Joyeuses Fêtes!

4B5D0D9F-A95A-4FFC-B1DA-2613C72DFD2DLes vacances de Noël sont là et nous en profitons pour vous souhaiter de très joyeuses Fêtes!

Pendant cette période, le blogue lui, ne prend pas de vacances. Nous continuerons à publier des billets chaque semaine.

Nous vous souhaitons en cette période festive de très beaux moments et du temps pour vous plonger dans un bon livre! Merci d’être toujours au rendez-vous. Vous pouvez aussi nous retrouver sur les différents réseaux sociaux: Instagram (Todd), Instagram (Alaska), Twitter et Facebook.

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Joyeuses Fêtes!

Alaska & Todd

Winterhouse Hotel

Winterhouse HotelQuelques dollars dans une enveloppe, un ticket de bus et une adresse : c’est ce que trouve Elizabeth Sommers devant sa porte close en rentrant de l’école, à la veille des vacances de Noël. Son oncle et sa tante sont partis pour trois semaines, et elle doit rejoindre Winterhouse Hôtel, où une chambre l’attend. Surprise ! Loin de la pension miteuse qu’elle imaginait, Winterhouse Hôtel est un manoir fascinant, tout droit sorti d’un film de Wes Anderson. Cerise sur le gâteau, elle y rencontre Fred, un garçon de son âge, qui comme elle est passionné de livres, d’énigmes et de jeux de mots. Tant mieux, car les mystères, codes et autres bizarreries ne manquent pas à Winterhouse, et ces vacances promettent d’être palpitantes !

Je voulais lire Winterhouse Hotel depuis un bon moment. La couverture du livre est superbe, le résumé est mystérieux et attirant, le livre se passe l’hiver à la veille des vacances de Noël et c’est un gros roman avec des illustrations. Il a tout pour plaire. Ce fut d’ailleurs une excellente lecture. Je suis bien contente d’avoir le tome 2 sous la main et pouvoir m’y plonger très bientôt. La saison se prête vraiment bien à la découverte de ce roman.

Winterhouse Hotel met en scène une héroïne forte et courageuse, curieuse et brillante. Orpheline, élevée par son oncle et sa tante qui ne sont pas les personnes les plus agréables de la Terre, Elizabeth se retrouve à la porte de chez eux à l’approche de Noël, avec un billet de train et très peu de bagages. Ils se débarrassent d’elle pour le temps des Fêtes. Elle doit se rendre à Winterhouse Hotel, sans savoir réellement où elle va. Arrivée sur place l’attend une surprise de taille: l’hôtel est magnifique, majestueux, intéressant et très prometteur!

Winterhouse Hotel est pratiquement un personnage à part entière dans l’histoire. C’est un lieu qu’on imagine imposant et chaleureux à la fois. Où l’on peut pratiquer toutes sortes de sports d’hiver et d’activités. Il y a souvent des expositions et des conférences offertes aux résidents de l’hôtel: sur Ernest Shackleton ou Lewis et Clark, entre autres. Les lieux ont une riche histoire, qui nous est présentée à travers les découvertes que fait Elizabeth de la famille Falls. Il y a une galerie de portraits à l’hôtel et plusieurs faits intéressants sur les membres de cette famille. Les femmes vivent presque toutes jusqu’à cent ans et un étrange mystère à propos d’un tableau pousse la jeune fille à enquêter. À l’hôtel, c’est l’un des membres et propriétaire des lieux qui l’accueille: Norbridge Falls. Un homme charmant, mais mystérieux qui semble bien cacher quelque chose… Tout comme cet étrange couple qui trimbale une grosse malle et ne cesse d’observer Elizabeth…

« Décidément, cet endroit ne manque pas d’intérêt! »

Winterhouse Hotel c’est un endroit magique et étonnant, qui contient une immense bibliothèque, une table avec un casse-tête de trente-cinq mille pièces, d’étranges portraits de famille, des invités qui reviennent année après année, un livre magique, des codes secrets, des mystères à résoudre et beaucoup de jeux de mots. Elizabeth est une grande lectrice. Elle apporte dans son sac Anne la maison aux pignons verts, adore Les royaumes du Nord et découvre à l’hôtel Le vent dans les saules. C’est une solitaire, une championne de casse-têtes et de mots croisés. C’est une spécialiste des listes: elle en fait tout le temps. Elle aime résoudre des énigmes.

