Flocons d’amour

flocons d'amourUne terrible tempête, un train bloqué dans la neige. Gracetown : tous les voyageurs descendent ! Gracetown, bourgade perdue au milieu de nulle part… Pourtant Jed, Jubilé, et les autres vont y vivre le réveillon le plus insolite de leur vie. Dans un café bondé de pom-pom girls ou au détour d’une route enneigée, les rencontres inattendues se multiplient. Les couples se font, se défont et se refondent…

J’ai lu ce roman pour la première fois il y a quelques années déjà et je l’ai tout de suite adopté. C’est devenu mon roman de Noël préféré que je relis chaque année ou presque. Je me garde un moment dans les préparatifs des Fêtes pour le relire, avec un bon thé ou un chocolat chaud. Je sais à l’avance que lorsque je me replongerai dedans, j’y retrouverai une atmosphère enneigée, une envie irrésistible de manger des gaufres et boire des cafés de Noël et que je m’amuserai beaucoup. J’aime énormément ce roman pour le plaisir de lecture qu’il m’apporte chaque année et pour son ambiance festive et rigolote.

Alors, qu’est-ce qui me plaît tant dans ce roman? Flocons d’amour est écrit par trois auteurs reconnus pour la jeunesse: John Green, Lauren Myracle et Maureen Johnson. Le roman est séparé en trois parties, qui mettent l’emphase sur certains personnages. L’univers est le même pour toutes les histoires et partent du même événement majeur, soit une immense tempête de neige qui bloque tout et qui a occasionné un accident de train. Les personnages se croisent et se recroisent dans chacune des histoires et chaque événement a des répercussions que l’on retrouve aussi dans les autres partie. La construction est fluide et vraiment intéressante de ce côté-là.

Chaque histoire offre une ambiance de Noël enneigée, remplie de toutes ces petites choses qui font les souvenirs les plus plaisants du temps des Fêtes. Chaque histoire est aussi une histoire d’amour, mais pas une romance classique au sens où on l’entend. C’est plutôt une histoire d’amour mignonne, née de plusieurs événements et petites difficultés.

L’aspect le plus fort de ce roman à trois voix est pour moi l’humour qui est très présent dans les trois histoires. Il y a plein de moments rocambolesques et impossibles qui sont vraiment drôles: ce restaurant rempli de pom-pom girls qui s’appellent toutes Amber et Madison; les parents en prison pour avoir fait partie d’une émeute pour se procurer des maisonnettes d’un village de Noël (!), la course pour un jeu Twister dans une tempête de neige impossible; JP en habit de neige en pilou (qui heureusement pour ses parents n’est pas mort attifé de cette façon); un p’tit cochon nommé Gabriel dans une tasse du Starbucks; Monsieur Alu… et j’en passe! Chaque fois ces passages me font sourire, quand je ne ris pas franchement. Les dialogues sont rigolos, les personnages très attachants. J’aime particulièrement Stuart, Le Duc et Jeb, mais tous les autres ont un petit quelque chose d’intéressant.

Le roman contient ces trois histoires, qui n’en forment finalement qu’une seule:

  • Le Jubilé Express (Maureen Johnson)
  • Un miracle de Noël à pompons (John Green)
  • Le Saint patron des cochons (Lauren Myracle)

Le ton est léger, tout en abordant des thématiques plus importantes: l’amitié, la générosité, l’égocentrisme, les relations amoureuses, l’identité de genre, la différence, la famille. L’humour de ces auteurs fonctionne parfaitement avec moi. Plusieurs phrases sont devenues des moments clés de ma relecture annuelle qui me font chaque fois bien rire. J’aime aussi cette forme de tendresse qu’ont les auteurs envers leurs personnages qui, même s’ils vivent des choses difficiles, n’en sont pas moins humains (et touchants). C’est parfait en cette période de l’année.

J’ai suggéré plusieurs fois ce titre à des amies qui ont un sens de l’humour semblable au mien et chaque fois, ça a bien fonctionné. Cette histoire les a fait rire et passer un excellent moment de lecture pendant le temps des Fêtes.

Le seul bémol que j’ai en rapport à ce livre, c’est son titre en français! Sérieusement… on aurait pu faire mieux sur ce coup-là! Le titre anglais, Let it snow, est beaucoup plus parlant (petit clin d’œil à ce titre sur ma photo). Au moins, la nouvelle édition française a laissé de côté sa couverture avec un cœur pour une couverture plus représentative de l’esprit du livre: des flocons de neige!

