Le département des théories fumeuses

Anachronismes délicieux, comiques coups du sort et hybridations improbables composent, entre autres rigolotes anomalies, l’ADN de l’humour de Tom Gauld. Armé de son crayon et d’un large spectre de références qui vont de l’époque victorienne au monde des Jedi et des épées laser, l’inimitable bédéiste dessine un monde décalé d’une apparente simplicité, mais d’une lucidité désarmante.

Ce que je peux aimer le travail de Ton Gauld! Chaque annonce d’un nouvel ouvrage est un bonheur assuré. J’ai un faible principalement pour les planches parues dans les journaux et revues, plutôt que pour ses ouvrages qui racontent une seule et même histoire. J’avais donc eu un gros coup de cœur pour Vous êtes tous jaloux de mon jetpack ainsi que En cuisine avec Kafka. Ce nouveau livre de Tom Gauld, Le département des théories fumeuses, n’a pas fait exception. Surtout que les thèmes abordés me plaisent beaucoup. 

D’abord parues dans la revue New Scientist, les planches que l’on retrouve dans Le département des théories fumeuses mêlent sciences et humour. L’auteur d’ailleurs dédie son livre à son grand-père biologiste. Gauld aborde ici les sciences sous toutes ses formes, de l’anthropologie aux nanorobots, en passant par la métaphysique et la recherche. Il parle souvent de la petite faille qui fait que l’expérience n’a pas forcément été à la hauteur des espérances. C’est plein d’humour et j’aime sa vision des choses ainsi que sa façon particulière de dessiner. Ses planches sont facilement reconnaissables dans le paysage artistique. L’humour qu’il apporte avec ses petites histoires est à la fois subtile, très drôle et vraiment intelligent. 

« La réalité est une illusion créée entièrement dans l’esprit humain, mais c’est le seul endroit où on sert un café potable. »

Il offre plusieurs niveaux de lecture et nombreuses de ses planches mêlent des allusions culturelles ou littéraires. Avec le thème de la science, il aborde autant des blagues spécifiques à la profession, ou à l’incompréhension des gens envers les scientifiques. Il y a aussi un côté rigolo où il jette un regard à la fois critique et humoristique sur les expériences scientifiques. Je pense à cette dualité entre science et science-fiction, qui ne peut que nous soutirer un sourire. C’est ce qui me plaît chez lui. Sa façon unique de créer de l’humour tout en abordant des thématiques scientifiques et littéraires est tout simplement délicieuse. Il peut également s’inspirer de la littérature et créer une toute autre histoire à la sauce scientifique. Il mêle les technologies et les époques, pouvant dessiner par exemple, les réactions des gens sur les réseaux sociaux, à l’époque de la publication de L’origine des espèces de Darwin. Des anachronismes qui font sourire.

« Regardons le bon côté: la théorie des mondes multiples suggère qu’il y a une réalité où cette expérience s’est très bien déroulée »

Tom Gauld est un auteur que j’adore. J’ai particulièrement aimé ma lecture de Le département des théories fumeuses. Je trouve son humour intelligent et très à propos. Ici, il parle principalement de science: évolution, recherches, paléontologie, théories, avec un côté geek et plusieurs références à la culture populaire. Un vrai bonheur pour l’esprit!

Le département des théories fumeuses, Tom Gauld, éditions Alto, 160 pages, 2020

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