À l’hôtel elle va rencontrer son double (en moins téméraire): Freddy. Un garçon tout aussi passionné de mots qu’elle, un jeune inventeur brillant avec qui elle va partager sa passion des anagrammes. Le livre en est d’ailleurs rempli. Chaque chapitre débute par un anagramme qui est en lien étroit avec le thème du chapitre qui vient. Elizabeth est le genre de personnage qu’on apprécie tout de suite. Elle est fonceuse, curieuse, elle aime passionnément les livres, les histoires et les mystères. Il lui arrive, parfois, de voler des livres quand c’est nécessaire, même si elle n’en est pas fière. Sa découverte d’un étrange ouvrage (Un guide à l’intention des enfants) l’amènera à vivre de nombreuses aventures! Son séjour à Winterhouse Hotel sera pour elle l’occasion d’apprendre de nombreuses choses sur elle-même et de résoudre des énigmes.

« Il faut que vous soyez très prudents à Winterhouse. »

Malgré tout, Winterhouse est un endroit spécial. Les gens qui y vont en reparte avec quelque chose de plus. Leur séjour les aide à renouer avec un sentiment de bien-être, à donner du sens à leur existence. Du moins c’est ce qu’évoque une certaine légende…

Le roman de Ben Guterson illustré par Chloe Bristol est définitivement le genre de livre qui m’aurait plu adolescente. C’est un roman très sympathique, rempli de personnages étranges, de codes à déchiffrer et d’enquêtes à mener. C’est une histoire d’amitié, de jeux de mots, d’une mystérieuse famille, de vol de livres et de lieux magiques. Le tout, en pleine période de Noël, sous la neige. Avec l’intrigue offerte dans ce livre et la fin de ce premier tome, j’ai très hâte de découvrir le second!

Winterhouse Hotel, Ben Guterson & Chloe Bristol, éditions Albin Michel, 448 pages, 2018

Histoires effrayantes à raconter dans le noir

Histoires effrayantes à raconter dans le noirLes fantômes, ça n’existe pas !
Les araignées, c’est tout petit.
Les psychopathes, même pas peur…
Les sorcières, aucun pouvoir !
Ces histoires-là, vous n’y croyez pas ?
Attendez donc qu’on vous les raconte, à la nuit tombée, ou de les lire seul, en tremblant sous la couette… SI VOUS L’OSEZ!

Pour l’Halloween cette année, je me suis plongée dans le recueil d’histoires d’Alvin Schwartz, Histoires effrayantes à raconter dans le noir. Ce livre s’inspire du folklore, essentiellement américain, mais parfois mondial, ainsi que des légendes urbaines pour créer un univers terrifiant. La première version en anglais de ce livre est parue en 1981. Suivent un tome 2 et un tome 3 quelques années plus tard. La version française que je vous présente regroupe les trois tomes.

J’ai grandis dans les années 80 et 90. Le genre d’histoires qu’écrit Alvin Schwartz était vraiment le type de livre que j’aimais à l’époque (et que j’aime encore aujourd’hui d’ailleurs!). Les légendes urbaines me semblaient fascinantes, tout comme les histoires issues de la tradition orale. C’est un peu tout cela que rassemble ce recueil.

Ce livre me rappelle beaucoup les petits recueils d’histoires de peur parus dans les années 80 et 90 que je dévorais. Ce livre regroupe en fait trois recueils et est paru pour la première fois à cette époque. C’est un livre controversé qui a souvent été censuré dans les bibliothèques, ce qui en fait donc, à mes yeux, un ouvrage encore plus intéressant! C’est tout à fait le genre de livre que j’aurais aimé lire enfant.

Les illustrations de circonstance sont de Stephen Gammell. Elles sont parfaites pour l’Halloween, vu l’atmosphère nimbée de mystère qu’elles dégagent. J’ai vraiment adoré les images, elles sont parfois embrumées, souvent cruelles, effrayantes et macabres. Elles reflètent bien l’idée inquiétante que l’on se fait des histoires qui nous sont racontées. Le talent de Gammell est de rendre une atmosphère très inquiétante à travers ses images. Elles sont vraiment fascinantes!

Le recueil d’Alvin Schwartz est un livre conçu pour une lecture à voix haute. Personnellement ça me rappelle de beaux souvenirs. On lisait les Histoires mystérieuses de J.B. Stamper de cette façon, avec une lampe de poche, pour que ce soit encore plus effrayant. L’idée de lire un livre de ce genre à voix haute, à une époque où c’est moins courant de le faire, me plaît beaucoup. Schwartz, dans ses histoires, s’adresse souvent au lecteur et il y a, selon les chapitres, des indications pour augmenter le niveau d’angoisse lors de la lecture. Par exemple, pousser un cri terrifiant à tel endroit dans le texte. Ou faire un bruit quelconque, au bénéfice de ceux qui écoutent l’histoire.