On peut se réjouir aussi de savoir que les droits cinématographiques de ce livre ont été repris par Netflix après avoir traîné un bon moment dans les tiroirs d’Universal. Le tournage devrait commencer en janvier 2019! Inutile de vous dire que j’ai très très très hâte!

En attendant, vous pouvez découvrir le livre, qui vous fera assurément passer un excellent moment!

Flocons d’amour, John Green, Maureen Johnson, Lauren Myracle, éditions Hachette, 345 pages, 2010

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Tout savoir en 5 minutes

tout savoir en 5 minutes

Inspiré des chroniques « En 5 minutes » du Journal de Montréal et du Journal de Québec, ce livre décortique plus de 220 sujets répartis sous 5 grandes catégories : nature et environnement, histoire, santé, science et technologie et sport. Illustré de superbes modélisations 3D et de nombreux graphiques, Tout savoir en 5 minutes rend tous les sujets accessibles tout en suscitant le plaisir d’apprendre.

De ce beau livre illustré, nous avons choisi d’en faire une lecture en duo, à haute voix. Un bon chocolat chaud et c’est parti pour quelques pages de découvertes! Alaska lisait les pages de gauche et Todd, les pages de droite. C’est une belle façon d’aborder ce livre qui s’inspire des chroniques « En 5 minutes » parues dans le Journal de Montréal et le Journal de Québec.

Le livre est séparé en cinq grandes parties: la nature et l’environnement, l’histoire, la santé, la science et la technologie, les sports. Chacune d’entre elles présente plusieurs chroniques. Chacune fait une seule page (deux pour de rares exceptions), en couleur, imagée avec des illustrations, des croquis et des graphiques qui nous permettent de mieux saisir ce dont il est question.

Par exemple, la formation des vagues ou celle des volcans est plus simple à comprendre avec des images. Cette présentation permet sans doute de retenir plus facilement les informations qui sont présentées, puisque tout est très visuel. On apprend, entre autres, pourquoi les feuilles d’automne tombent, à qui appartient le Pôle Nord, pourquoi les ballerines seraient immunisées contre le vertige, comment fonctionne le déminage ou la façon dont sont fabriqués les skis alpin. De tout, pour tous les goûts!

C’est un livre qui nous a bien plu, parce qu’on y revenait chaque jour pour découvrir de nouvelles choses. On apprend toujours, même s’il s’agit d’informations condensées. C’est un modèle d’ouvrage qui nous plaît bien puisqu’on n’a pas toujours le temps d’élaborer tous les sujets, alors qu’il est intéressant d’avoir des connaissances générales dans plusieurs domaines et d’apprendre de nouvelles choses. Si c’est votre objectif, Tout savoir en 5 minutes est un livre qui y répond bien, un peu comme les collections « En 3 minutes » ou « En 30 secondes » qui existent déjà sur le marché. Ici, on a particulièrement aimé les sujets traités, le classement par thèmes et le fait que le livre soit visuellement très attractif.

La préface du livre est de David Saint-Jacques, astronaute de l’Agence spatiale canadienne et ce collectif d’auteurs est dirigé par Benjamin Bourque. L’ouvrage est conçu pour nous présenter un survol de plusieurs sujets, afin de  peaufiner nos connaissances générales. Libre à nous par la suite de creuser un peu plus ceux qui nous intéressent!

Tout savoir en 5 minutes, Collectif, sous la direction de Benjamin Bourque, Les éditions du Journal, 272 pages, 2018

Les dinosaures du père Noël

dinosaures du pere noelIl y a très longtemps, bien avant qu’existent les rennes, toutes sortes de drôles de dinosaures tiraient le traîneau du père Noël. Malheureusement, les tricératops était trop lents, le Maiasaura mangeait les cadeaux et le tyrannosaure léchait tout le monde… Des illustrations à se tordre de rire montrent les dinosaures dans des situations complètement loufoques.

Ce n’est un secret pour personne (enfin je crois!): j’adore les dinosaures! Les films, les livres, les documentaires, les gadgets avec des dinosaures, les t-shirts, les tasses, l’histoire des dinosaures, etc. Cette passion remonte à l’enfance où pendant des années je m’amusais à les dessiner et à leur inventer des histoires.

J’aime aussi énormément les livres de Noël. Autre souvenir du temps des Fêtes: la bibliothèque que l’on dévalisait en famille, en remplissant nos sacs de livres se déroulant pendant la période de Noël. J’ai toujours aimé lire autour de thématiques (c’est d’ailleurs une partie de mon travail aujourd’hui, monter des expositions et offrir des suggestions de lectures autour de thèmes) et mon plaisir de créer des thématiques dans mes lectures est toujours présent aujourd’hui.

