Roller girl

roller girlAstrid, 12 ans, est inséparable de sa meilleure amie, Charlotte. Jusqu’au jour où elle découvre le Roller Derby. Astrid devra alors apprendre à surmonter ses craintes et s’entraîner dur pour devenir une véritable Roller Girl !

Roller girl est un roman graphique pour la jeunesse qui m’a rappelé un peu ceux créés par Raina Telgemeier (Souris!, Drame, Fantômes et Soeurs). Le format est semblable, l’abondance de couleurs est présente chez les deux auteures et le style est dynamique. Les deux auteures parlent du quotidien de jeunes filles au sortir de l’enfance. Si j’ai aimé les deux, ma préférence va à Victoria Jamieson pour son personnage d’Astrid.

Astrid a douze ans et connaît sa meilleure amie depuis qu’elles sont bébés. Elles sont très différentes, Charlotte étant le portrait de la typique jeune fille passionnée par les « trucs de filles » et la danse. Astrid est différente. Elle se cherche un peu. Elle s’habille en noir et n’a pas grand chose en commun avec les autres filles. Sa mère l’amène faire des « sorties culturelles » afin de s’ouvrir au monde et elle trouve que c’est parfois ennuyant. Jusqu’à ce qu’un beau jour, elle amène Astrid et Charlotte assister à un match de roller derby. Les yeux d’Astrid s’illuminent. Elle propose à Charlotte de s’inscrire au camp de roller derby avec elle. C’est là que les choses vont se compliquer entre les deux filles.

J’ai adoré ce roman graphique que j’ai lu d’une traite. Astrid me fait beaucoup penser à moi, un peu indépendante, un peu rebelle et qui s’intéresse à des activités qui n’intéressent pas les autres filles. Elle est attachante, maladroite et pas si douée pour le roller derby, mais elle est persévérante. Entre les mensonges à sa mère pour ne pas avouer qu’avec Charlotte ça ne va plus, et sa « correspondance mystère » avec une joueuse plus âgée qui l’encourage beaucoup, on découvre une petite fille qui a de belles qualités même si elle est un peu revêche et qu’au début, elle pense tout abandonner. Il y a de très beaux passages dans cette BD sur l’amitié (mais aussi quand les chemins entre deux amies finissent par prendre des directions différentes), sur l’accomplissement de soi et sur le sport.

J’ai aimé la façon dont l’auteure met en avant le roller derby, un sport plutôt brutal et peu abordé dans la littérature. J’ai eu un beau coup de cœur pour Astrid, un personnage qui nous présente un autre portrait de jeune fille, différent de ce que l’on voit souvent. Toutes les filles – et les femmes – ne sont pas identiques, toutes ne s’intéressent pas aux mêmes choses. D’avoir un modèle de petite fille différent dans un roman graphique destiné à la jeunesse me plaît particulièrement. J’aurais tellement aimé le lire à l’âge d’Astrid!

Un roman graphique coloré et vraiment intéressant que je suggère fortement!

Roller girl, Victoria Jamieson, 404 éditions, 240 pages, 2016

Hiver rouge

30856176_1681443315282315_5162423425616052224_n1920, Russie centrale. La terreur s’est abattue sur le pays. À la mort de son frère, Nikolaï Levitski a déserté l’Armée rouge pour aller l’enterrer dans son village. Mais lorsqu’il arrive dans la petite communauté, perdue en pleine nature, c’est la stupéfaction. Les rues sont vides et silencieuses. Les hommes ont été massacrés dans la forêt alentour, les femmes et les enfants ont disparu. Nikolaï se met alors sur la piste des siens. C’est le début d’une quête aussi désespérée que périlleuse dans une nature hostile, au cœur d’un pays ravagé par la guerre civile.

Hiver Rouge est un roman à couper le souffle. L’histoire se passse en Russie dont le personnage principal Kolia (Nikolaï Levitski) est un déserteur de l’armée rouge poursuivit par des soldats. En désertant, Kolia ne souhaite qu’une chose: retrouver sa famille. Lorsqu’il rentre chez lui, il fait une macabre découverte. Par la suite, en quittant son village, Kolia a le désir de se venger et de quérir des informations sur ce qui s’est passé.

À travers son périple, l’auteur nous montre toutes les atrocités de la guerre et ses répercussions sur les gens. Les personnages que Kolia rencontrera au fil des pages seront méfiants, cacheront certains secrets et hésiteront à faire confiance aux autres.