Les nouvelles sont très, très courtes, parfois plutôt abruptes. Si on les lit en rafale, l’une à la suite de l’autre, je pense que le plaisir est émoussé. Ce livre n’est pas conçu pour ça. Sa forme est celle d’une lecture lente, où l’on prend le temps de lire pour quelqu’un ou alors, qu’on savoure à petites doses. L’atmosphère, les images, le cadre de l’histoire. On peut rechercher les références folkloriques par exemple ou même, lire le texte à voix haute pour soi-même. On retrouve une histoire en lien avec le célèbre Wendigo ou d’autres inspirées de légendes ayant pour but de mettre en garde les jeunes contre les dangers d’aujourd’hui… Il faut accompagner ce livre avec une atmosphère appropriée. Autrement, je crois qu’il perd l’essence même de sa forme initiale.

« La plupart de ces histoires traduisent, d’une manière ou d’une autre, une forme d’anxiété contemporaine. Elle tirent leur origine d’un mélange de faits et de rumeurs qui renforce la peur qu’elles inspirent, et autour duquel s’élabore leur narration. »

Les histoires sont aussi regroupées par thèmes, ce qui permet de les lire dans l’ordre que l’on souhaite. L’auteur écrit également de la poésie et certaines histoires reprennent cette forme littéraire. Entre la chanson, le conte, la poésie, la nouvelle, il est intéressant de passer d’un genre à l’autre au fil de la lecture.

L’ouvrage contient plus d’une trentaine de pages de notes et de référence concernant les histoires que l’on retrouve dans le recueil. On peut donc mieux comprendre qu’elles ont été les sources d’inspiration de l’auteur pour les écrire. On y fait référence aux frères Grimm, à Mark Twain, à Dickens, à de vieux poèmes du Moyen-Âge, à des informations de folkloristes et à des articles de journaux, entre autres. L’ouvrage est complété par une bibliographie sélective, en anglais et en français.

Histoires effrayantes à raconter dans le noir a été adapté au cinéma par Guillermo del Toro. Film que je n’ai pas (encore) vu, mais je suis très curieuse de voir ce que ça donne à l’écran. Je crois que je vais me le garder pour l’Halloween, l’an prochain…

Histoires effrayantes à raconter dans le noir, Alvin Schwartz, illustré par Stephen Gammell, éditions Castelmore, 352 pages, 2019

Ma vie dans les bois t.8: rêve d’enfant

Ma vie dans les bois 8En vivant dans les bois, la sensibilité de Shin envers la nature n’a cessé de grandir. Aussi, lorsqu’il découvre « La Vie secrète des arbres », le célèbre livre de Peter Wohlleben, il se remémore de nombreux souvenirs : ceux de son installation dans les bois, mais aussi de sa tendre enfance… C’est alors qu’un rêve de gosse inachevé lui revient : construire une cabane dans un arbre ! Il se lance bille en tête dans ce nouvel objectif.

Déjà le tome 8 de cette fabuleuse série manga, sans doute ma préférée d’entre toutes. Toujours avec humour, simplicité et avec un regard lucide sur ce qu’il fait, Shin Morimura nous amène avec lui dans de nouveaux projets: la construction d’une maison dans les arbres. C’est un vieux rêve d’enfant qu’il souhaite réaliser.

« Enfants, on rêvait d’une maison dans les arbres mais on n’était pas assez forts pour la faire. Une fois adultes, on oublie ce rêve, c’est comme un mirage. Mais quand on est las de la vie quotidienne, on repense à cette cabane avec nostalgie. »

L’auteur fait de nombreuses références culturelles et littéraires à la cabane dans les arbres et c’est très intéressant de lire tout le processus allant du rêve à la création. La cabane dans les arbres, c’est le symbole absolu de la liberté, surtout lorsqu’on est enfant. Ce projet est au centre de ce huitième tome, même si l’auteur, fidèle à son habitude, aborde toutes sortes d’autres sujets.

« Tout ce qui semblerait inutile et déraisonnable, au fond, ça apaise nos esprits et ça nous fait du bien. »

J’ai été attirée par la mention du célèbre livre de Peter Wohlleben, La vie secrète des arbres, que Shin découvre. Ce livre totalement fascinant m’avait beaucoup plu et il fait une forte impression sur le mangaka qui n’ose plus couper ou s’approcher des arbres sans avoir l’impression de leur infliger une grande douleur (et de les entendre par le même fait…). Il y a des passages très drôles et très touchants également sur sa relation avec la nature.