Quand je suis tombée par hasard à la bibliothèque sur ce livre, alliant conte de Noël et dinosaures, je ne pouvais tout simplement pas passer à côté! Et j’ai beaucoup aimé cet album rigolo!

Le texte de Jerry Pallotta, accompagné des magnifiques illustrations de Howard McWilliam, met en scène une histoire de Noël originale. Une petite fille écrit au père Noël pour lui demander quels animaux tiraient son traîneaux avant l’existence des rennes. En voilà toute une question! De là, le père Noël raconte la contribution des dinosaures à la douce nuit de Noël, bien avant leur disparition.

C’est original et souvent bien drôle! Les illustrations sont comiques et les particularités de chacune des espèces de dinosaures mises en avant selon leurs capacités à tirer un traîneau et livrer des cadeaux. Certains se débrouillent assez bien alors que d’autres ne sont absolument pas qualifiés! Visuellement c’est vraiment beau et les expressions des personnages, incluant le père Noël qui subit parfois les frasques des gigantesques dinosaures sont hilarantes.

Une histoire de Noël qui vaut le détour, ne serait-ce que pour l’humour qui est bien présent et l’originalité de l’histoire!

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Les dinosaures du père Noël, Jerry Pallotta, illustré par Howard McWilliam, éditions Scholastic, 32 pages, 2012

Chaleur

chaleurLa Finlande : ses forêts, ses lacs, ses blondes sculpturales… et son championnat du monde de sauna. Chaque année, des concurrents viennent de l’Europe entière pour s’enfermer dans des cabines chauffées à 110°. Le dernier qui sort a gagné. Les plus acclamés sont Niko et Igor : le multiple vainqueur et son perpétuel challenger, la star du porno finlandais et l’ancien militaire russe. Opposition de style, de caractère, mais la même volonté de vaincre. D’autant que, pour l’un comme pour l’autre, cette compétition sera la dernière.

Je l’avoue d’emblée: je m’attendais à toute autre chose avec ce roman. Déjà la couverture et le résumé sont un peu trompeurs. La couverture enneigée laisse présager une Finlande pleine de neige. Il n’en est rien: le roman se déroule en plein cœur de l’été. Le résumé me laissait deux impressions: on parlerait un peu de la Finlande (ses forêts, ses lacs et son drôle de championnat) et il y aurait de l’humour ou un côté un peu noir. Il n’en est rien non plus.

Le roman s’inspire d’un véritable championnat de sauna qui n’existe plus aujourd’hui. C’est une idée tellement absurde que je me disais qu’il y avait quelque chose à faire avec ça. Le roman met surtout en scène deux personnages autour desquels quelques autres gravitent. On suit Niko, un acteur de films porno, et Igor qui en est à son dernier championnat parce qu’il est malade. Niko a une « copine » qu’il forme à devenir une star de la porno. Ils se promènent pratiquement toujours nus ou presque. Igor quant à lui a une fille, qu’on voit à peine et dont la relation se termine avant même d’avoir commencé.

Pendant ma lecture, je n’arrêtais pas de me dire qu’il ne se passait rien. Mais vraiment rien. On ne comprend pas où l’auteur veut aller, ni pourquoi il nous raconte tout ça. Je me suis ennuyée alors que le roman est vraiment court. J’attendais un revirement de situation, quelque chose de nouveau, un brin d’humour (même noir). Rien. Même la fin, qui se veut plus « marquante » m’a ennuyée.

Les personnages sont clichés à l’extrême, chacun passe un nombre incroyable de lignes à s’observer dans le miroir et à admirer son corps. On connaît plus d’informations sur les attributs sexuels d’un et l’autre que sur leurs motivations ou bien leurs raisons d’être. Et ça, c’est quand ils ne s’envoient pas en l’air. Parce que dans ce roman, même deux inconnus qui viennent de se rencontrer finissent dans un petit coin à faire des galipettes. Le championnat du monde de sauna, on n’en parle presque pas. La Finlande? Encore moins. Le roman pourrait se passer n’importe où, qu’on ne verrait pas la différence. Le texte est vulgaire, les propos des personnages inintéressants.

Je ne me rappelle pas la dernière fois où j’ai été aussi déçue d’un livre. Je ne comprend pas le message derrière l’histoire et je n’ai pas compris non plus l’intérêt du roman. Une critique de la société? Une image de la vieillesse qui rattrape tout le monde? Un portrait de la folie des hommes et de leur absurdité? Je ne sais pas, parce que j’ai eu le sentiment qu’au fond ce roman ne raconte rien. Pendant près de 160 pages. C’est court et ça m’a paru si long.

