Le sentier blanc

sentier blancDes notes de musique habitent les lieux. Vassilis Tsabropoulos se tient tout près de moi. Sur le tourne-disque, Anja Lechner attend ; elle animera son instrument bientôt. À l’extérieur, des flocons s’agglutinent aux glaçons pendus à la gouttière ; les dénivelés de la tempête cachent toute trace de pas. Le grand désert lutte. Je reviens vers la broderie tressée de fleurs et de pavillons. Pays froid, dévisagé d’engelures comme à la guerre. C’est dans cette solitude que glissera l’archet.

Le sentier blanc m’a attirée à cause de l’évocation en quatrième de couverture, de musique et de froid hivernal. J’ai donc eu envie de découvrir le livre, une petite plaquette épurée à l’écriture tranquille et reposante.

« Des bourrasques s’entêtent sur la grange des veaux. Les bâtiments sont des forces creuses, comme cette pipe qui ne sert plus dans le cendrier. L’hiver au plus fort, là-bas, ce ne sont pas des touffes végétales. Quelques caribous se hasardent, risquent des enjambées qui ne veulent pas déranger le silence. Cherchent-ils un endroit où tomber, une crevasse sur la table d’harmonie? »

Olivier Bourque évoque le passage des saisons, mais principalement le froid de l’hiver, de la nature et des animaux qui y vivent. Il nous parle de migration d’oiseaux, de bêtes qui cherchent à manger, de lieux envahis par la glace et la neige, du froid. Cette portion du texte est mise en contraste avec une autre partie, abordant la musique et la douceur d’une maison, d’une vie habitée par les grands-parents et par le souvenir de jours passés.

Il y a quelque chose d’aussi magnifique que reposant dans l’écriture de l’auteur qui évoque le bonheur de la musique, versus la rudesse des éléments. Toujours en lien avec le charme d’une vie d’avant, de ce que faisaient nos grands-parents. On imagine aisément notre coin de pays balayé par les vents et les rafales de neige, la musique glissant dans nos maisons de bois.

« Pour boire, j’ai dû casser la glace. Quelques débris, puis la fumée d’un souvenir: pagayer dans peu de profondeur, ne pas chercher dans l’immensité paisible; sur l’eau, entre les cohortes de pierres, défaire les stries de mousse. »

J’ai particulièrement aimé cette poésie, où la nature est omniprésente, où il y a une forme de nostalgie du temps passé et où les mots prennent, pour moi, une forme très visuelle. C’est une poésie contemplative, agréable à lire, que je ne peux que vous conseiller. Une bien belle découverte!

Le sentier blanc, Olivier Bourque, éditions Tryptique, 66 pages, 2017

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