Outre la cabane, Shin se lance aussi dans la poterie, déguste des insectes, prépare l’hiver à venir et part à la pêche au saumon (une pêche-test sur invitation) dans une rivière anciennement dévastée par un tsunami où la vie revient doucement. Ses explications sont très intéressantes. On apprend une foule de choses sur le saumon, la pêche et ce désastre écologique pour la région.

Comme à son habitude, Shin Morimura accompagne son manga de « courrier » où il s’adresse au lecteur et joint des photos de ses projets. Un petit plus qui donne un caractère d’authenticité à son histoire.

Passionnant, comme toujours! Si vous ne connaissez pas cette série et que la vie en autarcie et la nature vous intéresse, c’est une série à découvrir! Le ton est souvent plein d’humour et très abordable, même quand l’auteur parle de construction ou de techniques diverses. Une excellente lecture, qui me plaît toujours autant qu’au début.

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Ma vie dans les bois t.8: rêve d’enfant, Shin Morimura, éditions Akata, 160 pages, 2019

Locke & Key t.4: Les clés du royaume

Locke and Key 4Le manoir Keyhouse s’est transformé en champ de bataille. Les enfants Locke découvrent toujours plus de clés magiques dissimulées dans leur ancienne demeure, attisant sans relâche la convoitise du sinistre Lucas Caravaggio. Et si la vie semble continuer malgré tout à Lovecraft, un fantôme du passé ne va pas tarder à faire resurggir de vieux souvenirs familiaux. Le mystère qui entoure leur père pourrait bien être enfin dévoilé. A condition que les forces démoniaques ne s’y opposent pas.

Ce quatrième tome s’ouvre sur un hommage à Bill Watterson, l’auteur de Calvin et Hobbes. On y retrouve donc un style de dessin s’y approchant, avant de basculer dans le style familier de l’univers de Locke & Key. Toujours étrange, toujours un peu sanglant, toujours plein de mystères.

Ce tome nous amène à rencontrer Erin Voss, une amie d’enfance du père des enfants Locke. On y découvre sa triste condition, ce qu’elle subit et ce que Dodge lui fait subir. Internée, traitée de folle, sa vie est réduite à néant. Ce tome aborde également le racisme que les enfants expérimentent pour pouvoir enquêter et ce, à l’aide de la clé miroir. Ils en sont ébranlés et c’est l’occasion de réaliser pour eux certaines choses. Ce qui est le plus terrifiant n’est pas toujours surnaturel…

Une partie du quatrième tome déboule un peu comme un calendrier. On sent, comme lecteur, que les journées défilent très vite. Les jours passent et les jeunes Locke doivent combattre toutes sortes de monstres et de dangers auxquels ils sont confrontés à cause des clés. Leur quotidien devient en quelque sorte une lutte contre les forces du mal.

C’est aussi une période dans la vie des Locke remplie de changements avec tout ce que comporte l’adolescence, les hauts, les bas, les déceptions et ce besoin de faire partie d’un groupe, d’être apprécié. C’est le cas du moins pour Kinsey et Tyler. De son côté Bode passe du temps avec Rufus et on constate que ce petit bonhomme handicapé pour qui la vie n’est pas facile, a aussi une forme de « sensibilité » à ce qui l’entoure que les autres ne peuvent pas forcément voir. Grâce à lui, le lecteur comprend mieux l’intrigue.

Ce tome apporte beaucoup de choses intéressantes à l’histoire. Il nous montre à quel point les clés prennent de la place dans la vie des Locke. Tout tourne autour de ces fameuses clés et des dangers qui les accompagnent. J’ai apprécié la présence d’Erin Voss et les revirement de situations vers la fin du livre.

Les clés du royaume se termine sur une scène qui donne le frisson et qui naturellement, conduit le lecteur vers le cinquième tome. On ne peut pas finir de cette façon et on veut connaître la suite. Il vaut mieux avoir le tome suivant sous la main!

Comme toujours l’album est complété par l’inventaire des clés connues. Cette fois, en plus des textes issus du journal de Benjamin Pierce Locke, nous avons des ajouts d’un autre ancêtre, Harland Locke, ainsi que des extraits de la correspondance de Jean Locke. Une galerie d’illustrations des différents personnages de la série complète l’album.

Un tome que j’ai grandement apprécié, qui va plus vite que les autres tant ce qui s’y passe est prenant et perturbant. La scène finale nous garde bien accroché!

Mon avis sur les autres tomes de la série (tomes 5 et 6 à venir):

Locke & Key t.4: Les clés du royaume, Joe Hill & Gabriel Rodriguez, éditions Hi Comics, 168 pages, 2018