Peut-être qu’à vous il plaira plus qu’à moi. Peut-être que vous connaissez cet auteur et l’aimez? En tout cas, moi je n’y suis absolument pas sensible.

Chaleur, Joseph Incardona, éditions Pocket, 160, 2018

Sciences judiciaires en 30 secondes

sciences judiciairesLes films policiers et les séries télévisées d’enquêtes criminelles n’ont jamais été aussi populaires. Mais que savez-vous vraiment de la réalité propre aux experts œuvrant dans les sciences judiciaires? Quelles sont leurs méthodes pour démasquer les coupables de crimes? Comment ces scientifiques s’y prennent-ils pour identifier et rassembler les éléments de preuve?

J’aime beaucoup la collections de livres En 30 secondes, qui permet de faire le tour de l’ensemble d’un sujet, de façon globale. C’est une bonne façon d’augmenter ses connaissances générales. Libre à nous par la suite d’approfondir un sujet ou un thème qui nous interpelle un peu plus. Le concept de ces livres est donc un survol (tout de même assez détaillé) d’un sujet donné. Ici, les sciences judiciaires.

Ce livre m’a tout de suite attirée parce que je suis passionnée de sciences judiciaires depuis longtemps. J’ai lu plusieurs livres sur ce sujet, mais jamais un construit de cette façon. Ici, les auteurs nous offrent un panorama du sujet divisé en sept parties: le corps, la biométrie, les traces, les analyses physiques et chimiques, les sciences de la nature, les dossiers numériques et finalement, la loi et la science. Chacune de ces parties met en évidence des thèmes précis, utilisés lors d’enquêtes et qui servent les recherches et la présentation de preuves lors de procès.

L’ouvrage est construit par sections. Chaque thème abordé présente une image sur sa page de droite et une portion « Enquête en 30 secondes » sur sa page de gauche. Le sujet est présenté et complété par des blocs: indices en 30 secondes, analyse en 3 minutes, sujets connexes, biographie en 3 secondes et un court résumé. On comprend en une page l’essentiel de ce qui est présenté, on fait le tour de l’application de ce thème en sciences judiciaires et on en apprend plus sur un acteur important de ce domaine scientifique. Chaque partie présente aussi sur deux pages le portrait d’une personnalité du monde judiciaire qui s’est démarquée. Une chronologie et une petite biographie. Mon préféré étant sans aucun doute Alan Turing, mathématicien de génie, ayant été arrêté à cause de son homosexualité et ayant connu une fin tragique.

J’ai été naturellement plus sensible à certains thèmes abordés dans le livre. Plutôt fascinée aussi par moment, par exemple par l’imagerie médicale qui pourrait bien remplacer éventuellement, dans l’avenir, les autopsies telles que nous les connaissons. J’ai été impressionnée par la création d’une banque de données génétiques (par le gouvernement canadien), une révolution aussi importante aujourd’hui que l’était l’introduction des empreintes digitales dans les procédures judiciaires à l’époque. L’analyse de la marche m’a beaucoup intéressée, puisque c’est une science dont on n’entend pas vraiment parler, tout comme l’analyse du verre (dont on retrouve d’ailleurs des traces sur une personne sur douze au quotidien!).

Dans tous les thèmes abordés, la botanique judiciaire est sans doute ce qui m’a le plus fascinée et que je connaissais le moins. Entre aussi dans cette partie la palynologie judiciaire, soit l’étude des pollens et des spores dans un environnement criminel. Vraiment très intéressant! Voilà un sujet que j’aimerais bien approfondir un peu plus.

Le livre est cosigné par Sue Black, une anthropologue judiciaire et anatomiste, et Niamh Nic Daéid, une chimiste judiciaire. Plusieurs collaborateurs se sont joints à elles pour signer différents textes du livre, chacun ayant une spécialisation judiciaire différente. L’avant-propos de l’ouvrage est signé par l’auteure de romans policiers Val McDermid.

Sciences juridiques en 30 secondes est un livre que je vous conseille fortement si les sciences judiciaires vous intéressent et si vous avez envie d’en apprendre plus sur le sujet. Plusieurs thèmes sont passionnants et on peut par la suite, choisir de creuser un sujet en particulier s’il nous interpelle plus.

Une bonne lecture!

Sciences judiciaires en 30 secondes, Sue Black & Niamh Nic Daéid, éditions Hurtubise, 160 pages, 2018