Les Morts de Bear Creek

morts de bear creekSean Stranahan, peintre amateur, guide de pêche et détective privé à ses heures perdues, se sent de plus en plus chez lui dans le Montana dont il connaît désormais les rivières comme sa poche. Mais les âpres paysages des Montagnes Rocheuses livrent parfois de macabres trouvailles – comme les cadavres de ces deux hommes exhumés par un grizzly affamé. Le shérif Martha Ettinger fait appel aux talents d’enquêteur de Sean, décidément très convoités : le même jour, il est embauché par un club de pêcheurs excentriques pour retrouver une précieuse mouche de pêche volée. Les deux affaires vont se téléscoper sur une piste escarpée menant vers quelques-unes des personnes les plus puissantes de la vallée de la Madison.

Je suis tombée sous le charme de Sean Stranahan et de Martha Ettinger avec la première enquête de la série, Meurtres sur la Madison. C’était un très bon roman, à la fois intrigue policière et nature writing qui me rappelait un peu les romans de C. J. Box et de William G. Tapply.

Cette seconde aventure campée dans la vallée de la Madison, une rivière réputée pour la pêche, est tout aussi intéressante que la première. Je dirais même plus! Les personnages n’en sont plus à une première présentation. Nous retrouvons Sean, Martha, Harold, Rainbow Sam et toute l’équipe rencontrée dans le premier roman. Au fil des romans, on apprend à mieux les connaître. Petite précision avant toute chose: il est possible de lire les enquêtes dans l’ordre ou dans le désordre et même, de ne lire que celle-ci par exemple. Les romans ne sont pas des suites officielles, chaque enquête se suffit à elle-même. Seulement, de mon côté, j’aime découvrir un enquêteur en lisant toute la série dans l’ordre. Je trouve ça plaisant de voir les personnages évoluer.

Le roman débute alors qu’un premier cadavre est retrouvé en haut de la montagne, puis un second, après une attaque de grizzly qui aurait pu coûter la vie à l’un des membres de l’équipe. Les restes retrouvés sont intrigants, surtout qu’en ce moment, il n’y a pas de recherches en cours pour une personne portée disparue. Encore moins pour deux. Ces morts sont dérangeantes, suspectes et laissent place à beaucoup d’hypothèses. L’enquête est bien ficelée, passionnante et assez particulière. Ça m’a énormément plu!

De son côté, Sean Stranahan, reconverti comme peintre et guide de pêche pour arrondir ses fins de mois et éventuellement s’acheter un bout de terrain et un chalet plutôt que de vivre sur un canapé, est appelé pour enquêter sur la disparition de mouches de pêche. Il a suivi, entre les deux romans, des cours de pistage donnés par Harold, le pisteur Blackfeet.

« Comme la plupart des transplantés du Montana, il avait découvert que, si un boulot était suffisant pour manger, deux autres étaient nécessaires pour payer le loyer et remplir le réservoir de son 4X4… »

Des mouches de valeur, qui ont disparues d’un club de pêche nommé Le club des menteurs et monteurs de mouches de la Madison. Un nom assez humoristique et réjouissant pour ce club regroupant de vieux amis amoureux de la pêche, reconnus pour certaines de leurs mouches particulièrement recherchées par les collectionneurs.

« Ce Sean Stranahan semble un jeune homme très bien. Il m’appelle « monsieur ». Et il est si beau que j’ai le sentiment d’être un cactus. »

D’ailleurs, dans les romans de McCafferty, il y a beaucoup d’humour. Que ce soit pour le choix des noms de ses chapitres, pour certaines particularités des personnages, les dialogues, il y a toujours une pointe d’humour quelque part. L’écriture et la traduction sont très agréables à lire à ce niveau. J’apprécie énormément ce côté amusant dans les enquêtes. L’horreur des crimes passe toujours mieux avec une pointe d’humour bien placée.

« C’est ainsi que Sean Stranahan bénéficia d’une coupe de cheveux à cent dollars exécutée par une homme dont la carte de visite proclamait: DES MAINS DE FEU, assis sur le siège pivotant du cadre de rames d’un canot d’occasion dans le cours supérieur de la Madison. Si quelqu’un lui avait annoncé que ce serait le programme de l’après-midi, il l’aurait pris pour un fou. »

L’intrigue se met en place doucement, dans des décors de rêve au bord de la Madison et sur les montagnes avoisinantes. La nature est au cœur de l’histoire, avec de très beaux passages sur ce que représente la vie dans la nature, l’immensité du territoire, la beauté des animaux et de l’environnement, sorte de trésor caché. Cet aspect de l’écriture me parle énormément.

L’histoire est à la fois une aventure de pêche, avec la disparition des mouches, et une histoire de chasse, avec les coups de fusil qui résonnent dans la montagne et la découverte de deux cadavres. J’ai d’ailleurs été très surprise en lisant cette histoire. Tout récemment, mon coblogueur a lu Zaroff et on y retrouve la mention de cette histoire dans le roman de Keith McCafferty. C’est d’ailleurs un aspect important du roman. Les hasards littéraires comme celui-là sont toujours de bonnes surprises. J’ai également appris plusieurs choses sur la fièvre de la vallée, une maladie causée par un champignon.

Dans Meurtres sur la Madison, Sean tombe violemment amoureux d’une femme rencontrée au début de l’enquête. Ce n’est pas l’intrigue principale, mais ça complète le personnage. Ici, dans cette seconde enquête, il rencontre Martinique, une étudiante vétérinaire qui est beaucoup plus attachante que son ancien amour. Même certains autres personnages lui en font la remarque! Elle est gentille et déconstruit certains préjugés en rapport avec son travail. Ce que j’aime chez Keith McCafferty c’est que parallèlement à son enquête principale, il y a encore une fois une seconde enquête plus ou moins reliée, ainsi que des personnages consistants qui ont des hauts et des bas, font des choix de vie qui influencent les livres à venir. L’univers qu’il crée petit à petit au gré des enquêtes est très intéressant.

« Stranahan fonctionnait à l’instinct, il avançait à tâtons avant de prendre une décision et il trouvait que l’eau l’aidait à peser le pour et le contre, le courant faisant pencher la balance de façon mystérieuse, si bien que la décision semblait naître dans ses tripes sans qu’il sache pourquoi ou comment la balance avait penché. »

Les Morts de Bear Creek est le second roman de Keith McCafferty que je lis. C’est aussi le second publié en français. La série comporte de nombreux autres romans qui, je l’espère, seront bientôt traduits. J’ai énormément de plaisir à retrouver les personnages, tous intéressants avec leurs personnalités bien différentes, et j’espère pouvoir lire une troisième enquête bientôt!

Un excellent roman qui mêle habilement nature writing et enquête policière. Je ne peux que vous conseiller ce livre!

Les Morts de Bear Creek, Keith McCafferty, éditions Gallmeister, 384 pages, 2019

4 réflexions sur “Les Morts de Bear Creek

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