à s’astreindre à respecter la loi. »

À l’Hôtel des Pays d’en haut est un roman qui m’a finalement donné un peu de mal. Il est pourtant très court, mais j’avançais difficilement. Il y a trop de personnages abondamment décrits avec des détails que je trouve plutôt lourds pour faire avancer l’histoire. J’ai l’impression que les petites intrigues intéressantes, comme la disparition d’un policier et la découverture d’une distillerie clandestine, sont étouffées par les intrigues amoureuses, la jalousie et la vengeance d’une poignée de personnages. Souvent pendant ma lecture, j’avais le sentiment que le fil de l’histoire s’éparpillait un peu trop.

Mon personnage préféré, Danielle, une journaliste qui aime essayer de nouvelles choses et adepte des sports à sensations fortes, ce qui détonne en 1925 pour une femme, n’est pas suffisamment exploité à mon goût. Beaucoup de personnages féminins sont de vraies chipies et les intrigues amoureuses pour trouver un mari et flirter avec le meilleur parti m’a plutôt ennuyée. Cette portion de l’histoire prend beaucoup de place, trop à mon goût. 

J’ai aimé les lieux, l’hôtel et les sports d’hiver dont il est souvent question, comme le ski, l’aéroski et la raquette. Malheureusement, on n’en parle pas beaucoup dans l’histoire, c’est plutôt un prétexte pour le décor et les lieux. Par contre, la gestion de l’hôtel et tout ce qui a trait au service d’alcool clandestin pour déjouer les règles de la tempérance imposées par l’église, m’a plu, même si ce n’était pas suffisamment élaboré à mon goût.

Je lis très peu de romans d’époque. Il me rejoignent d’ailleurs rarement, puisque je les trouve souvent bien trop légers à mon goût, Je fais d’ailleurs une grande distinction entre les romans historiques, qui nous offrent une réelle plongée dans une époque donnée, avec recherches précises et données historiques, et les romans d’époque dont c’est l’atmosphère et l’intrigue entre les personnages qui prévaut. Je préfère les premiers, mais j’avais envie de lire celui-ci à cause des lieux et de l’époque. J’avais envie de sortir un peu de mes habitudes de lecture pour le Défi: Un hiver au chalet. Ce titre me semblait tout à fait approprié. J’adore la couverture et le résumé me parlait bien. J’avais l’impression que ce livre me plairait beaucoup, mais malheureusement la rencontre n’a pas fonctionné.

Cette lecture me confirme que les romans d’époque ne sont pas faits pour moi. Je les trouve trop légers et trop axés sur les sentiments. Par contre, peut-être que ce livre vous plaira si c’est de la lecture d’atmosphère que vous recherchez, avec des intrigues amoureuses campées dans le passé. 

À l’Hôtel des Pays d’en haut, Maryse Rouy, éditions Hurtubise, 272 pages, 2020

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