Hiver rouge est un excellent suspense, du début à la fin. Il y a énormément d’action et le rythme de l’histoire donne envie de le lire d’une traite. L’auteur a une façon d’accrocher le lecteur qui m’a beaucoup plu. Il n’y a pas de temps mort.

Ce roman est le premier livre de Dan Smith que je lis. Sa façon d’écrire et la façon qu’il a de garder en haleine le lecteur me donne envie de découvrir ses autres romans. Je le recommande chaudement!

Hiver rouge, Dan Smith, éditions 10/18, 550 pages, 2015

Conte d’hiver

conte d'hiver« J’ai été dans un autre monde et j’en suis revenu. Écoutez-moi. »
Conte d’hiver est une ode à la ville que l’on traverse comme le temps, où l’on se promène à la fin du xixe siècle et autour de l’an 2000. C’est un New York fantasmé, peuplé de personnages étranges et fascinants : un cheval qui vole, un tatoueur orphelin, une femme amoureuse des mots, un gang féroce et des hommes qui rêvent d’« une ville parfaitement juste ». C’est aussi l’histoire d’un amour fou entre un voleur magnifique et une jeune fille fortunée qui, pour s’aimer, devront braver les conventions sociales et les limites de la mort. Il y a tout cela dans Conte d’hiver : la folie, le rêve, le fantastique, le comique, l’invention poétique. Un roman inclassable sous l’influence de Dick et Dickens.

Cet hiver, j’ai pris pratiquement un mois pour lire ce roman de plus de 700 pages. C’est un livre qui demande du temps car c’est une lecture exigeante. Elle est tellement différente de tout ce que j’ai pu lire. Le genre de livre qu’il faut prendre le temps de lire pour l’apprécie. C’est une histoire qui nous habite si on se donne la peine de s’y attarder. Même si c’est une lecture qui m’a prit longtemps, je suis ravie de l’avoir lu.

J’ai eu envie de le lire suite au visionnement du film. Le film d’ailleurs est très beau, très magique et très particulier. En lisant le livre j’ai réalisé que le film se concentre essentiellement sur les 200 premières pages. Le livre foisonne de personnages qui n’apparaissent pas dans le film, provenant d’époques différentes.

Conte d’hiver est un hymne à la ville de New York. C’est aussi l’histoire d’un lieu secret et particulier, le Lac de Coheeries. Un pendant « magique » à la ville ordinaire, qui est en fait tout sauf ordinaire. Le roman suit Peter Lake, un orphelin abandonné par ses parents et élevé par des gens nomades, vivant en marge de la société. Ensuite, même s’il est tout jeune, il est envoyé en ville pour faire sa vie et devient un voleur. Peter Lake va connaître une magnifique histoire d’amour tragique, rencontrer un cheval fabuleux, passer à travers le temps et les époques, perdre la mémoire et rencontrer une foule de personnages. Conte d’hiver raconte la vie d’une ville, de ses bandits à ses orphelins, en passant par le monde du journalisme et des gens influents de la politique.

C’est un livre sur les rêves, la vie, la croyance en quelque chose de plus grand qu’on ne réussit pas forcément à expliquer. C’est un roman si particulier, qu’il est inclassable. Il est à la fois historique, fantaisiste, poétique, remplit d’aventure. Difficile de le mettre dans une catégorie particulière.

Il faut lire ce livre avec l’esprit ouvert, être prêt à être bousculé, amené à la limite de choses qui n’existent pas, où les chevaux volent et les morts reviennent à la vie. L’écriture est belle, imagée, poétique souvent, avec un petit côté un peu vieillot.

Je suis ravie de cette lecture foisonnante qui m’a accompagnée de longues et belles semaines.

Le film est aussi un beau complément. Pour une fois, j’ai été contente de le voir avant de lire le livre. Ça m’a donné une idée de là où allait l’auteur, étant donné que c’est très différent.

Film conte d'hiver

Conte d’hiver de Mark Helprin est un roman que je conseille à ceux qui ont envie d’être dépaysés, qui ont envie de magie (mais une magie qui est là sans être vraiment là, pas comme dans Harry Potter par exemple, plus subtile, qui joue beaucoup sur notre croyance en ce qui est magnifique). Un livre que je conseille aux lecteurs qui sont prêts à faire un voyage étonnant et différent et à s’impliquer dans leur lecture, car c’est un roman assez exigeant, mais qui en vaut grandement la peine.

Conte d’hiver, Mark Helprin, Éditions Stock, 720 pages, 2014